Philippe FORCIOLI

 

 

Edito...

 

 

 

Edito de juin 2018 

"La fête aux amis", c'était le 31 mai 2018 à l'Estive 09000 FOIX

 

Bonjour

Quelques échos de ce concert « exceptionnel » donné le 31 mai sur la scène de l'Estive à Foix. 25 artistes sur scène, 600 personnes dans le théâtre, 4h de spectacle chansons, poèmes, sketchs, magie, des rires, de grands moments d'émotion, une salle debout applaudissant à tout rompre aux alentours de minuit, oui, c'était beau et fort !

Tout a été filmé et si le résultat est bon, j'en proposerai un DVD par souscription d'ici Noël.

Voici le programme de cette soirée, une photo et des extraits de témoignages reçus.

Cliquer ici

Bel et bon été à vous.

Paci e saluta

Juin 2018

 

 

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Edito d'octobre 2017
 
 
"La fête aux amis" 
 
Le 31 mai 2018 à l'Estive 09000 FOIX
Pour en savoir plus, cliquer ici
 
Bonjour tout le monde
C'est la nouvelle que je vais faire circuler jusqu'au printemps 2018, en espérant être prêt pour ce beau rendez-vous.
Si vous êtes tentés par ce concert, prenez-vous à l'avance... à moins que vous n'habitiez dans les environs de l'Ariège…
Je vous souhaite un bel automne. Octobre est au rendez-vous lui, avec ses couchants somptueux de lumière.
Prenez soin de vous.
Paci e saluta
Oct 2017
 
 

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Edito Mai 2017

Bonjour à celles et ceux qui viendront jeter un coup d’oeil sur la rubrique édito. 
Peu à dire en cette période d'élections nationales et d'incertitudes sinon que le monde bouge à toute vitesse et nul ne peut prédire ce qui pourra se passer. Le sentiment d'un pays éclaté, des espoirs d'un côté, des ressentiments et des tentations de violence de l'autre... et toujours plus de chansons anglo-saxonnes sur les ondes du service public, même France-Culture s'y est mis... C'est rageant et décourageant... peu à dire parce que, et je sais que je ne suis pas le seul, je me sens un peu beaucoup perdu dans quelque chose qui ressemble au chaos... besoin de silence, de silence et encore de silence.
 
« Mais les hommes sont à l'envers
L'amitié est en hiver
Ça commence à se voir dans le noir
Ça commence à se savoir
Que le coeur bat la breloque
Et nul ne sait où il va
Dans l'avenir qui nous croque
Un peu plus à chaque pas... »
 
C'était dans une de mes chansons « Art poétique »...c'était il y a presque 30 ans… 
 
Le printemps de la nature éclate en avalanches de beauté, du végétal au volatil, c'est un bombardement de couleurs, de parfums, de chants, de force joyeuse et invincible, quelle merveille cette terre, quelle fidélité sans cesse nouvelle et renouvelée, quelle leçon de choses ! Il y a une partition du monde éternel et il y a la partition de la vie des hommes et le torrent de l'Histoire. Force est de reconnaître pour moi qu'il n'y a que dans le recul et la solitude que ces deux musiques s'accordent parfois. 
 
Voici un dernier poème écrit il y a peu dans ce lieu de sensation et qui s'habillera en chanson un jour, qui sait ?

 

SAISONS DES HOMMES
 
Comme on sème d'oiseaux la nappe des caresses
Comme on tresse un berceau pour un germe de joie
Comme on mâche en rêvant un brin d'herbe odorante
Comme on esquisse un pas de bohémienne danse
Saisons des hommes saisons des hommes
 
Comme on pleure la nuit sur le coeur qui trépigne
Comme on hurle au matin sur le destin cruel
Comme on saigne en griffant les murs de sa cellule
Comme on fixe hébété la mort dans le miroir
Saisons des hommes saisons des hommes
 
Comme on repousse au loin les mots de la vengeance
Comme on offre ses mains au miracle au pardon
Comme on guette en brûlant un signal de l'aurore
Comme on repousse au loin la vérité qui ment
Saisons des hommes saisons des hommes
 
Comme on s'avoue vaincu sans demander la grâce
Comme on ne sait plus dire un seul mot sans trembler
Comme on laisse au néant les rênes de sa vie
Comme on suit par millions les pas du Crucifié
Saisons des hommes saisons des hommes
 
Comme on verra le jour au bras de l'espérance
Comme viendra l'amour et son rire enfantin
Comme on boira la paix aux lèvres des fontaines
Comme on s'endormira sur le front un baiser
Saisons des hommes saisons des hommes

 

Bon printemps à vous.

Pace e salute

 

 

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Edito de décembre 2016

 

Bonjour toutes et tous

2017 pointe son nez et 2016 son derrière, ainsi va l'horloge des années.

J'aurai consacré quasi toute cette année à mon « Poète ! René Guy Cadou ? » et la souscription touche à sa fin. 418 personnes m'ont commandé soit 1,2,3,5 ou 10 exemplaires, près de 900 albums envoyés grâce au réseau de confiance...c'est rien et c'est immense.

L'énorme somme (pour moi…) qu'il me fallait pour réaliser le triple album + le cd cadeau (25 000e environ) a été réuni grâce aux souscriptions et à l'aide de la Scène Nationale de L'Estive à Foix et j'en sors bénéficiaire…

Je ne sais rien dire qu'un immense MERCI au public connu ou inconnu qui a pris le temps de m'envoyer son bulletin, de France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Canada, Usa ou de La Réunion.

Je vous livre des échos reçus sur l'ouvrage. C'est plus que flatteur dans l'ensemble mais je les livre tels quels. J'ai le sentiment d'avoir accompli la mission que je m'étais fixé en suivant ce qu'Arthur Adamov écrivait dans sa traduction des œuvres de RM.Rilke :

«  Faire connaître l'oeuvre d'un poète qu'on aime est une nécessité intérieure ».

Je sais que j'ai fait découvrir ou re-découvrir le beau chant du doux Cadou à des centaines de personnes. Voilà mission accomplie.

Me reste à vous souhaiter le meilleur pour cette année qui s'annonce, aussi incertaine, aussi pleine d'espoir que toutes les années passées et celles à venir.

Et ce poème de Gilles Baudry pour étrennes :

 

Ce n'est pas tant

le silence

qui importe

Mais de lui demander

s'il veut bien être

le berger qui nous garde

 

Paci e saluta , le 28 décembre 2016

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Echos reçus à propos de l'album « Poète René Guy Cadou »

 

Merveille des merveilles, tu me fais du bien avec ton Cadou, avec ton Bach, ta voix d’enfant, d’oiseau, d’ange, d'ogre et de vieillard, tes inventivités musicales, ton accueil des sons de la nature, de la poésie et des mots qui chantent dedans.
Les fantaisies, les légèretés et les profondeurs de ce disque trois fois sain m’enchantent !
Je t’embrasse, tiens ! Véronique. P (Rhône-Alpes)

« Le tombeau de Cadou », voilà comment on pourrait titrer, à la manière du XVIIIe siècle, cet hommage poétique et musical au poète de Louisfert. En tout cas, c’est un monument ! Et que l’on visite grâce à toi, ô Philippe, avec ferveur et reconnaissance. C’est un bonheur total que de feuilleter en t’écoutant les pages que tu as choisies dans « Poésie la vie entière ». Et de relire ensuite avec une égale gourmandise celles que tu as laissées de côté… Jacques.B (Provence)

Cher Philippe ces bijoux , y compris graphiques, d'émotion...Vous faites pleurer au moins 393 personnes. Merci! Nathalie. F (Pays de Loire)

Grand merci pour ce merveilleux album... Écoutant ces mots et cette musique, tous les compagnons poètes et trouvères qui nous ont au fil des saisons entraînés dans leur ronde : Julos Beaucarne, Léo Ferré, Jacques Bertin, Anne Sylvestre, Luc Bérimont, Jacques Douai et tant d'autres se sont invités chez moi avec vous et l'ami Cadou et c'était une vraie fête! Jacques.D (Sud Bretagne)

On a tous, fiché dans le coeur, un 30 mai, vers 10h. Maternité, naissance, décès, de l'infini sur l'infini d'une partita de l'alpha à l'oméga. Tout est dit... Merci. Frédéric. A (Grand Est)

Consacrer un triple album à Cadou pouvait paraître une gageure mais dès la première écoute, c'est le choc, nous sommes complètement chavirés par l'intensité du chant de Forcioli qui se fond corps et âme dans l'univers du poète.

L'émotion est telle que Cadou nous parle dans une intimité déchirante. Toute la vie du poète se déroule à notre oreille avec ses souffrances, ses épreuves, son amour pour Hélène, la guerre, la maladie, l'amitié, l'enfance, la contemplation de la nature, le chant des oiseaux mais aussi ce goût pour la vie simple loin de la capitale. La symbiose du chanteur et de l'auteur est totale.

Les notes de Bach sous les doigts de la touchante Clara Saussac, les grandes orgues, les cloches, les contrebasses, les discrets claviers, le cymbalum, les flûtes, l'accordéon soulignent avec une infinie délicatesse la traversée de la vie de l'enchanteur de Louisfert.

L'âme blessée de Cadou, sa quête de beauté et d'humanité font de lui un poète parfaitement actuel dont l'oeuvre nous est absolument nécessaire en ces temps de bruit et de fureur.

Forcioli signe là un petit chef-d'oeuvre, un disque habité d'où se détache la quête mystique du poète qui apprivoise peu à peu sa propre disparition avec une lucidité déchirante tout en tendant les bras vers le ciel ; «  On n'est jamais trop près du ciel… Tout sera joie… et les enfants feront des rondes pour tenter les gamins du ciel... » Daniel. L(Pays basque)

Cher monsieur

Merci pour ce cd. Je n'ai pas aimé votre mot « produit » même entre guillemets, « œuvre » serait bien meilleur.

Je connaissais ce nom de Cadou rencontré autrefois dans des recueils de poésies pour les enfants, mais c'est tout. Je ne vais pas acheter le livre car je ne lis jamais de poésie. J'aime qu'on me lise, dise, chante les textes. J'ai découvert cela dans ma jeunesse grâce aux spectacles et vinyles de Jean-Marc Tennberg que j'écoute encore de temps en temps.J'ai beaucoup aimé votre « mise en atmosphère » des textes, vos interprétations et j'aime votre voix. Ne riez pas, c'est comme ça ! L'écoute du cd3 permet de retrouver un état d'âme plus normal.

Grand merci à cette jeune pianiste. Félicitations aussi pour la présentation et les textes du livret. Très intéressant…

Françoise. Q (Normandie)

Ah ! A quel beau, riche et émouvant voyage tu nous convies cher Philippe, en musique, en mots et en sons. On emprunte le chemin que tu nous ouvres avec Cadou, d'abord tout doucement, pudiquement et on se laisse entraîner, pieds nus sur la terre et tête dans le ciel et les étoiles, de plus en plus loin, de plus en plus fort, de plus en plus « au coeur », vers le mystère de la vie, de la mort, de l'univers.

Cadou, Forcioli, un compagnonnage vraiment réussi ! Merci à toi ainsi qu'à tes collaborateurs…

Edmée. S (Suisse)

René Guy Cadou, je l'avais découvert lors de mon épreuve écrite du Bac de Français en 1975… il ne m'avait pas porté chance à l'époque c'était à Nantes… Max Jacob, c'est le nom de la rue où nous habitions au début de notre mariage à Quimper… Je me suis laissé bercée par ta voix et puis accrochée par le texte... Bravo et merci !

Guylène. C (Ile de la Réunion)

Merci Philippe pour cet album sur ce Cadou que je ne connaissais pas. Il s'agit d'un hommage à l'auteur d'une présentation impeccable rehaussé d'un remarquable accompagnement musical. Je ne saurai donc que plagier celui qui a dit qu'il n'est de grand parmi les hommes que le prêtre, le poète et le soldat que vous représentez tous à la fois dans votre « production artisanale ».

Philippe. P (Corse)

Grand merci pour ce merveilleux coffret que j'écoute « en boucle » à chacun de mes déplacements en voiture. Quelle découverte ! Votre musique et votre voix ont bel et bien servi ce grand poète qui nous fait aimer la vie, la vraie vie pour ce qu'elle est : profonde, légère, aérienne, douce et tragique à la fois. Que de tendresse et de consolation sous les doigts de Clara Saussac ! La musique de Bach répond de manière ineffable, dans sa divine humilité, aux poignantes souffrances de l'Enfant René. (Il vous remercie dans le ciel!).

A écouter et réécouter ce bel ouvrage, on se prend à aimer la création, les vieilles gens, les enfants, la « terrible douleur d'homme » et jusqu'  « aux bêtes qui ont froid... ».

A quand une visite sur les terres du poète Cadou ?

Christophe. L (Bretagne)

Quelle merveille ce coffret. Tous nos sens en sont réjouis : d'abord tenir sous les doigts ce carton soyeux, et découvrir des yeux, textes et photos éclairants. Puis l'oreille plonge dans cette véritable « mise en scène sonore » avec cette large palette d'instruments et de sons, tu nous amène d'emblée au coeur du Poète et des lieux qui l'évoquent. J'aime l'enrichissement musical des titres déjà connus de nous. Et Bach si judicieux à chaque « plage » ! Comme vous avez soigné la fluidité entre les ambiances, une évidence... Ta voix donne une telle présence magnifique à ces textes, qu'ayant relu mon Cadou, j'ai trouvé les mots écrits plus ardus, sans la chaleur qui les éveille. On te sent si proche de lui qu'avec tes accents d'une infinie tendresse, tu nous en délivre toute la beauté et l'élévation.

Je mesure à quel point ta propre poésie lui est sœur et que vous partagez la confiance par la Foi ; j'en ressens les élans de compassion, de profonde humanité (chez lui avec une telle maturité!). L'écoute de cet album me procure un enchantement et une émotion telles que parfois montent des larmes, surtout lorsque vous avez marié notes et mots à ravir…

Pour tout le travail accompli, bravo aux  « artisans » de si bel ouvrage !

Florence. D (Occitanie)

Si tu savais l'émotion qui m'étreint à l'écoute de ce magnifique hommage à Cadou !

Tout est là ! La musique, la nature que l'on peut voir, les odeurs, les atmosphères. Ta voix qui le dit si bien avec tant de coeur et de sensibilité ! Bach le grand qui va si bien et qui a toute sa place dans ce coffret. A cette écoute, je nourris mon âme, moments de bonheur et de gratitude…

Christiane. D.R (Suisse)

Quel orchestration somptueuse qui sublime Cadou. Merci pour ce chant d'amour.

Joseph. T. (Bretagne)

Cher poète et diseur

Quelle joie de recevoir ce jour les cd tant attendus. Déjà les mots, les douces phrases de Cadou s'égrennent dans la pièce où les dernières lueurs du jour s'attardent.

J'ai connu adolescente, le poète grâce à un texte que ma prof de français nous fit étudier. Je me souviens, c'était un texte ronéoté, écrit en bleu-vert...Le temps a passé et pendant des décennies, je n'avais plus en mémoire que le premier vers : « Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires... » et puis à l'occasion d'un rangement du grenier de la maison de mes parents, je suis tombée sur un dossier scolaire où, bien plié, scorie d'une vie lycéenne lointaine, je dépliais la feuille dont l'encre ternie me chanta pourtant le poème tout entier.

Ce fut un bel instant d'émotion et de plaisir, ce poème m'attendait dans l'ombre. Et ce texte, ce chant d'amour si beau, je l'ai recopié maintes fois pour le donner à lire à ceux que j'aime. J'ai gardé le précieux papier, ne me résolvant pas à le jeter dans le feu. Bien sûr, j'ai depuis dégusté d'autres poème de Cadou en ouvrant ça et là ses livres.

Merci pour toute cette création. J'imagine aisément le plaisir partagé avec tous ceux et celles qui ont contribué à la réalisation de votre œuvre. Salut et fraternité.

Marie-Claire. B (Alpes de lumière)

Ce qui me prend l'oreille (équivalent de ce qui « saute aux yeux ») c'est ce sentiment de la différence. Ce que j'entends, c'est une balade, au gré de la fantaisie d'un homme qui va son chemin, non pas, droit devant lui car il « ballade » -je crois que le mot « baladin » lui va de mieux en mieux, de plus en plus: un baladin est un homme libre, à la différence d'ailleurs de beaucoup de libertins qui se baladent piètrement sur les ondes du siècle. Voilà, oui, la différence.

En deux disques -et non en deux coups de cuillères à pot- nous avons l'impression d'être devenus familiers de ce René Guy Cadou, d'appartenir, un peu, à sa famille, comme invités. Bref de le connaître vraiment mieux. On entre dans son univers, dans son univers « entier » par la porte ouverte, que nous ouvre généreusement, passionnément, fidèlement Philippe Forcioli. Il y a de la passion, entre ces deux hommes et leur proximité saute aux yeux lorsqu'on a pu écouter, éberlué ces textes.

Les textes lus sont magnifiques et j'aime cette alternance de poèmes mis en musique et de textes plus « dépouillés », lus à la musique d'une voix qui les a tant inhalés, ingérés, digérés, qu'ils sont comme des cailloux sûrs, sur un chemin de vérité. Simples. Tout simplement.

J'aime cette simplicité. C'est certainement elle qui marque la différence. Dès le premier coup de cloche on est ailleurs ! La cloche, Bach, « c'est bien toi... » et c'est parti.

C'est un disque qui s'écoute dans un casque. Dans l'intimité de son oreille. On éteint les voisins, le haut, le bas, le temps qui passe. Poésie, l'instant entier, « des fleurs sur le chemin », Bach...une alchimie.

Béatrice. DP (Paris)

Salut

Je connaissais quelques textes de Cadou, via Pierre Seghers et son anthologie contemporaine (livre de chevet durant plus de 30 ans) mais n'avais pas été plus loin. J'en ai profité pour lire d'autres poèmes et me plonger dans cet univers spirituel et végétal, que de beauté et profondeur !

Souvent mis en musique par d'autres talentueux collègues : Môrice Benin, Michelle Bernard, Marc Robine et j'en passe...j'étais curieux de découvrir ton interprétation.

Elle est à ton image, généreuse et multiforme.

Tu as su dire avec talent et conviction des textes et poèmes qui appartiennent pleinement à notre patrimoine poétique. Je songe à « Mon enfance est à tout le monde », prose à la simplicité somptueuse qui dit le moment choc, l'émotion brute probablement genèse de toute l'oeuvre du poète. Certains poèmes coulent par ta parole et se poursuivent dans la spiritualité de Bach venant en point d'orgue enluminer la réflexion.

Nous sentons aussi à mille détails, cette proximité spirituelle entre vos deux démarches où la foi s'affirme tranquille et quotidienne dans sa continuité terrienne.

La mise en musique est particulièrement réussie, chaque chanson impose une cohérence entre texte et ambiance sonore, JM. Fouché et P. Soulié ont posé des couleurs à la fois justes et originales, la thérémine et la tenora (instruments que je ne connaissais pas) habillent de manière totalement appropriée certains titres.

J'ai particulièrement aimé : air triste et connu – Lettre à des amis perdus - -Saint Antoine, une rengaine dont tu as le secret – Art poétique, belle rencontre entre recherche musicale et poétique – Prière d'insérer, très jolie mélodie qui se termine en polka insolite.

Puisqu'il faut être juste et critique jusqu'au bout, j'aurai une réserve à t'adresser : la musique de « l'auberge des 4 routes » m'a irrésistiblement fait penser au début de « La complainte de la Butte » ; est-ce voulu ou rencontre fortuite ?

Quant au troisième cd consacré à Bach, tu offres à ton public une valeur sûre, défendue talentueusement par Clara Saussac. Là encore une marque de générosité rare et qui te fait honneur.

En tout cas tu as fait œuvre pie en te mettant au service d'un poète glorifiant les chemins de traverse et qui mérite d'être chanté par vertu, joie, justice et amour.

Un grand bravo pour ton courage et ton talent.

Avec mon accolade, mon admiration et mon amitié.

Bernard. C (Paris)

Moi j'aime cette ne nouvelle orchestration de Louisfert !

Jérôme. C (Washington)

Bonjour Monsieur,
excusez-moi de vous déranger. J'ai eu la chance de me voir offrir il y a peu l'ensemble de trois disques qui comprend les poèmes de Cadou que vous interprétez et les pièces de Bach jouées par Clara Saussac. Quel magnifique moment de bonheur! Grand merci à vous, pour cette musique et cette poésie que vous portez. Je voudrais aussi noter la grande qualité de prise de son et à ce propos, plus précisément, je me demandais sur quel piano joue Clara Saussac? Bravo à elle aussi, bien sûr, c'est un enchantement.
Pouvez-vous me renseigner sur le piano, cela n'est pas indiqué dans la notice?
merci et bonne journée à vous,
Eric. S (Bretagne)

Cher Philippe, Si j’ai mis tant de temps à répondre à ton envoi de Cd c’est que j’en ai d’abord passé pas mal à écouter cette somme et que je suis allé faire un tour à Lisbonne entre temps.

Au niveau de la production, c’est sans doute ce que tu as fait de mieux depuis que tu enregistres. Les arrangeurs avec lesquels tu as travaillé sur ce projet sont vraiment des as : sobres et efficaces. Les instrumentistes sont souvent étonnants, particulièrement la « petite  Clara ». Et puis cet instrument rare : la thérémine ???

De René Guy Cadou, je ne connaissais que « Art poétique » que tu chantais déjà au début des années 80 et que je prenais au premier degré. J’en sais un peu plus aujourd’hui : « j’écris pour des oreilles poilues … » « la poésie est inutile comme la pluie », c’était un peu du Forcioli avant l’heure

J’ai beaucoup de mal à lire de la poésie mais j’aime bien en entendre. Ton interprétation des textes est vraiment convaincante au point de faire entrer tout ça dans mes pauvres oreilles (poilues ?...). J’ai beaucoup rigolé en t’imaginant imiter un curé. Merci à toi !

Gilbert. M (Provence)

Voilà, Philippe, mon avis sur le coffret Cadou que j'ai écouté la première fois avec gourmandise puis avec de plus en plus de réticence.

Je suis partagée. Ce coffret forme un ensemble très réussi dans l'alternance et l'articulation des textes chantés, lus et la musique. J'aime le choix des instruments, la façon dont tu as mis en musique les textes, le timbre de ta voix, les pauses de silence.

Mais voilà, je n'aime pas le choix des poèmes -à part quelques-uns- au point d'avoir pensé que Cadou n'avait écrit que des poèmes où il exprime, maladroitement, sa foi naïve. J'ai vu que ce n'était pas le cas, c'est donc ton choix. Ils passent lorsqu'ils sont chantés, mais je n'aime pas ta diction que je trouve plate et doloriste: on dirait un prêche, cette façon particulière de parler qu'a le clergé catholique pour s'adresser à ses « moutons ». Mais je trouve en même temps que l'ensemble est un miracle d'équilibre, de fluidité, d'harmonie entre voix, instruments, sons et délicatesse de Bach.

Espérant ne pas t'avoir blessé, je m'en vais lire quelques poèmes de Rabindranath Tagore, où la païenne, la mécréante que je suis, trouve à vibrer.

Amicalement

Anne. H (Région centre)

Cher Monsieur,

Non une thèse ni une carte, mais deux clichés du pays où je demeure afin de répondre à votre invitation à partager un écho...J'achève l'écoute de votre hommage à René Guy Cadou et l'interprétation des oeuvres de JS Bach par Clara Saussac. Une merveille !

Je fréquente Poésie la vie entière depuis plus de quarante ans et si la voix de René Guy m'est familière, elle prend chair avec suavité dans votre bouche. On devine que vous avez le goût des mots du poète de Sainte-Reine de Bretagne et de Louisfert et surtout que mieux que quiconque vous savez en faire surgir la mélodie.

Oui, vraiment, un régal ! Merci encore de nous donner à aimer Cadou et son chant inimitable.

Portez-vous bien.

Jean-Pierre. B (Bretagne)

 

Merci à vous Philippe pour les poétiques cadeaux qui sont bien arrivés, dans leur coffret blanc, bleu et or.

Mr Cadou doit être heureux là où il est ! Vous « marchez » dans ses mots comme s'ils étaient vôtres. Vous êtes, non pas « celui qui entre par hasard » mais celui qui est déjà dedans depuis bien longtemps. C'est bien votre langue à vous, celle qui touche l'âme, qui se relie au beau, celle de la douceur, de la tendresse, de la mélancolie, de la sensualité.

Vous libérez les mots de l'encre des pages des livres, vous les déposez dans vos chansons, avec votre musique pour qu'ils s'envolent haut et loin. Ce sont des noces d'amour entre ses vers et votre voix, et la magie de votre voix. Voilà donc comment le temps ordinaire peut faire pause…

J'ai beaucoup aimé aussi le cd Bach de Clara ! Tout cela coule comme l'amour, vivant comme une rivière corse ! Pour moi aussi Bach est une source de joie, de paix.

Je vous embrasse, feuille d'or d'automne, ciel blanc de ce jour, bleu de la poésie.

Marylène. M (Corse)

Bonjour

De l'association Cadou-Bach-Forcioli résulte un mélange détonnant. Merci encore pour ce petit joyau, ce diamant brut qui nous a vraiment beaucoup touchés et enchantés.

Comme l'écrit Gabriel Ringlet, « la poésie n'est pas quelque chose de plus dans notre vie, une option, un vernis, une culture, un « au-dessus ». Non ! Elle est un « en-dedans ». Et un en-dedans qui vient à mon secours, qui me soigne et peut me guérir même si je vais mourir ».

Encore mille mercis.

Christian. G (sud Bretagne)

Salut

Quel travail tu as fait là ! Musique sur les poèmes devenus chansons, arrangements, musique de fond pour les poèmes déclamés, de la belle ouvrage qui a dû te mobiliser quelques années.L'ami Cadou ne se laisse pas approcher à mains nues. J'en veux pour preuve « Le portrait fidèle » que j'ai eu envie de chanter dès que je l'ai entendu -accords trouvés en un rien de temps et paroles apprises le temps d'un aller-retour en voiture à Grenoble-. Mais pour le texte, alors là une énigme complète :

« Mais qui dessine dans les vitres

Cet arbre pareil au lilas

Dont le fût généalogique

Ensanglanté de graffiti

N'est rien que la photographie

Mise en relief par Véronique ? »

Je pensais à ce texte de France Léa dans lequel elle raconte qu'une des belles dames du quartier avait employé le mot « fallacieusement » devant sa pauvre maman qui n'avait jamais dû entendre ce mot de toute sa vie ; je cite France :  « alors là, maman ne pouvait pas s'en sortir ! »…

Hé bien, « le fût généalogique » et « mise en relief par Véronique », je pense que bon nombre d'auditeurs, moi compris, ne pouvaient pas s'en sortir !...Il pousse un peu Cadou !

Pour anecdote, j'avais lu dans une revue consacrée à Brassens de quelles façons, de jeunes et de moins jeunes auditeurs comprenaient parfois de travers des paroles en raison d'un vocabulaire inconnu ou de la diction. Des exemples étaient donnés :

- « ...Pour aller au céleste empire » (in Le grand Pan) était compris comme « pour aller hausser l'estampire » où le mot « estampire » était donc inventé.

- ,,, qui épousa contre son âme un triste bigot » (in J'ai perdu la tramontane) qui avait été compris comme « un triste bicot » à une époque sans doute où ce mot était plus utilisé et comme Brassens chante bas cette partie, le/g/ est facilement pris pour un/K/.

Moi, dans « Le portrait fidèle » j'avais retenu « ...et monte à boire ! » au lieu de «  ...aimant à boire ». Je chantais sans trop comprendre quand F. est allé vérifier tout cela. Quand j'apprends une chanson en me concentrant sur la musique et les accords-guitare, les paroles deviennent secondaires !

J'ai beaucoup aimé Cadou quand il raconte la lettre reçue d'un critique littéraire et la jeune fille qui s'exclame « Une vache ! Une vraie vache !» et tu n'as pas ton pareil pour nous faire vivre cette ingénue voyant le bovin dans son parc.

J'ai redécouvert « Louisfert » avec le nouvel arrangement. Toujours un peu décontenancé devant la nouveauté quand on connaît la version d'origine depuis plus de dix ans -et je la chante souvent bien qu'elle monte bien haut pour moi- mais ça elle me plaît bien…

Donc cher ami poète, je passe de bons moments dans ma voiture à écouter en boucle les 2 cd et quand je me lasse des textes, je passe à Bach et à la belle sélection de ta jeune pianiste.

Une interrogation, une seule : je connaissais « La fleur rouge » dans la version -tronquée d'ailleurs- chantée par Jacques Douai. Et je découvre ta musique qui m'a déconcerté car évidemment elle donne au texte une approche différente de celle, beaucoup plus dans le -trop grand- sérieux d'une époque où poésie mise en musique était synonyme de sérieux quasi scolaire. Il faut s'habituer et se résoudre à ne plus avoir la mélodie de Douai en tête. Là où il a vu sérieux et « gravitude », tu auras vu la joie d'un amoureux…Voilà. 2016 s'en va doucement avec Trump que l'on devine ami de la poésie au pouvoir…

Il n'est pas sûr qu'un ami de la poésie soit élu chez nous en 2017…

A bientôt l'ami !

Jean-Pierre. G (Rhône-Alpes)

Coucou Monsieur 

C'est un grand bonheur de découvrir ces nouveaux albums. Grand grand merci ! 

Orchestration  superbe, riche  et très nouvelle  autant pour les chansons qu'on connaît et réécoute autrement, que celles qu'on découvre avec joie : Bravo !  Des textes, ces poésies et interprétations magnifiques, touchants, bouleversants, parfois grave et étrangement d'actualité.  J'aime cette dimension du spirituel; nous oublions si souvent de s'en remettre à Dieu.

Très très beau travail Monsieur Forcioli ! Y doit être vachement heureux et touché le Cadou !!

J'ai adoré L'étrange douceur qui va bercer volontiers mes nuits, Le portrait fidèle, Lettre à des amis perdus, Saint Antoine, Si mes yeux, j'adore la harpe de Qui marche sur la mer, le dansant un peu jazzy de l'Allemande de Camargue de Bach, et toutes les BO ! 

C'est bien de finir avec Bach, un peu de toi aussi..

Odile. C. (Provence)

 

Merci pour le coffret Cadou. On ne peut que vouloir faire partager autant de beauté et de richesses. Je ne me lasse pas d''écouter autant les mots que la musique. Un mariage plus que réussi !

Maryvonne.T (Bretagne)

Ton Cadou ?

En quelques mots, je trouve que tu sers magnifiquement le texte, en le donnant à écouter tel que je ne saurais pas le lire. Et en démarrant avec Louisfert, on se retrouve en terrain de connaissance, avec un ré-arrangement bien joliment orchestré.
Quelques exemples de ce qui me touche au niveau poétique :
- il y a des baisers coulés dans les paroles (Saison du cœur)
- la bière éclabousse d'or le foyer (L'auberge des 4 routes)
- dans le ciel un enfant pêche les ablettes du soleil , et, je me penche sur tes lèvres, premier fruit de la saison (L'étrange douceur)
- et déjà le soleil gonfle ses étamines (La fleur de l'âge)
- je n'ai besoin pour vous aimer que d'un bruit de pas dans la rue (Avec l'amour)
Et des mélodies qui m'ont tapé dans l'oreille immédiatement ! (avec toute la réserve que mes oreilles méritent à tes yeux ...)
- Poésie la vie entière, spécialement avec son démarrage a capella et les instruments qui arrivent ensuite tout naturellement
- Lettre à des amis perdus, avec de très beaux arrangements
- Si mes yeux, j'aime beaucoup la polyphonie
- Qui marche sur la mer
- Prière d'insérer
Voilà en premières écoutures, cela peut évoluer ensuite ...

Denis. H-B (Rhône-Alpes)

 

Le chant d’un prince en poésie !

Ah ! Les amis, faites-vous plaisir !

Faites-vous ce cadeau royal :

Offrez vous d’écouter le chant tout à l’humaine de ce petit prince de la poésie,

René Guy Cadou,

Porté par les ailes de Bach

Et la voix de l’ami Philippe Forcioli…

Tout est beau dans ce coffret !

Quelle merveille !!!

Jean. L. (Sud Bretagne)

 

Ton Cadou est une œuvre magnifique et aboutie à l'extrême, fidèle au coeur comme à la lettre. J'ai versé des tombereaux de larmes, humé les odeurs de foin, reconnu la même campagne émerveillée où je mets mes pas à présent.

Anne. T. (Vendée)

 

 

Cher Philippe,

Je t'écris aux sons de la partita n°1 sous les doigts de Clara. Le petit matin se fait, tout enfrilosé de brume et les doigts de Clara ont tout juste l'habileté qu'il faut pour égrener leur Bach comme des flocons de paix, comme des graines de patience et d'amour au jour qui vient. Plus de virtuosité serait lourd à entendre dans ces instants fragiles. Cette jeunesse retenue est tout à fait suffisante.

Il me faut te dire les heures magnifiques (je dirais même, tel le duc de Berry, les "très riches heures"!) passées à l'écoute de ton dernier album.

La première écoute se fit en septembre, à l'occasion d'un voyage vers la Bretagne. Je t'épargnerai les menus inconvénients afférents à ce halo de poétique inconscience qui nous enveloppa alors, M. et moi dans ce voyage tels ce radar non évité, ce carrefour mal négocié et l'immense détour ensuivi ou ces larmes qui nous venaient brouillant un peu le paysage.

Et les suivantes furent tout aussi riches en émotions indicibles (ou bien à dire avec des mots que nous ne savons pas), impalpables, fragiles mais fortes comme ces notes de Bach. Oui de la musique, celle des mots de Cadou et de ta voix, cette voix qui chante comme elle dit, qui parle comme elle chante, jusque dans les silences.

Dire ensuite la beauté des arrangements, des accompagnements, la beauté de l'objet CD.

Dire que ma mécréance ne s'interdit pas de célébrer toute cette beauté (bien au contraire).

Petit entracte dans la missive: le téléphone sonne et moi qui ne décroche qu'une fois sur trois ou quatre, je répond et qui qu'est là au bout du fil (le fil de mes pensées sans doute)? Ben, Forcioli bien sûr en chair et os, en voix et voix. Appel mystérieux dans le hasard (bazar?) des choses. Appel bienvenu… Le CD n°1 vient à bout de course et le piano de Clara vibre encore dans le silence de la maison. Il suffit de relancer la machine pour retrouver la douce, la nécessaire émotion.

Merci, cher Philippe pour tout cela.

Pierre et M. C. (Ardèche)

 

Hommage à René Guy Cadou

 Il est de bois, il est de terre,

Il est de ces matins de brume, en lisière de forêt,

Quand j’ouvre ton CD, quand j’ouvre son livre, c’est un univers étrangement calme et familier qui s’offre à moi. Il y a des cris et des larmes, mais c’est avant tout cette douceur, ce chagrin, ce repos qui m’envahit. Il cherche dans le feuillage et la douceur de ton timbre, le sanglot naissant que tu sais dissimuler, je le ressens comme une boule au ventre prête à éclater… Aussi, alors que j’écoute le deuxième CD, les larmes lentement se mettent à couler, rivière lumineuse du texte qui se pose en nous…Ce n’est pas tristesse, mais ce rayonnement diffus qui irradie doucement chacun de ses vers, ce décor qui se cache derrière chacun de ces mots, des sons, des parfums de ma Bretagne natale remontent en filigrane, je vois les champs, ces haies d’avant remembrement, je sens la douceur des après-midis se poser sur ma joue, les dessin des fougères qui s’étire lentement….

Je prétends à la vie,

et ne supporte pas

Qu’on me tienne enfermé,

Dans les pages d’un livre,

 

Hors des mots seulement

Je palpite et je suis

Pareil à cette image

Inconnue de moi-même…

Franck . B. (Rhône-Alpes)

 

Que d'éloges, Philippe! bravo. J'avoue que je n'ai pas tout écouté, pas encore, pas eu le temps(?) ou pas assez convaincu? J'aime les musiques, quand il y en a... Le choix des textes me laisse plus perplexe, mais je réécouterai, promis. Ce côté mystique, moi l'Anar, intégralement, intègrement athée, m'emmerde particulièrement, désolé, ou alors il y en a trop, je ne sais pas, je t'en dirai plus, si tu ne m'en veux pas de ma franchise, qui n'entache en rien cet océan de baume qui caresse tes plages.

Amicalement malgré tout ( quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat, fou qui songe à ces querelles ....)

YVES. LC (Provence)

 

 

Cher Philippe,

Que pourrais-je rajouter à ce concert de louanges sinon que j'y adhère de tout coeur ? Le temps m'a un peu prise de court mais je viens enfin de savourer ce long et très doux voyage en "Cadousserie" que tu nous a offert. J'ai bien sûr, sur le bon bois d'une étagère dont se chauffe l'âme de la lectrice, les poèmes et les textes de notre ami, mais cheminer avec toi, vous deux, le long de ces mots fut une merveilleuse promenade que j'ai faite au coin du feu. J'ai retrouvé les couleurs, les senteurs de l'automne, les chemins de la Loire intérieure. Cadou, c'est le poète des sous-bois et de l'enfance. A vous deux, vous trois devrais-je dire, et plus encore, vous avez illuminé les brouillards d'hiver de la Bresse où j'ai posé mes bagages. Et l'amitié avec Max Jacob me parle d'un autre poète, cher à mon cœur,qui lui aussi avait côtoyé un certain "cornet à dés" dans une soupente sous la lumière de la lune.

Merci donc, d'avoir donné de l'ampleur au temps.

Bien à toi.

Viviane M. ( Bourgogne)

Merci pour tous ces disques en forme de Cadou de noël !
Heureux nous fûmes de retrouver ta voix et les textes du poète que nous reçûmes en pleine tête et pleine poitrine !
Tu nous as fait en quelque sorte du Forcadouioli : une pommade poétique qui vaut tous les onguents !!! Bon bout d'an/ et /a l'an que ven...

Jean. D. (Provence)

 

Merci Philippe pour ton œuvre. Nous l'écoutons et réécoutons en reconnaissant que tu contribuais à nous montrer la manifestation du Divin. Tu es un berger. Plus simplement, lors de l'écoute des CD, chacune de nos cellules pétillent comme des bulles de champagne.

Merci pour la beauté que tu mets à la portée des gens simples.

Germaine. R. (Bords de Loire)

 

 

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Edito d'août 2016

Bonjour

Je reviens d'une semaine de randonnée « à pied sous le ciel » avec mon ami Martyn Neal. Vingt six ans que chaque été nous baladons en chansons et en lectures avec une sorte « d'amicale », des fidèles et des nouveaux venus. 

Cette année nous avions choisi, pour éviter les grosses chaleurs, le plateau du Mezenc à la limite du plateau ardéchois et la Haute-Loire. Hé bien, question fraîcheur, nous fûmes servis ! De 3 à 5° le matin pour 10° au plus chaud de l'après-midi... pendant ce temps on dépassait les 40° au soleil du côté de Sète… 

Ce plateau est d'une beauté incroyable et inspire au silence et à la contemplation. Partout l'odeur du foin coupé, des rapaces tournoyant et des clarines de vaches paisibles. Un plateau d'une rudesse extrême l'hiver où il ne fait pas bon de se laisser surprendre par la neige mêlée au vent. Cette « burle » est toujours la cause d'angoisses et de drames ici. 

Un plateau où s'est illustré magnifiquement la solidarité des habitants, essentiellement protestants, durant la guerre 39-45 pour avoir sauvé des griffes nazies, des centaines d'enfants juifs. Un musée, lieu de mémoire en témoigne au Chambon sur Lignon. C'est dans ce village aussi que naquit au début du 20eme siècle et toujours grâce à ce réseau d'entraide lié à la communauté protestante, le « christianisme social » qui donnera la Cimade et jettera les bases du commerce équitable entre autres. 

Un de nos randonneurs nous a lu le dernier soir un texte qu'il venait d'écrire. Une immense émotion nous a tous saisi à son écoute car nous venions de visiter ce musée retraçant l'aventure des enfants juifs sauvés et d'apprendre le monstrueux massacre de Nice. 

Je vous le livre.

Mézenc
Plateau poussé jusqu'au ras du ciel par le basalte, sève montée du coeur de la terre.
Plateau dont les sucs griffent le ciel et crochent les nuages.
Nuages qui roulent en foule folle, lourd troupeau blanc et noir et brun,
écho inversé des ruminants des prairies d'en-dessous.
Nuages, eau et glace, diaphanes buées sortant de la grande bouche du vent.
Vent de burle qui souffle en maître, que rien ne conteste.
Le plateau est son royaume et toutes choses, bêtes et hommes, sont ses sujets.
Vent qui ploie ses futaies, vent qui déploie ses oiseaux, vent qui démêle de mille doigts ses
prairies aux infinies nuances de vert et de jaune, vent qui étreint son pays, qui l'habille de neige
dans ses immenses hivers de silence.
Silence de pierre, de lave froide, de feu éteint.
Silence profond, silence dense, intense.
Les arbres et les animaux retiennent leur souffle, rien ne veut troubler la pureté de ce silence de
lumière.
Lumière qui éclate sur les ors des chaumes, lumière qui fait danser dans nos pupilles tous les feux
d'artifices des fleurs de la montagne, lumière qui fait vibrer de transparents arcs-en-ciel tout
tremblants encore de pluie.
Pluie qui rythme le tambour des feuillages, pluie qui nourrit la grasse prairie et se transforme
par la magie des vaches en un lait plus blanc qu'un hiver.
Pluie qui glace, pluie qui blesse de sa grêle le pèlerin égaré.
Pluie qui glisse sur les toits des maisons.
Maisons bandant leurs forces pour tenir au-dessus d'elles les lourds toits de pierres sonnantes
écrasant leurs épaules. Granges humbles lançant à la verticale des toitures de cathédrales en
paille soigneusement coiffée.
Hameaux piquetant la croupe du paysage, hameaux attirant à eux des chemins dessinant des
courbes douces qui caressent des vallons et où il fait bon laisser vagabonder sa carcasse et ses
pensées.
Chemins de balades, chemins de poésie, chemins recueillant dans leur creux notre trop plein de
fatigues, d'histoires tristes, de souffrances inutiles, de peurs, de pleurs, notre trop plein d'affaires
d'hommes.
Hommes du plateau, hommes droits que la burle ni la barbarie ne peuvent plier.
Hommes simples et rudes.
Hommes âpres et taiseux, mais dont la générosité est un coeur de basalte.
Un coeur lourd, noir, solide, que rien ne peut façonner, que rien ne peut briser.
Un coeur qui n'a jamais perdu la chaleur de sa lave primordiale, un coeur offert en partage à
tous ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur âme.
Un coeur à l'image des croix de pierre jalonnant les carrefours.
Dévorées de lichen, elles sont tordues, penchées, brisées parfois,
mais du plus loin qu'on les aperçoit, le regard s'y aimante,
elles nous guident, elles sont là depuis toujours, elles ont tout vu,
elles ont résisté au pire, et nous apprennent que quand des forces démentielles se déchaînent
pour nous abattre,
on doit résolument, fermement, pesamment,
absolument,
rester debout.
Michel Ingrand, 15 juillet 2016

 

C'est en Ardèche aussi que je mets la dernière main au triple CD sur RG. Cadou, et comme pour la quinzaine de CD précédents, avec JC Millet, mon ingénieux du son. Les 19 pièces de Bach, les 20 chansons et la quarantaine de poèmes sont enregistrés, il ne reste plus qu'à monter tout cela. C'est long, méticuleux avec sans cesse des retours en arrière pour trouver la bonne place, le bon enchaînement... depuis 1990, des milliers d'heures passés ensemble devant une table de mixage à ouvrir grand les oreilles... parfois une sombre pensée... et si tout cela n'était que du vent... vertige... et puis le rappel impérieux de la parole donnée aux 301 souscripteurs à ce jour : je fais de mon mieux pour que les disques vous parviennent, dernier délai, fin novembre ! 

Pour finir, une interrogation qui m'a chiffonné sur les chemins du Mézenc. 

« Bon ! J'aurai eu du mal à l'accepter, à me faire à cette idée mais bon, puisque c'est la thèse commune en vigueur aujourd'hui, je m'incline et je me résous à en convenir malgré mes réticences : l'homme descend du singe, c'est ainsi, n'en parlons plus, ok. MAIS, que par voie de conséquences, il faille être obligé de déclarer a fortiori que le femme descende de la guenon !...alors là j'ai dit NON, je dis NON et je dirai toujours NON NON et NON ! M'enfin ! » 

 

Pace e salute

 

 

 

 

Edito de juin 2016 

 

Bonjour,

déjà juin ! Mais qui l'eut cru quand on était tout petit et que le temps s'écoulait interminable surtout en cours de math qu'il filerait au triple galop passé la quarantaine ! C'est incompréhensible, c'est injuste, c'est terrible, scandaleux, abominable et le gouvernement ne fait rien, rien, rien ! 

Bon ceci dit, le printemps est toujours aussi miraculeux d'oiseaux, de fleurs, de parfums et de couleurs quand on a la chance comme moi de vivre en pleine campagne. Cette maisonnette perdue en petite Camargue me convient bien, le Rhône coule à vingt mètres à peine de mes yeux, tantôt roulant de branches et de remous, tantôt lisse et limpide comme un lac suisse et bientôt je pourrai m'y plonger quand il fera trop chaud, gros privilège !

Mon disque sur Cadou avance piano, piano. Je joins la liste des poèmes choisis et le projet pour la couverture recto de l'album. Je sais que ceux qui aiment Cadou ne seront pas déçus et c'est là l'essentiel. J'ai reçu aujourd'hui la réponse de 271 souscripteurs pour une commande de 580 cd.

Je pourrai donc tirer à 1000ex sans problème. Ouf ! Merci à tous les volontaires et patience, le cd sera prêt avant Noël, promis !

 

 

 

POETE ? RENE GUY CADOU MAIS MONTREZ-MOI TRACE DES CLOUS !

CD1

( Les chiffres après les poèmes renvoient au numéro des pages dans « Poésie la vie entière » chez Seghers-Laffont)

1/ JS.Bach Cantate 147Jesus bleibet meine Freude C'est bien toi 42 La part de Dieu 36 Ne plus penser à rien 43

2/ Louisfert (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 228

3/ La saison de Sainte-Reine 277 (JS. Bach Fugue 5 livre 1)

4/ Saison du coeur (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 41

5/ Mon enfance est à tout le monde (extrait-éd. Le castor Astral) (JS. Bach Fugue2.L2)

6/ L'enfant du silence 191

7/ L'auberge des quatre routes (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché) 370

8/ Le chant du coq 170 (JS. Bach Prél.5.L1)

9/ La nuit lorsque les femmes très pieuses 242 (JS. Bach Prél.7L1)

10/ Vision distincte 30

11/ L'étrange douceur (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché) 261

12/ La fleur rouge (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 253

13/ La maison d'Hélène 256 (JS. Bach Sicilienne en Sim BWV 1031)

14/ Poésie la vie entière (RG.Cadou-P.Forcioli) 195

15/ Fond de ciel 70

16/ La fleur de l'âge (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché) 113 (JS. Bach Pré12.L2)

17/ Compte d'auteur 344

18/ Ecrire mais vivre 296 (JS. Bach Partita N1 « Menueto »)

19/ Lettre à Hélène Correspondance René Guy-Hélène Cadou, Médiathèque Jacques Demy, Nantes.

20/ Usage interne 1 - usage interne 386 (JS. Bach Prél.3 L1)

21/ Pourquoi n'allez-vous pas à Paris ? 301

22/ Le portrait fidèle (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 340 (JS. Bach Fug8.L1)

23/ Moineaux de l'an 1920 318 (JS.Bach Prel. 2 L2)

CD2

1/ Air triste et connu (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 201(JS. Bach Partita N °1 « Sarabande »)

2/ Cornet d'adieu 171

3/ Lettre à des amis perdus (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 175

4/ Pour ma défense 176 (JS. Bach Partita N°1 « Allemande)

5/ Le 8 mai cette année (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché)179

6/ Après Dieu le déluge (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 324

7/ Saint Antoine (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 302

8/ Saint François 303

9/ Saint Thomas 303 (JS. Bach Pré6.L1)

10/ Confession générale 245

11/ La nuit surtout 299 (JS. Bach Pré8.L1)

12/ Adresse à Dieu 376

13/ Art poétique (RG.Cadou-P.Forcioli)290

14/ Si mes yeux (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché) 199

15/ Avec l'amour (RG.Cadou-P.Forcioli) 195 (JS.Bach Partita N° 1 « Praeludium »)

16/ Celui qui entre par hasard...347 Parmi toutes mes roses...359 La blanche école...355 (JS. Bach Pré16.L1)

17/ Dernier communiqué 173 (JS.Bach Partita N°1 « Corrente »

18/ Destin du poète (RG.Cadou-P.Forcioli)203

19/ Dur à vivre 344

20/ Qui marche sur la mer (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché) 264...

21/ Prière d'insérer (RG.Cadou-P.Forcioli-JM.Fouché) 372

22/ L'aventure n'attend pas le destin (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 209

23/ Pour plus tard 314

24/ Je prétends à la vie (RG.Cadou-P.Forcioli-P.Soulié) 196

25/ Refuge pour les oiseaux 272

26/ C'est bien toi 42 (JS.Bach Partita N°1 « Giga »)

Voilà. 

 

Je joins aussi le programme des balades « à pied sous le ciel ». Il reste des places. Télécharger le programme

Bonne continuation en ce printemps malgré les colères montante et l'avenir de plus en plus flou…

Paci e saluta

 

 

 

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Février 2016 

 

Bonjour

Voilà c'est parti.

2016 verra, si Dieu veut, un nouvel album signé Forcioli.

J'ai lancé la souscription. Voici le texte et le bulletin à imprimer si vous êtes partants.


« POÈTE ! RENÉ GUY CADOU ?

MAIS MONTREZ-MOI TRACE DES CLOUS ! »

Voilà bientôt plus de trente ans que ce projet vivait dans un coin de ma tête,

un coin de mon cœur et un gros classeur bleu dans mes affaires.

Voici venue pour moi l'heure de rendre hommage à ce petit prince de la poésie,

à ce compagnon fidèle des bons et mauvais jours,

à ce merveilleux trouvère de la « langue bleue »,

René Guy Cadou ,

né en 1920 à Sainte Reine de Bretagne et mort à Louisfert, tout juste âgé de 31 ans.


Plus d'une quarantaine de poèmes dits ou que j'ai mis en musique,

extraits de« Poésie la vie entière » chez Seghers.


Poèmes illustrés de pièces de J.S. Bach avec Clara Saussac au piano Stenway

s'il vous plaît !

Chansons arrangées par Philippe Soulié.

Ce sera un triple cd ! (2 Cadou + 1 Surprise !)

Dans le livret des textes signés Jacques Bertin, Jean Lavoué, Luc Vidal.

Parution fin 2016.


« C'est bien toi

Je ne t'ai jamais vu et je te reconnais

Tu es celui que j'attendais

Prends la lampe

Appuie-toi sur mon bras

Il n'y a pas de rampe

Monte encore plus haut

Tu sais

On n'est jamais trop près du ciel »

( in Morte saison-1940)


Je travaille ardemment pour que cet album devienne de la belle ouvrage.

J'ai besoin de votre aide. Voir PDF souscription à imprimer.

Merci d'y souscrire. Philippe Forcioli


 

La marche « A pied sous le ciel » aura lieu du 8 au 16 juillet en Haute-Ardèche.

« Ça n'est pas pour rien qu 'on surnomme le massif du Mezenc « le paradis des marcheurs ». A la frontière de l'Ardèche, la Lozère et la Haute -Loire et à perte de vue dans un paysage magnifique, des sentiers de toutes sortes pour aller à pied. Bien sûr, le mont Mezenc (1753m) figurera après le Ventoux, le Canigou, Piton Fournaise, le Saint Odile, Bugarach ou le mont Bouquet entre autres à notre collection mais nous aurons l'embarras du choix en sortant de notre gîte, une vieille demeure réaménagée et tout confort. De plus, vu le réchauffement climatique ambiant, passer une semaine à 1200m sera plus qu'agréable à moins que le climat ne se détraque encore et que la neige nous environne ! Mais là encore, pas de problème, le gîte loue des skis de fond ! »


Pour de plus amples renseignements, vous pouvez me contacter.

Portez-vous bienheureux !

Paci e saluta


14 février 2016

 

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Bonjour la compagnie

Graeme Alwright l'avouait lui-même.

« Dans ma vie j'ai vu pas mal de choses bizarres et saugrenues... », une selle sur une vache à lait, une vielle casserole en feutre, un chiffon avec deux tuyaux et une fermeture-éclair, une moustache sur un melon, etcétéra, etcétéra... il aurait pu ajouter : « un coquelicot fleuri un 30 décembre, ça je l'ai jamais vu... » Oui, il aurait pu, lui, mais moi je ne pourrai plus le dire car je l'ai vu et photographié dans un petit ravin qui borde la nationale qui va de Saint Gilles à Nîmes et même que c'est juste en face du Point Pneu que je vous f 'rai dire si vous voulez vérifier !

Des coquelicots à la saint Sylvestre... qui sait s'il ne sera pas interdit de rouler le 14 juillet à cause des tempêtes de neige s'abattant sur tout le pays... Un coquelicot à la saint Sylvestre et pourtant tous les paysans que j'ai rencontré cet automne me l'ont affirmé : « Ce sera un hiver très très froid ! ».

Bon, attendons et gardons à portée de main les caleçons longs.

 

Mon projet Cadou avance et je lancerai ma souscription de soutien à la mi-janvier. Je pense la présenter ainsi :

 

« POÈTE RENÉ GUY CADOU ?

MAIS MONTREZ-MOI LA TRACE DES CLOUS ! »

( dans Saint Thomas-1948)

Voilà bientôt plus de trente ans que ce projet vivait dans un coin de ma tête,

un coin de mon cœur et un gros classeur bleu dans mes affaires.

Voici venue pour moi l'heure de rendre hommage à ce petit prince de la poésie,

à ce compagnon fidèle des bons et mauvais jours,

à ce merveilleux trouvère de la « langue bleue »,

René Guy Cadou

né en 1920 à Sainte Reine de Bretagne et mort à Louisfert, tout juste âgé de 31 ans.


Plus d'une quarantaine de poèmes dits ou que j'ai mis en musique,

extraits de« Poésie la vie entière » chez Seghers, livre de chevet indispensable.

Toutes les chansons sont arrangées par Philippe Soulié.

Poèmes illustrés de pièces de J.S. Bach avec Clara Saussac au piano Stenway s'il vous plaît !

A l'enregistrement et au mixage, Jean-Claude Millet. Ce sera un triple cd ! (2 Cadou + 1 Bonus)

Dans le livret des textes signés Jacques Bertin, Jean Lavoué, Luc Vidal.

Parution fin 2016-début 2017.


C'est une longue et prenante entreprise pleine de doutes bien sûr. Qui sera intéressé par cet « objet », un triple CD sur un poète ! Cadou ? Qui c'est çui-là, etcétéra etcétéra. Mais passionnante tellement, et sans passion, aurais-je réalisé une quinzaine d'ouvrages en presque 40 ans ?


Voilà ! Demain matin nous serons en 2016. J'avoue que cela ne me fait ni chaud ni froid car il fait très doux aujourd'hui.

Je repense à mon coquelicot. C'était il y a exactement 38 ans, le 31 décembre 1977. J'avais passé le réveillon avec mes parents, ma maman faisait de délicieuses « oreillettes » tous les ans ce soir là depuis ma petite enfance en Algérie, et vers 2h du matin, me retrouvant seul dans la salle à manger du HLM H22 de La Citadelle quartier Le Merlan, Marseille, j'ai écrit :

« D'un coup comme ça c'est arrivé les fleurs ont dit « assez ! »...etcétéra, etcétéra...

Hé bien, 38 ans plus tard, mon coquelicot vient de me faire un pied de nez, tout rouge avec un point noir au milieu !!!

 

Merci l'ami !


Bien à vous et Pace e Salute à tutti, à chacune et à chacun.

31/12/2015

 

 

 

 

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Édito de septembre 2015

 

Bonjour tout le monde

Certaines personnes s’inquiètent de moi c'est gentil, merci.

C'est vrai, depuis janvier, plus d'édito. J'ai pourtant, comme tout le monde, mille choses à dire et je les dis mais je n'ai pas le réflexe d'en écrire quelques bribes ici.

Alors voilà. A part tout ce qui ne va pas, tout va pour le mieux. C'est un bon début.

Nous sommes mi-septembre et je me suis permis de me payer une semaine d'entières vacances à Calvi pour le festival des voix, organisé chaque année à cette période autour du groupe A Filetta.

Une petite merveille ce rendez-vous dans la citadelle de Calvi qui trône au dessus de la mer toute bleue. Une belle entrée en matière avec Jordi Saval (une vieille connaissance, il était notre invité l'an dernier à Villar en Val pour la dernière Deltheillerie !).

Comme pour chaque concert dans la cathédrale saint Jean Baptiste , c'est le groupe A Filetta au complet et Jean-Claude Aquaviva qui ouvre la soirée. En trois morceaux, le public fut absolument tétanisé par la beauté, la force douce et la perfection de ces voix d'hommes. Un grand moment d'émotion avec la version corse du « J'entends j'entends » d'Aragon...  « J'en ai tant vu qui s'en allaient qui ne demandaient que du feu ils se contentaient de si peu ils avaient si peu de colère... »

Ce soir, des chants de la liturgie byzantine par un chœur de Bucarest, une merveille là encore. Et ainsi de suite jusqu'à samedi, soirée qui rassemblera tous les participants en plein air devant la cathédrale. Ces finals, quand le ciel est étoilé, donnent le frisson et l'on applaudit à tout rompre toute cette équipe, « U svegliu Calvese » qui fait tant pour le partage des peuples et des voix en ces temps de grande angoisse et de frontières à nouveau dressées.

Je me repose et je réfléchis à mon prochain enregistrement : un double album sur un poète cher à mon cœur, René-Guy Cadou. Vous recevrez de plus amples informations avec la souscription qui ira de pair. Plus de quarante poèmes, la moitié en chansons, les autres déclamés et Bach au milieu. Un projet qui me tiendra jusqu'à fin 2016 si tout va bien.

J'écris un peu. 

 

Voici une chanson née ces jours-ci.

Je voudrais que mon crâne soit comme une chapelle
Abandonnée perdue au fond d'un val touffu
On entend bourdonner une mouche une abeille
Et l'on croît deviner un sourire aux statues
Je voudrais que mon crâne soit comme une chapelle
 
Je voudrais que mon cœur soit comme un feu dans l'âtre
Qui rougeoie dans la nuit avec sa bonne odeur
Dans les tisons l'on voit un mystérieux théâtre
Des masques des chevaux des rires et des fleurs
Je voudrais que mon cœur soit comme un feu dans l'âtre
 
Je voudrais que mon corps soit une goélette
Qui danse en s'amusant sur la crête des flots
A la proue le beaupré se moque des tempêtes
Tous les vents sont amis de ce fringant rafiot
Je voudrais que mon corps soit une goélette
 
Je voudrais que mes mains sachent guérir les peines
De tous ces fronts brûlants les enfants affolés
Le pauvre homme qui pleure et cette bohémienne
Au milieu des bagnoles et comme hallucinée
Je voudrais que mes mains sachent guérir les peines
 
Je voudrais que mes yeux comprennent la lumière
Qui dore toutes choses du long manteau de Dieu
Les paupières fermées plus loin que la prière
Embrasser d'un regard le fond du puits des cieux
Je voudrais que mes yeux comprennent la lumière
 
Je voudrais que mon âme demeure la fidèle
De ce chant lumineux en enfance jailli
Qu'au silence épanoui elle file comme une aile
Vers le grand rendez-vous du soleil de la nuit
Je voudrais que mon âme demeure la fidèle
 
Je voudrais que mon crâne soit comme une chapelle
Abandonnée perdue au fond d'un val touffu
On entend bourdonner une mouche une abeille
Et l'on croît deviner un sourire aux statues

 

En le relisant, un poète de mon adolescence me revient en mémoire : Albert Samain et son « Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme... »... les spécialistes apprécieront.

 

J'ai quelques rendez-vous avec le spectacle d'ici Noël dont ceux-ci :

Le 16 octobre à Salon de Provence (13100) à 18h30 : «  La Case à palabres » 44 rue Pontis-0490564321 (Possible de dîner ensuite mais réservations obligatoires... c'est petit )- Récital chansons-poèmes

Le 7 à 21h et le 8 novembre à 16h à Forciolo (Corse du sud) : «14 auteurs pour 14-18 » avec André Jaume (saxo, flûte)

Le 19 novembre à 19h dans la crypte de l' abbatiale de Saint Gilles (30800) : Récital chansons-poèmes-lectures « spirituels » !

Je ferai figurer l'ensemble de mon calendrier sous peu sur www.sitephilippeforcioli.fr que tient fidèlement JC. Alérini à qui je transmets également cet édito en direct de l'île de Beauté et je vais sur ce, piquer une tête dans les eaux bleues du golfe. Plouf !

Pace e salute

Septembre 2015

 

PS : Je viens d'apprendre par des amis la mort de Guy Béart. Je l'ai rencontré trois fois, la première Noël 1980 lors d'une de ses émissions « Bienvenue à... ». J'avais été invité. La deuxième dans une soirée consacrée à « L'Amour ! » à Gréoux les Bains avec Yvan Audouard, inénarrable, Henri Gougaud, captivant, moi, d'autres et lui. Il chantait le premiers vers d'une chanson et le public finissait le travail. C'est fou le nombre de chansons de Béart qui demeurent dans nos têtes. La troisième lors de mes concerts à l' Européen à Paris en 2000. Il y avait, Michel Barelier, Georges Moustaki, Robert Fourcade, Bernard Haillant, tous envolés depuis. Il était venu me saluer et me demander les paroles d'un texte de Cadou « Air triste et connu ». J'ai souvenir d'un homme de caractère assez cabotin mais d' un immense et profond regard bleu. Je me revois aussi chantant avec Mike «  Les souliers » et le public reprenant ad libitum la belle mélodie. Ses mélodies, simples, resteront pour longtemps dans la mémoire de la chanson de France... Bonne route l'artiste et j'espère que Michel Barelier, là-haut, t'apprendra enfin à t'accompagner correctement à la guitare, car ici-bas, c'était désastreux !

 

 

 

__________

 

 

 

Edito de décembre 2014

 

Noël au bout de la ligne

Qui retrouvera son cœur d'enfant à l'heure dite

avec ses frissons ses chagrins ses cris de joie et sa confiance absolue dans la vérité du merveilleux

celui-là celle-ci je les salue de toute ma révérence

celle-ci celui-là tout ébouriffé encore de candeur profonde je l'appelle

qu'il me hisse à sa hauteur de lumière et qu'ensemble nous battions des mains

à ce refrain éternel de la bienvenue au monde

 

Paix aux hommes de bonne volonté !

 

Incessamment et jusqu'au bout

Noël

au bout de la ligne.

 

 

***

« Attention, les enfants, je vais vous raconter une histoire que je vous dis que ça.

Une histoire extraordinaire, mais une histoire vraie de vraie. Chut ! Silence.

Je commence.

Le grand voyage de l’arbre

 

Un matin dans une forêt, loin de toutes habitations, des arbres, plusieurs fois

centenaires, regardaient, immobiles … »

 

Ainsi commence le beau cd-livre signé Bernard Abeille et pour lequel, j'ai eu l'honneur et le plaisir de collaborer en prêtant ma voix au texte écrit par Bernard.

Une histoire pour tous les enfants avec des chansons et la contrebasse évidemment au centre du récit. Un magnifique cadeau pour Noël qui plaira à tous j'en suis sûr et Forcioli, conteur pour enfants, ça n'est pas si courant.

Vous pouvez passer votre commande à 

 

 

***

Une autre idée de cadeau, et que je retranscris, tirée du Télérama « spécial cadeau de Noël » paru fin novembre. 426 propositions (cd, livres, films, etc...) entre Aznavour et Ibrahim Maalouf.

 

Philippe Forcioli « IL EST PASSE PAR ICI »

 

« Il fait tout pour ne pas être connu » disait de lui Moustaki. Qu'il chante ses propres textes ou ceux de Cadou, Rilke ou Brassens, Forcioli est d'une espèce rare : les amoureux d'une poésie partagée dans les veillées sans se soucier des ventes ou de l'image. Ce double disque n'en est pas vraiment un : c'est un collage fait d'enregistrements pirates, de textes lus, d'émission de radio...Un voyage sonore, hors du temps et du commun.

À commander chez l'auteur.

 

Si Télérama le dit...

 

***

Aujourd'hui, 1 décembre, je ne peux pas ne pas penser à mon ami Michel Barelier car c'est le jour anniversaire de sa naissance. Il est parti mon pauvre ami, le 21 juin 2014, en pleine aube d'été.

Michel, Alexandre, Mike pour tout le monde, son public qui l'a tant aimé, lui, « le plus grand chanteur de Marseille ».

Avec des amis nous lui préparons un hommage. Je vous livre la première ébauche de ce projet. Vous en saurez plus fin janvier.

 

L'HOMMAGE EN CHANSONS

Il se déroulera au Théâtre de l'Oeuvre à Marseille, magnifique théâtre à l'italienne rénové ce printemps. Animé par Jacques Bonnadier et Philippe Forcioli, il accueillera une kyrielle d'artistes qui furent compagnes et compagnons de route de Michel.

M.Melchionne, J.Duino, Jacques et Simone Fasano, A.Testard, N.Estève, Yves et Irène Chiavassa, Bob Rodeville, M.Faure.... (et d'autres..)

Samedi 6 juin à 16 h 30 et dimanche 7 juin à 15h ( entrée : 15e)

Rens : Théâtre de l'Oeuvre 1 Rue Mission de France 13001 Marseille
RENS,res : 04 91 90 17 20

Le CD 

Enregistré en public au théâtre Marie-Jeanne, on y entend Michel au meilleur de sa forme dans ses propres chansons, puis Brassens, Brel, Béart, Perret, Trenet et bien d'autres. Un concert plein de fougue, d'humour et de ferveur. De plus, le livret-pochette de l'album sera entièrement illustré par des œuvres de Michel car il était fin dessinateur. Vous pouvez nous aider à réaliser cet « objet-souvenir » en participant à la souscription de soutien que nous lançons par le biais de L'Oiseau qui chemine – 27 rue Bussy l'Indien – 13006 Marseille.

 Il s'agit d'honorer la mémoire de cet artiste unique unique en son genre

que fut Michel Barelier.

 Notez ces dates, 6 et 7 juin. N'hésitez pas à faire des kms, vous ne le regretterez pas.

Des nouvelles en 2015 donc.

 

***

Voilà, d'ici là, un bout d'an à tout le monde et que la joie de Noël vous ébaubisse encore une fois.

Pace e salute

01/12/2014

 

 

 

 

 

 

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Edito de novembre 2014

 

Bonjour

Le 23 novembre, une grande fête de la chanson et de la poésie vivante se déroulera à Paris, salle de l' Alhambra dans le Xème. Un vrai marathon qui rassemblera plus de 40 artistes ayant eu le bonheur de chanter au Forum Léo Ferré du temps de l'ancienne équipe, les Floréal, Marie-Hélène, Christian et compagnie. Je joins le programme de cette journée unique, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Je me réjouis de retrouver « mes copains qui bourlinguent encore et toute ma kyrielle de copines » comme écrit RG. Cadou.

Le Forum d'Ivry continue avec des gens bien sympas et ouverts. J'y serai les 20 et 21 février 2015.

 

 

 

Voir les horaires de passage des artistes

 

Cadou m'aura fait vivre un des moments les plus forts de mon année à Louisfert, dans l'école où il a fini sa courte vie, école qui est devenue maison de poésie en son honneur grâce à Hélène Cadou, décédée en juin dernier. J'y ai donné là un des plus bouleversants récitals de ma petite carrière. Plus de vingt poèmes, dits , lus ou chantés sur mes musiques. Un grand moment en ce petit village, à hisser dans le ciel les merveilles de sa langue bleue.

 

J'ai commencé à jouer mon « 14 auteurs pour 14-18 » et les échos sont bons. Après Autrans, La Garde, Surgères, Sauterre, j'attaque moi aussi un marathon, plus de 20 représentations d'ici Mars.

D'abord l' Ariège car c'est la scène nationale de l'Estive à Foix qui m'a fait cette commande de spectacle, puis la région lyonnaise, Crépy en Valois, Saintes, la Corse, Carpentras, Chambéry, Grenoble, les Alpes de Haute-Provence, Aix en Provence... N'hésitez pas à consulter mon agenda à la rubrique « C'est quand qu'il revient » sur le site philippeforciolifree.fr, tout est indiqué et venez si vous pouvez, je crois que c'est bien.

 

Demain, c'est jour de Toussaint, ma maman entrerait dans sa quatre vingt dixième année...

Voulez-vous que je vous dise, c'est bien triste de ne plus pouvoir dire bon anniversaire à sa maman.

 

Pace e salute

le 31/10/14

 

 

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Edito de septembre 2014

 

Grande. Elle fut grande la XXème Deltheillerie de Villar en Val, berceau de Joseph Delteil. Faut dire qu'elle fêtait ses 20 ans, alors, pensez-vous, les petits plats dans les grands !

Près de 1300 entrées toutes manifestations confondues durant ces trois journées. Des balades à 150 marcheurs, des conférences à 200 auditeurs, des concerts à 650 spectateurs, des centaines de livres et disques vendus, des dizaines et des dizaines de litres de vin et des milliers de grands sourires, oui elle a tout vu en grand, grand succès, elle est devenu grande la petite, forcément, elle fêtait ses 20 ans.

Mais aussi grandes furent les satisfactions, aussi grandes furent les déceptions : la pluie, précipitant le final du vendredi soir, chamboulant le programme du samedi, interrompant brutalement la veillée-chansons finale du dimanche soir. Et puis la crise soudaine qui a failli terrasser Julos le samedi, hôpital, annulation de son concert et Barbara d'Alcantara, sa compagne de scène, toute perdue et bouleversée, le ciel de Villar refusant d'entendre la douce chanson du bon Julos.

Tristesse. Rien n'est parfait ici-bas c'est entendu, mais tout de même, cela faisait un peu beaucoup...

J'écris ces mots dans une chambre d'hôtel près de Saintes et je retiens en vrac de ces journées les rires, l'élan et la générosité des « ouvriers de l'ombre », « les petits les obscurs », celles et ceux qu'on ne distingue jamais nommément, les bras et les petites mains qui furent là dès le dimanche pour repartir le 12 en honneur de l'amitié, l'amour, la joie.

Les Didier, Paco, Michel, Romy, Bernard, Steve, Annie, Mado, Jacques, Eliane, les Catherine, Mathieu, Lionel, Robin, les enfants garde-barrière, Margot, Jeff et Anne, les Sylvie, Lolo, Antoine et Fifi la Sardine et pardon à celles et ceux que j'oublie.

Je retiens les larmes de Jacques évoquant les fabuleux instants de grâce que furent les chansons de Graeme dans ce champs, le son parfait, l'éclairage idem.

Je retiens les éclats de rire fusant du petit théâtre de verdure sur le sentier durant le clownesque spectacle de Christophe Alwright, quel comédien !

Je retiens cet énormissime stand de cd de Jordi Saval et cet énorme écriteau, CB (Carte Bleue), incongru dans notre simple décor, comme un chancre, et le déluge renvoyant la vendeuse et son écriteau aller vendre ailleurs.

Je retiens Mans de Brecht et Jehan plantés sur deux funambulesques chaises et chantant à tue-tête le dimanche soir après la débâcle due à l'orage. Je pensais à Brassens :

 

« Tous les garçons d'honneur

Montrant leurs poings aux nues

Criaient par Jupiter

La noce continue

Par les dieux décriée

Par les cieux contrariée

La noce continue

Et vive la mariée »

 

Je retiens Lulu et sa bande de copains se décarcassant pour nourrir les irréductibles insomniaques, notre joyeux et bruyant bivouac jusqu'au petit jour, chansons et chères rasades à l'appui, jeunes et vieux ensemble, et le Bon Dieu des ivrognes derrière un nuage qui riait sous cape.

Je retiens ce petit bouquet de bruyère sauvage offert, bien calé sur l'essuie-glace de ma bagnole.

Je retiens cette chouette de 5h du matin qui me consola d'un gros chagrin d'enfant.

Je retiens tout de cette XXème, la plus grande. Ma dernière.

Philippe Forcioli

12/08/2014



Anne TESTARD.

Vous la connaissez. C'est elle l'auteure-compositrice de « Chic ! Un âne ! » (J'suis qu'un âne moi m'sieur js'suis qu'un âne...). J'ai enregistré 2 autres de ses compositions dans mes albums : « Volière » et la « Prière du pèlerin ». Et elle demeure pour toujours la maman de ma grande fille, Judith.

Voilà qu'après plus de trente ans de chansons et de poèmes semés par ci par là entre amis, elle se décide à enregistrer un bouquet de ses œuvres.

C'est une petite merveille, une poésie comme on en trouve rarement aujourd'hui et une voix qu'on n'oublie pas ! Demandez à ceux qui ont eu la chance de l'entendre en vrai.

Tout cela joliment arrangé par son ami André Barde. .

Au final un disque rare, attachant, un de ces disques qu'on peut écouter en boucle quand aime la chanson et la poésie...Un premier disque avec les quelques maladresses des débutants ! (Faut bien que le « professionnel » trouve au moins quelque chose à redire...


N'hésitez pas à souscrire, vous ne serez pas déçus !

Pour tous renseignements, s'adresser à :

anetestard@gmail.com


Un autre disque d'ami paraîtra d'ici Noël. Des chansons de mon petit frère en poésie, Guilhem Gottardi. Les quelques morceaux déjà réalisés m'ont comblé. Une orchestration discrète au service d'un texte et la voix douce de ce grand timide par devant l'Eternel. C'est beau, d'une paisible profondeur,c'est bon comme du bon pain. N'hésitez pas là non plus. Les artistes qui mettent Francis Jammes en musique ne courent pas les rues, ils baladent sur les chemins buissonniers. C'est là qu'il faut les rencontrer.

Pour tous renseignements, s'adresser à :

gottardi.guilhem@orange.fr


A l'aube de cette nouvelle année scolaire, j'ai appris par Pôle Emploi que je pouvais dès à présent prendre ma retraite mais qu'au vu de mes trimestres cotisés, je pouvais le faire en janvier 2020...

Je continuerai donc, si Dieu veut jusque là. A chanter et à dire mon cœur, mes peines et ma joie.


Pour conclure le texte de ma dernière chanson.


Chante


Chante pour repousser le dépit et la poisse

chante pour déjouer les coups bas du destin

chante pour faire glisser le manteau de l'angoisse

chante pour saluer la bonté du matin

chante à la volée

chante à l'aveuglette à la volette

chante à l'épervier chante à l'alouette

chante il n'y a que lui le chant pour se moquer

de l'absurde de la mort et des amours en berne


Chante pour taquiner ton gamin qui te boude

chante pour éclairer son visage grognon

chante pour amorcer la pompe d'huile de coude

chante dans le chantier chante dans ton camion

chante à la volée

chante à l'aveuglette à la volette

chante à l'épervier chante à l'alouette

chante il n'y a que lui le chant pour effacer

les promesses déçues et la plaie souveraine


Chante comme un ruisseau qui fidèle s'écoule

loin dans un vallon sous les ajoncs caché

chante comme ronronne le matou en boule

chante même en dormant ton poème secret

chante à la volée

chante à l'aveuglette à la volette

chante à l'épervier chante à l'alouette

chante il n'y a que lui le chant pour partager

tes chemins tes deux mains ton bouquet à la reine


Chante auprès du feu pour tes copains de terre

chante à la mi-nuit à la lune perchée

chante à faire monter les larmes à tes paupières

chante pour desserrer les nœuds de ton gosier

chante à la volée

chante à l'aveuglette à la volette

chante à l'épervier chante à l'alouette

chante il n'y a que lui le chant pour célébrer

la grâce et la beauté la paix et le mystère


Chante

sans te

soucier de rien

ni des mots ni des notes

chante

tente

de toucher au pays

d'où le vent tout enchante



Bonne rentrée à vous.

Pace e salute

 

 

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Edito de juin 2014

Bonjour

Le double album « Il est passé par ici » a donc vu le jour, posté aux 282 souscripteurs, j'ai indiqué les 2 erreurs qu'il recelait :

-Le texte intégral des chansons et poèmes, disponible sur ce site occupe 37 pages A4 et non 70 comme indiqué dans le livret.

-La photo en haut à gauche du poster date de 1994 et non 1984.

Tout le monde est d'accord pour dire que c'est un bel objet. Bravo donc et merci à Sylvie Forcioli pour les illustrations et à Eva Millet pour la réalisation finale du coffret.

Pour moi, une mission accomplie avant d'autres qui sait.

Les souscripteurs n'ayant pas reçu leur commande voudront bien me le signaler. Pour ma part , tout a été posté. Et celles et ceux qui l'ont reçu, qu'ils n'hésitent pas à se fendre d'un petit mot de bonne réception. Merci.

Voici un texte reçu d'une amie qui n'est pas fait pour me déplaire car les retours se font rares en ces temps de communication...

« Le nouvel album-phénomène de Philippe Forcioli »

Un Ovni dans le paysage culturel français !

Fait-main, comme on n'en fait plus, pour raconter une vie d'artiste: la route, les petites, les grandes salles, les studios, les rencontres et partout la poésie tirée de son silence pour devenir langage.

Une vraie nature faite pour le rire et l'amitié.

La place donnée aux anonymes, aux accents, aux terroirs, aux voix (mais où donc est- il allé chercher celle offerte sur l'éblouissant "Vincent Van Gogh"?).

L'indispensable fraternité et, par les voix du Grand Moustaki et d'Allain Leprest au talent foudroyant, la fidélité retrouvée.

Quel cadeau et quel voyage au pays des merveilles de l'ami!

On a tant de chance qu'il soit passé et repasse souvent par ici.

Merci Philippe.

"Salut la route!

Adieu passé.

Recommencer."

Magali A.


Les 8,9 et 10 août se fêteront à Villar en Val, village natal de Joseph Delteil où mon sentier en poésie connaît de plus en plus de promeneurs, curieux et ravis , Les 20 ans ans de la Deltheillerie. Nous y auront invité Moustaki, Paco Ibanez,Vassiliu, les Bratsch, Souad Massi, Rufus et bien d'autres.

Cette année, trois journées pleines avec balade en fin de matinée, musique, théâtre et causerie l'après-midi et concert le soir sous les étoiles.

De grands noms cette année : Jordi Savall, Julos Beaucarne, Graeme Alwright et votre serviteur en compagnie de Jehan, Mens de Brech, Nilda Fernandez pour la clôture le dimanche. De grands moments en perspective...

Vous pourrez consulter le programme en cliquant ici :

Ici, en Camargue, le thermomètre grimpe de jour en jour ; heureusement qu'il y a la rivière à 10 pas de chez moi !

Pace e salute

Juin 2014


 

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Edito de mai 2014

 

« Il est passé par ici », double cd va bientôt passer par là !

A condition que :

- L'usine KDG France tienne parole sur ses délais de livraison

- Le transporteur tienne parole de même

- La Poste observe les trois jours promis au routage en fonction de l'affranchissement choisi

- Pas de grève, inondation, tremblement de terre ou guerre mondiale ou autres catastrophes

hé bien, ce nouvel album sera dans les boîtes à lettres des 275 souscripteurs d'ici la fin mai !

OUF !

Il m'en aura fait voir de toutes les couleurs celui-là ! Complications avec la Sacem, avec l'Ina, avec des ayants-droits divers et j'en passe et des meilleures... mais voilà, mission (presque) accomplie à condition que... (voir plus haut!).

On y trouvera sûrement des coquilles puisqu'à la relecture j'ai trouvé 2 fautes.

- Il est indiqué 1984 en dessous d'une photo prise à Villar en Val alors qu'elle date de 1994 !

- Il est indiqué 70 p pour le PDF du texte intégral des cd à imprimer alors qu'il n'en fait que 37 !

Horreur ! Mais sont-ce véritablement des « coquilles » ?

Vous savez que ce mot a donné le nom d'une rue de Paris, la rue Coquillière où vivent les fils, petits-fils et arrière petits-fils et filles des typographes et ouvriers des imprimeries générales qui sont à deux pas. Tous ces descendants sont facilement reconnaissables car ils portent tous une casquette, de grosses lunettes épaisses et ont tous le bout des doigts noirci par l'encre des machines. C'est héréditaire paraît-il... J'avoue avoir été quelque peu effrayé en me retrouvant très tard dans cette rue dans un bistrot « A la faute de frappe » et avoir entendu parler entre eux des habitants du lieu. C'est impressionnant car ils utilisent un jargon qu'ils sont seuls à comprendre. On m'a dit qu'ils utilisaient seulement la première lettre de chaque mot. Par exemple pour dire : « Avez-vous aimé le dernier disque de Forcioli ? », ils disent (très très vite en roulant les R, c'est impressionnant vraiment à entendre...) : AVALDDDF ?...Un néophyte pourrait comprendre : « Avez-vous aimé le dernier disque de Fifilasardine ? » Hé bien, eux non ! Ils comprennent que c'est de Forcioli qu'on parle et tout ça en essuyant leurs épaisses lunettes à cause de la casquette qui fait beaucoup de buée dans des lieux confinés comme les bistrots. Si l'un répond :  « OB* »..ouf, c'est gagné, mais s'il lance « NPDT** », crac, c'est mauvais !

Voilà. Je vous laisse à ce magnifique printemps. Depuis le premier jour , le 21 mars, j'en aurai croisé des visages et des lieux. Ardèche, Limousin, Charente, Ile de France, Morbihan, Nantes, Angers, Tulle, les Monts du Lyonnais et Camargue d'où je vous salue bien.

Pace e salute

20/05/2014

*Oui beaucoup

**Non pas du tout

 

 

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Edito Mars 2014

 

Bonjour

Ah ! Que j'eusse aimé que vous, souscripteurs à mon nouvel album « Il est passé par ici », vous vous régaliassiez d'écouter l'adaptation que j'avais faite, accompagné au piano Stenway par Nadine Estève de la « Pavane pour une infante défunte » de Maurice Ravel. C'était déjà dans la boîte mais voilà, le verdict est tombé. Les ayants-droits de M.Ravel, mort en 1937, refuse tout texte posé sur des musique du maître...no comment...sauf qu'il m'a fallu retourner en studio pour modifier la maquette, et recommencer mes demandes Sdrm pour l'autorisation de sortir le cd. Retard, attente encore des services administratifs Sacem et autres, bref, en étant optimiste, je n'aurai pas cet album avant la mi-mai. Le printemps dure jusqu'au 20 juin...je l'ai promis pour le printemps...je croise les doigts mais je crains encore d'autres complications pour d'autres adaptations qui figurent dans mon projet.


Alors pour vous faire patienter, je vous propose les textes du Cd 1 dans leur intégralité.

Ceux du Cd 2 suivront après l'autorisation espérée.


Bien à vous


 

CD 1

Voix de G.Graindor (1991)

Fais ta musique (P.Forcioli-1976)

Pourquoi tu chantes toi ? (P.Forcioli-1978)

Signe de réconciliation (P.Forcioli-1979))

Béni de la ritournelle (F. Delescluse-Beaume)

Enfant petite étoile (P.Forcioli-1980)

Comptines (P.Forcioli-1988)

Titantitan (P.Forcioli-1979)

Le sourire des commerçants (P.Forcioli-1977)

Voix de J. Bonnadier (1982)

Sketch du Marseillais (P.Forcioli-1981)

Cévennes en avril (P.Forcioli-1977)

Ah! Donnez-moi des vaches (P.Forcioli-2013)

Hasmina (P.Forcioli-2012)

La France (P.Fort-P.Forcioli-1988)

Le grand chêne (G.Brassens)

Sketch de la Joie (P.Forcioli)


1/ VOIX DE GERMAINE GRAINDOR + PHILIPPE (1991)

Prof d'Italien à la retraîte, Germaine fut mon « grain d'or » tout un temps, m'organisant des concerts à Gap et sa région. Décorée Grand- Croix de la Résistance en 1945, catholique « révolutionnaire », c'est l'amitié du « Poverello » qui nous fit complices et alliés.


2/ FAIS TA MUSIQUE (P.Forcioli-1976)

En public et en Belgique en 1981 avec B.Abeille (contrebasse).

Fais ta musique avec ton cœur
Ta poésie avec ton sang
Et s'ils rigolent les bien-pensants
Tous les vautrés dans leurs idées
Toutes les idées
Tu sais que dès qu'ils leur vient
un chant Amour ils pâlissent
 
Fais ta musique avec ton rêve
Ta poésie avec ton cri
Racle profond dernière limite
Tu sais qu'au bout de cette quête
C'est toi et tous les autres
Que tu retrouves
 
Fais ta musique avec ton rire
Ta poésie avec l'espoir
C'est pas de la drogue
Ni de la magie
Non c'est la vie que tu caresses
Avec tes sens et ton esprit
Et puis tu sais qu'il en est un
Qu'il en est une
Qui se reconnaît dans ce délire
 
Fais ta musique avec ton cœur
Ta poésie avec ton sang

 

3/ POURQUOI TU CHANTES TOI ? (P.Forcioli -1978)

En public et en Drôme en 1979 avec A.Territo (guitare basse).

 
Pourquoi tu chantes toi ?
Parce que j'ai dans la tête
Des mots qui font la fête
Des mots qui dansent entre eux
Comme des amoureux
 
Pourquoi tu chantes toi ?
Pour porter des messages
En morse et en français
Puisque c'est mon langage
Depuis que je me connais
 
Pourquoi tu chantes toi ?
Pour faire rêver et rire
Penser chercher trouver
Des clés à nos délires
Des raisons de marcher
 
Pour qui tu te prends toi ?
J'me prends pas je me donne
En échange de dix sous
Des oreilles attentives surtout
Des cœurs ouverts c'est tout
 
Et qu'est-ce que tu crois toi ?
Je crois à la grande chaîne
Des cœurs et de l'Esprit
Des corps réconciliés
Avec la simple vie
Je crois à la conscience
D'un ici d'un ailleurs
La fin de l'ignorance
La fin de la finance
La fin de la super-puissance
La fin de l'arrogance
La fin de la méfiance
La fin de la macabre danse
La fin de la peur
 
Pourquoi je chante moi ?
Parce que j'ai dans mes fêtes
Des mots qui font la tête
Des mots qui pleurent entre eux
Comme des malheureux
 
Pourquoi t'écoute toi ? Pourquoi t'écoute toi ?
 
- Pourquoi j'écoute ? Il est pas beau lui ! Je suis dans le public qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre que d'écouter ? Et qui te dis que j'écoute ? Peut-être que j'écoute pas que je pense à autres chose...
(improvisation selon le lieu et le public)...
Bon mais au lieu de parler
Pourquoi tu chantes pas ?

 

4 SIGNE DE RÉCONCILIATION (P.Forcioli -1979)

Dans « Pâques baladant » en 1979 avec A.Territo (bandonéon).

 
Je suis
cette étincelle
qui jaillit dans la nuit des roues d'un train qui passe
j'habite la prunelle du chercheur qui voyage
et dont l'esprit volage retrouve les mirages
incendiant le réel de son fracas de rêve
mendiant de la beauté il glisse en liberté
en se moquant de l'ombre
je suis cette étincelle
qui fait pousser des fleurs sur les décombres
de réconciliation
signe decontradiction
signe de révélation
signe de réconciliation

5/ BENI DE LA RITOURNELLE (F.Delescluze)

Avec l'autorisation de Daniel, Clara et Vincent Beaume, ce poème de Fanchon qu'elle enregistra peu de temps avant son adieu.

 
Philippe
Toi le mâcheur de mots
Le sussureur de notes
L'enfant béni de la ritournelle
Tes yeux picorent la lumière
Tes lèvrent roulent la mousse des mots
Tes mains baptisent l'âne que tu fais naître
Ton corps épouse la feuille
Ton corps décole avec l'oiseau pour mieux danser sous les étoiles
Toi le mâcheur de mots
Le sussureur de notes
L'enfant béni de la ritournelle
Tes mains chantent la vie
Tes bras miment le vent
Tes lèvres boivent le suc que tu presses à la grappe
Tes yeux fleurissent de soleil
Pour mieux chanter avec l'enfant


6/ ENFANT PETITE ÉTOILE (P.Forcioli -1980)

En public en 1981 avec B.Abeille (contrebasse).

Enfant petite étoile
Enfant qui porte en germe
Enfant le temps qui vient
Enfant douce pluie
Enfant de peurs de pleurs
Enfant et de fous rires
Enfant dans tes élans
Enfant mille soleils
Enfant dans tes regards
Enfant mille fontaines
Enfant dans tes courses
Enfant tout l'univers
Enfant dans ton mystère
Enfant le beau silence
Enfant dans ton sommeil
Enfant la paix au monde
Enfant dans ta révolte
Enfant le cri des prisons
Enfant et dans tes larmes
Enfant la vérité
Enfant dans ma chanson
Enfant je te regarde
Enfant et de tout moi
Enfant
je ris je ris je ris je ris je ris

7/ COMPTINES (P.Forcioli -1988)

Mémoire des chansons enfantines que l'on transmet consciencieusement.

Tant que la main de ma petite
lisse ma barbe au soir au lit
tant qu'une comptine crépite
sur ma langue la vie me fait envie

Tant que la vie danse
sur le pont d'Avi-
-gnon à l'évidence
l'enfance rit
plume qu'on me donne
pour écrire un mot
ma chandelle est bonne
la Belle Hélène a dit c'est beau
 
Tant qu'à la fontaine
le gai rossignol
se rit de ma peine
c'est croquignol
 
tant qu'une bergère
et le fils d'un roi
marient leurs paupières
le temps ne peut rien contre moi
 
Oh Arlequin vole
chez Cadet Roussel
c'est pour chat qu'elle miaule
la Mère Michel
tien v'là les colchiques
v'là le joli vent
les canards rappliquent
à l'étang ma mie m'attend
 
Frère Jacques cette cloche
ce carillonneur
maudit par ses proches
tous les quart d'heure
enfouit sa clochette
sous les romarins
pirouette cacahuète
l'est descendu dans mon jardin
 
Le meunier qui rêve
n'a rien vu du tout
Biquette sa chèvre
broute ses choux
elle est parisienne
pourtant elle me dit
j'attends qu'mon loup vienne
pour revoir ma Normandie
 
Jeanneton balade
faucille et chapeau
quand trois camarades
plume au marteau
larirette l'aime
dans le petit bois
de la mi-carême
jusqu'à la saint Eloi
 
Si polichinelle
garde des moutons
c'est qu'à La Rochelle
Margot les tond
paraît qu'en Lorraine
il a deux amours
la fille et la reine
s'en va s'en vient et trois p'tits tours
 
Sous le pont de Nantes
Bouh qu'ils sont vilains
ils sont vingt ou trente
avec Mandrin
à la courte paille
qui tire le prix
il gagne la caille
la tourterelle et la perdrix
 
des chansons semblables
elles ont fleuri mille
c'est château de sable
'tention fragile
clochettant naïves
ou sautillant là
semant leur qui-vive
elles sont par ici
elles repasseront par là

 

8/ TITANTITAN (P.Forcioli -1979)

Ah ! Il s'en souviennent encore tous ces gamins hier hilares en me voyant faire le pitre et qui ont passé aujourd'hui la cinquantaine !Et toujours avec des rires dans les yeux...Oui, il nous fit bien rire ce Titan là...Con de caillou,va !

(C'est un adolescent qui essaie de faire l'homme dur, la brute accomplie, suivant le modèle affiché dans les films « pour la jeunesse ». Il piétine sur place en se balançant et en scandant de plus en plus fort...)

-Titantitan titantitan Ah titantitan - - titantitan

(il répète plusieurs fois puis s'avance jusqu'à enfoncer d'un grand coup de pied une porte imaginaire)

-Ah Titantitan titantitan Ah titantitan titantitan …

(soudain il trébuche s'arrête net et se met à pleurnicher)

-Con de caillou ! Qui c'est qui a mis ce con de caillou ?... J'étais bien à faire le Titan et je me suis pris le pied dans ce con de caillou !

-Mômam môman môman môman oh môman môman (il renifle deux fois) môman môman...

(Il s'essuie le nez) Con de caillou !!...O Titan sustends ton tol !...c'est zouli hein …

Je vais recommencer à faire le Titan...pour faire le Titan il faut se mettre comme ça !

(Il enlève le caillou et se remet en position mais de façon militaire, au garde-à-vous puis au pas cadencé)

-Titantitan titantitan Ah titantitan-- titantitan …(il se retourne)

Hé venez tous ! Pour faire le Titan faut faire comme ça... (Il marche comme s'il était à la tête d'un défilé mais empêche quiconque veut le dépasser)

Ho ho Hola!!c'est moi le Titan ! (Il pavane en hurlant et en montrant des ennemis en face de lui)

Titantitan titantitan Ah titantitan-- titantitan … (soudain il s'aperçoit qu'il est seul)

-Oh merci Grand Titan d'avoir sauvé la vie au petit titan ...mais à partir d'aujourd'hui tous ceux qui sont pas pour le Titan j'y casse la tête !

-Titantitan titantitan Ah titantitan - - titantitan (il tend le bras façon nazi ou le poing façon bolchevique)

(il s'arrête devant un passant)

-T'es pour le Titan toi ? Non ? Crahh !!!

(un grand coup de poing et il continue...deux, trois passants agressé de la même façon puis c'est lui qui reçoit un coup de poing)

-Mais t'es pour qui toi ?...Pour le Titin ?

- (déconfit)Ah Titintitin titintitin Ah Titintitin--(à voix basse) Titantitan (de nouveau il reçoit un coup de poing)

-Mais j'ai dit le Titin !!! Ah t'es pour le Titou ?

Titouttitou titoutitou ah titou titou et pitain et pitout...(il s'arrête découragé...silence...puis il voit une fleur sur le chemin, il la cueille, la sent, elle lui parle à l'oreille et il répète ce qu'elle lui a dit)

-Petit titan pétait trop haut !...


 

9/ LE SOURIRE DES COMMERCANTS (P.Forcioli -1977)

Enregistré en mai 2005 lors d'un spectacle de fin d'année sur la scène du Train-Théâtre à Portes les Valence sous la direction musicale de N.Paul. Huit classes de gamins excités comme des puces réunis dans une salle comble, avec musiciens et tout et tout...

 
La bouche en demi-soleil il baladait dans un matin
Bien l'bonjour les hirondelles je m'en vais au village voisin
Voir si les gens d'ici sont toujours accueillants
S'ils ont gardé de la fête le sentiment
J'm'en viens vérifier
L'état de la gaieté
 
Le sourire des commerçants
On s’demande toujours ce qu’il y a derrière
Le sourire des fonctionnaires
On s’demande toujours ce qu’il y a dedans
Mais l’sourire des enfants
Pas d'problème c'est d’la lumière
Le sourire des vieilles gens
C'est le seul sourire qui n’a pas d'dents
 
Le premier individu qui a daigné me recevoir
En tant que quêteur d'espoir délégué par le firmament
C'était un gros marchand ça s'voyait à son ventre
Il n'a pas cessé d'parler d'impôts de patentes
Pas une seule fois son visage éclaira mon nez
Ça fait que j'ai marmonné
 
Je file à une caisse primaire bonjour madame je suis en quête
Elle n'a pas levé ses lorgnettes à ma grimace illuminée
Vos nom prénom il manque une fiche d'état civil
Votre profession n'est pas notée sur mon cal’pin
Quêteur d'espoir ça s'écrit comme ça se prononce
Encore une fois j'renonce en avant mon refrain
 
J'allais r’partir déçu déçu quand paf ! je reçois sur le pif
Un ballon rouge d’un rouge vif je me retourne et j’aperçois
Une bonne douzaine de gamins aux abois
Des fois que j'me fâche des fois que je sois bourgeois
Faut pas s’inquiéter les enfants je viens jouer
J'viens vous apprendre à viser au pied
 
On a parlé jusqu'à la nuit d'l'école d'la mort et de la vie
Ils m'ont mené à leur repaire une piaule où vivait un grand-père
J’ai raconté toutes mes histoires au patriarche
Quêteur d'espoir c'est dangereux m'a dit l'pépère
J’te file un conseil si tu veux pas quitter l'soleil


 

10 / VOIX DE J.BONNADIER ( Radio Maritima -1982)

Jacques Bonnadier fut le premier « journaliste spécialisé » à me témoigner sympathie et soutien. Depuis 1981, la vie nous a donné de partager de bien belles choses, en poésie, en amitié , rires et larmes mêlées.Un grand frère.



11/ SKETCH DU MARSEILLAIS (P.Forcioli -1981)

Dans le Var en 1981.

C'est qu'on venait de loin pour m'entendre faire le zigoto dans ce sketch ! Chacun y reconnaissait un ami ou un voisin, ça se passait en Provence et certains soirs, l'improvisation aidant, je voyais des vagues de fous-rires me submerger. Je l'ai abandonné, préférant le grave et le silence et pourtant, trente cinq ans après, quelle actualité encore...

(Deux personnages : un genre de poète qui dit ce texte sans sourire avec conviction et un brin d'aménité à l'adresse d'un homme à l'accent marseillais, un genre de « kakou »)

 
Si t’as besoin d’un transistor au sommet d’une montagne
si t'as besoin de ton fusil pour balader en campagne
si t'as besoin d'une moustache d'une casquette et du tiercé
si t'as besoin d'une voiture à la couleur de tes cravates
 
tu devrais t'inquiéter homme mon frère tu devrais t'inquiéter
 
Si t'as besoin d'une femme-maison pour remplacer ta maman
si t'as besoin d'enfants qui te ressemblent pour ta consécration
si t'as besoin d'un chien méchant d'une barrière de dix verrous
si t'as besoin d'une assurance contre la vie contre la mort
et contre les piqûres de moustiques
 
tu devrais t'inquiéter homme mon frère tu devrais t'inquiéter
 
Si t'as besoin d'un cinéma pour t'inventer des histoires
si t'as besoin d'une mode pour t'inventer des goûts
si t'as besoin d'un boulot con mais où tu touches gros
si t'as besoin d'un club de vacances pour t'inventer l'aventure
 
tu devrais t'inquiéter homme mon frère tu devrais t'inquiéter
 
Si t'as besoin d'une police pour te croire dans la paix
si t'as besoin d'une église pour te croire près de dieu
si t'as besoin d'un parti fort pour te croire politique
si t'as besoin d'un chanteur à succès pour te croire poétique
 
tu devrais t'inquiéter homme mon frère tu devrais t'inquiéter
parce que si t'as besoin tsoin tsoin plus t'as besoin tsoin tsoin
 
Je dis pas ça pour me moquer c'est un avis que je te donne
ne me condamne pas à ton tour avec tes lois qui te servent
tes lois qui légalisent tout et qui te robotisent en douce
la dernière fois que tu as crié non
c'était dans un sanglot d'enfance
 
je m'inquiète de toi homme mon frère
et toi t'inquiètes-tu de moi ?

(Le marseillais réagit violemment)

-Oh fais gaffe à ta gueule toi !...non mais t'as vu ce qu'il m'a dit ?.. je dis pas dans le fond...mais tu me parles pas comme ça... Fatche de con !...vas-y molo Paulo...Méfi !!!...cool Raoul !...Ce qu'il a pas mis là...coooonnasse !..

(Il se calme, réfléchit, se touche la moustache et change de ton et se lance dans son soliloque)

Putain demain je me rase la moustache ! Non je vais pas me raser la moustache, je vais me laisser pousser la barbe... ils vont me dire « oh tu te rases plus ? » « non je me rase plus je me fais pousser la barbe » et je vais t'installer un changement ! Mais pas le changement changement...Non le CHANGEMENT !

D'abord le tiercé c'est fini j'y joue plus...tu touches rien au tiercé..tu veux toucher une fortune il te faut jouer une fortune et pour jouer la fortune il faut que tu ais touché le tiercé..tu t'en sors pas..non moi le dimanche matin passer toute la matinée au bistrot à chercher les bons numéros le jockey l'entraîneur le terrain les astres la date de naissance des petits c'est fini j'y joue plus...au bureau ils vont me dire « Oh Paulo qu'est-ce que tu fais comme numéros pour dimanche ? » « Je joue pas ! » « Comme tu joues pas t'as plus les sous? » « Je joue plus ! » « il joue plus ??? mais qu'est-ce qu'il a Paulo il a le stress en ce moment.. »

(L'air très décidé) C'est fini j'y joue plus... (il se ravise)... non maintenant je vais jouer à la loterie...la loterie c'est pas pareil tu prends un billet à un aveugle à une gueule cassée ça lui fait plaisir tu fais une bonne action ça devrait être par correspondance... tu t'inscris et tu reçois les billets et un beau matin sur le journal...à La Ciotat Mme X... 800 millions...Mr Y... l'autre jour à Bouc Bel Air 900 millions !!..non c'est pas au tiercé que tu touches des sommes comme ça non non moi le dimanche matin je vais t'acheter un vélo 2 plateaux 10 vitesses et allez hop ! Au boulot ! Heu au vélo ! Hop hop hop avec la femme et les enfants en survêtements derrière tu vas voir un peu qu'on va aller respirer le bon air on s'arrête à midi on casse la croûte le pain le saucisson le vin l'après-midi la pétanque avec les boules que les petits ils auront porté sur le porte-bagage... puis on rentre à 8h et demi tranquillet tranquilou pour le film...avant on était obligé de rentrer à 8h à cause des rapports du tiercé maintenant que je joue plus j'ai gagné une demi-heure ! Hé !

Non moi je vais t'installer un changement mais pas le changement changement LE CHANGEMENT !

Le chien méchant je vais le bazarder parce que c'est bien gentil un chien méchant mais c'est méchant dedans

c'est méchant dehors... je peux plus le tenir ... remarque que depuis que j'ai le chien méchant il m'est pas arrivé ça...personne ne s'est approché...avant non plus d'ailleurs mais c'est pour dire ...parce qu'aujourd'hui on vit une époque que c'est l'insécurité totale c'est Chicago c'est Las Vegas tu peux plus sortir...vous savez pas ce qu'ils m'ont fait ? C'est les jeunes ça c'est des petits cons les jeunes...ils ont été me marquer sur la pancarte que j'avais devant la maison « Propriété privée » « Propriété privée...privée de quoi ? » Qué privé de quoi ? Privé de rien ! On a tout chez nous on sait plus où le mettre et s'il manque quelque chose ils ont qu'à l'amener ! Vous savez pas ce qu'ils m'ont fait ? C'est les jeunes ça c'est des petits cons les jeunes...des conneries on en a tous fait et moi le premier mais si j'avais fait le quart de ce qu'ils font aujurd'hui mais mon père il me filait un coup de pied au cul que je claquais des dents jusqu'à la Noël ! ...ils ont été me marquer sur la pancarte que j'avais devant le garage comme tout le monde « Défense d'entrer sous peine d'amende » que j'avais acheté 2 pour le prix d'une à Prisunic ils ont été me marquer « Défense d'entréléphant.. » là j'ai pas compris mais ils ont ajouté « sous peine d'amande grillée ! » mais là ça pas été moi le grillé car là je lui ai dis à ma femme ...si c'est ça le fruit de leur révolution de leur nouveau monde et tutti-quanti hé bien c'est un fruit sec ! (content de lui) Amande grillée-fruit sec ! Alors j'ai été à Romanetti aux Chartreux et je leur ai dit « ils m'ont salopé propriété privée » le vendeur il me dit « avez-vous essayé maison piégée ? » « heu...non » « essayez maison piégée » MAISON PIEGEE ! Ah ah là ya plus personne qui s'approche ah ah le piège...mais faut faire attention avec le piège...y'en a un au Plan d'Aups véridique même plus que véridique authentique ! Ca faisait trente fois qu'il avait été cambriolé il était là sur le pas de la porte  « oui venez venez vous approchez vous êtes là depuis longtemps je vous ai vu tenez prenez ça je m'en sers plus » il en pouvait plus il avait les glandes comme ça...Il t'a mis les pièges...tu touchais la fenêtre...vlam ! Tu touchais la porte...vlam ! Tu regardais le toît...vlam ! Un dimanche va savoir il avait trop fait la nouba le samedi soir il est arrivé il a ouvert la porte...vlam ! Il s'est pris le piège il est mort... maison piégée...faut faire attention avec le piège...

Non moi je vais t'installer un changement mais pas le changement changement LE CHANGEMENT !

Je vais me laisser pousser la barbe et la voiture je vais en changer je vais me prendre une vieille stapadelle

c'est sûr ce sera pas aussi sportif et nerveux que la TXYZ que j'ai en ce moment mais on va pouvoir entasser des affaires et aller coucher dehors...ça fait combien de temps que j'ai pas coucher dehors ?...depuis l'armée ! Ma femme elle a jamais couché dehors sa mère elle lui a dit que ça portait malheur...alors...mais bon il y a coucher dehors et coucher dehors ! Nuance ! J'en connais des jeunes au quartier « ouais on va coucher dehors frédon frédon » ça veut dire liberté én anglais frédon frédon ils revenaient complètement hirsutes tout échevelés ils savaient plus où ils habitaient ils allaient habiter à 10 ou 12 dans des gourbis hé la oh oh oh ya coucher dehors et coucher dehors ! Moi j'ai un copain au bureau Toinou il a un coin réservé dans la Drôme « Le coin joli » il y va et il s'installe avec la tente les oncles le grand-père la grand-mère et il est bien comme tout ! Au bout de dix jours ils se connaissent tous dans la rangée il a lié plein de connaissances avec des tas de gens des hollandais des hollandaises il m'a même dit qu'avec les hollandaises...mais bon pas méchant pas méchant... ça lui plairait pas trop à ma femme … ce qui lui plairait à ma femme c'est les vacances et la ferme ! Dans une ferme une exploitation agricole ça lui plairait à Odile...elle s'appelle Odile (il raconte à voix basse) ...quand j'étais jeune et que la chalais sur la Malagutti tous les copains ils me disaient « oh tu la croques Odile ! »...enfin à Odile ce qui lui plairait c'est pendant un mois un mois et demi tu ramasses la terre tu coupes tu laboures tu te lèves à six heures tu engranges tu sèmes quand t'as fini les vacances t'es complètement vanné mais au moins tu as respiré le bon air tu as entendu le gazouillis purpurin des oiseaux et bu l'eau claire des ruisseaux...parce qu'aujourd'hui ils me font rire elle va sûrement passer par ici la foire électorale « hé votez pour moi vous pouvez pas vous imaginer comme ce sera bien si vous votez pour moi »...d'accord mon cher monsieur mais qui c'est qui te promet de l'air pur de l'eau propre et du pain mangeable ? Dégun ! Moi dans le secret de l'isoloir je vais voter (à voix basse) écologiste... écologiste...

pas pour qu'ils viennent au pouvoir ah non non mais c'est pour dire pour témoigner d'un mécontentement...

parce qu'à la réunion du parti où je fais partie l'autre jour ils nous disent « mais l'énergie nucléaire c'est pas dangereux si c'est aux mains des travailleurs »...sur le coup j'ai rien dit parce qu'on le dit rarement sur le coup là-bas mais j'ai réfléchi toute la nuit et au matin...l'éclair ! Je me suis dit ceci...si jamais il y a fissure...vous avez entendu parler de la fissure ?..si jamais il y a fissure que tu sois travailleur ou patron c'est même combat !...Scapa ! Ah ah ! Non mon père le disait toujours mon père l'a toujours dit « Labourage et pâturage sont les deux mamelles du monde ! »...mon père ! va savoir où il a été chercher ça...mon père si il avait pas été obligé de travailler à 14 ans à cause de la famille que je vais pas te raconter tout ça... il aurait été professeur ! Il est rentré au cheminot comme tout le monde... il est pas rentré dans la police...j'ai un beau-frère dans la police il me le dit « ceux qui y sont dans la police c'est qu'ils sont pas assez méchants pour faire les brigands ou pas assez intelligents pour faire les instituteurs alors ils vont dans la police » ...mon père à son époque on allait pas dans la police on allait au cheminot...ah ça pour travailler il s'est pas fatigué...cheminot ? Ah pour la grève ils sont là...je suis pas contre la grève mais il faut pas que ça t'empêche de travailler !...Mon père il ajoutait « dis-moi ce que tu manges je te dirai qui tu es »...j'ai jamais compris ce qu'il voulait dire...s'il savait ce que je mange moi mon père...à la cantine c'est pas les écologistes qui font la cuisine tu sors de là t'es complètement bétonné mais je vais pas faire trente kms pour rentrer manger à la maison à midi...

Non moi je vais t'installer un changement mais pas le changement changement LE CHANGEMENT !

Mais pas celui qu'il ta promis le François (M. à l'époque H. aujourd'hui)... je l'ai entendu de mes yeux vu dans un discours qui avait fait grand bruit à l'époque... il avait promis de changer toutes les montées en descentes...il l'a pas fait ! Il avait promis de relever le niveau de la terre de quatre-vingt cms pour que les agriculteurs ils aient plus mal aux reins...tu l'as vu toi ? Il l'a pas fait ! La seule chose qu'il ait remonté c'est les impôts ah ça oui ! Tout ça pour des chômeurs qui sont là pendant que toi... y'en a un chez moi tous les matins il est là « alors m'sieur Paulo on va travailler ? » « hé oui je vais travailler ! » « hé le travail c'est la santé ! »...il se fout de ma gueule ! Mais si c'était vrai que le travail c'est la santé mais lui depuis dix ans il devrait être perclus de rhumatismes il devrait plus tenir debout mais non il est bien comme tout pendant que toi tu te lèves un bédélé comme ça pour des gens comme lui... Non je vais t'installer un changement moi...à la maison je vais installer un dialogue là...UN DIALOGUE !...à condition que la femme elle vienne pas te casser le travail parce que la femme ...chacun sa croix ! La femme c'est plus difficile à éduquer que les enfants parce que les enfants tu les as du début et la femme non ! Il ya trois ans elle me dit « je voudrais travailler » « comme tu voudrais travailler ? T'es pas bien ici ? T'en as pas assez du travail ? Et pour aller dépenser les sous à n'importe quoi ? » Toutes ses copines elles étaient là youpi youpi on va travailler frédon frédon ! Maintenant elles sont toutes au chômage avec une tête comme ça... moi ma femme elle est pas au chômage...(il mime le balai e chiffon à poussière) et vas-y et vas-y...et puis ils me font rire au gouvernement qu'est-ce qu'ils leur proposent comme travail aux femmes ?...vendeuse à Prisunic ? Aus dattes à Micasar ou aller remplir les yaourts à Chambourcy avec le contre-maître qui est là derrière...à lui toucher le cul !...je le sais je suis contre-maître !

Non moi à partir de demain je vais t'installer un changement mais pas le changement changement LE CHANGEMENT !

Je me fais pousser la barbe !



12/ CEVENNES EN AVRIL (P.Forcioli -1977)

Dans « Pâques baladant » en 1979 avec A.Territo ( guitare basse).

Et j'ai quitté la ville et ses travaux, guitare et sac à dos et nous allions, Jean-Luc A. et moi, plus mirliflores que jamais, en route vers une terre promise !

 

Connais-tu les Cévennes en avril mon amour ?
Voilà ce qu'on y pense en baladant dans les sentiers
 
« It is quand même very beautiful ici
It is not very pollued
It is not very détruit
It is quand même very beautiful ici »

 

13/ AH DONNEZ-MOI DES VACHES (P.Forcioli -2013)

Arrangement et contrebasse : P.Soulié.Flûte,accordéon : J.Mach

Ah donnez-moi des vaches
des vaches à gauche à droite
un âne des brebis
des cyprès des prairies
donnez-moi des barrières
un pont sur la rivière
saules et peupliers
aubépine et genêt

Des coteaux bien en ligne
enguirlandés de vignes
et des rosiers fringants
fiers à la proue des rangs
talus de pâquerettes
un homme sous sa casquette
et son chien qui le suit
joyeux et sans soucis
 
Ah donnez-moi des vaches
tranquillement qui mâchent
tout en me regardant
de leurs yeux envoûtants
une cabane en planche
le jardin du dimanche
d'un citadin veinard
chou patate et pinard
 
Un vol de tourterelles
sur une balancelle
une mioche en jupon
tchatche avec son poupon
un écriteau chapelle
au croisement m'appelle
ah flûte elle est fermée
saint Roch est en congé
 
Ah donnez-moi des vaches
qui jouent à cache-cache
entre bottes de foin
de paille et de sainfoin
le bras sur ma portière
ma route buissonnière
joue des panoramas
et je souris béat
 
Je sifflote et je plonge
vers ce hameau qui songe
une péniche un canal
café de l'Amiral
dans chaque coin de France
grâce et beauté immenses
des puits de poésie
génie de mon pays
 
Ah donnez-moi des vaches
des Monges aux Millevaches
du Rouergue au Gévaudan
et le Grésivaudan
De Balagne en Bretagne
De Camargue en Champagne
des Landes aux Pyrénées
Corbières Dauphiné
 
De Chartreuse en Combrailles
des terroirs en pagaille
ah ! que n'ai-je mille ans
pour aller plus avant
boire à vos paysages
comme on aime un visage
et le garder précieux
dans le secret des yeux
 
Ah donnez-moi des vaches
des chevaux sans attache
qui galopent soudain
à hauteur de mon train
mon train de roi bohème
dans ce tacot que j'aime
mon carrosse à chansons
mes semis mes moissons
 
Donnez-moi le dédale
des routes vicinales
que je me perde au fond
dans ce sous-bois profond
oh silence que j'aime
engloutis mon poème
et que je touche au cœur
de l'absolue ferveur


14/ HASMINA (PForcioli-2012)

Toutes ressemblances avec une blondinette ayant vécu vers 1963 à Oran, cité des Castors près de Saint Eugène n'est pas du tout le fruit du hasard...mais alors pas du tout, pas du tout !

Conrebasse:P.Soulié

Elle avait deux ans de plus que moi
elle avait douze ans et dix moi
qu'elle était jolie toute blonde et tout et tout
une kabyle aux yeux verts doux
 
Hasmina Henni
nous reverrons-nous d'ici le Paradis?
j'étais amoureux je le suis toujours
où es-tu mon petit amour?

Je l'accompagnais de grille à grille
du sortir de l'école au seuil de sa maison
mais en Algérie interdit aux garçons
de pénétrer dans la chambre des filles
son papa était un gros notable
de mon quartier un considérable
tu étais l'algérienne pleine de sous
et moi le petit roumi de rien du tout

Quand je suis tombé gravement malade
tu vins affolée chaque jour en ma maison
oh ta main sur ma main
mon cœur brûlait battait la chamade
en t'attendant je faisais des poses
devant le miroir j'étais Apollon
je ne redoutais qu'une seule chose
c'était c'était la guérison

Et puis j'ai guéri et un gris septembre
un méchant bateau m'a emporté
loin là-bas de l'autre côté
oh je m'y revois mon pauvre coeur en cendre
qu'es-tu devenue une femme libre
ou bien une moukère toute voilée
maintenant que l'Algérie
m'est loin derrière un fossé

de mon bel émoi
entre ma belle émoi
reste un arc-en-ciel
toi


15 LA FRANCE (P.Fort-P.Forcioli)

dans les Ballades françaises, « L'alouette »-1917

Enregistrement en public en 1991 à Gap avec N. Estève (piano)

Ah ! Quelle fraîcheur quelle vie quelle gaité
La France court les bois et court sous les pommiers
 
Hé Dieu ! Quelle hauteur et quelle agilité
La france court les airs et court les pigeonniers
 
Quelle fougue de voir quel désir de monter
La France court le ciel est-ce un paradisier ?
 
Quelle joie de sonder l'abîme et d'exister
De tout l'esprit du monde elle est seule hantée
 
Quelle âme quel amour quel feu quel clarté
La france court l'espace et court l'éternité


16/ LE GRAND CHENE (G.Brassens)

Pour illustrer cette « fable Brassinienne » , des mélodies de ses chansons avec M.Melchionne, guitares et voix.


Il vivait en dehors des chemins forestiers,
Ce n'était nullement un arbre de métier,
Il n'avait jamais vu l'ombre d'un bûcheron,
Ce grand chêne fier sur son tronc.

Il eût connu des jours filés d'or et de soie
Sans ses proches voisins, les pires gens qui soient ;
Des roseaux mal pensant, pas même des bambous,
S'amusant à le mettre à bout.

Du matin jusqu'au soir ces petit rejetons,
Tout juste cann' à pêch', à peine mirlitons,
Lui tournant tout autour chantaient, in extenso,
L'histoire du chêne et du roseau.

Et, bien qu'il fût en bois, les chênes, c'est courant,
La fable ne le laissait pas indifférent.
Il advint que lassé d'être en but aux lazzi,
Il se résolu à l'exi(l).

A grand-peine il sortit ses grands pieds de son trou
Et partit sans se retourner ni peu ni prou.
Mais, moi qui l'ai connu, je sais qu'il en souffrit
De quitter l'ingrate patrie.

A l'orée des forêts, le chêne ténébreux
A lié connaissance avec deux amoureux.
" Grand chêne laisse-nous sur toi graver nos noms... "
Le grand chêne n'as pas dit non.

Quand ils eur'nt épuisé leur grand sac de baisers,
Quand, de tant s'embrasser, leurs becs furent usés,
Ils ouïrent alors, en retenant des pleurs,
Le chêne contant ses malheurs.

" Grand chên', viens chez nous, tu trouveras la paix,
Nos roseaux savent vivre et n'ont aucun toupet,
Tu feras dans nos murs un aimable séjour,
Arrosé quatre fois par jour. "

Cela dit, tous les trois se mettent en chemin,
Chaque amoureux tenant une racine en main.
Comme il semblait content ! Comme il semblait heureux !
Le chêne entre ses amoureux.

Au pied de leur chaumière, ils le firent planter.
Ce fut alors qu'il commença de déchanter
Car, en fait d'arrosage, il n'eut rien que la pluie,
Des chiens levant la patt' sur lui.

On a pris tous ses glands pour nourrir les cochons,
Avec sa belle écorce on a fait des bouchons,
Chaque fois qu'un arrêt de mort était rendu,
C'est lui qui héritait du pendu.

Puis ces mauvaises gens, vandales accomplis,
Le coupèrent en quatre et s'en firent un lit,
Et l'horrible mégère ayant des tas d'amants,
Il vieillit prématurément.

Un triste jour, enfin, ce couple sans aveu
Le passa par la hache et le mit dans le feu.
Comme du bois de caisse, amère destinée !
Il périt dans la cheminée.

Le curé de chez nous, petit saint besogneux,
Doute que sa fumée s'élève jusqu'à Dieu.
Qu'est-c'qu'il en sait, le bougre, et qui donc lui a dit
Qu'y a pas de chêne en paradis ?
Qu'y a pas de chêne en paradis ?


17/ SKETCH DE LA JOIE(P.Forcioli-1979)

Je finissais ce sketch en allant dans le public en posant ma question : « Et vous, avez-vous une définition de la joie ?». Certaines réponses sont restées gravées en ma mémoire, ainsi cet ermite vivant perché dans une chapelle en ruines du Haut-Var, un soir de concert organisé chez lui par les jeunes d'un chantier d'été qui lui donnaient la main pour réaliser son rêve fou.

« La joie ? C'est d'être aimé ! »


(Il arpente le trottoir, un micro à la main cherchant des personnes à interviewer)

-Pardon monsieur, c'est pour un p'tit spectacle...vous auriez une définition de la joie ?

(l'homme surpris et embarrassé)

-Une définition de la joie ??? heu..hé bien la joie...enfin comment vous dire...la joie ...heu...la joie...c'est la joie !

-Merci monsieur...(il interroge un passant qui ne s'arrête pas)

-Pardon madame...c'est pour un p'tit spectacle...vous auriez une définition de la joie ?

- (la dame rougissante) la joie ?...oh la joie c'est les enfants !

-Merci madame (un couple, il s'adresse au monsieur)

-Pardon monsieur, c'est pour un p'tit spectacle...vous auriez une définition de la joie ?

-(le monsieur, flatté)...une définition de la joie ? Heu...excuse-moi chérie... Ah ! La joie...voyez-vous jeune homme pour moi la joie...la joie c'est...enfin... (à sa femme qui s'impatiente) oui mais 2 minutes chérie 2 minutes !!!...( à voix basse) vous m'auriez demandé ça hier mais là...(puis énervé et sentencieux) ...la joie , c'est de faire ce qu'on a envie quand on en a envie !

-Merci monsieur...Pardon monsieur, c'est pour un p'tit spectacle...vous auriez une définition de la joie ?

(un homme étrange, un peu illuminé)

-Oooooooooooooooooooooooooooh joie ! Au risque de vous surprendre jeune homme, je dirai qu'il n'y a pas de définition à la joie et c'est là qu'elle prend toute sa puissance !

-Merci monsieur (il s'éloigne inquiet et se dirige vers un agent de police pour se rassurer)

Pardon m'sieur l'agent, est-ce que vous auriez une définition de la joie ?

- (l'agent suspicieux, frappant son bâton sur sa main) Oui, c'est pour quoi ?

- Heu...c'est pour un p'tit spectacle, je demande aux passants une définition de la joie...

-(l'agent de plus en plus suspicieux, inspectant du regard à droite, à gauche, en haut, derrière...)

La joie ?...Hum...C'est différent pour chacun...

-Merci m'sieur l'agent (sentant qu'il a fait une gaffe, il s'éloigne et pousse la porte d'un bistrot)

- Bonjour je voudrais un pastis...dans un grand verre..noyé quoi !...non je ne suis pas du quartier...j'interroge les passants à propos de la joie...

-(Le patron, accent marseillais, soudain enthousiaste appelle à haute-voix)

Oh putain Robert ! Viens viens...ya le jeune là qui fait le journaliste...vas-y pose ta question !

-(gêné de devenir le centre d’intérêt du café) Heu...Bonjour Robert ! Ben voilà est-ce que vous auriez une définition de la joie ?

-Oh putain c'est difficile ça ! T'en connais une de définition toi Robert ?

-(Robert à voix basse) Que l'OM gagne la coupe d'Europe

-( Le patron tonitruant) Ah ouais ! Que l'OM gagne la coupe d'Europe !

-Merci (il va pour sortir mais un homme le retient par la manche et le questionne un peu agressif)

-Salut j'ai entendu que tu questionnais le patron à propos de la joie mais tu te situes comment politiquement parlant ?

-Heu...ben...

-Non mais je veux dire tout ce genre de valeurs judéo-christiano-socialo du XIXème ça complètement été balayé par l'espérance du Grand Soir et de la Révolution Internationale !

-Ah oui...mais je...

-Et le mouvement de 1912 aux usines de Trouchy l'a bien prouvé !

-Ah oui le mouvement de...

-(de plus en plus agressif)..Soit on essaie de mobiliser les masses et de faire sauter cette chape de plomb qui nous écrase soit on se met à individualser la notion de joie et c'est complètement démobilisateur comme système... Mais t'en fais partie de la J.O.I.E ?

-Comment ça si je fais partie de la joie ???

-T'es de la Jeunesse Ouvrière Internationale Emancipée ?

-Ben oui je fais partie d'une jeunesse internationale émancipée...mais ce que je demande c'est...un renseignement général...

-(Soudain affolé) Un renseignement général ?? T'es des renseignements généraux?? .ben tu caches bien ton jeu toi !

-(Long soupir, il regarde son micro découragé)..Comment ? Du feu ? (il tend son briquet à un passant genre « babacool)...Non, je ne suis pas d'ici...Tu pourrais répondre à une question ? Tu pourrais me donner une définition de la Joie ?

-(L'autre lui soufflant la fumée de sa cigarette à la figure) De quoi ??...

-C'est pour un p'tit spectacle, je demande une définition de la joie...

-Une définition de la joie... ? (il recrache la fumée, l'autre l'évite)...ben tu vois...au niveau du vécu...enfin j'veux dire quelque part...ça m'interpelle vachement tu vois...

-......

-mais bon...il ya LA joie et LA joie...tu vois ce que je veux dire ?

-.....

-Mais pour moi tu vois la joie...ben tu vois... tu vois...ben tu vois...tu vois... ben tu vois...j'vois pas !


(Non enregistrée dans le cd)

(il repart désabusé, puis s'adresse à un groupe d'enfants de façon très ampoulée)

-Bonjour les enfants, voilà je déambule sur le trottoir avec ce micro à la main et je pose une question à ceux que je rencontre. Je leur demande s'ils ont une définition de la joie. Vous qui êtes des enfants, vous sauriez me donner une définition de la joie ?

(les enfants interloqués et méfiants)

-...

-(il s'agenouille) Non n'ayez pas peur et puis je range le micro...Réfléchissez bien, si je vous dis la joie, à quoi cela vous fait-il penser ?

-(Les enfants pouffent et se taisent toujours)

-...

-Oh c'est pas grave...allez à la prochaine

(un enfant soudain lève le doigt,impatient)

-Moi moi m'sieur je sais je sais..

-oui ? La joie qu'est-ce que c'est ???

-Ben m'sieur la joie...c'est un mot !


_________

 

 

 

 

 

Edito février 2014

Bonjour

Tout d'abord, je voudrais vous faire part de ce beau « cri du coeur » d'un talentueux ACI comme on dit et de sa lettre qu'il envoie aux « autorités culturelles » de la région PACA.

Bonne chance à lui et sa démarche et si vous pouvez relayer cet appel, n'hésitez pas, merci.

Pour le contacter :

philippe.seranne@gmail.com

Bonsoir à toutes et à tous,
Un grand merci pour vos appuis, relayages, retours et réflexions ; voici ci-dessous l'appel avec vos signatures, tel que je viens de l'envoyer à Aïcha Sif, présidente de la commission culture de la région PACA, et à Denis Louche, directeur régional des affaires culturelles.
Je vous invite à l'envoyer à vos villes et départements, et à le publier abondamment sur vos sites/blogs/lettres d'info.
Dans la foulée de cet appel un temps de rencontre/échange sur le sujet nous aiderait peut-être à faire avancer les choses ? Je propose à ceux que cela intéresserait, de me le faire savoir afin que je vous communique vos méls respectifs pour voir comment s'organiser.
belle journée,
Philippe Séranne


Pour une renaissance de la chanson en PACA

La chanson souffre en France ; en PACA, elle meurt.

Celle qui loin des grands médias et des délires du show-bizz, ne fait pas juste s'évader ou s'éclater mais réveille en sursaut, dérange, crie, rêve, révolte ou révèle. Celle pour qui la force du langage compte autant que le son ; celle qui mêle le pouvoir des mots à celui de la mélodie et du rythme. Celle qui est par essence populaire parce que, indissociable de notre langue maternelle, tous peuvent la comprendre et la chanter.

Celle qui était si ancrée dans la culture française et provençale, mais que les "musiques actuelles" écrasent.

Les musiques actuelles : en théorie, un fourre-tout qui rassemble le jazz, les musiques traditionnelles, la chanson et les musiques amplifiées. Dans la réalité, pour l'écrasante majorité des professionnels du secteur, la pop, rock, metal, fusion, techno et toute la gamme des tendances jeunistes : des textes aux 3/4 en anglais et des campagnes officielles de distributions de... bouchons aux entrées des salles pour se protéger les oreilles... Et pas de chanson, ou le moins possible : c'est ringard, ça n'a pas passé le siècle et "ça n'intéresse plus personne". Plus une scène conventionnée qui lui soit dédiée dans tout PACA. Et à de rares exceptions près, exit les sélections régionales du printemps de Bourges, ciao les radios de service public, basta les aides publiques à la création.

Le fric-roi a décrété que le peuple n'en avait pas besoin et que les poètes-chansonniers ne devaient avoir d'autre place que confidentielle dans le paysage artistique d'aujourd'hui. Les médias débilement serviles ont suivi et se sont faits les truchements de l'homogénéisation programmée. Cette mise au rebut d'une famille artistique plus vivante que jamais vire à la caricature dans notre région. A Marseille, il n'est resté des grandes années de l'Alcazar qu'un unique événement chanson dans tout MP2013, la nuit Léo Ferré du Toursky.

Artistes et militants culturels épris de poésie, de parole libre et de musique populaire, nous refusons cette marginalisation délibérée et appelons chacun à réagir pour la défense et la renaissance de notre patrimoine.

Financeurs publics de la culture - Etat, région et collectivités - nous vous demandons de toute urgence :
- une aide renforcée aux rares lieux, festivals et structures de production qui se consacrent à la chanson en PACA
- un dialogue qui s'appuierait sur un audit indépendant sur la place de la chanson dans vos politiques d'aide à la création et diffusion, et sur l'impact de ces politiques sur sa marginalisation
- la mise en place d'un nouveau dispositif de soutien à la chanson, adapté à ses spécificités et animé par des professionnels qui la pratiquent et la défendent
- la création d'un pôle régional et scène conventionnée dédié à la chanson à Marseille, deuxième agglomération de France, berceau du "genre marseillais de la chanson" de Vincent Scotto, Fernandel ou Montand à Jo Corbeau, Moussu T, Massilia sound system et tant d'autres... En lien avec les acteurs nationaux et les artistes, ce pôle travaillerait à la reconstitution et élargissement des publics, à renforcer le lien entre jeune création et pratiques amateurs, à mettre en réseau et soutenir les acteurs culturels régionaux actifs sur le sujet...

Et vous, cher public amoureux de la chanson vivante, exaltante, dérangeante, belle et rebelle, construisons un rapport nouveau entre créateurs et consomm'acteurs de culture ! Nous sommes nombreux, par les AMAPs et autres circuits courts à chasser de nos assiettes les produits calibrés, insipides et toxiques de la grande distribution : reprenons aussi la main entre nos oreilles ! Désertons ces marais d'ennuis, prenons les chemins de traverse, explorons les catalogues des petites maisons de disques, souscrivons aux auto-productions, découvrons les programmes des petits lieux, des petits festivals, devenons leurs mécènes plutôt que simplement consommer leurs productions ! Partons comme des fous à la recherche des grands poètes - ils existent ! Vous savez bien : les grands poètes !

Artistes chanteurs
- Jacques Bertin
- Natasha Bezriche
- Isabelle Bonnadier, Villeurbanne (69)
- Marc Caparros (Code postal), Allauch (13)
- Viviane Cayol et Jean-Yves Liévaux (Alcaz), Marseille
- fanFan la Merlette, Marignane (13)
- Philippe Forcioli, Saint Gilles (30)
- Olivier Foucher, Marseille
- Odile Husson et Michel Ycardent (Petit Déj), Marseille
- Robert Leydet
- Marie Pistono et Lionel Blanchard (Marionèle), La Faurie (05)
- Martine Scozzesi, Manosque (04)
- Philippe Séranne, Veynes (05)
- Marie Stone, Sanary (83)
- Murielle Tomao, Marseille
- Ioanes Vogele (Ioanes trio), Reillanne (04)

Autres professionnels et militants culturels
- Association Rions de Soleil, Chateauroux-les-Alpes (05)
- Editions Gros Textes, Chateauroux-les-Alpes (05)
- Editions/productions Wallâda, Marignane (13)
- Festival FestiFaï, le Saix (05)
- Jean-Claude Barens, producteur artisanal - éditeur- directeur artistique
- Catherine Beauzac, bibliothécaire, Marseille
- Jacques Bonnadier, radio Dialogue, Marseille
- Louis Boyera, directeur des études, Conservatoire de musique, danse et théâtre de Guyane
- Cécile Brouard, plasticienne, Mimet (13)
- Gérard Gorce, 
chansonrebelle.com, St Paul en Jarez (42)
- Richard Martin, directeur du Théâtre Toursky, Marseille
- Yann Magnan, studio Lapaille, Sigoyer (04)
- Claude Michaux, Prospect promotion spectacles, Briançon (05)
- Vincent Moreau, artiste peintre, Mimet (13)
- Pascal Perrot, ingénieur du son, réalisateur, studio Alys, Manteyer (05)
- Bernard Urbain, assistant de direction, Théâtre Toursky, Marseille

 

C'est un beau texte, clair et précis. Je lui souhaite le meilleur des destins. Bravo P.Seranne !

 

Vous avez été nombreux à vous réjouir avec moi de la diffusion d'une des chansons du prochain CD « Il est passé par ici » sur les ondes de France Inter au cours de l'émission « La prochaine fois je vous le chanterai » de Philippe Meyer le samedi 25/01 à midi.

Vous pouvez l'écouter en allant sur le site France Inter

http://www.franceinter.fr/emission-la-prochaine-fois-je-vous-le-chanterai-non-sans-moderation-3

Elle passe en fin d'émission dans la rubrique « Toccade » et cela m'a valu quelques nouvelles souscriptions, une cinquantaine !!! Gracias !

Voici le texte en attendant le disque toujours prévu avant le 20 juin.

QU'EST-CE QU'IL FAUDRAIT ? (P.Forcioli-2013)
 
Qu'est-ce qu'il faudrait dis ?
pour que ça s'embrase
que la vase s'enflamme
une torche brandie
Qu'est-ce qu'il faudrait dis ?
pour que ça loupiote
que les potes du maquis
n'aient pas en vain glané leurs vies
 
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Une vie pépère un loto bien garni
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Rongées sont nos noces et merde à Jésus-Christ
 
Qu' est-ce qu'il faudrait dis ?
Pour que ça dévie
que la vie parte en vrille
une folle toupie
qu'est-ce qu'il faudrait dis ?
Pour que ça dérouille
des grenouilles en avalanche
une pluie de crapauds pourris
 
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Le must le beat le net et les textos gratuits
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Rongées sont nos noces et merde à Jésus-Christ
 
Qu'est-ce qu'il faudrait dis ?
Pour que ça fissure
que le murmure éclate
en un charivari
Qu'est-ce qu'il faudrait dis ?
pour que ça dérape
que le rap
et tous ses traqués de banlieue lèvent l'oreille à la neuve homélie
 
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
S'éclater dans des teufs cracher sur son pays
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Rongées sont nos noces et merde à Jésus-Christ
 
Qu' est-ce qu'il faudrait dis ?
une bonne guerre
avec des bombes avec des tombes
des combats sans merci
qu'est-ce qu'il faudrait dis ?
Le retour de la peste
Une veste en coupe du monde
comme on en avait jamais pris
 
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Bouffer bio pas bio mais bouffer bouffons oui
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Rongées sont nos noces et merde à Jésus-Christ
 
Qu' est-ce qu'il faudrait dis ?
pour que ça crépite
que les pépites du génie
nous diadèment l'esprit
Qu' est-ce qu'il faudrait dis
Pour que ça clignote
qu'une France éternelle
en appelle à saint Louis
 
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Télé à 500 chaînes chaîne avez-vous dit ?
Quel est le vouloir du peuple aujourd'hui ?
Rongées sont nos noces et merde à Jésus-Christ
 
Tout ce désordre du monde
c'est mon désordre à moi
plus profonde est la sonde
plus grand le désarroi
emporté dans la ronde
enfer et paradis
j'entends la voix qui gronde
qu'est-ce qu'il faudrait dis ?

Y aura-t-il un hiver ? On dit qu'à la Chandeleur l'hiver se meurt ou prend racine et cette année, il faisait beau ce jour là, alors ??? Mystère ! Pour le moment, c'est printemps ici en Camargue et ma foi, qui s'en plaindrait ?

Pace e salute

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Dernier édito de 2013

2014 ! Cent ans déjà que le plus monstrueux conflit jamais connu sur la terre de France éclatait. Quatre années épouvantables, plus d'un million de morts ; familles, villages, économie, agriculture à jamais bouleversés. Dans tous les domaines, de la vie de chaque jour à l'art, des techniques aux mentalités, de la foi aux sciences, il y aura dorénavant, un avant et un après 14-18. Des mots de cette période sont entrés dans le langage commun, « les poilus », « la Madelon », « Verdun », « les taxis de la Marne », « les tranchées », « les boches » et subsisteront encore longtemps dans le patrimoine commun de notre langue, notre histoire.

L'Estive, scène nationale à Foix, m'a commandé une séance de lectures à propos de 14-18 destinée aux bibliothèques et médiathèques pour tous publics. J'y travaille encore mais un document est déjà réalisé. Vous pouvez d'ores et déjà le consulter sur ce site et le proposer aux lieux intéressés de votre région. Le document est bien fait et disponible en PDF avec une vidéo en prime. J'ai intitulé cela « 14 auteurs pour 14-18 » et l'on trouvera Péguy, Giono, Pergaud, Céline, Apollinaire, Delteil et d'autres. Des extraits de leurs œuvres, des chansons, un moment fort à écouter et à vivre.

 

2014 verra aussi la sortie de mon prochain album « Il est passé par ici ». Il avance doucement et sera prêt pour le printemps comme promis. C'est ma petite cousine, Sylvie Forcioli qui signe l'illustration du CD et Eva Millet la mise en page de la pochette. A ce propos, une confidence. Pour pouvoir utiliser des extraits d'émissions de France Inter me concernant, j'ai dû demander l'autorisation à l'INA. Le verdict est tombé : c'est 160e la minute...10 minutes = 1600e...ce qui donne un tarif horaire de 9600!!! Quant on sait que le tarif horaire brut du SMIC est passé, après augmentation, à 9,60e, on ressent une espèce d'étrange nausée mêlée de méchante colère contre ce système. Il y a quelque chose de pourri au royaume de la culture et ce qu'il faut avaler comme couleuvres pour aller au bout de son rêve...J'ai donc plus que jamais besoin de vos souscriptions, de concerts à domicile ou ailleurs, ça va de soi !

 

2014. Il faudra s'habituer à dater ses lettres, chèques et autres avec ces nouveaux chiffres, renoncer à écrire des poèmes avec deux mille quatorze en bout de vers, il n'y a pas de mots qui riment avec, ne cherchez pas, il n'y en a pas !

 

Que cette particularité donne à cette année 2014, un charme, un parfum, une belle joie tout au long des jours, c'est le moins que je vous souhaite avec en plus, de la santé, ce qu'il faut d'argent pour vivre, la paix avec vos proches, des enfants et des petits-enfants...une bonne année quoi !


Bien à vous

Pace e salute

le 30 décembre 2013

 

 

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Edito Octobre 2013

Allez, c'est reparti pour une nouvelle saison ! Et un nouvel album en préparation, il s'intitulera

« Il est passé par ici », parution, si tout va bien, avant le 20 juin, date limite du printemps.

Vous trouverez des précisions et un bon de souscription à imprimer dans cet édito.

 

Mais vous confier un secret passé inaperçu (sauf pour les yeux perçants de mon ami Jérôme à Washington). Dans l'avion qui le ramenait aux Usa, il feuilletait Paris-Match, le N° 3341 de début juin 2013 et qui consacrait sa « une » à Georges Moustaki qui venait de faire ses adieux à la terre.

Page 54, sur la photo qui le montre allongé dans une pièce de sa maison, livre et stylo en main, on voit à ses pieds, quelques objets familiers ; un médaillon avec sa photo, sa guitare, un pot et une autre photo posée dans ce reliquaire, une seule : c'est moi, sur la pochette d'un cd. C'est une photo qui doit dater des années 2000. Dernier clin d’œil de cet ami discret me témoignant que j'accompagnais son quotidien avec en prime, la surprise d'avoir figuré dans les pages de Paris-Match une fois dans ma vie !

Une blague d'au-delà de ce prince nonchalant, merci Jo !

 

L'été fut riche pour moi de balades, de rencontres . La Bretagne et la découverte d'un homme extraordinaire, Robert Coudray aux sculptures animées sorties d'un rêve. Ce « poète ferrailleur » comme il se présente, a de plus réalisé un film des plus touchants : « J'demande pas la lune, juste quelques étoiles » , une magnifique histoire où l'on pleure et où l'on rit, interprétée par toute une bande de joyeux bénévoles ; au résultat, une petite merveille comme on n'en voit peu. Renseignez-vous, ça vaut le détour.

Les Charentes et une magnifique semaine passé aux Lapidiales à Port d'Envaux, une ancienne carrière de pierre vouée aux sculpteurs et qui embellissent ce lieu chaque année sous la houlette d'Alain Tenenbaum et son équipe, un vrai bonheur.

Le Bugey et la découverte de Marie Morel, artiste aux peintures ébouriffantes, fille du célèbre éditeur Robert Morel qui fit paraître entre autres, l'étonnante « Cuisine paléolithique » de J.Delteil. Puis la Corse, les eaux claires du Fangu et les rencontres polyphoniques de Calvi où le groupe «  A Filetta » m'aura encore époustouflé par la beauté de leurs chants. L'émotion, la ferveur, le sacré qui s'en dégagent vous saisissent, c'est du grand art et tous les compagnons de balade en étaient abasourdis comme moi.

Revenu au bercail, un passionné de chanson, un prof de français vivant au Pays-Bas me fait part de son intérêt pour mes chansons et m'envoie cette traduction d'une de mes chansonnettes qu'il a fait partager à ses élèves. Je vous la livre telle quelle !

 

DES NÈFLES - Mispels

Traduction libre en néerlandais de Sylvain Lelarge

 

Avez-vous donc aimé les émaux les camées

Du cœur d’une fillette

Qui avec ses grands yeux noirs et ses longs cheveux

Vous fait tourner la tête

On essaie de faire fi

Des grelots du coucou qui tinte tout le jour

Mais on se consume d'amour

En d'immenses espérances

On dessine un arc-en-ciel

Sur un horizon de miel

Et au printemps fête des elfes

On prend son panier pour la cueillette des nèfles

Heeft-u-ze-ooit-lief-gehad,-

de-kleinoden van-het-hart-van-een-meisje-dat,-

met-haar-grote-zwarte-ogen-en-haar-lange-haar,-

uw-hoofd-op-hol-heeft-gebracht?

Je-probeert-ze-van-je-af-te-schudden,-

de-koekoek belletjes die-de-hele-dag--doorklinken,-

maar-van-binnen-brand-je in-liefdeshoop…

Je-tekent-een-regenboog-op-een-horizon-van-honing…

En-in-het-voorjaar,-Elfenfeest,-

neem-je-je-mandje-om-mispels te-gaan-plukken!


Brise des matins fous chansons et refrains doux

Courses et cavalcades

En chaque heure du temps par n'importe quel temps

Pour oublier je m’évade

Mais j’ai beau chercher les fleurs

Serties par les rosées d'aurore mais leurs senteurs

M’entrent au fin fond du cœur

Et la plus belle est pour elle

Je reviens les bras chargés

De mes bouquets

Et au printemps fête des elfes

Je prends mon panier pour la cueillette des nèfles

 

Briesjes van-waanzinnige-ochtenden,-

zachte-refreinen-en-liedjes,-

renpartijen-en-galoppades…

Ongeacht-tijd-en-weer,-om-te-vergeten,-

neem-ik-de-benen!--

Maar-ik-kan-best bloemen-opzoeken

juwelen-in-de dauw van-de-dagenraad 2

hun-bloesem gaanmijn-hart-te-binnen,-

tot-de-bodem,-

en-de-mooiste…-is-voor-haar!

Ik-kom-dan-terug-met-boeketten-vol-geladen!

En-in-het-voorjaar,-Elfenfeest,-

neem-ik-mijn-mandje-om-mispels-te-gaan-plukken!


Je sais qu'un jour la mort à raison ou à tort

Prendra mon souffle ultime

Emportant dans sa faux mes amours et mes maux

Que je voulais sublimes

Il me faudra laisser là

Mes ariettes et mes romances soufflées du vent

Mais je sais que pour longtemps

Avec les anges les archanges

Et les saints du paradis

Ce sera pour ma jolie

Qu'au printemps fête des elfes

Prendrai mon panier pour la cueillette des nèfles


Ik-weet-dat-op-een-dag,-de-Dood,-

gelijk-of-ongelijk,-mijn-laatste-adem-zal-nemen,-

in-haar-zeismijn-liefdes-en-mijn-woorden-

die-ik-subliem-achtte-–meevoerend…

Mijn-aria’s en-mijn-romanceszal-ik-achter-moeten-laten,-

weggeblazen-door-de-wind,-maar…-

ik-weet-dat-ik-nog-lang,-

met-engelen-en-aartsengelen,-

en-alle-Heiligen-van-het-Paradijs,-

voor-mijn-schoonheid…

mijn-mandje-zal-nemen,-in-het-voorjaar,-Elfenfeest,-

om-mispels-te-gaan-plukken!


Après ça, ne me reste plus qu'à m'habiller en orange et porter une tulipe à la boutonnière... au moins !



« IL EST PASSE PAR ICI » – (CD double album)

Ce disque me tient à cœur et je me lance dans l'aventure sans hésiter car il est un florilège d'instants rares, enregistrés en public pour la plupart, échos reçus d'amis présents avec leurs mini K7 enregistreurs entre 1978 et aujourd'hui. Sans eux et leur fidélité, je n'aurai su rendre publics ces piratages d'affection. Album-souvenir, beaucoup de rires, de l'émotion, un reportage sonore sur trente ans et plus d'un saltimbanque-auteur-compositeur-interprète-diseur-lecteur et qui a capoté à un virage de la lumière.


Voici le bulletin de souscription que vous recevrez par courriel ou par la poste... (voir le PDF à imprimer)

Vous n'y couperez pas !


Merci pour votre attention à moi.

Pace e salute


1 Octobre 2013

 

 

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Edito du 23 mai 2013

Il est parti l'ami
le grand frère le grand père
Giuseppe Joseph Jo Georges
Moustaki
trois syllabes sonnant tendresse
un peu beaucoup aujourd'hui 23 mai que le cœur ne me fend
 
il est parti ce prince aux doigts si fins
à la voix si douce
noble grâce et des yeux bleus d'ailleurs
ce musicien ce voyageur cet amoureux
un peu Christ à sa façon tranquille de s'adresser de la même façon
aux grands aux notables aux cloches aux petits
et de tout rendre un peu plus beau après son passage
simplement doucement tranquillement
ce nonchalant paisible d'Alexandrie
ce locataire en l'île saint Louis
ce bien-aimé des femmes et des poètes silencieux
il est parti en mai
mois de Marie lui qui chantait Joseph
il est parti en plein printemps
un peu beaucoup que le cœur ne me fend
 
Nous sommes des milliers je le sais en ce jour
à verser larmes d'amour
qu'elles lui soient rivière pour mener son frêle esquif
au bon port de l'Amour Infini
 
Voyage en paix l'ami
des milliers de cœur autour du monde t'accompagnent
pour que tu accostes enfin heureux et reçu au rang du prince que tu étais
dans la maison du Père du Grand Père à barbe éternelle
 
Qu'il te serre dans tes bras
et te dise merci pour tout ce bien que tu as semé inlassablement guitare au bras
et qu'il te console à jamais de tes peines mortelles
Amen
 

http://www.lemonde.fr/culture/video/2013/05/23/moustaki-evoque-son-parcours_3416209_3246.html

 

Pace e Salute

 

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Mars 2013

Bonjour 

Connaissez-vous Marie-Hélène Lafon ?

Non, vous ne la connaissez pas.

Hé bien, si vous aimez la belle plume, la poésie, vous ne regretterez pas de vous procurer son dernier livre : ALBUM édité chez BUCHET-CHASTEL.

26 poèmes en prose, 26 tableaux de ce qui fait la vie de tous, la véritable matière que seule la poésie transcende. Le titre des poèmes dit déjà l'esprit du recueil :

« Arbres, Maisons, Herbe, Nuages, Bottes, Chemins, Chiens, Vaches »... et ainsi de suite.

Chaque « portrait » est un enchantement. Une précision d'horloger pour dessiner ce qui nous entoure dans la vie de chacun. Un style concis, précis, un brin d'humour parfois, très bref , un petit clin d'oeil, pas plus, que du concret, pas d'état d'âme, aucune envolée sentimentale, les choses telles qu'elles sont, mais plus on avance dans le livre et plus on touche vraiment à l'âme des choses en fait.

A chaque page, de belles épousailles de mots, des chevrons-mortaises d'un syntaxe parfaite, rien de superflu, que du condensé d'une acuité verbale qui touche au coeur. C'est vraiment une découverte pour moi, un vrai bonheur de lecteur et plus, car depuis, je sais que je regarde les petites « matières » de mon quotidien d'une autre façon. L'assiette, le loquet de porte, la clé, le reflet dans le miroir, l'étagère, la serpillière, tout le décor de notre vie prend sens avec M.H Lafon ; elle ne cherche pas enchanter les choses, elle prouve qu'en les décrivant précisément et simplement à l'état brut, toutes ces « matières » sont déjà enchantées et sans s'émerveiller outre-mesure, elle nous émerveille. Son Album est notre album, tout lecteur s'y retrouvera.

Oui ce livre doit circuler et prendre sa place dans la besace du marcheur sous le ciel avec le mouchoir, la boîte d'allumettes, la ficelle, le canif, le carnet et le stylo.

N'hésitez pas, vous m'en direz des nouvelles.


On peut en savoir un peu plus sur cette écrivaine en allant sur 

Marie-Hélène Lafon - Livres, citations, photos et vidéos - Babelio.com

www.babelio.com/auteur/Marie-Helene-Lafon/34557

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager un des poèmes de cet ALBUM.

Maisons

La maison est chaude. Elle fait ventre, caverne, nid, elle prend, elle étreint, elle enserre, elle console, elle garde les gens les choses les secrets.

La maison de ferme est collée, contre l'étable et la grange, collée à leur flanc tiède, pelotonnée, tapie, trapue, confinée, confite. Elle n'en démordra pas, elle connaît son monde, elle sait les hivers et elle a trop de mémoire.

Les maisons changent de mains, elles sont héritées, partagées, elles sont à vendre, elles ont été vendues, elles sont achetées, rachetées, rêvées, cherchées, recherchées, ressuscitées, ensommeillées, garnies d'enfants, désertées, abasourdies, abandonnées, perdues, retrouvées. Elles sont ouvertes, elles sont fermées, oreilles rabattues. Elles sont traversées d'histoire.

Les maisons sentent. Le poireau, l'eau de Javel, le tabac, la confiture d'abricots, le chou, la vache, les pivoines ou le lilas, le sommeil, la poussière froide, l'oubli, la joie, la mort, le rôti de porc aux pommes de terre, le bois sec, la tarte aux pruneaux.

Les maisons bruissent. Elles feulent, et craquent, et gémissent quand le vent les broie. Elles susurrent quand il les flatte. Elles s'ébrouent sous la neige et attendent des jours plus légers. Elles s'étirent, elles roucoulent, elles gloussent au premier soleil. Elles parlent, elles disent des choses vues, qu'elles voudraient confier. Peut-être. On ne les entend pas, elles se renfrognent, elles nous claquent la porte au nez.

Les maisons effondrées sont avalées par le sol, mangées d'arbres, dégluties par le temps, rendues au vide.

Les maisons sont cernées d'iris dans l'avril bondissant.

 

Hé bien moi je dis : « Chapeau l'artiste ! »

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J'ai passé une petite semaine en Corse pour chanter au Tavagna Club de Talasani sur la côte orientale. Une chouette soirée dans ce lieu qui depuis près de 43 ans (!) propose chaque mois des concerts, veillées et autres... une belle aventure humaine et qui continue.

J'en ai profité pour apporter les derniers réglages aux randonnées-chants-lectures que je propose cette année en juin et en septembre. A ce jour, j'ai des promesses de réservation pour celle de septembre mais pour juin... Une seule! Il me sera difficile de la maintenir si je ne reçois pas d'autres inscriptions. Pourtant, le plateau du Cuscione en juin est une merveille. Océan de fleurs et vagues de chevaux en liberté sur des landes moussues et vertes. La rando finira sur trois jours au bord de l'eau dans le golfe du Valinco (le plus beau!). J'attendrai jusque fn avril et je devrai prendre une décision quant à la maintenir ou pas. Un peu que le coeur ne me fend si je devais l'annuler... mais la crise est là et pour le même prix on peut passer une semaine en palace en Tunisie, en Croatie ou en Egypte. Le combat est inégal.

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A partir du printemps, bientôt quoi, les cd:

Le mystère demeure

Derrière les fagots N° 3

François d'Assise (texte de J.Delteil-Grand prix de l'Académie Charles Cros 1995)

seront disponibles à la vente. Avec des pochettes simplifiées because monney mais copie conforme aux originaux.

 

Pâques est au bout de la ligne ce mois-ci. 31 mars, il y aura un nouveau pape...mystère!

 

Bonne fin d'hiver à vous.

Pace e Salute

 

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Edito du nouvel an 2013

 

Bonjour,

comme un enfant qui les yeux brillant reçoit une grosse pièce pour ses étrennes, en ce début d'année, j'ai reçu ceci :

 

Dans le dernier livre de Georges Moustaki « Petit abécédaire d'un amoureux de la chanson » (Ed. L'Archipel)à la lettre F, entre Brigitte Fontaine et Claude François, on trouve :

Philippe FORCIOLI

Il est pour moi un éternel jeune artiste réellement doué, d'une étonnante fraîcheur, friand de marches agrémentées de chansons et de poésie dans lesquelles il entraîne les gens venus l'écouter ! Le temps, les années n'ont aucun effet sur l'énergie de son verbe ni sur ses ressources. Il poursuit, dans la douceur et sourire aux lèvres, ses vendanges tardives.

Merci Jo pour ton attention à moi et ta fidélité en amitié. Premier cadeau.

 

Puis, deuxième cadeau, on voit ma bouille, guitare sur l'épaule, en première page de la revue trimestrielle N°66 « Récreaction » avec cet article signé Nadia Hassine.

Célébration de Philippe Forcioli

Je l'ai entendu jeudi soir, Mairie du XIXème à Paris pendant l'intégrale de Brassens. * (voir note en fin d'article) Entre grue blanche et dinosaure épuisé, il est venu se poser quelques instants sur scène. Quelques notes, quelques mots d'une voix à deux tons, un phrasé à la fois ferme et réservé, quelque chose d'entre-deux qui flotte - comme s'il nous regardait droit dans les yeux en même temps que légèrement au delà -, une chanson : voilà, il m'a conquise. Plume d'oiseau et livre de chair, il va son chemin et il a l'air de s'en foutre qu'on l'aime ou pas mais il nous rend ce qu'il y a de douceur et d'amertume dans la vie, il nous montre son chemin qui est aussi le nôtre, il éclaire quelques replis intimes que l'on pourrait sans regrets oublier, souffrances, humiliations - mais comme on est content d'entendre que quelqu'un en parle enfin ! Voilà, il nous rend ce qui nous appartient et il y ajoute l'effleurement de son rire bleu, aère l'imprononçable, trace une tangente d'avec la réalité réelle et enchante quelque chose à l'intérieur de nous qui n'attendait que ça. Merci, Philippe.

*(Il s'agit d'une manifestation organisée par Marie Volta, artiste de la chanson, qui déroule tout le répertoire de Brassens en une semaine, fin octobre in Paris)

Merci Nadia, peu de gens ont dit de moi « il nous rend ce qui nous appartient et il y ajoute l'effleurement de son rire bleu, aère l'imprononçable, trace une tangente d'avec la réalité réelle et enchante quelque chose à l'intérieur de nous qui n'attendait que ça. » ! C'est subtilement bien senti et écrit avec élégance. J'en redemande des articles de cett facture !

Et pour finir cette couronne de lauriers, ce clin d'oeil signé JeHaN, ce formidable interprète de Dimey, Caussimon, Leprest et tant d'autres :

 

Je vous invite à vous faire un beau cadeau !
Deux chanteurs de même acabit, de même stature, et pourtant si différents. Un est « 2 » gauche mais pas socialiste, l’autre catho mais pas calotin, troubadour et trouvère, ils font leur bonhomme de chemin dans ce métier, loin du show marché et des médias bizness. Deux auteurs magnifiques, auteurs et interprètes, ils butinent, composent tout deux dans des répertoires originaux, singuliers et rares. L’un m’aura fait découvrir Ponchon, l’autre Joseph Delteil, je les en remercie. 
Rémo Gary habite l’Ain, il milite comme il chante. 
Philippe Forcioli habite là où il est, c’est un baladin de beauté.
Leur interprétation n’a pas d’emphase, juste du bon sens et du beau chant. S’ils sont séduisants, ils ne sont pas dans le plaire et pour celles et ceux qui aiment mûres les belles personnes, ils sont très beaux.
En plus, pas besoin d’aller dans les mégastore, chez les marchands d’art ménager ou autre fnac, achetez leurs directement CD et livres, ce sont des artistes-artisans.
Il faut les écouter, aller les voir, les engager, vous les aimerez.
Vœux à volonté, avec des bises.
JeHaN

 

Merci l'ami, et n'en jetez plus, la coupe est pleine ! Ce sont myrrhe, encens et or que tout cela et cela ne me déplaît pas en ces temps d'Epiphanie. Je connais un petit roi qui en rougit de joie.

Ce mot d'Epiphanie est lié pour moi à Henri Pichette et ses fameuses « Epiphanies », pièce fulgurante jouée au théâtre par Gérard Philippe et Maria Casarès en 1947. J'ai eu l'honneur, le bonheur et le privilège de rencontrer Pichette dans sa petite chambre, Place de la République à Paris et de lui chanter mon adaptation de son « Ode pour veiller jusqu'au lever du jour », enregistrée depuis dans Quand une chanson s’avance). Beau moment de haute poésie entre un jeune baladin et un vieux poète.

 

Pour ceux et celles qui ne connaissent ce magnifique ouvrage, pièce d'avant-garde à l'époque, cet extrait, ce duo d'amour.

 

« L'Amoureuse :

Laisse-moi te dire : j’ai besoin d’être voyagée comme une femme. Depuis des jours et des nuits tu me révèles. Depuis des nuits et des jours je me préparais à la noce parfaite. Je suis libre avec ton corps. Je t’aime au fil de mes ongles, je te dessine le cœur, te lave. Je t’endimanche. Je te filtre dans mes lèvres. Tu te ramasses entre mes membres. Je m’évase. Je te déchaîne

Le Poète :
Je t’imprime
L’Amoureuse : je te savoure
Le Poète : je te rame
L’Amoureuse : je te précède
Le Poète : je te vertige
L’Amoureuse : et tu me recommences
Le Poète : je t’innerve te musique
L’Amoureuse : te gamme te greffe
Le Poète : te mouve
L’Amoureuse : te luge
Le Poète : te hanche te harpe te herse te larme
L’Amoureuse : te mire t’infuse te cytise te valve
Le Poète : te balise te losange te pylône te spirale te corymbe
L’Amoureuse : t’hirondelle te reptile t’anémone te pouliche te cigale te nageoire
Le Poète : te calcaire te pulpe te golfe te disque
L’Amoureuse : te langue le lune te givre
Le Poète : te chaise te table te lucarne te môle
L’Amoureuse : te meule
Le Poète : te havre te cèdre
L’Amoureuse : te rose te rouge te jaune te mauve te laine te lyre te guêpe
Le Poète : te troène
L’Amoureuse : te corolle
Le Poète : te résine
L’Amoureuse : te margelle
Le Poète : te savane
L’Amoureuse : te panthère
Le Poète : te goyave
L’Amoureuse : te salive
Le Poète : te scaphandre
L’Amoureuse : te navire te nomade
Le Poète : t’arque-en-ciel
L’Amoureuse : te neige
Le Poète : te marécage
L’Amoureuse : te luzule
Le Poète : te sisymbre te gingembre t’amande te chatte
L’Amoureuse : t’émeraude
Le Poète : t’ardoise
L’Amoureuse : te fruite
Le Poète : te liège
L’Amoureuse : te loutre
Le Poète : te phalène
L’Amoureuse : te pervenche
Le Poète : te septembre octobre novembre décembre et le temps qu’il faudra »

H.Pichette-Les épiphanies.Gallimard

 

J'ai donc déménagé. Je vis dans une maisonnette au bord du petit Rhône en Camargue pas loin de Saint Gilles.

Ma propriétaire, Martine F., ancienne agricultrice à la retraite est une passionnée de chansons. Nous projetons dans une belle salle qu'elle possède, d'organiser des concerts une fois par mois, le dimanche en matinée, disons à 16h. Cela permettra à tous ceux qui feront le déplacement de profiter de la beauté du lieu et des alentours, la mer, l'étang de Vaccares, à pied, en voiture ou en VTT. Rendez-vous à midi pour ceux qui se joindront à notre collation, puis le concert et une scène ouverte pour ceux qui peuvent s'attarder. Le mas Bel Air est, en voiture à 1h de Montpellier, 1/2h de Nîmes ou d'Avignon et 1h30 de Marseille ou Aix.

Il est question d'inaugurer la formule avec Jacques Bertin, il est d'accord et ce serait le 31 mars. (C'est déjà COMPLET (3 mars...)

Celles et ceux qui liront ces lignes et seraient déjà intéressés n'ont qu'à me contacter d'ici fin février, je leur préciserai où en est ce projet. Qu'ils avertissent leurs amis et viennent en bande jusqu'ici, ils ne seront pas déçus, ni de la beauté du lieu, ni de l’accueil et encore moins de la programmation.

QU'ON SE LE DISE !!!

 

Voilà. Je vous la souhaite une bonne et heureuse cette année qui vient.

Pace e salute.

 

Janvier 2013

 

 

 

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ÉDITO DE NOËL 2012
 
Non, ça n'est pas parce que la fin du monde est programmée pour tout bientôt que je me décide à reprendre la plume pour un petit édito ! Mais pour donner de mes nouvelles aux amis connus et inconnus qui prennent parfois le temps d'aller sur mon site et qui me tance gentiment de mon silence épistolaire.
Ce site Internet, aimablement créé et mis à jour par Jean-Claude Alérini, connaît des petits problèmes depuis peu. En effet, il arrive qu'en ouvrant la page d'accueil, on tombe sur des mots soulignés ou colorés et que si l'on clique dessus...(c'est vrai, j'ai vérifié)...pof, une publicité pour des téléphones portables ou des iphones 4 ou 5 apparaissent... ! 
Évidemment, ni Jean-Claude ni moi ne sont à l'origine de ces propositions sauvages. C'est du piratage informatique, c'est dégueulasse mais c'est comme ça. Sa Majesté Iphone 5 et tous ses sujets règnent et il y a peu de choses à faire sinon tout recommencer en créant un nouveau site, c'est fastidieux et il faudra faire avec... Ne cliquez donc que sur les rubriques proposées et non sur un « des » ou un « le » coloré... à moins que les promotions téléphoniques de fin d'année vous intéressent!
Oui, c'est la fin de cette année 2012 et pour moi depuis le 1 décembre, une nouvelle demeure, une maisonnette au bord du petit Rhône, à 15kms de Saint Gilles en Camargue. Nouveau ciel, nouveaux oiseaux, des rizières, des chevaux blancs, des taureaux noirs aux cornes bien pointues dressées vers le ciel ; ah ce ciel de Camargue, jamais vu de si grand excepté en bateau, des aubes et des couchants superbes. J'y suis un peu loin de tout mais tant de beauté si proche, cela me convient pour le moment. Je vois le fleuve à dix mètres de mon seuil, lentement s'en aller à la mer à deux pas vers l'ouest, une grande patience, une immense force, une large paix sans compromis s'en dégage et me fait du bien.
Si vous passez me visiter, n'oubliez pas le pain, le vin, du tabac et des allumettes... j'ai du café... et une guitare!
 
Ma nouvelle adresse est donc : P.F Mas Bel Air-Route de Sylvereal-30800 Saint Gilles
 
A vous qui lisez ces lignes, un « bon bout d'an », la réconciliation avec ce qui vous blesse encore, un sourire proche de l'enfance à la venue de ce nouveau Noël sur terre, et de la hardiesse pour tout l'insurmontable qui vous attend, vivre, donner, comprendre, aimer. 
Pour moi, toute proposition de concert chez l'habitant ou ailleurs sera bienvenue ; la crise frappe partout, même chez votre serviteur.
 
Pace e salute
 

Décembre 2012

 

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ÉDITO MAI 2012

Ce monde est saugrenu et bien incompréhensible. Moi qui pensait que la une des journaux annoncerait la parution de "Baladin balladant" (224p) et son additif "A vos guitares" (56p) pour les amateurs de chansons sachant toucher la guitare, avec hourra, flonflons et bravo, hé bien non, tout est annexé par l'élection du nouveau président. Tant pis, je m'incline.

Merci à l'ancien chef de l'Etat, pas si nul que ça à mon sens vu la complexité de la fonction, du pays et de l'époque et bonne chance au nouveau, favori, gagnant, choisi de la CGT au Modem, un exploit en temps normal, mais, je me répète, ce monde est saugrenu! Certains esprits chagrins, rabats-joie et sceptiques avancent que cette élection n'est pas une victoire du gagnant mais une défaite du perdant! Ce qui est évidemment pas pareil mais ne change rien du tout à rien du tout.

Le nouveau président s'appelle Hollande; un destin malicieux l'affublait d'un nom du genre Germany ou Albion, il ne passait pas le premier tour... Donc, vive la Hollande, à bas la Hongrie, youpie, youpie!!

Et ainsi va la vie et c'est ainsi qu'Allah est grand comme disait Vialatte à la conclusion de ses chroniques dans "la Montagne", que je vous invite à lire ou à relire. Un régal sur lequel le temps n'a pas prise.


Quoiqu'il en soit, j'ai commencé l'envoi des bouquins aux 202 souscripteurs pour plus de 300 exemplaires commandés. Un immense merci à eux tous car tous les frais sont presque couverts par ces avances. Quelques corses et quelques lyonnais les recevront en mains propres en juin et juillet, qu'ils ne s'inquiètent pas.

 

Le livre est beau grâce à Annie Lebard qui s'est chargée de de la mise en page.

Voilà, deux objets de plus dans ma petite boutique, mon public pourra lire tout ce que j'ai enregistré depuis 1990 en dix albums.

C'est fou ce qu'il faut de lectures et de relectures avant d'oser envoyer l'ouvrage à l'impression ! Merci Michel, Floréal, Béatrice et Fabienne. Malgré tout ces soins, j'imagine qu'il se cache encore une coquille ou un accent oublié. Le premier qui en trouve gagne un bouquin!

On m'a déjà signalé que j'avais oublié de citer Michel Melchionne, compositeur de la chanson "Vagabondant" dans " Marin des routes"(p.89)...Mille excuses Michel. Si le succès est tel que je dois le réimprimer, promis, la correction sera faite.

Les premiers échos à propos du livre sont élogieux, merci, ça ne fait pas de mal en ces temps difficiles. Mais si l'envie vous prend d'en dresser une critique ou un ressenti, n'hésitez pas à me l'envoyer, je les publierai ici.


Ce bouquin c'est une quarantaine d'années de chansons (la première date de 1970), de poèmes, de concerts, de rencontres, de périodes allègres et de larmes bien souvent. L'heure de la retraite approche à grand pas et après calcul de mes cotisations, il apparaît que j'aurai droit au minimum vieillesse. J'aurai tout donné à cette passion, la poésie et certaines de mes chansons sont au rendez-vous de moments graves de quelques vivants, naissance, mariage, obsèques; j'aurai filé ma vie à l'écart des médias, des radios, télés, subventions Kulturelles et autres.

J'ai fait comme j'ai pu, j'ai fait de mon mieux. J'ai donné mon chant au vent et "le vent nul ne sait ni d'où il vient ni où il va et pourtant tu entends sa voix". (Saint Jean Ch.3-Ver.7)

J'ai été ce "Baladin balladant", ce livre en témoigne. Il est un des plus beaux cadeaux que la vie m'ait donné, petit caillou ou pâquerette sur l'immense sentier qui va de la terre au ciel.


Il y a dans mes tiroirs encore des poèmes et des chansons non éditées. Cela fera peut-être un nouveau livre, un nouveau cd...veremos bien! Pour le moment, "Baladin balladant" est disponible;

Qu'on se le dise!

Que votre vie soit belle. Pace e salute.


Mai 2012


 

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EDITO NOVEMBRE 2011

 

Bonjour

Voilà! J'ai passé le cap des 58 novembre le jour de la sainte Aude. Merci aux nombreux amis qui m'ont fait signe ce jour là.

La veille, nous étions réunis avec Daniel Beaume et Jean Duino pour un beau concert à Gardanne où j'ai chanté ma dernière dont voici le texte:


LA MELODIE

Mais d'où-vient-elle en grand secret

Mais où naît-elle la désirée

oui c'est de l'onde de l'eau du vent

la voie profonde qui nie le temps

intemporelle c'est elle l'aile

lissant le chant


Quelle est sa cible quel est son but

Les coeurs sensibles en sont férus

Car elle balade en liberté

De cantonades en murmuré

Intemporelle c'est elle l'aile

pour s'envoler


Mystérieuse ou triste ou gaie

la cajoleuse et sa pagaie

rame vers l'âme et dit bonjour

je suis la larme du chant d'amour

Intemporelle c'est elle l'aile

du bel atour


Salut Princesse O chantourlée

Dans la grand-messe d'humanité

tu te faufiles en organdi

tissée d'un fil de paradis

intemporelle c'est toi cette aile

toi mélodie


Oui, j'ai toujours été curieux de savoir d'où venaient les mélodies. Elles disent plus que les mots souvent. Après "Quelle est la chanson" et "Quand une chanson s'avance", celle-ci clôt mon triptyque sur ce questionnement. Une chanson c'est une voix, un texte et une mélodie. Mais vous pouvez changer la voix et le texte, cela ne change pas grand-chose finalement car c'est la mélodie qui demeure l'assise et le parfum le plus fort de cet ensemble.

Cette belle définition d'Honoré de Balzac à son sujet: " La mélodie est à la musique ce que l'image et le sentiment sont à la poésie;une fleur qui peut s'épanouir spontanément."

Si je me lance un jour dans un nouvel album, promis elle y figurera car je la trouve bien belle "ma Mélodie"!


Mais le prochain projet que je proposerai par souscription comme toujours s'intitulera 'Baladin balladant" dont voici une ébauche de présentation que vous recevrez incessamment sous peu si mes finances le permettent.


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"Baladin balladant" et " A vos guitares"

Deux livres en un!

"Baladin balladant", c'est l'intégralité des textes des chansons et poèmes que j'ai enregistrés en dix albums depuis 1990.

Quelques deux cents textes à lire, datés de 1970 à 2009, une petite somme.

J'y ai été de quelques remarques, anecdotes et autres pour présenter ces textes.

Un ouvrage de poésie pour celles et ceux qui aiment la plume et "la vérité qui se cache sous l'épaisseur des mots" comme disait Félix Leclerc et qui aimeraient voir figurer cet ouvrage dans leurs bibliothèques.

"A vos guitares", ce sont 64 chansons que j'ai choisi et dont je donne la ligne d'accords simplifiés pour toutes celles et ceux qui ont envie de chanter quelques-unes de mes ritournelles. Pratique et accessible à tous les amateurs, un petit ouvrage qui saura faire des heureux.

Mise en pages très belle et soignée d'Annie Lebard

Deux livres réunis en un seul.

(La liste des 2OO textes de "baladin balladant" et des 64 chansons de " A vos guitares" sera disponible sur le site philippeforcioli.com ).


J'espère finaliser ce projet de nouveau livre d'ici la fin de l'année et qu'il rejoindra d'autres livres dans les bibliothèques de mes aficionados avant juin 2012. Qui vivra verra.

 

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L'année qui vient me fait souci, non pas à cause des élections dont je me fiche un peu beaucoup, ni de la crise dont à laquelle je vous l'avoue, je n'y comprends rien, je n'y suis pour rien et je n'y peux rien mais à cause du désert de concerts qui s'annonce devant moi.

Je me permets de relancer le même appel que j'ai adressé en début d'année.

 

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Bonjour

3 questions importantes pour moi

 

- Seriez-vous prêts à m'inviter pour donner un récital chez vous (salon, grenier, grange ou autre...) ou dans un lieu public près de chez vous et ne nécessitant pas de location ni de sonorisation ni déclaration Sacem?


- Pensez-vous pouvoir réunir de 30 à 60 personnes?

Participation: 10e


- Seriez-vous d'accord à m'engager en tant qu'intermittent du spectacle?

(déclaration au Guso ultra-simple) 0810 863 342 - WWW:guso.com.fr


Si oui, j'attends un signe de vous!

Dans ce cas, je vous contacterai dès qu'une occasion se présentera pour moi de passer près de chez vous en vous proposant des dates de soirées.



Pourquoi ces questions et cet appel?

 

Un intermittent doit justifier d'au moins 43 engagements officiels (charges sociales payées) dans un période d'à peu près 300 jours. Les temps sont durs pour tous et mes "succès d'estime" peinent à réunir aisément ces conditions pour continuer à chanter en étant assuré socialement.

Les professionnels du spectacle ne faisant plus appel à nous, beaucoup de personnes passionnées dans le pays ont choisi de continuer à faire vivre

"la chanson des poètes" en proposant ces concerts à domicile, occasion de rencontres et de partage simple et qui permettent d'aider l'artiste à continuer son chemin tout en réjouissant une assemblée d'amis.

Après 33 ans de "carrière", j'avoue humblement être incapable de gagner mon pain et mon vin autrement qu'en chantant.


En espérant une réponse de votre part, je vous adresse mes sincères remerciements. Je tiens à votre disposition un dossier de presse expliquant plus précisément la teneur des soirées ou des balades-lectures que je propose, afiiches, etc.. Bien à vous.

 

Philippe FORCIOLI

La Treille 04290 SALIGNAC

06 03 48 85 55 - 04 92 31 95 60

 

forciolichante@gmail.com - Site: WWW:philippeforcioli.com


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Pour conclure, je reçois régulièrement les articles et enquêtes de Fred Hidalgo (ex- rédacteur en chef de Chorus) et je trouve son travail formidable. N'hésitez pas à le consulter sur internet, c'est un régal pour l'amateur de chanson. Son dernier témoignage sur Jacques Brel est vraiment émouvant.

http://sicavouschante.over-blog.com


Bonne vie à tous, en vous remerciant amis connus ou inconnus pour votre attention à moi.

Pace e salute a tutti

 

Nov.2011


             

 

 

 

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Édito septembre 2011

 

Il est parti l'ivrogne

Bon vin bon vent

On verra plus sa trogne

Ni son tonitruant

T'as rejoint la charogne

Du sieur de Montcorbier

Un peu que mon cœur cogne

En pensant à ton gibet

 

Chagrin chagrin chagrin

Allain Allain à l'aide

Que Dieu lui vienne en aide

Lui qui n'y croyait point

 

Voilà. J'ai jeté ces lignes sur le papier. Un copain venait de m'apprendre la bien triste nouvelle en ce jour de 15 août, Assomption de Marie, une femme de chez nous qui monte au ciel... et lui, le même jour qui choisit d'en finir, de clore son calvaire d'ici-bas à la Ugolin. La corde au cou !

Peut-être que ce bougre d'Allain s'est accroché au manteau de la Dame et qu'il est au ciel et qu'il se marre de nous voir si tristes de son départ... peut-être... peut-être pas.

J'ai posé le stylo et j'ai allumé ma radio. On y passait la Ballade des dames du temps jadis de Villon et Brassens... surprise ! bah ! le poète vit dans un univers de signe et s'enchante d'un rien, c'est bien connu n'est-ce pas ? Mais la chanson finie, je change de station et sur France Culture, on passe une version de la Balade des pendus, chantée par Mouloudji… Villon encore et Allain qui me dit au revoir à sa façon, il n'y a plus de hasard pour moi.

Je découvrirai une semaine plus tard dans la petite auberge Chez Christiane à Bise, à 5 km de ce nid de scorpions d'Antraigues-sur-Volane, lieu de sa fin, non seulement que les Œuvres complètes de Villon furent un des derniers livres qu'il feuilleta mais, plus encore, ce poème griffonné dix jours avant le 15 et dont je me permets, avec l'autorisation de Christiane, de livrer le premier couplet, effrayant de clarté.

 

La langue bleuie les bras ballants

Pesant d'oubli le cœur moins lourd

Trois p'tits tours autour d'un nœud coulant

Voyageant en cerf-volant

Fier capitaine au long cours

Priez pour les morts d'amour

 

Oui ! Les grands mots sont lâchés. La Mort, l'Amour et la corde au bout.

Signés du Villon de notre temps, Allain Leprest, prince et mendiant suicidé d'amour.

Christiane en pleurs me confiera qu'il est évident pour elle que sa fin était programmée depuis l'été et qu'il a suivi son scénario macabre jusqu'au bout, que personne ne pouvait plus rien pour lui, qu'il était arrivé au bout du bout de lui-même. Voilà. Circulez il n'y a plus rien à voir.


Il me faudra beaucoup de temps avant de penser à Allain en souriant, de me remémorer les quelques moments passés ensemble la joie au cœur. Son intelligence foudroyante m'impressionnait et sa déchéance quotidienne me désolait. Et pourtant quelle tendresse dans son rire et ses blagues, quelle brillance dans ses yeux de myope, quelle beauté tendre dans sa belle voix rauque, quel génie dans les vers de ses feuillets improbables. Quel artiste mon Dieu, quel immense artiste !

Ne restera de nous deux qu'une chanson que je n'ai interprété qu'une seule fois, dans la salle des fêtes d'Aizac vers 2005 ou 2006, le lendemain de sa facture, lui le texte moi la zizique.

Voici ce poème. Adieu Allain!

 

À l'envers le calendrier

Ni cet été ni cet hiver

Je n'aurai pas écrit de vers

Le moindre reflet d'un glaçon

J'aurai pas écrit de chanson

Parce qu'il y a tant à tant t'écrire

À tant crier rimes à rire

Lampadaires plume de chien

Figue vaguelette vagin

 

Ni cet été ni cet automne

Je ne chanterai pour personne

Cette chanson que je te dois

Cette rature au bout des doigts

Ni cet hiver ni cet été

Ma bouche ne viendra téter

Te lire te dire allumé

Cette étoile lourde à semer

 

Et ni tous les printemps à suivre

Ces pages encore nées dans le livre

Ces saisons d'amour mon amour

Mes rimes au petit jour le jour

Et ni le nid qui t'a fait naître

Juste au regard de ma fenêtre

Quatre raisons quatre saisons

Pour tant crier cette chanson

 

Moissonner le champ de ton sexe

Je sais le Bon Dieu ça le vexe

Et dans la banlieue de tes hanches

Doucement mes paumes se penchent

Il reste une île sur ton front

Et demain mes lèvres iront

Y cueillir d'autres automnes

Dans mes mains votre cou frissonne

 

Peut-être brève cette histoire

Demain les trottoirs vont reboire

Nos mégots dans le cendrier

À l'envers le calendrier

 

Et là le coup de génie d'Allain me demandant de continuer la chanson en partant du derniers vers jusqu'au premier, réaliser vraiment cet "... à l'envers le calendrier"

 

À l'envers le calendrier

Nos mégots dans le cendrier

Demain les trottoirs vont reboire

Peut-être brève cette histoire

 

Dans mes mains votre cou frissonne

Y cueillir d'autres automnes

Et demain mes lèvres iront

Il reste une île sur ton front

Doucement mes paumes se penchent

Et dans la banlieue de tes hanches

Je sais le Bon Dieu ça le vexe

Moissonner le champ de ton sexe

 

Pour tant crier cette chanson

Quatre raisons quatre saisons

Juste au regard de ma fenêtre

Et ni le nid qui t'a fait naître

Mes rimes au petit jour le jour

Ces saisons d'amour mon amour

Ces pages encore nées dans le livre

Et ni tous les printemps à suivre

 

Cette étoile lourde à semer

Te lire te dire allumé

Ma bouche ne viendra téter

Ni cet hiver ni cet été

Cette rature aux bouts des doigts

Cette chanson que je te dois

Je ne chanterai pour personne

Ni cet été ni cet automne


Figue vaguelette vagin

Lampadaires plume de chien

À tant crier rimes à rire

Parce qu'il y a tant à tant t'écrire

J'aurai pas écrit de chanson

Le moindre reflet d'un glaçon

Je n'aurai pas écrit de vers

Ni cet été ni cet hiver

 

Adieu Allain, mais un dernier mot encore, parce que tout commence avec Villon pour nous petits poètes françoisiers et que comme dit l'autre tout finit avec lui:

« ... Ma dernière parole soit Quelques vers de Maître François Et que j'emporte entre les dents Un flocon des neiges d'antan »,

 

ce dernier poème du Prince, cette Ballade des menus propos.

 

Je connois bien mouches en lait,

Je connois à la robe l'homme,

Je connois le beau temps du laid,

Je connois au pommier la pomme,

Je connois l'arbre à voir la gomme,

Je connois quand tout est de mêmes,

Je connois qui besogne ou chomme,

Je connois tout, fors que moi-mêmes.


Je connois pourpoint au collet,

Je connois le moine à la gonne,

Je connois le maître au valet,

Je connois au voile la nonne,

Je connois quand pipeur jargonne,

Je connois fous nourris de crèmes,

Je connois le vin à la tonne,

Je connois tout, fors que moi-mêmes.


Je connois cheval et mulet,

Je connois leur charge et leur somme,

Je connois Biatris et Belet,

Je connois jet qui nombre et somme,

Je connois vision et somme,

Je connois la faute des Boemes,

Je connois le pouvoir de Rome,

Je connois tout, fors que moi-mêmes.


Prince, je connois tout en somme,

Je connois coulourés et blêmes,

Je connois mort qui tout consomme,

Je connois tout, fors que moi-mêmes.

 

Oui Alain, toi, moi, tous, nous avons tout connu... sauf nous-même.

Pace e salute

Août 2011

 

 
 
 

 

 

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Edito avril 2011
 
Quand on a rien à écrire ben on écrit rien.
On écrit le mot RIEN.
Il est étrange ce mot là.
Il n'a pas le NA du nada espagnol, le NO du nothing anglais, ni le NI du niente italien ou du nicht teuton... notre RIEN français ne dit pas NON! Il dit rien.
Dire non, c'est affirmer quelque chose de clair et précis. Mais rien...
C'est du vide dans le vide qui lui-même naviguerait dans un vide. C'est angoissant.
Et pourtant ça vient de l'accusatif du mot latin REM qui signifiait CHOSE.
En fait le rien est une chose. Une chose qui s'appelle rien et c'est déjà quelque chose même si c'est trois fois rien, si c'est peu de chose. Un peu de chose c'est un petit rien et ça sert à quelque chose puisque ça sert à rien.
Et le mot chose! En voilà un de bien étrange encore, c'est tout et rien à la fois une chose.
Un bidule, un truc, on voit bien ce que c'est, mais une chose. Matière inerte. Rien.
Pourtant quand on oublie le nom d'un truc ou de monsieur Bidule, on dit CHOSE et si l'on veut parler d'un sujet sans le nommer on dit LA CHOSE, et la Chose ou Chose en question se mettent à exister, ce qui n'est pas rien.
Et CHOSE, vous savez d'où ça vient CHOSE?
Ca vient du latin juridique CAUSA qui a remplacé l'ancien nom latin RES dont l'accusatif est REM qui a donné:
RIEN!
En fait, une chose c'est rien et rien est une chose.
Faire quelque chose c'est ne rien faire et si l'on n'y comprend plus rien vaut mieux faire autre chose.
 
Voilà. J'ai écrit cet édito de rien du tout sur rien parce que je me sens tout chose, un petit chose.
Ca va passer. Ce n'est rien. Ca va passer. Faut passer à autre chose. Sinon rien.
Non rien de rien...

Pace e salute
 
                  
 
 
 
 
 
 

Edito janvier 2011

Bonjour

Voila, ce sera le dernier écho de mon dernier enregistrement pour saluer une dernière fois l'année écoulée.

Philippe Forcioli Le mystère demeure. 16 titres. La
pochette est austère, le propos pourrait sembler
sombre. Ce serait mal écouter : il est lumineux
comme l’est l’intemporelle poésie de Forcioli,
comme le sont ses chansons depuis toujours. Le
mystère du titre, c’est notre présence ici, sur cette
terre : « C’est beau, c’est grand, c’est fou / C’est
incompréhensible / On est planté là sans savoir
pourquoi / Et puis toc ! un jour on meurt / Le
mystère demeure ». Ça et le reste : Forcioli
questionne la vie et la mort. Et laboure, en artiste
autant qu’en homme, les thèmes de l’amour, de la
paix, de la maladie… Une voix douce, onctueuse
qui, parfois, sait se faire colère, gronder. Un peu
comme la nature qui est ici, derrière chaque mot.
Nature au sens des éléments, du naturel, de la
simplicité, de l’épure des propos, de leur légèreté
même s’ils sont lourds de sens, s’ils pèsent de leur
responsabilité. Il y a rare fluidité dans ces sillons-là,
bruissant de mots et d’idées, de doux sentiments,
de craintes aussi ; des sillons qui ne flattent pas
l’oreille, mais la tapissent d’un vrai bonheur. Et le
mystère effleure… Forcioli est un des indispensables
de toutes discothèques.
Michel Kemper


On me demande souvent si j'écris de nouvelles chansons. Je réponds "NON", de ce ton aimable qui me caractérise quand on touche un sujet qui fâche, et qui sous-entend, "circulez, ya rien à voir".

C'est vrai et c'est faux à la fois. J'écris des bribes de chansons. Il y a des paroles, une mélodie... mais elles ne vont pas plus loin qu' un couplet. Pas envie.

Mais pour satisfaire mes "inconditionnels", en voici quelques échos.


Celle-ci sur un tempo de tango

Accepter de se laisser moudre
Un parmi les milliards de grains
Taire en soi le feu et la foudre
Pour un brasier de trois fois rien
Laisser brailler les imbéciles
Et murmurer pour sa cloison
Hausser le ton est inutile
On a crevé le mur du son

 

Cette autre-la sur une tempo de valse

Le bonheur
ça court pas les rue
ça court beaucoup plus les sentiers de montagne
une fleur un oiseau un arbre un ruisseau
le vallon d'un pays de Cocagne
que l'on ne fait que traverser
comme le bonheur qui passe
qui passe nous embrasse
et disparaît

 


celle-ci au tempo lent

Voici les roux les ors les pourpres
voici l'écharpe de couleurs
de la douleur à la douceur
voici les ors voici les pourpres
l'automne coule de tout son sang
voici la mort la vie le temps

Automne automne ma saison
je vais dormir et mourir et renaître au printemps

puis encore celle-ci;

Un rien m'enchante tout me désenchante
un rien me fait marrer tout me fait pleurer
j'ai l'âme gauche le coeur dans la poche
un mouchoir dessus n'en parlons plus

 

Ce sont des bribes, des copeaux, des croquis, des ébauches. Quand on a rien à dire, ben on se tait ou alors on va piocher dans l'immense panier des textes qu'on aimerait bien avoir écrit. En voici deux en guise de voeux pour vous pour cette nouvelle traversée 2011.

 

BEATITUDES

Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes,
ils n'ont pas fini de s'amuser.

Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière,
il leur sera épargné bien des tracas.

Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses : ils deviendront sages.

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter : 
ils en apprendront des choses nouvelles.

Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux :
ils seront appréciés de leur entourage.

Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses et paisiblement les choses sérieuses : vous irez loin dans la vie.

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace :
votre route sera ensoleillée.


Heureux êtes-vous si vous êtes capables de toujours interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui même si les apparences sont contraires :
vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.

Bienheureux ceux qui pensent avant d'agir et qui prient avant de penser :
ils éviteront bien des bêtises.

Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsque on vous coupe la parole, lorsque on vous contredit ou qu'on vous marche sur les pieds :
l'Evangile commence à pénétrer votre coeur.

Bienheureux surtout vous qui savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière, vous avez trouvé la véritable sagesse.

Joseph Folliet.

Journaliste et poète, fondateur de Témoignage Chrétien, journal des chrétiens dits "de gauche"(1903-1972)




et celui-ci, reçu d'une amie clown, Emmanuelle Tivoli, qui donne des spectacles pour enfants dans la région de Montpellier, des voeux de A à Z.

ABC… D’air 2011 !
Amour, années, aventure, amitié, abrazo… Alléluia !
Bon bol d’air, bonne heure, bizarre, beau… Bonne année poil de nez !
Charme, chuchotes, chemin, cadeaux, couleurs… Chantes !
Désirs, douceur, divin… Danse !
Exprimes, embrasses, embrases, étincelles, émotions, eau… Etoiles !
Fraîcheur, friche, feu, femme, fleurs… Folies douces !
Guimauve à la réglisse, gourmandise… Glamour !
Humain, homme, humour, harmonie… Hummmm !
Incroyable, imagines, ici, hibiscus… Idées farfelues !
Jour, jolie, jeunesse… Joie !
Kilos bien répartis… Klaxon !
Louange, liberté, lueur, lilas… Lune !
Miel, mangue, mimosa, murmures, maintenant, marche, musique… Mots doux !
Nuit, non violence, nature, naissance, nénuphars… Nuance !
Onze, originalité, occasions, oasis… Oiseau !
Paix, poésie, plaisirs, présence, printemps, passions… Portes ouvertes vers de nouveaux possibles !
Quelqu’un, quelque part, quelque chose, quarante quatre… Quiétude !
Rencontre, respect, rose rouge, respires, réveils, repères, richesse intérieur… Rires !
Surprises, soleil, scintille, simple, soie, sourires, sensualité, sources… Sagesse !
Terre, tartes à la framboise, très bon chocolat, tendresse… Tangos !
Univers, universel… Utopique !
Vagabondes, voyages, voix, voles, vrai, violette… Vie !
Wagons enchantés !
Xérès… Xylophone !
Ying et yang 
Zen !

 

Et sur ce, je me retire sur la pointe des pieds.
3 rendez-vous toutefois:
-Anniversaire des 20 ans "d'à pied sous le ciel" du 21 au 25 avril
-Jeanne d'Arc de Delteil avec Hélène Sage le 12 avril au Train Théâtre de Portes les Valence
-La Grande Deltheillerie à Villar en Val les 5,6,7 août avec Graeme Allwright
Pour tous ces évènements, n'hésitez pas à me contacter.
Bien à vous
Pace e salute

le 11 janvier 2011

 

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EDITO OCTOBRE 2010 

 

Bonjour

J'ai choisi de vous présenter des extraits de lettres ou d'articles reçus à propos de mon dernier album "Le mystère demeure". Merci pour tous ces témoignages.

Pace e salute


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Cher Philippe,
Merci d'avoir pensé à nous pour la rentrée !
Nous avons bien reçu ton disque et l'avons déjà mis trois fois sur la platine. Le petit coup de diapason (?) au début  incite au recueillement devant le mystère et me rappelle la clochette qui faisait s'agenouiller les fidèles au moment de la célébration de l'Eucharistie. C'est un disque effectivement assez grave mais pas déroutant du tout car on y retrouve  l'ambiance forciolienne traditionnelle : le merveilleux à la Chagall, ce mélange de douceur et de dureté, le thème de l'enfance, la pureté et l'inévitable souillure (l'image récurrente de la boue), l'Espérance, le don (ou la lucidité) d'aimer la vie par dessus tout,  le combat qui ne cesse jamais et la recherche de la paix...  J'ai retrouvé avec plaisir le "Bien le bonsoir messieurs dames "que tu chantes au début de tes concerts et j'ai été agréablement surpris de la reprise de "Bataille" qui figure  dans Célébration de l'oiseau. Bref c'est du bon et du pur Forcioli. Merci bien.
Nous avons souvent réécouté en voiture cet été le disque "Quand une chanson s'avance" et "A la première des chansons" est devenu le tube de la saison : les enfants  adorent !
Pour finir j'en viens à l'objet de ce courrier : je réponds oui à tes quatre questions : je crois être en mesure d'organiser chez moi ou mes proches un petit concert avec toutes les formalités dont tu parles...
Porte-toi bien !
Claude I.
 

*****

Grève
Mardi 7.09. 10
Bonjour. J’ai envie de vous parler de ma matinée, une fois n’est pas coutume.
Ce que j’ai fait ce matin, vous vous en moquez ! Tant pis j’y vais.
Par un réflexe imbécile, au tout petit jour (encore poivre et ciel…) j’appuie sur un bouton de radio pour imbécilement arroser l’heure naissante de quelques « nouvelles ». Mais flûte, une musique peu sympathique m’escagasse l’oreille, au lieu de la voix attendue d’un journaliste. Eh oui j’avais oublié : grève. Mais soudainement, en un éclair ma seconde de moue intérieure se dénoue – oh joie ! une idée me traverse l’esprit – .et me voilà fonçant sur le lecteur de disques : formidable ! je vais pouvoir écouter…Le mystère demeure, qui vient d’arriver à bon port, la veille, par temps de non-grève – quelle chance !
Eh bien je dois vous dire que tous les journalistes et chroniqueurs du monde peuvent aller se rhabiller ou chroniquer ailleurs, et au lieu de maugréer contre la grève (qui s’en fiche Royal’man), je l’ai saluée ! Des instants de pur bonheur elle m’a procuré, en boucle, car j’ai dû avec les cafés du jour avançant, recommencer l’opération « play » lorsque j’arrivais – déjà – à la dernière chanson de l’album.
Avec une joie grandissante, car – et c’est cela que je voudrais dire, vous faire partager ! – plus on écoute Le mystère, plus il s’infiltre, mieux il se fait comprendre et aimer. « Et la terre la lune »… et s’est parti ! Ces deux mots graves et doux lancent une série de chansons nouvelles ou déjà connues magnifique. Une orchestration si belle – que je l’aime, cet accordéon qui se profile un peu partout ! Vous dire la beauté de « L’exil » – l’exil est… vous verrez comme le texte est juste, évident, et évidente aussi la mélodie qui le sert ; vous dire l’allant et la joie de chanter à tue tête « Va va petit homme » quitte à faire apprendre la chanson aux voisins… Vous dire l’émotion d’une chanson qui touchera le cœur de chacun au plus profond, « Monsieur cancer »… La découverte des « Paroles célestes » – la chanson d’une autre plume poète mais qui était écrite, manifestement, pour l’album ! Je ne vous dis pas tout le reste, vous écouterez.
Beaucoup d’allant, dans ce nouveau disque, sur un thème inabordable. Inabordé. Beaucoup de joie à l’écouter, à l’apprivoiser, à l’aimer « par cœur », comme dirait mon fils.
Bon, voilà un jour de grève bien démarré.
Pour moi qui ai eu la chance de recevoir cet album cadeau.
Si vous le recevez demain, ce que j’espère pour vous… faites grève de radio !
Béatrice P.
 

*****

Bonsoir Philippe,
merci et bravo pour "Le mystère demeure" que j'ai reçu ce matin même.
Le premier adjectif qui me vient pour le qualifier serait "GRAVE" .
Cette gravité m'a émue et donnée envie d'en connaître le pourquoi. Je vais donc me repasser le CD en boucle pour m' imprégner de ton ambiance et aussi ... de tes silences !
Je ne veux pas t'en dire plus car la première écoute est toujours empreinte d'impatience à "avaler" tous les titres dans la joie d'avoir reçu cet album.
En tout cas, il m'a encore touché au coeur...
Maï
 
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Chers auditeurs
Si je m’écoutais, je vous ferais entendre la plage de silence – elle dure bien deux minutes – que l’on trouve à la fin du dernier CD de Philippe Forcioli « Le Mystère demeure ». Je ne m’y risquerai évidemment pas : vous prendriez çà pour une panne et vous zapperiez illico sur Sky Rock ou sur France Inter !... Et pourtant, c’est d’un beau silence qu’il s’agit, un silence habité, un silence comme les aime Colette Nys-Mazure, « un silence qui accompagne l’essentiel (…), un silence qui garantit la parole ».
Car, avant la dernière chanson qui, elle, est un cri – la formidable « Bataille » de Marie Noël, orchestrée par Nadine Estève et reprise d’un enregistrement de 1992 – les quinze titres de ce disque (dédié à Georges Moustaki) sont, chacun à sa manière, un éloge de ce silence qui pour Philippe Forcioli est « comme un point d’eau miraculeux dans le désert du fracas du monde ». Evoquant tour à tour la lumière, la paix, l’amour, l’enfance, l’exil ou même la cancer – avec des textes d’une grande force, d’une grande densité (qui sont à lire autant qu’à écouter) et des musiques toujours aussi mélodieuses – le chant du poète est tout entier un éloge du silence. Qu’il oscille entre le grave, le tendre, le fragile, le fervent, le doux, c’est le recueillement qu’il impose à son auditeur.
« Je voudrais une fête étrange et très calme avec des musiciens silencieux et doux »… Forcioli s’est approprié le vœu de son ami Jacques Bertin. Entouré de Michel Melchionne à la guitare, de Pascal Dougy à l’accordéon et de Bernard Abeille à la contrebasse, complices fraternels autant qu’excellents partenaires, Forcioli nous convie à une très salutaire célébration du silence.
« Le Mystère demeure », de Philippe Forcioli est paru aux Editions du Condottière. Pour le commander : philippeforcioli (en un seul mot).com. Ecoutons la plage 5 de ce disque ; son titre : « Blotti blotti ». A la semaine prochaine !
Jacques Bonnadier - Radio Dialogue- Marseille
 
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Bonjour Philippe
Aussitôt reçu, je l'ai dévoré ton dernier album et ensuite je l'ai humé, goûté puis dégusté dans la même lancée.. Et je te dis qu'il est grand, qu'il est beau ce disque, une merveille de coeur et de lumière. Télérama n'aura pas assez de notes pour dire que c'est un bel enregistrement. Pas moyen cette fois pour moi de dire quelle chanson a ma préférence tellement je suis conquis par toutes...
J'arrête ici les dithyrambes sachant qu'elles peuvent mettre le poète dans l'embarras.
Merci à toi d'être au rendez vous de nos oreilles et de nos âmes. Je ne regrette pas d'avoir mis un jour la main sur "de l'âne aux chants énamourés," ce fut un magnifique hasard...

Philippe Q.
 
*****
 
Bonjour Philippe
 J'ai reçu ton dernier CD et l'ai déjà écouté plusieurs fois. 1-3-5-8-11-12 : ce
ne sont pas là les numéros à jouer pour le prochain Loto, mais les chansons que
j'ai préférées. C'est un très beau disque.
 Amitié.
 F.M
PS : Je te joins ce poème d'Armand Robin
"Ils ont entendu un oiseau chanter
 Pourquoi chante-t-il, celui-là ?
 Quelle est sa situation ?
 A-t-il une autorisation ?
 A-t-on pris des renseignements sur lui ?
 Et d'abord d'où lui vient cette branche ?
 Et ces feuilles ? Et le ciel autour de lui ?
 Et surtout comment se fait-il
 Qu'il chante ?
 C'est très suspect !
 Etablissez vite un dossier !"
 
*****
 
Cher Philippe,
Merci pour votre dernier-né. Il est tout beau et bien cohérent, en lui-même et avec le reste de la fratrie.
Voici comme vous me le demandez mes préférences. J'ai eu du mal à choisir, car tous les textes m'ont paru beaux. C'est souvent la mélodie, le fait de pouvoir ensuite fredonner pour moi un air ou un refrain, qui me séduisent.
 Quelques réserves toutefois :
- le numéro 15 ne m'a pas paru très convaincant ("est-ce que ça tourne ?", etc) ;
- le silence avant le dernier morceau me gêne : il risque de faire croire que le CD est fini, alors qu'il reste la chanson 16 ;
- et je regrette que les auditeurs n'aient pas eu droit cette fois-ci au texte imprimé des chansons : cela permet de mieux les apprécier, et si l'on n'a plus l'ouïe très fine et qu'un mot nous a échappé, de le retrouver.
Donc, mes préférences, après hésitations :
1- Blotti
2- Monsieur Cancer
3- Le mystère demeure
4- Mémoire des humbles
5- Paroles célestes
...C'est évidemment un choix très subjectif...
Liliane.A
*****
 
Ami
J'ai pleuré, rit, voyagé au delà de la lourdeur du monde en écoutant ton album.Je me suis désaltérée, qu'est-ce que ça fait du bien.
Christiane.R
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Salut Philippe 
Ton dernier album, dès le premier titre, j'ai retrouvé ton univers, une tendresse teinte de gravité, un besoin d'aller à l'essentiel, de témoigner du grand mystère de notre condition d'homo-sapiens-sapiens (?).
Les chansons anciennes disent la permanence de tes sources et montrent vraimentla cohérence de ton inspiration.
Cette quête spirituelle, fil conducteur de ta poésie, me parle au plus intime. Tu livres un chant vital, venu du profond de ta sensibilité. Et quand tu dis Dieu, je ne suis pas choqué, juste un peu surpris, parfois amusé par ce tyerme qui me paraît si réducteur. Car je sais aujourd'hui que la vie s'accomplit dans la dimension du sacré, dans la recherche d'une beauté intérieure capable de nous relier les uns aux autres. C'est bien la fonction de l'artiste de sans cesse nous le rappeler et parfois de le révéler. Ce rôle, tu l'assumes avec grand talent.
J'ai aimé ta voix feutrée, comme une confidence mille fois murmurée. J'ai goûté la richesse des textes, la ma^trise d'une langue au service d'une cause qui la dépasse. J'ai apprécié le dépouillement musical, la simplicité des arrangements.
"Bataille" est effectivement une chanson magnifique, extraite à mon sens de ton plus beau CD que chaque fois je réécoute saisi par la grâce.
Quant à la minute de silence, j'attends la première radio qui osera la programmer!
Bernard.C
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Bonjour Philippe
Oui, je les ai bien reçus, tes cds
et je t'en remercie !!!! (J'avais tellement hâte de les recevoir)
J'ai fait une première écoute et je peux déjà te dire que deux chansons m'ont particulièrement sauté au coeur:
"Le mystère demeure" et "Va va petit homme"
Il faut bien sûr que je ré-écoute, en ouverture et en tranquilité pour approfondir l'approche.
J'aime ta poésie!
Une chose cependant m'a un peu gratouillé... comme une pesanteur, une peine d'âme, un nuage sur le tableau faisant monter en moi comme un désir de joie, de vigueur, de pétillant.
La nostalgie de vivre est comme un soupir - la joie de vivre comme un sourire-
Oui, c'est ça: j'aurais aimé sentir davantage ton rire entre les sons et entre les lignes
Une petite remarque: le mot "Dieu" est un mot très beau puisqu'il incarne toute la grandeur et tout l'amour imaginables.
Plus qu'un mot, c'est un son, une vibration, une raison d'être prononcé.
Et même si c'est un mot difficile à “gérer“, par la seule façon dont on le prononce il dégage ses bienfaits.
Vivant les mêmes difficultés que toi par rapport à ce mot, j'ai juste envie de te dire: rayonne-le! 
(car tout le monde a le choix, n'est-ce pas: ouvrir ses fenêtres au soleil ou chercher un petit coin d'ombre - le soleil, quant à lui, demeure...)
Quand tu dis que le mot "bravoure" est un de tes mots préférés, ça me fait sourire
parce que je me suis souvent dit qu'on devrait écrire (ou dire, ou chanter...) quelque chose sur les mots oubliés ou devenus inusités
Bravoure, vaillance... oui... une sacré substance dans tout ça.
Je t'embrasse Philippe et t'envoie une vague de fluide chaleureux
Porte-toi bien!
Myriam J.
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Bonjour Philippe,
 Bien reçu et beaucoup aimé. Merci, merci. Un seul regret : que les textes des chansons ne figurent pas sur le livret qui accompagne le CD. C'est moins sympathique et inaccessible pour qui n'a pas internet... Mais c'est très beau!
Amitié(s).
Jean-Louis. L.
 
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Merci pour la dernière merveille ! Depuis que je l'ai reçue, j'ai dû écouter ton disque dix fois... encore une belle récolte!
Et bravo pour cet enregistrement pirate qui nous permet d'entendre de B.Abeille les cordes... VOCALES cette fois...
Florance D.
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Bonjour Philippe 
un petit mot pour te dire: quelle beauté, quelle ferveur et quelle intériorité dans ce dernier album qui m'a touché au plus profond... merci
Daniel L.
PS: et ce poème que je t'envoie bien modestement
OU SONT PASSES LES DIEUX ?
Dieu des cieux tantôt gris tantôt bleus
Dieu du feu couvant sous la cendre
Dieu des églises vides de prières et de chants
Dieu du quignon partagé sous le porche
Où êtes-vous?

Déesse des fontaines aujourd'hui taries
Nymphes des sources recouvertes d'herbes folles
Ondines divines habillées de perle d'eau
Dryades enveloppées de feuilles de vigne
Où vous cachez-vous?

Dieu des enfants léger comme plume d'ange
Dieu des anciens dernier rempart de l'invisible
Très-Haut perdu dans les trous noirs de l'univers
Père Eternel rassurant de tonton Georges
Où vous consumez-vous?

Christ chassé des pensées et des supplications
Christ imploré aux quatre coins de la Terre
Christ bafoyé dans le luxe et l'opulence
Christ des croix de bois des cloches d'airain
Où te caches-tu?

Pachamama des Andes aux accents de kéna
Terre-Mère blessée de chef Joseph
Wakan-Tanka des chamans inspirés
Amazonie aux abois dans les fumées moites
Où reprendrez-vous racine?

Dieux multiples des sadhus décharnés et cendrés
Vaches sacrées reines du Temple d'Or de Bénarès
Ganesh ventripotant couvert d'encens et de fleurs
Krishna charmeur de bergères et d'oiselles
Comblez nos déserts de vos folies
Daniel Labeyrie
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Philippe Forcioli // LE MYSTÈRE DEMEURE
(16 titres, 64’45) 2010, autoproduit.
Poser sur sa platine un disque de Philippe Forcioli n’est pas, ne peut être innocent. On sait sur quels chemins on va, loin de toutes routes trop fréquentées, presque à l’écart de tout. On a même des scrupules à nommer son art « chanson » tant ce terme fait tout-venant et qu’ici c’est tout autre chose. On fait retrouvailles avec l’artiste et sa voix bourrue, rustique et oh combien chaleureuse, du reste d’une étonnante musicalité ; on fait bombance de vers. On a su Forcioli malade et ce nouvel opus en porte, par Monsieur cancer, l’indéfectible trace. Par Bataille aussi, un texte de Marie Noël, tiré d’un lointain album de Forcioli, désormais introuvable, où l’artiste défie déjà la mort : « Prends garde à toi, douleur / Déjà je me relève / Prends garde à toi demain / Je serais le plus fort. »De 2004 à 2006, Forcioli s’était permis de rassembler en trois cédés ses chansons « de derrière les fagots. » En restaient assurément d’autres, que voici : les titres de ce disque s’étalent de 1971 à 2010, presque trente ans. Sans une ride, dans ce même émerveillement, cette même évidente poésie. L’usure ne peut guetter si belle intemporalité
Michel Kemper
 
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PHILIPPE FORCIOLI : Le mystère demeure ; 16 titres, 64’45. Que dire de lui que nous n’avons déjà écrit cent fois depuis notre rencontre au début des années 80 à la Sainte-Baume (haut lieu chansonnier de l’époque qui accueillait formateurs, artistes et stagiaires de la plus belle eau) ? Qu’il fait partie du haut du panier de la chanson poétique d’expression française, simple et humaine, sans rien d’hermétique. « Enfant de Brassens et de Félix Leclerc », précisait Valérie Lehoux dans son « Portrait » du n° 27 de Chorus : « C’est un homme de parole, de passion, de colère et de silence. Un insoumis, qui échappe au désespérant conformisme de rigueur, et se soustrait aux règles d’un jeu convenu. C’est un homme de richesses, qui pourtant ne possède que trois fois rien. Difficile à cerner. Impossible à cadrer. Philippe Forcioli est de cette race d’hommes intègres et exigeants en voie de disparition. Un poète. Libre comme l’air. » Son nouvel album (le premier, Le Temps des bleuets, remonte à 1990) est une merveille. Un Quichotte, bien sûr, de Si ça vous chante. L’album d’un homme de Parole, au chant profond et proche à la fois, porté par de jolies mélodies. Enfant de Tonton Georges et de Félix, certes, mais aussi camarade de Léo et frangin de Bertin… Il y a pire comme parenté!
Fred Hidalgo (ex.Chorus).  sicavouschante.over-blog.com
 
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C’est beau c’est grand c’est fou
c’est incompréhensible
on est planté là sans savoir pourquoi
et puis toc ! un jour on pleure
le mystère nous effleure...
 
(dans " Le Mystère Demeure")
 
Billet de rentrée pour parler de Philippe Forcioli. Je l'avais déjà écrit dans un de mes billets sur Remo Gary, c'est lui aussi un géant. Cet amoureux de Brassens, de Louki, de Douai (1) et de quelques autres, est une perle musicale et poétique, un héritier des troubadours parcourant les chemins et les routes. Ce trouvère occitan d'aujourd'hui, originaire d'Algérie et de Corse, se ballade depuis plus de trente ans, mendiant votre cœur et votre oreille.
Caché de la scène culturelle médiatique, vous ne trouverez pas ses disques dans les bacs, et hormis quelques opus publiés chez Harmonia Mundi / le chant du monde (2) , ses trésors récents sont à acheter directement chez lui. Au rythme des appels à souscription pour produire ses disques succède la réception par la poste de ses nouvelles fournées de chansons.
C'est donc son 10ème album de chansons que j'ai reçu cette semaine, intitulé "
Le mystère demeure"Forcioli y évoque encore et toujours son amour des mots et de la vie. Des fiorettiqui content l'Espérance, les interrogations existentielles sur l'amour, mais aussi l'exil (L'exil est...), la souffrance et la compassion.
"
Des colères d'ange, des tendresses de païen, des étreintes d'homme, les chansons de Philippe Forcioli  lui ressemblent, fières et câlines, emportées et fraternelles."
Et aussi une chanson, 
Monsieur cancer (sans majuscule), comme pour exorciser le crabe qui l'a chatouillé dernièrement. 
Mais 
Forcioli est un humble et un contemplatif. Un album de plus en plus marqué, me semble t-il, par le rapprochement entre le verbe et le Verbe, entre la poésie et la prière, entre la chanson et la louange du psalmiste (3) : les titres parlent d'eux-mêmes, Le mystère demeureLes mains nouées à la lumièreC'est quand la paixJe vous aimeA part une prièreParoles célestesMémoire des humblesAh!, s'avouer enfant,... Car chez Forcioli, les mots et le logos ne font qu'un, le "dire" et le souffle renvoient aussi au Souffle créateur.

"
À part une prière
au ciel un graffiti
comment déposer pierre
utile à l’appentis
à l’établi de l’homme
au monde de demain
je suis en mon automne
et je n’ai que mes mains

Point de trou dans les paumes
et ni or ni diamant
que du cal de bonhomme
scribe clerc artisan
et chemineau poète
chansonnier à ses heures
un genre analphabète
qui sait Rimbaud par coeur

Si j’avais le message
la formule à la craie
qui change un paysage
d’un seul coup d’un seul trait
je la crierais féroce
oui même dans le feu
ce sont rêves de gosse
et bientôt je suis vieux

J’ai tant aimé écrire
oui flotter sur les mots
les mâcher et les dire
pour appeler l’écho
pour enchanter mes frères
les dames et tous ceux-là
me ressemblant sur terre
et ceux de l’au-delà

La chanson ne s’achève
non jamais ici-bas
c’est un refrain sans trêve
il accomplit les pas
que font dans le silence
ses amoureux studieux
que tout finisse en danse
et qu’Il s’en vienne Dieu
que tout finisse en danse
et qu’il s’en vienne...

Dieu que la route est jolie
avec le chant et ce qu’il fait
les bobines réjouies
et la fontaine des larmes
en secret"
  - A part une prière

Marie Noël (4), François d'Assise (La sublime Ode parue dans Homme de Boue), Delteil, mais aussi Van GoghPhilippe Forcioli rend hommages aux Petits et à l'humilité, et au fond, est bien à leur image.

Le Poète est aussi conteur. Et ses opus de diction sentent bon la Provence. Le verbe roulant les "r", rappelle celui de Fernandel contant les Lettres de mon moulin de Daudet ou la pastorale des santons de Provence. Ce n'est pas pour rien qu'il s'est fait l'amoureux des textes de Joseph 
Delteil. Après avoir adapté en 1995 François d'Assise (5), paraissait l'an dernier une adaptation-lecture La vie de Jeanne d'Arc (6), mis en musique par Hélène Sage : "Ce livre est un reportage, un film; Jeanne d'arc de son premier cri jusqu'à son dernier souffle, en gros plan, dans une langue faite de "voyelles de source et de gutturales de hautes futaies."

Ne vous épargnez pas de faire des kilomètres pour voir ce bonhomme sur scène, c'est toujours un moment rare de poésie et d'émotion, jusque dans ses silences.
 
Philippe Forcioli - en concert, notamment les 1 et 2 décembre au Limonaire - 18 Cité Bergère 75009 Paris - 01 45 23 33 33 / Les 3 et 4 décembre au Forum Léo Ferré - 11 rue Barbès - 94200 Ivry/Seine - 01 46 72 64 68
 
Et sinon, mon salon est hélas trop petit, mais Philippe Forcioli est à la recherche, pour 2010 et 2011 de concerts publics ou chez l'habitant... Si vous avez des propositions, elles sont bienvenues!
 
 
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(1) Il en a reçu le Prix Jacques Douai de la chanson en 2009,
 
(2) De l'âne aux chants énamourés (2000 - CHOC du Monde de la musique), Homme de boue (ffff Télérama), la réédition du Temps des bleuets (2002 - CHOC Le monde de la musique) et Marin des routes (2003).
 
(3) Forcioli chantait le roi psalmiste David avec le Psaume 138 dans l'album "De l'âne aux chants énamourés"
 
(4) Le poème de Marie Noël, Bataille, est réédité dans ce disque (il était initialement présent dans l'édition de 1992 de la célébration de l'oiseau mais absent de sa réédition de 2004). Figurait également sur cet album un autre poème de Marie Noël, "Prière au Saint-Esprit"
 
(5)François d'Assise de Joseph Delteil - Double CD L'autre Label 1993 - Grand Prix de l'Académie Charles Cros
 
(6) Jeanne d'Arc de joseph Delteil - ed. L'Estive 2009 (à commander sur son site, comme tous ses albums, s'ils ne sont pas épuisés)

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EDITO SEPTEMBRE 2010

...Et voilà! Le cd "le mystère demeure" vient de m'être livré. Et en avant pour les paquets destinés aux 324 souscripteurs qui m'ont donné le coup de pouce financier indispensable à la réalisation d'un tel album.

Depuis mon premier livre de poème "Philippe Forcioli chante et dit" en 1980, j'aurai fait appel une quinzaine de fois à mon public pour réaliser, livres ou microsillon ou cd. Que de noms d'amis, de près de loin, que de "n'habite plus l'adresse indiquée", que de disparus partis pour l'au-delà...

C'est toujours avec émotion que j'entreprends ce dernier volet de la souscription, en remerciant le ciel d'avoir tenu le cap et les délais, en espérant que mes paquets ne se perdront pas dans les millions de colis postaux quotidiens, les grèves ou les vols... Quel casse-tête d'enveloppes, de photocopies, de timbres, de tampons et de petit mot pour chacun!

Si vous lisez ces lignes, si vous avez souscrit et si vous n'avez rien reçu d'ci le 30/09, merci de me contacter.

Oui, toujours la même émotion à réaliser qu'il y a 324 personnes qui m'ont fait confiance, que c'est infime et immense à la fois, et que grâce à eux, ma petite oeuvre a pu se bâtir toutes ces années.

Est-ce que ces chansons leur plairont ? C'est un disque grave, je le sais, j'espère qu'il saura toucher l'oreille et l'oreillette du coeur. Moi, j'ai fait de mon mieux et j'ai tenu parole, le disque est là.

 

Début juillet, nous avions rendez-vous avec la bande d'A pied sous le ciel à Liverpool. Trois jours là-bas exclusivement consacrés aux Beatles. Je sais tout maintenant de Ringo, George, John et Paul, leurs maisons natales, leurs écoles, le cabaret de leurs début; toute la ville vibre au souvenir des quatre garçons anoblis par sa Gracieuse Majesté dans les années soixante, leur triomphe fou, leurs frasques et leurs déboires aussi. Mais j'avoue que sillonner Penny Lane Street aux accents de cette mélodie si belle, revoir le salon de coiffure, la banque et même l'infirmière de la chanson fut une belle émotion et bien sûr l'occasion de chanter à tue-tête ce refrain envoûtant. L'ami Martyn était à la baguette et moi, si peu féru d'anglo-saxonnes ritournelles, j'avoue que j'ai souvent dit Bravo, une autre, une autre !

Liverpool est semblable à Marseille, le soleil méditerranéen en moins. Aussi insouciante, accueillante, délinquante, joyeuse quoi, un port!

Puis ce fut cap vers Wales, le pays des Diables Rouges, ses montagnes et l'océan à l'ouest.

Le Pays de Galles ce sont des maisons bretonnes dans une Creuse mêlée d'Aubrac et de Jura...

Merveilleux vallons, vaches, chevaux et brebis et le peu que nous avons partagé avec les habitants du petit village perdu où nous créchions m'a fait aimer ces gens, réservés et généreux.

Moment inoubliable de chanson avec la chorale anglicane du coin dans un pub bourré (!) comme un oeuf et ce chant que je garderai toujours en mémoire: "Gwahoddiad", une merveille qui fait monter les larmes à la gorge et cette ferveur belle et digne de ces galloises et gallois à le chanter (à quatre voix s'il vous plaît!). Pour vous donner une idée de l'incompréhensible langue galloise, inaccessible à nos pauvres entendements, je vous donne le refrain:

" Arglwydd Dyma fi Ar dy alwad Di

Canna 'm henaid yn y gwaed Agaed ar Galfari"

dont la prononciation n'a rien à voir du tout, mais alors pas du tout, avec l'énoncé phonétique!


Au cours de la virée, le détour obligatoire par:

"Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch"

le village au nom le plus long du monde paraît-il, 58 lettres!

Gap, Apt et Die peuvent aller se rhabiller au bord du Pô ou de l'Ar, le village cité plus haut est hors-concours!

Bien sûr il a plu souvent, chaque fois que le soleil ne brillait pas dans le ciel... c'est à dire assez souvent... mais quel beau pays, quelle paix, quelle haute solitude.

Si l'envie vous prend de plonger in Wales, relisez "Qu'elle était verte ma vallée" de Richard LLewellyn, toute l'âme celtique de ce pays perdu y est vivante, on entend chanter à chaque page!


Puis ce fut le retour à Liverpool pour la cérémonie des adieux! Que ce fut difficile de quitter cette joyeuse bande et notre mascotte, la petite Juliette au rire de source claire...

Qui sait si la vie ne me tirera pas encore du côté de nos cousins gallois... à Cardiff pour un Wales-France de gala! Wait and see !


Cette année j'aurai vu Florence, Grenade et Liverpool et si tout va bien, Paris m'ouvrira ses bras en décembre. Moi qui passe le clair de mon temps sur les routes ou dans ma campagne reculée, j'aime entrer dans ces villes, les boire, les serrer de mes bras. Florence la hautaine, Grenade l'ardente, Liverpool la délurée et Paris, ah Paris, ma préférée!


Amis, je vous remercie d'avoir lu ces lignes. Vous redire que le dernier album est envoyé, que les textes des chansons sont disponibles sur mon site grâce à Béatrice et Jean-Claude,.

Que les 324 souscripteurs sachent qu'ils m'ont avancé la somme de 10 365 euros, ce qui fait presque 75% du prix global de cet ouvrage (souscription, enregistrements, musiciens, resto, hôtels, faux frais, SDRM, maquette du livret, pressage à l'usine puis envoi des cd... et autres), qu'ils en soient encore remerciés et que vive la liberté, vive l'amitié et que Dieu nous garde!


Pace e salute

Le 5 Septembre 2010



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Mai 2010

Ah! Ce printemps!

Tant attendu, il est venu, puis trois p'tits tours s'en est allé!!! Et puis le revoici!

Ces jours de Pentecôte furent pour tout le pays comme un grand chapiteau à toile bleue de bleu, une merveille en ce printemps de feuillages et d'oiseaux. Avez-vous remarqué comme la couleur verte est en fait une déclinaison, un camaïeu qui va du blanc au noir? Du blanc à l'opale, puis toute la gamme des verts, les verts de gris et tous les gris jusqu'au noir des sapins, fantastiques sapins noirs centenaires du plateau de Sault dans l'Aude où nous avons marché avec la petite troupe d' A pied sous le ciel.

Nous avons chanté à tue-tête et pourtant il n'a pas plu!

Par contre il neigeait sur Foix le 4 mai pour la première de la Jeanne d'Arc de Delteil dans ce magnifique théâtre de l'Estive, routes coupées, panne EDF... Il semble que le destin ne m'accorde jamais la paix quand il s'agit de jouer dans de vrais lieux de spectacle. Ce fut la même chanson il y a trois ans au Train-théâtre de Portes les Valence, magnifique lieu lui aussi. L'ami Ducatel était encore parmi nous. Il fallut déblayer la neige pendant plus de trois heures pour dégager le parking et bien sûr; le soir évidemment, routes coupées, annulations et maigre public..

Mais bon, au dire de beaucoup, cette Jeanne est un des plus beaux spectacles que je n'ai jamais présenté; grâce à Hélène Sage à la musique et Ester Nadal à la mise en scène...et Delteil à la parole, et Jeanne au dessus de nous.

Alors si vous habitez dans la région lyonnaise, le théâtre de l'Arc en Ciel à Machy (Chasselay), à 15km de Lyon,  nous invite les 30/06 et 1/07 à représenter cette fameuse Jeanne d'Arc de Delteil. C'est en plein air dans une cour de petit château, un lieu exquis, alors si vous êtes libres ces soirs là, venez, avertissez vos amis, on peut s'y restaurer aussi.

Théâtre de l'Arc en ciel - 04 78 47 34 32 - www.theatrearcenciel.com

Et je poursuivrai les vendredi 2 et samedi 3 avec Forcioli "chante et dit" seul sur scène...qu'on se le dise !



En avril j'ai eu le bonheur de chanter et donc de sillonner la Bretagne.

Ah quel beau pays que celui-ci.

J'y suis entré par le mont Saint Michel que je connaissais pas, puis Cancale, la forêt de Brocéliande, la presqu'île de Crozon, Lorient, La Roche-Bernard et un petit coin de Paradis, Pen Bé, en face de l'océan à deux pas de Guérande. Je l'ai quitté par Saint Nazaire pour la Vendée et les Charente que je connais mieux. Partout de belles rencontres, et un livre d'un écrivain croisé là-bas, un livre qui est devenu mon livre de chevet et qui est une vrai merveille.

"Le Christ aux silences" de Jean Lavoué (éditions Anne Sigier) et que vous pouvez trouver à la librairie: "Quand les livres s'ouvrent" - 02 97 64 60 10 - à Lorient.

Pas une goutte de pluie durant la semaine si ce n'est les embruns aux grèves du mystérieux Atlantique, sage comme une image alors qu'une quinzaine auparavant, il se déchaînait monstrueusement. Cet océan m'attire, comme les poètes de là-bas, les clochers, les villages, les bistrots et les gens, les goémons, les camélias, les genêts et les landes.

Une autre belle surprise, la sortie du premier Cd de Patrick Gatineau,

"L'épouvantail amoureux".

Ça n'est pas courant d'entendre des chansons légères, pleines d'humour et de cette tendresse qui noue la gorge. Pierre Louki aurait aimé ce jeune chanteur débutant et l'aurait adoubé, j'en suis certain.

Vous pouvez le découvrir sur:

www.myspace.com/patrickgatineau ou commander son album en écrivant à: patrickgatineau@yahoo.fr

Sa chanson-titre commence ainsi...

"C'était un épouvantail

Qui détestait son travail

Pour tout dire en quatre mots

Il adorait les oiseaux..."

...Beau programme, c'est du joli!

Pour moi, je poursuis le travail commencé, enregistrement et mixage du Cd

"Le mystère demeure"

et tout se passe pour le mieux. Merci aux 280 souscripteurs qui m'ont déjà témoigné de leur confiance et soutien.


Je finis cette lettre, c'est petit matin, fauvettes, mésanges et pinsons commencent à chanter le jour, la pluie vient d'offrir une belle averse fraîche et gaie, la campagne est odorante, la branche devant ma fenêtre se balance à la brise; mon Dieu que cette terre est bonne et belle et bien faite!

Un million de mille milliards de fois merci.


Pace e salute

Le 27 mai 2010

                

 

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Edito printemps 2010

 

Il devait rester un gros quart d'heure à jouer quand l'entraîneur du XV de la Rose fit entrer le petit homme. Éblouissant de blancheur dans sa tenue toute propre au milieu de ses équipiers maculés de boue, la pluie ne cessant de tomber depuis le début du match... un vrai temps britannique!

Très vite en jambes, tentant un cadrage-débordement qui faillit aboutir, le public sentait bien qu'il n'y avait plus que ce petit homme pour inverser le résultat qui se profilait au bout de ce « crunch » très arrosé, la victoire des bleus...

...et puis l'arbitre siffla une pénalité pour l'Angleterre. Anodine et bien trop éloignée de la ligne d'en-but pour être tentée; à 1 mètre à peu près, et de ligne médiane et de la ligne de touche, presque à l'angle des deux et sous la pluie battante... Sachant qu'une moitié de terrain mesure près de cinquante mètre en face des poteaux, c'est à plus de soixante mètres en fait que le petit homme demanda qu'on pose le plot...

...moi j'étais dans l'axe de la ligne d'essai et donc de ces perches immenses, au quart de virage avec un ami citoyen de Sa Très Gracieuse Majesté, du côté de la pénalité. Je me demandais, mais de quel arbre sont donc faîtes les perches des buts au rugby? Du peuplier, du pin larizio, du super-bambou des forêts tropicales? Le but, ce « H » majuscule, cette échelle à un degré, cette pacifique Babel, ce Cerbère de la terre promise... J'attendais, pas très rassuré j'avoue car le petit homme nous fît bien des misères ces années passées et que de fois, à cause de lui, j'ai dû supporter sans broncher le triomphe éclatant de mon ami citoyen de Sa Très Gracieuse Majesté après une amère défaite bleue banche et rouge.. Inquiet mais sans plus... soixante mètres, en coin, la pluie... non, c'est tactique tout ça, c'est pour se rapprocher de nos 22 et tenter quelque chose sur le renvoi, c'est de l'intox, c'est tout!...

...le petit homme a tout un cérémonial qui n'appartient qu'à lui; une position très courbée, les fesses en l'air, les mains serrées devant lui, sans bouger, fixant tantôt le ballon, tantôt les poteaux et ce pendant plus de dix secondes. Bien entendu, le public français, fidèle à sa mauvaise habitude commença à siffler copieusement le buteur, mais soudain, est-ce moi, mon voisin, un autre esthète en face, dix mille autres, mais on entendît dans les travées de toutes les tribunes du stade un immense « chut !!!! » qui peu à peu couvrît les sifflets et c'est quasiment dans un silence complet que le petit homme s'élança.

De mémoire de spectateur à croc de l'équipe de France on n'avait vu ça ! Laisser le buteur ennemi tenter les trois points sans charivari!!! Impensable, et pourtant c'est ce qu'il se passa, une sorte de « laissez passer les artistes », « la ferme, le poulailler! »...

...et alors ce fut un instant magique, comme seul le jeu sur le pré avec un ballon ovale en procure.

Le fameux gaucher a pris son temps et la balle s'est envolée, oh la belle ogive, oh le bel œuf de Pâques! Non pas un tir tendu, non, un tir en cloche, une immense cloche de Pâques encore, une courbe ovoïde de la terre à la lune et de la lune à l'en-but français, une bombe ou un flocon descendant pile-poils à dix centimètres derrière la barre transversale !!! J'étais dans l'axe, j'ai tout vu!

France:12 -Angleterre:10

Of course mon ami de la Très Gracieuse etc... exultait et avec lui, tous les excentriques en casques celtes, en habit de Sherlock Holmes ou en melons, tous ceux qui avaient traversé le Chanel pour nous plumer le coq, mais aussi, il faut l'avoir vu pour le croire, la majorité des spectateurs franchouillards et chauvins comme moi.

Oui j'étais debout moi aussi, claquant des mains, époustouflé, heureux de l'exploit, admiratif du petit homme.

Mais j'entendais aussi en moi la petite radio clandestine qui disait « ici radio Londres, les carottes parlent aux carottes, les français sont cuits! ». Il restait dix minutes, il suffisait que les Anglais s'approchent de notre ligne, démarque le petit homme et son drop aurait fait chavirer la française rugby nation dans le vin noir d'un grand Chelem confisqué à la dernière minute... l'horreur!

L'histoire de ces « 6 nations 2010 » ne l'a pas voulu ainsi et c'est un ami de la Gracieuse bien abattu que j'ai dû consoler de cette terrible défaite imméritée...(ça fait mal hein???)..quelques verres et tout allait mieux. « Good game » et à la prochaine.

Dans le RER du retour, de quoi parlaient les milliers de sardines sans huile pressées et ballottées ? Du grand Chelem, de notre paire de demis, de la fiesta monstre que les bleus avaient commencé sur le terrain avec leur tour d'honneur, de la pluie pour une fois notre alliée?

Non, les sardines racontaient l'incroyable coup de pied du petit homme!

Sacré Wilkinson!

Le 31 mars 2010

                        

 

 

 

 

 

 

Edito fin janvier 2010

Bonjour la compagnie
 
Fin janvier, c'est toujours le temps des voeux alors que tout soit d'aplomb et d'équerre dans vos coeurs, vos corps et dans vos esprits, de bonnes heures interminables et les mauvaises... insignifiantes... bref, « a good travel for all of you » en english dans le texte !
 
Parlant de textes, voici l'intégralité des chansons qui figureront dans mon prochain album dont le titre sera « le mystère demeure » qui est le titre d'une des chansons.
 
J'ai commencé les premières répétitions avec B.Abeille à la contrebasse, M.Melchionne à la guitare, P.Dougy à l'accordéon et J.C Millet aux manettes-sons. Je lance dès aujourd'hui ma souscription que vous pouvez imprimer.(voir le lien).
 
Nouveau disque, nouvelle aventure avec toutes les joies et tous les soucis qui vont avec les questions sur le fond, la forme, l'à quoi bon et l'argent qui demeure le nerf de cette entreprise (et ça, ça n'est pas un mystère !!!). merci de votre soutien, car comme d'habitude, tout cet album sera financé par vous... et moi.

 
LE MYSTERE DEMEURE
(CD 15 chansons)
  1. Blotti
  2. Bien le bonsoir messieurs dames
  3. Silence poème
  4. Les mains nouées à la lumière
  5. L'exil
  6. C'est quand la paix?
  7. Monsieur cancer
  8. Bataille (Marie-Noël-P.Forcioli)
  9. Ah! S'avouer enfant
  10. Le mystère demeure
  11. Je vous aime
  12. Mémoire des humbles
  13. Va va petit homme
  14. Paroles célestes (Guilhem Gottardi)
  15. A part une prière
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1-Blotti
 
Blotti blotti
j'aime qu'on se blottisse
j'aime qu'on me blottisse
moi c'est un mot qui me botte
« blotti »
qui mieux que nous quand on est bien blotti
le roi du Pérou… encore c'est pas dit
 
Les chatons les chiots
les ânons les agneaux
tout ce qui sent le tout-petit
sont les champions pour ce qui est du blotti
du blotti du blotti du blotti
on est invisible
et invincible
dans les draps bleus
de la nuit quand on est
tous deux tout doux et blottis
 
Blotti blotti
j'aime qu'on me blottisse
j'aime qu'on se blottisse
moi c'est un mot qui me botte
« blotti »
qui mieux que nous quand on est bien blotti
le roi du Pérou n'est pas mieux loti !
 
 
2-Bien le bonsoir
 
Bien le bonsoir messieurs dames
qui êtes-vous dans le noir 
qui vieux enfants jeunes dames 
qui sourciers d'un bel espoir ?
moi je viens babiller belles
des chansons des poésies
recueillies sur la margelle
au bord d'une aile au bord d'un puits
je vais descendre à la forge
quérir de l'orge pour vos oiseaux
je ferai le rouge-gorge
n'oubliez pas mes vermisseaux
 
c'est la nuit
la paix nous guette
chant de chouette dans le bouleau
et des signes entre les lignes
 
Bien le bonsoir messieurs dames
d'où venez-vous de quel trou ?
de quel antre quelle flamme ?
de quel drame ? et tout et tout
je vais étendre à la corde
mes vélins papiers-chiffons
griffonnés de mille hordes
trop de mots dans mes brouillons
quand j'étais dans la tourmente
en d'âpres et fous chemins
je me disais « va ta pente
deux mains se tendront demain » (refrain)
 
Bien le bonsoir messieurs dames
merci d'être au rendez-vous
car sans vous mon pauvre brame
resterait muet au clou
dans l'oreillette de l'âme
se cachent tous les secrets
les fils de la vie la trame
marguerite à effeuiller
je serai celui qui dénude
qui déshabille le feu
de grâce mansuétude
on se brûle à ce petit jeu (refrain)
 
Bien le bonsoir messieurs dames
qui cherchons dans la nuit
sur nos radeaux trime-rame
esseulés de tant de cris
plus que profonde une étoile
au-dessus des toits sourit
elle affale la grand-voile
en route pour le pays
où l'on entre sur la pointe
des pieds et la rime au bout
pour retrouver les empreintes
de ceux qui vont jusqu'au bout
 
de la nuit
du chant-chouette
sang de poète sur le couteau
du silence

3-SILENCE POEME
 
Le silence
pour certains est un voile semblable au vide à l'ennui à la mort
 
Pour d'autres il est le point d'eau miraculeux dans le désert du fracas du monde
le lieu ultime et suprême de leur salut et de leur soif de vivre
 
Ils s'y penchent s'en abreuvent il s'y enchantent
ils y découvrent ou s'inventent un monde unique
un univers d'eux seuls connu
 
C'est comme un fil de la Vierge au matin si fragile
où danse comme un secret une musique
une musique intraduisible
sauf peut-être avec les yeux

4-LES MAINS NOUEES A LA LUMIERE
 
Où allons-nous dans cette boue qui nous entoure et qui nous tache
Où allons-nous dans quelle rivière de sang perdu
De sang versé à l’inconnu je ne sais plus
Où allons-nous dans quelle affaire qui enrichit ou qui honore
Dans quel bonheur inachevé qui sent si bon la main serrée
La main nouée à la lumière la main nouée à la lumière
 
Que sommes-nous dis mon amour dans notre amour de quatre sous
Que sommes-nous dis mon amour avec nos nuits et nos fous-rires
Qu’on s’est promis qu’on a rêvé plus je ne sais
Que sommes-nous des enfants-rois des petits cons ou bien des gosses
Que voulons-nous avec nos mains qui font pleurer
Tant elles sont belles tant elles sont vraies
Nos mains nouées à la lumière nos mains nouées à la lumière
 
Où irons-nous dans nos combats dans nos vengeances et dans nos trêves
Le chant du monde perd de sa voix quand un espoir est déchiré
Ou piétiné
Que dirons-nous au petit ange qui va venir un soir de fête
Pour quel butin as-tu saigné pour quel demain ai-je pleuré
Je n’ai plus l’audace d’y penser je n’ai plus la force de m’y perdre
Au carrefour des existences y’aura nos ombres et puis nos mains
Au carrefour des existences y’aura nos ombres et puis nos mains
 
Nos mains nouées à la lumière nos mains nouées à la lumière
Nos mains nouées à la lumière nos mains nouées à la lumière

 

5-L’exil
 
L'exil est passionnant
À l'approche des trente ans
Sinon avant quelle misère
perdu la terre de ma mère
perdu mes repères d'enfant
À cause des affaires des grands
 
L'exil est révoltant
Car personne ne comprend
Comprend que t'as cent mystères
cachés dans ta poche arrière
T'en fais l'inventaire au vent
Le poème c'est un juif errant
 
L'exil est désarmant
Car il est le grand perdant
On ne fait pas marche arrière
Quand elle est finie la guerre
Faut les vaincus les gagnants
Faut penser aux pansements
 
L'exil est espérant
Car il va l'œil en dedans
Il y trouve un monde à faire
De jardins de sources claires
De paroles et de lumière
d'amoureux commencements
 
L'exil est de tous temps
et comme ça jusqu'au jugement
On verra millions de frères
Déclarer au grand saint Pierre
Nous ne venons pas de la terre
Nous sommes des oiseaux migrants
Le Crucifié à l'envers
Dira « entrez les enfants »

6-C’est quand la paix ?
 
C'est quand qu'elle s'en vient la paix
Avec sa colombe douce
Et le rameau d'olivier
Mais qu'est-ce qu'elle attend la paix?
 
Viendra-t-elle de bon matin
en fanfare et en trompettes
des gamins des majorettes
confettis et tambourins
ou viendra-t-elle à midi
lancée d'un aéroplane
ou bien sur le dos d'un âne
tambourins et confettis
 
Attend-elle un soir d'automne
dans le brasier du couchant
pour dispenser son plain-chant
une chanson belle et bonne
ou bien dans la nuit profonde
dans la neige papillon
légère avec les flocons
en tourbillonnant la ronde
 
Ou bien faut-il que l'on hurle
La paix donnez-nous la paix
Banderoles et défilés
et friser le ridicule
ou faut-il qu'on la menace
veux-tu bien venir ici
et l'attendre au fond du lit
en boudant de guerre lasse
 
C'est quand qu'elle s'en vient la paix
Avec la colombe douce
Et son rameau d'olivier
Mais qu'est-ce qu'elle attend la paix?
Dis est-ce qu'elle m'attend la paix?
 
 
7-Monsieur cancer
 
Monsieur cancer
vous êtes devenu roi sur la terre
et vos sujets sont innombrables
et vos affaires en bourse monnayables
 
Monsieur cancer
vous mal odieux qui partout pestifère
ce rendez-vous impitoyable
avec l'enfer indétrônable
 
Monsieur cancer
si je savais si je pouvais
je me tairais je me tairais
car j'ai tant peur de vos misères
 
Monsieur cancer
je ne peux plus je ne dois plus
car déjà vous avez élu
des amis mon père et ma mère
 
Monsieur cancer
qui sait si vous ne cachez pas au fond
derrière votre air de diable ou de démon
de la lumière
 
Monsieur cancer
qu'est-ce en vous qui nous fait tant réagir
la peur de mourir la peur de souffrir
la faute amère
 
Pour qu'on espère
qu'aujourd'hui sous vos crocs de loup
rongeant son os dans la fosse dans le trou
tout cet atroce
 
Soit pour demain
pour tous ceux-là mordus de près de loin
l'appel au fond la flèche le chemin
du festin des Noces
 
Monsieur cancer
je sais tout l'inutile de ma chanson
mais vous interpeller par votre nom
c'est déclarer la guerre
 
Monsieur cancer
et j'en sais quelques-unes et quelques-uns
qui viendront simplement serrer ma main
et nous saurons nous taire
 
Monsieur cancer
parfois la victoire change de côté
tous ceux-là que vous avez ligotés
terrible bête
 
En un sourire
par la plume la voix et par la lyre
à tout jamais sera je veux l'écrire
votre défaite
 
 
8-BATAILLE (Marie-Noël -P.Forcioli)
( déjà parue dans Célébration de l'Oiseau-1992)
 
Et me voilà gisant mais je ne suis pas mort
La douleur m'a jeté garrotté dans sa forge
La douleur s'est ruée entre mes os disjoints
En vain me débattant je l'ai mordue aux poings
Longtemps elle a tenté de me broyer la tête
Elle m'a retourné les deux yeux à l'envers
Pour m'empêcher d'y voir elle a tordu mes nerfs
Pour m'étrangler comme des cordes à ma gorge
Et me voilà gisant mais je ne suis pas mort
Prends garde à toi douleur à peine est-ce une trêve
Prends garde à toi douleur déjà je me relève
Prends garde à toi demain je serai le plus fort
 
Prends garde à toi je t'empoignerai par les ailes
Je te les casserai comme un bout de bois sec
Et les petits enfants s'amuseront avec
Je te les briserai ces deux poignets rebelles
Et partout où j'irai tu viendras me suivant
Aussi loin qu'à mon gré je voudrai t'y contraindre
Et les maisons la nuit t'écouteront te plaindre
Comme un aigle blessé qui lutte avec le vent
Je brûlerai tes yeux pour éclairer mon livre
je marcherai sur toi comme sur un chemin
Ton sang j'en ferai boire à tout le genre humain
Je le lui servirai jusqu'à ce qu'il soit ivre
Pour m'élever au ciel j'ouvrirai pas à pas
Dans ta chair les degrés d'une échelle vivante
Je te commanderai tu seras ma servante
Et quand je te crierai « chante » tu chanteras
 
Prends garde à toi douleur à peine est-ce une trêve
Prends garde à toi douleur déjà je me relève
Prends garde à toi demain je serai le plus fort

9-Ah ! s’avouer enfant
 
Ah ! s'avouer enfant
Une fois pour toutes
Fragile et fou infidèle et cruel
Brise-tout regard doux
 
Ah ! s'avouer vulnérable
Et chialant dans des chambres
S'inventant des batailles
Des princesses et des lits
Des espaces infinis
Où guerroyer à l'aise
 
Ah ! s'avouer vaincu
Sans paroles éperdu
Cherchant le ventre des mères
Ah ! s'avouer danseur
Solitaire souple et haut
Oiseau libre de la terre
 
Ah ! se chercher meilleur
À hauteur de ses rêves
Justice et paix courage et vérité
Être saint être utile
 
Ah ! se chercher d'amour
L'ami l'amant l'âme au jour
Et se trouver toujours plus loin
Qu'en ce premier matin
Où l'écho te cria
« Qui m'appelle ? qui m'appelle ? qui m'appelle ? »
 
Ah ! s'avouer enfant
Une fois tous les sept ans
Le bel anniversaire
Et souffler la bougie de la peur et dans la nuit
S'oublier au fond des neiges
En suçant le pouce de Dieu

10-Le mystère demeure
 
Et la terre la lune
étoiles firmament
et la roue des fortunes
et les trous du néant
comètes astéroïdes
toute la voie lactée
les planètes le vide
et le ciel constellé
 
refrain
C'est beau c'est grand c'est fou
c'est incompréhensible
on est planté là sans savoir pourquoi
et puis toc ! un jour on meurt
le mystère demeure
 
Océans insondables
et volcans endormis
tous les déserts de sable
les milliards de fourmis
les saumons les anguilles
les oiseaux migrateurs
nos cousins les gorilles
le calice des fleurs
 
Et nous les pauvres hommes
du bébé au vieillard
et tous les chromosomes
nécessité hasard
toutes nos existences
la vie cette inconnue
le malheur ou la chance
d'avoir un jour vécu
 
Le malheur ou la chance
de prolonger debout
l'humanité la danse
floues dans ce monde flou
et jamais de réponses
aux pourquoi de ce jeu
des roses et des ronces
le diable et le Bon Dieu
 
refrain
C'est beau c'est grand c'est fou
c'est incompréhensible
on est planté là sans savoir pourquoi
et puis toc ! un jour on pleure
le mystère nous effleure
 
C'est d'une larme que vint la vie
joie et drame à l'infini
c'est d'une larme que vient la vie
larme de joie larme de qui ?

11-Je vous aime
 
Puisqu'il faut le dire pour n'avoir pas à l'heure du trépas
le regret le plus pire de n'avoir pas osé tout bas
chanter la parole qui fait ce monde drôle
qui lui donne un nom
un regard un visage un sourire un prénom
une chance une plume que l'on balance du trente-sixième
 
Je vous aime je vous aime
 
Puisqu'il faut le dire à la belle aux arbres aux oiseaux
au vent qui respire très loin là-haut un ciel nouveau
voici la parole d'une chanson folle
que chacun connaît par cœur
elle redit l'espoir la bonté la beauté la douceur
une danse une romance en secret au sillon que l'on sème
 
Princes et vous princesses prenez ce lai comme un bouquet
finie ma jeunesse voici l'adieu pour d'autres cieux
voguez barcarolles j'ai joué dans tous mes rôles
ne m'en convient qu'un seul
que soit brodée en lettres d'or sur mon linceul
ma sentence cet homme-enfant en moi qui chante n'a qu'un poème
 
Tournez la berceuse donnée par-ci reçue par-là
par une amoureuse pour un enfant un vieux très las
gardez la parole elle a fait école
et jusqu'au seuil du mauvais pas
elle tombe au matin en étoile au refrain des jardins
puis s'élève nous soulève
elle est brève et ne passera pas
et pour l'enfer reste un blasphème
 
Je vous aime je vous aime
 
 
12-Mémoire des humbles
 
N'avoir été une seconde
dans les fouillis de ces temps-ci
qu'une étincelle une colombe
une passerelle de vie
 
Avoir été dans la cohue
un p'tit caillou dans un soulier
un nom crié dans une rue
et des visages retournés
 
Avoir été simple pétale
serré au creux d'un vieux bouquin
la fidèle paire de sandales
de tous les françoisiers chemins
 
Avoir été dans la semaine
un jour de paix pour les enfants
en secret l'amant de la reine
avoir été aussi inutile qu'un brin de vent
 
Avoir été dans la pénombre
une horloge du temps passé
qui dit la joie les heures sombres
et berce le grand cœur blessé
 
Avoir été sans importance
dans les discours sur la raison
un rouge-gorge qui s'avance
quêter des miettes aux maisons
 
N'avoir été sur la grand-route
Qu'une forme disparaissant
dans un enclos âne qui broute
et qui vous regarde innocent

13-VA VA PETIT HOMME
 
Va va petit homme
l'amour est la clef du temps
va va p'tit bonhomme
gronde la source au printemps
va va ta chimère
trouvera corps au présent
va va la poussière
et la joie ont goût de sang
 
va va petit homme
le sang ne te fait pas peur
va va p'tit bonhomme
les yeux s'ouvrent avec des pleurs
va va cette échelle
que tu lances avec ton coeur
va va vers la belle
elle attend et toute en fleurs
 
crie crie tes blasphèmes
il en est de bien plus grands
dis dis ton poème
il a touché des enfants
va va si tu sèmes
des graines se perdent au vent
va va le problème
c'est de tenir vie au vent
 
oui oui cette époque
n'est pas faite pour les gueux
oui oui on se moque
des sincères et des fougueux
oui oui ta folie
serpent qui se mord la queue
oui oui c'est la scie
le rabot le clou hideux
 
non non c'est ta faute
ce sont tes péchés passés
dont tu paies la note
c'est le pus du coeur blessé
non non cette chute
cette boue dans le fossé
oui oui c'est la lutte
Jacob et l'Ange enlacés
 
prie prie c'est la terre
qui hurle dans ce combat
ta petite terre
le mystère de tes pas
si la loi du Père
c'est l'Amour il s'en viendra
ce rai de lumière
et la paix au creux des bras
 
ô terre nouvelle
je t'appelle avec mon chant
je sais les ficelles
de ce métier trébuchant
la libre hirondelle
et les crocs des chiens méchants
mépris la poubelle
quand ta force va clochant
 
va va de ta plume
fais la course avec la mort
le marteau l'enclume
eh bien c'est du rythme encor
ici sur la scène
tu es un marin au port
dans deux heures à peine
brillera l'horizon d'or
 
va va petit homme
l'enfance au bout a raison
la folle innocence
c'est de perdre ses raisons
va va ton affaire
c'est tirer la langue aux grands
leur montrer misère
et de relever le gant
 
oh oui la bataille
oui c'est le fer et le feu
la franche pagaille
de l'Esprit dans les cheveux
brillez feux de paille
montrez vos lueurs aux cieux
poussez la marmaille
des lamentations vers Dieu
 
Tremblez pauvres riches
et vos tricheries de sous
vos femmes caniches
la chaîne de leurs dessous
pleurez pauvres Pauvres
vous êtes des rats d'égouts
la lumière des Pauvres
elle n'a plus l'Etoile au bout
 
vienne l'Evangile
celui de ces temps nouveaux
Poésie vigile
monte la garde bien haut
soufflez la tempête
et claque panache blanc
et bleu de la fête
des athlètes au coeur battant
 
tais-toi c'est le souk
tu déboussoles au fou
on attend le look
d'un bel artiste coucou
tout ça sent la merde
vous mettrai le nez dessus
la gerbe superbe
dans la boue elle fut conçue
 
tais-toi ma colère
tu fais le mal en ce cri
la haine vipère
elle te guette en ce pari
croulez les murailles
des fleurs au goudron des rues
pourquoi tant me fouaille
votre impossible venue?
 
Va va le voyage
hisse la voile inconnue
un chant de courage
une éclaircie dans la nue
va va petit homme
la belle est là elle est nue
elle te tend sa pomme
ta chanson est reconnue
 
va va le voyage
hisse la voile inconnue
un chant de courage
une éclaircie dans la nue
va va petit homme
l'Amour t'a pris tu es nu
va va p'tit bonhomme
à ta source on aura bu

 

14-Paroles célestes (Guilhem Gottardi)
 
Ils dépassent l'entendement
Les mots que tu entends (dits par Dieu ?)
Ils sont une source éphémère
Roulant ses galets merveilleux
Ils ont accès à l'impossible
À l'essentiel et au secret
Ils tremblent de liberté vive
Comme cerise au mois de mai
 
Ils accompagnent ton chemin
Légers comme pattes d'oiseaux
Ou comme plume dans ta main
Pansant tes douleurs et tes maux
Ils sont le garant de tes rêves
Parmi tant de bastions tombés
Ils sont le sable ils sont la grève
Les empreintes à tes côtés
 
Ils sont le parfum des poètes
L'étincelle dedans leurs yeux
Des bulles d'air dedans leur tête
Qui éclatent en mille feux
Ils sont si purs et si fragiles
Si doux si puissants à la fois
Ils disent le vrai l'indicible
Le vin noir qui nourrit ta foi
 
Et au dernier soir de ta vie
Quand tout pour toi s'envolera
Tu les verras l'âme ravie
Jouer glisser entre tes doigts
Disant les choses éternelles
Qui dans ton cœur et pour toujours
Résonneront comme un appel
De grives à la pointe du jour

 

15-A part une prière
 
À part une prière
au ciel un graffiti
comment déposer pierre
utile à l'appentis
à l'établi de l'homme
au monde de demain
je suis en mon automne
et je n'ai que mes mains
je suis en mon automne
et je n'ai que mes mains
 
Point de trou dans les paumes
et ni or ni diamant
que du cal de bonhomme
scribe clerc artisan
et paysan poète
chansonnier à ses heures
un genre analphabète
qui sait Rimbaud par cœur
un genre analphabète
qui sait Rimbaud par cœur
 
Si j'avais le message
la formule à la craie
qui change un paysage
d'un seul coup d'un seul trait
je la crierais féroce
oui même dans le feu
ce sont rêves de gosse
et bientôt je suis vieux
ce sont rêves de gosse
et bientôt je suis vieux
 
J'ai tant aimé écrire
oui flotter sur les mots
les mâcher et les dire
pour appeler l'écho
pour enchanter mes frères
mes femmes et tous ceux-là
me ressemblant sur terre
et ceux de l'au-delà
me ressemblant sur terre
et ceux de l'au-delà
 
la chanson ne s'achève
non jamais ici-bas
c'est un refrain sans trêve
il accomplit les pas
que font dans le silence
ses amoureux studieux
que tout finisse en danse
et qu' Il s'en vienne Dieu
que tout finisse en danse
et qu'il s'en vienne...
 
Dieu que la route est jolie
avec le chant et ce qu'il fait
les bobines réjouies
et la fontaine des larmes
en secret

     ___

Voilà. Vous avez les paroles. Si vous voulez entendre ce que cela donnera avec la mélodie, la voix et les arrangements... ben...
 
                          SOUSCRIVEZ !!!!!!!!!!!!

Bien à vous. 
 
Pace e salute.
 
Fin janvier 2010

                                           

 

 

__________

 

EDITO de Noël 2009

 

A TOUTES ET TOUS
QUE LA JOIE ET LA PAIX DE NOËL
VIENNENT ET DEMEURENT EN NOS MAISONS
POUR TOUTE L'ANNEE QUI VIENT...

...ET QUE VIVE LA POESIE BELLE ET BONNE !

AVEC MES AMITIES

                                                   


PRIERE POUR ALLER EN PARADIS AVEC LES ÂNES

Lorsqu' il faudra aller vers Vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller,
comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui,
d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups
et les abeilles...
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
Que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits
pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivis de ceux qui portèrent au flanc
des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas
cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en rond.

Mon Dieu faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous
conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent
des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur Vos divines eaux je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.

*Francis Jammes*

_____

 


Bonjour

Je voudrais vous parler d'un ami musicien et chanteur, Michel Melchionne.

Si vous connaissez mes albums, il est toujours présent, à la guitare solo ou accompagnement parfois. Guitariste d'instinct hors-pair, je l'ai rencontré aux tout débuts de ma carrière. Il avait à ce moment là un grand succès grâce à son «tube» de l'époque (que tous les enfants de
Provence ont chanté au moins une fois) . C'était en 1975...

« /Je suis un pantin qu'on a maltraité./..
(et le refrain inoubliable qu'il faut avoir entendu repris par mille voix:)
«/ Tendez-moi la main tendez-moi la main vous verrez je ne prends pas beaucoup de place dans l'armoire à glace »./

Si vous voulez le mieux connaître, faîtes sur my space : michelmelchionne etc....magie d'Internet !!!

Dès notre rencontre, l'amitié s'est glissée entre nous et demeure toujours vive, plus de 34ans déjà.

Je me permets de vous faire part de son tout nouvel enregistrement et de la souscription qui va avec, car je sais que cet album est un petit bijou et qu'il ravira les amoureux de bonnes chansons.

voir la souscription

Le 2 décembre 2009

                                          

_________

 

 

EDITO de novembre 2009

 
LA FRANCE


Ah! quelle vie! quelle fraîcheur, quelle gaieté!
La France court les bois et court sous les pommiers.

Hé! Dieu! quelle souplesse et quelle agilité!
La France court les airs et court les pigeonniers.

Quelle fougue de voir, quel désir de monter!
La France court le Ciel, est-ce un paradisier?

Quelle joie de sonder l'abîme et d'exister!
De tout l'esprit du Monde elle est seule hantée;

Quelle âme, quel amour, quel feu, quelle clarté!
La France court l'espace et court l'éternité.

Paul Fort dans « l'Alouette » (1917)

J'ai mis en musique en 1989 ce poème du petit cheval de la poésie Française.

Que n'ai-je entendu ou sous-entendu à cause de lui après concert !
Grotesque, chauvin, facho , provocant, d'autres, très satisfaits car pensant que je tournais en dérision ce nom, cette entité, la France, et riant sous cape, complices soit-disant!

Jamais je n'ai rencontré quelqu'un me dire son admiration pour cette déclaration d'amour de Paul Fort à son pays en plein coeur du combat monstrueux d'alors.

Si j'ai cessé de le chanter sur scène, c'est parce qu' accompagnée à l'époque par Nadine Estève au piano, celle-ci interprétait un solo tellement éblouissant avant le final et que sans elle et son piano, ma chanson devenait moins brillante à mes oreilles, seul à la guitare. Et puis l'incompréhension pèse aussi à force quand on désire faire partager ses élans et non choquer ou ricaner. Se faire accuser de collusion avec le front national quand on a son Paul Fort ou son Cadou dans sa poche n'est pas si facile à vivre que ça, croyez-moi.

Mais je reste fidèle et plus qu' attaché à ce texte dont je partage en coeur et en esprit chaque vers.

Pour expliquer ceci, peut-être cela :

Natif d'Algérie, j'y ai vécu jusqu'à mes 15 ans. D'une mère née en Algérie en 1925 et d'un papa né en Corse en 1922, envoyé près d'Oran pour ses 20 ans, cadeau de la guerre. Deux terres « françaises » à des centaines de kilomètres de la mère-patrie. Ils ne mirent le pied pour la première fois sur la vraie terre de France, à Marseille, qu'en 1946 pour leur voyage de noces .

Comme eux et comme beaucoup d'êtres natifs d'outre-métropole comme moi, la France fut la « princesse lointaine », la reine du monde, la lumière des nations, le lieu de l'intelligence et de la liberté, la mère aimante, plus qu'une réalité, un mythe. Et à la lumière de mon enfance, elle le demeure car j'ai été éduqué dans ce regard jaloux et quasi amoureux de ce nom, cette entité, cette nation, ce pays, la France.

En cette période d'interrogation sur notre identité nationale, je voulais apporter cette précision quant à mon cas particulier dans le petit pays des poètes-chanteurs « françoués » d'aujourd'hui.

Car un mot, un seul, le plus grand, le plus fort, le plus fou, résume pour moi le plan de la Grande Histoire pour la France:

AMOUR.

« L'amour c'est l'histoire de la France. ». Non histoire en tant que récit des évènements du passé, mais histoire en tant qu'aventure vivante d'hier, aujourd'hui et demain, mon histoire, notre histoire.

Je reprends Cadou et son « Usage interne » de poète si justement « français » ( écrit vers 1950)

/*« Les poètes engagés de ces dernières années le sont en vertu d'opinions politiques ou religieuses. Pour moi tout engagement ne vaut, et c'est une banalité, que vis-à-vis de soi-même et dans la vie »*/

/*« Je ne conçois de poésie engagée qu' envers soi-même. C'est en cela qu'elle est délivrance, ou promesse de délivrance. C'est en cela qu'elle est un bien »*/

/*« Je ne suis seul que dans mon amour et c'est cet amour qui donne la force aventureuse de me situer sans cesse en avant de moi, sur ce terrain découvert où rien ne m'échappe, où je n'échappe à aucune balle. »*/

Tout ce poème de Paul Fort me semble répondre à ces observations. Il n'est ni de gauche, ni de droite, il chante d'amour comme un rossignol dans la nuit une chanson que chacun entend au plus profond de son âme, il élève à la noblesse d'homme qui sait qu'il n'est pas libre par hasard, mais par le sang, la sueur, l'effort et la tendresse de ceux qui l'ont précédé, il remercie pour la grâce d'exister dans ce que son devoir d'homme lui demande de bâtir, le bien, le bon, le beau.

C'est un poème littéralement, intrinsèquement, véritablement « engagé », ( Pourtant écrit en 1917 à l'heure où dans les rangs français on appréhendait de plus en plus la défaite.) et si je comprends qu'il puisse aujourd'hui en choquer certains par son absolu et inconditionnel hommage à la mère-patrie alors en danger, il n'en demeure pas moins pour moi comme un arc-en-ciel dans ce mystère de mon identité aux milieu de mes frères humains, et spécialement français comme moi.

Car citoyen du monde ne signifie absolument rien pour moi, c'est une vue de l'esprit, un vœu pieux.

Le monde n'est pas un état aux dernières nouvelles, avec des lois, une justice, une organisation politique ou économique ou des impôts valables pour tous et en tous lieux. Ca fait peut être très bon chic bon genre mais cela ne correspond à aucune réalité.

Je suis français par le hasard de mes descendances et je porte cette filiation comme un cadeau et un honneur. Suis-je réac, suis-je engagé en disant cela?

« Je suis comme je suis et vous n'y pourrez rien changer » Jacques Prévert – poète français-

Qui dit « poète engagé » en France aujourd'hui, dit forcément « poète rouge » aux convictions marxistes-lénininistes de tendance pro-chinoise ( … et à bien y regarder madame Michu, tout n'était pas si terrible que ça en Allemagne de l'Est avant la chute du mur...etc...etc..). Cette philosophie politique qui a pourtant chanté la justice, l'égalité, l'univers radieux des camarades, la paix universelle, le triomphe du progrès et tutti-quanti aura , par folie des grandeurs ou par vice dans l'oeuf, (d'où son bilan monstrueux de sang versé et de larmes d'innocents, et qui se poursuit toujours) borné le territoire de l'homme aux limites abstraites du monde entier; une illusion à la Prométhée, un attrape-nigaud tragique. Ce faisant, elle le coupait de sa véritable identité: sa terre, sa table, son pain, son vin, son arbre, sa rue, sa chanson, ses poètes, ses héros, ses saints, avec ses vices et ses vertus, mais pire ( et c'est mon ressenti), elle lui faisait dédaigner peu à peu son propre pays sous couvert du combat contre les profiteurs, au profit du grand rêve d'une internationale des partis communistes des nations. C'est ce qui a pu faire dire à certains observateurs que le grand cadeau que le communisme international a pu légué à notre époque demeure aujourd'hui et pour longtemps le capitalisme à l'américaine ! 

Que de fois ai-je ressenti ce dédain, ce mépris pour ce nom « la France » ou les « français » (pas « les françaises »...sourire), cette haine même dans les paroles à ce sujet de nombre de mes « camarades » petits poètes chanteurs françoués ! Cela me blessait, je ne comprenais pas, cela me blesse toujours et je ne comprends toujours pas. L'impression de voir mes amis cracher sur leur propre mère et en fait sur eux-mêmes.

Changez le nom « la France » dans le poème de Paul Fort par , USA, Russie, Espagne, Ouzbekistan, Nigéria ou Japon et vous jugerez de l'incongruité de la chose. Essayez!!!

Car il y a eu, il y a, et il y aura jusqu'à la fin du temps des nations, une spécificité françouaise qui la distingue de la foultitude des territoires d'ici-bas, c'est ce que chante l'alouette dans le ciel bleu d'été au dessus d'un champ de blé... pour qui entend le français!

Cette chanson figurera dans mon prochain album (en 2010, si la santé et la finance le permettent) et merci Paul Fort!

A part ça, dans 44 ans le même jour, je recevrai mon poids en chocolat à l'hospice des « petits chanteurs à la croix des bois-sans-soif. » Merci aux copains et « à ma kyrielle de copines » comme dit Cadou pour leurs cartes et leurs bons voeux reçus ces jours.

Ultime cadeau d'anniversaire en ce 18 novembre, la France et l'Algérie iront taper le cuir dans les prés verts d'Afrique du Sud au prochain mondial...youpie!!!

Et pour ce qui est de la main de Thierry Henry …

« Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse » Charles Baudelaire - poète français-

Bien à vous tous

Pace e salute

le 18 novembre 2009 

                           

 

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EDITO de rentrée 2009

 

JEANNE D'ARC de JOSEPH DELTEIL


http://www.delteil-forcioli.co.cc/


Le disque est sorti et l'avant-première théâtrale a ouvert la « grande Deltheillerie 2009 de Villar en val. En voici quelques échos.


(CD plage 2, couper cut à 0’44) …( Jeanne vint au monde à cheval sous un chou qui était un chêne...)

Ainsi commence le Jeanne d’Arc de Joseph Delteil (Prix Fémina 1925) tel que Philippe Forcioli vient de l’enregistrer en un double album étonnant, où sa voix aux multiples résonances se mêle à toutes sortes de notes, de sons et de tintinnabulements rassemblés pour lui par Hélène Sage. C’était une entreprise sacrément culottée, à l’image de celle qui avait conduit notre poète-chanteur à « endisquer » superbement il y a quelques années le François d’Assise du même Delteil que l’Académie Charles Cros avait couronné alors de son Grand Prix 1995.

De « l’innocent » de Villar en Val (1894-1978), comme lui grand secoueur de mots, Forcioli est le petit frère. Il chante comme lui « les vieux sentiments, la chair fraîche, l’honneur, le naïf bon sens, la sagesse, le cœur, le ruisseau sur la mousse, le cosmos, le silence, tout ce qui est vierge, naturel, paléolithique »… Il est donc dans la lecture de ce texte comme un poisson dans l’eau. Il ne lit pas tout de l’histoire de la Pucelle, « la grande paysanne de France, pétrie de chair et de Dieu », mais il en exprime la substantifique moelle, avec un enthousiasme caracolant, une tendre ferveur, hardi et gai comme la Jeanne, sur « le grand ton qui vous dilate le crâne, la poitrine et les reins » pour aller, jusque dans le cri, en conteur superbe, exhaler la
pathétique douleur du bûcher.

Ecoutez ce « livre d’amour », ce « Jeanne d’Arc » que les bien-pensants de tous bords excommunièrent en son temps et qui est ici adapté, célébré, magnifié par Philippe Forcioli.

Encore un mot : ces deux CD (2 heures et 13 minutes au total) s’ajoutent aux 9 albums de chansons déjà publiés par Forcioli, une œuvre qui est justement récompensée ce week-end au Festival « Chansons de Parole » de Barjac par le Prix Jacques-Douai que notre auteur-compositeur-interprète partage cette année avec une autre grande servante de la poésie chantée : Hélène Martin. Vive Joseph Delteil ! Et vive Philippe Forcioli, son prophète !

Jacques Bonnadier 23/07/09– Radio Dialogue Marseille.



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Forcioli ou le souffle épris de Jeanne…


(La Grande Deltheillerie, Villar en Val, vendredi 7 août 2009)


Ce soir-là, tout nous destinait à l’orage, lorsque soudain l’orage et son souffle prémonitoire a préféré le souffle de la poésie à celui des tourmentes zébrées de la pluie. Alors, le souffle épique de la destinée humaine a soulevé le couvercle de l’existence, pour y contempler une petite grande âme : cette Jeanne que l’on dit d’Arc.

Le souffle de la poésie sans lequel Delteil ne serait poète, a habité la scène lorsque Magali Arnaud, chaleureusement éprise de ce supplément d’âme qui la rend si sincèrement humaine, nous a présenté quelque part, dans la nuit audoise de Villar en Val, la soirée de son ami le poète et chanteur Philippe Forcioli.

Le souffle épris de Magali a laissé, dans la nuit venteuse de Villar, comme un voile d’éternité qui suspend la tyrannie de l’orage alentour.

La lecture de Jeanne d’Arc par Philippe Forcioli, qui s’est effeuillée dans l’obscurité, au rythme poétique de ces feuilles de papier sur lequel le texte était écrit, cédées à la rapine du vent, correspond à un de ces moments d’éternité rare où le lecteur se vide de lui-même pour se laisser habiter par le plein flot d’une écriture débordante. Tout en apprivoisant le vent, Philippe est parvenu à approcher Jeanne au plus près, avec la sobriété et la juste mesure d’une lecture sans fioritures, servie par une mise en scène admirablement bruitée.

Lorsque la mesquinerie des lichens eut envahi les tribunaux gouvernés par des « Cauchon », alors l’âme innocente de Jeanne retentit à la source de l’innocence delteillienne, ici, à Villar en Val, dans le cœur palpitant, chaud et incombustible des adeptes de Delteil venus de Pieusse, de Grabels ou d’ailleurs…

Puis lorsque le vent s’est mu en feu, par l’insolite mise en scène de l’imprévisible climatique alentour, qui eut sa place ce soir-là dans la mise en scène des hommes, alors ce fut le moment où, un Forcioli présent s’effaça admirablement devant la voix off d’un Forcioli absent, comme pour signifier que le corps n’a plus de place à l’heure de l’épreuve ultime des flammes. Puis, lorsque Phillippe se tut, alors lui succéda la grâce mystique d’une voix dans la nuit de l’Innocence. 

Le silence s’imposa alors, comme un mystère révélé au milieu des bois, retrouvant ici sa conscience de l’origine.

Face à un public nombreux et comblé, la présence finale de Philippe Forcioli, sous la rampe des projecteurs, eut toute la juste humanité simple des grands, qui n’aiment pas les fards. Cet homme déployé dans le texte pendant tout le spectacle vint à la rencontre des spectateurs au bord de la scène, comme en équilibre fugace au bord de Delteil et de lui-même, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Christophe Corp, Grabels, le 8 août 2009.



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Et ce poème reçu ce soir là:


Villar en Val - plein vent les livres de la libraire volante (haïkus)


mouches d'ici
plus gracieuses mais plus collantes
qu'ailleurs

vent violent
pour autant les mouches
s'en accommodent

plein champ -
avant le spectacle, les enceintes
imitent l'orage

guinguette -
bouquet de fleurs sauvages
sur le comptoir

reste de rosée -
j'ai failli la boire
la mouche noyée

mise en scène -
le vent joue son rôle
jusqu'au bout

spectacle en plein air -
deux parapluies noirs
entre leurs chaises

sans le savoir
j'achète un livre
du plus grand poète Norvégien

lecture de "Jeanne" /

/au gré du vent fou
les feuillets s'envolent

applaudissements -
le salut discret
de la femme orchestre /

/par une armée d'ombres
la guinguette
prise d'assauts

lune descendante -
les gendarmes ne peuvent rien
contre mon ivresse

P.Quinta

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Le 27 juillet, c'est d'un coeur heureux que j'ai reçu solennellement le prix Jacques Douai.

Cela se passait à Barjac au cours du festival de chansons qui y a lieu chaque année, sur un petit tréteau sous les platanes devant une centaine de personnes. Nous étions deux lauréats, Hélène Martin et moi-même. Ce prix récompense un artiste qui aura servi la poésie et la chanson dans le souci de l'élévation du public et de l'éducation populaire, valeurs que Jacques Douai a servi toute sa vie. Il y avait entre autres « sommités artistiques ou journalistiques », Jacques Bertin (président du jury), Rémo Garry, Francesca Solleville et Anne Sylvestre qui m'a remis le « diplôme ».


Une vidéo a immortalisé cet instant. J'avoue que j'étais ému. Après le prix Pierre Boulenger en 1986, l'Académie Charles Cros en 1995, c'était la troisième fois que je recevais une couronne de laurier; de plus, le même jour, le journal La Croix consacrait sa dernière page à l'une de mes chansons « des ailes par pitié »... des lauriers, il en faut, juste un peu, trop gâterait la sauce!

http://www.youtube.com/watch?v=ZZ36sfRCZrk


Voilà, le mois d'août se finit aujourd'hui. La rentrée cette semaine...courage les enfants!!!


Pace e salute

 



le 31 août 2009

 

 

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EDITO JUIN 2009


Le poème ça n'est pas moi qui l'écris
Il est enfoui dans vos oreilles
Je traduis je trahis je transcris
A moi la grappe à vous la treille
Qu'on ne l'écoute pas aujourd'hui
si peu m'importe
il est écrit


Ces vers me viennent dans le pays du « Magnifique », Saint Pol Roux, à Camarets, presqu'île de Crozon.

J'ai voulu aller saluer cet artiste hors-norme dans le pays qu'il avait choisi vers la fin des années 1800 et où il repose au bord de l'océan, lui qui venait des bords de la « belle bleue » du quartier Saint Henri à Marseille où il naquit en 1860.
Il est un cas d'exception dans toute la poésie française, d'une modernité absolue et pourtant d'un style si exigeant , si alambiqué parfois, qu'il en demeure rébarbatif pour certains ou trop hermétique pour d'autres, ésotérique, élitiste, etc... Et pourtant Paul Roux ( Saint Pol Roux fut son nom de plume) est un alchimiste du Verbe, un esprit d'une intelligence sans pareille, un poète indispensable, un phare dans la nuit de l'Esprit.
Devant la première chaumière qu'il habita lors de son grand départ pour « son désert » loin de Paris, à Roscanvel, j'ai pris le temps de lire à haute voix, pour le vent, l'océan et les tourterelles, un petit extrait tiré des « Reposoirs de la procession » et où il est question du mois de mai. C'était 31 mai, Pentecôte 2009:

Le Mai
Sous le printanier frimas des haies et des vergers, Roscanvel, village de la promise et du col-bleu a l'aspect d'une marquise à l'époque du vertugadin.
Dame Nature parfinit sa toilette et parachève son ménage.
Les plumeaux du bon Dieu, sous forme d'ailes en voyage, époussètent çà et là; remis à neuf, le grandiose médaillon du soleil s'épanouit à la paroi d'azur, ce pendant que, de branche en branche, le coucou balance sa pendule suisse; et, à voir tant de neige baptismale à l'aubépine, aux pommiers, aux prairies, on dirait que les nuages derniers ont glissé, pompom de poudre de riz, un peu partout, réalisant un fond sur quoi filent, plus noirs, corbeaux et merles.
Il y a de la nativité dans l'espace où les arbres affichent, vers la joie puérile qui passe, des nichons que voileront trop vite les feuilles tendres.
Cela fleure la joliesse et le sourire et la bénédiction.
On devait sabler un air pareil à l'origine du monde alors que, constituée des joues de tous les bébés à venir, la première aurore splendissait... Le monde se renouvelle. Plus de cheveux gris ni de tare aux choses. La sève des renaissances se canalise à l'infini et tout, jusqu'à la lande pitoyable qui se métamorphose en trésoreries, tout s'affirme et s'enjolive, on assiste à l'élaboration des énergies, et c'est une universelle bactériologie d'espoirs divins, vibrations menues dans le juvénile grouillement de la Vie où se perçoit, à la lentille de la foi, en leur incubation, une nuée d'existences futures...
Alors m'étendant sous un chêne dans le proche pré nappé de pâquerettes, boutons-d'or et bouquets de lait, je m'abandonne parmi la salubre caresse de l'heure à l'ineffable émotion qui me viole délicieusement et comme à petits coups subtils métamorphose les ténèbres de mon âme en tendresse de pastel. Mon coeur saute en cabri et je pressens que, si j'ouvre encore un tantinet la bouche, il va s'émanciper hors-moi pour brouter l'espérance nouvelle. Peu à peu, sous le charme agissant des philtres épars, j'amenuise mon orgueil et rapetisse mon individualité comme pour ne pas en effaroucher l'égalitaire symphonie du monde et pour, fondu en atome dans l'incommensurable mosaïque des vitalités, participer à l'universel renouveau.
Non loin, des sources aux frisettes de cresson jacassent vers les cruches... Pluie fine, l'angélus dégouline en les oreilles.
Roscanvel – 1 Mai 1900


Moi je trouve ces quelques lignes d'une force éclatante, jubilatoire et profonde, d'un charme juste, oui un véritable Hymne au printemps, en chair et en âme.

Allez à la rencontre de ce poète. Les éditions Rougerie ont fait un travail extraordinaire pour le maintenir vivant en nos mémoires. Les 3 tomes des « Reposoirs de la procession » sont des livres

à lire et relire et à partager.

En vous renseignant sur lui, vous apprendrez sa fin tragique en 1940 et pourquoi l'essentiel de ses écrits entre 1925 et sa mort sont à jamais perdus. En 1942,Vercors dédiera « Le silence de la mer » à Saint Pol Roux, « poète assassiné ».

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Ces mois de mai et de juin, j'aurai bourlingué entre Corse, Auvergne, Bretagne et Limouxin (ne pas confondre Limoux et Limoges!), pays de Delteil.

La tournée dans l'île avec Jacques Bertin demeure gravée dans mon coeur. De beaux moments, de belles rencontres et la fierté d'accomplir tous les deux un bien beau métier, humble et généreux.

Les amis de Calvi, de Prunelli et de Bastia nous ont reçus comme des princes, merci à eux.

Si vous voulez goûter quelques instants de notre virée:

http://www.dailymotion.com/user/laurentbillard/video/x9bagt_forcioli-a-calvi_music

http://www.dailymotion.com/user/laurentbillard/video/x9azpc_bertin-chante-tino-rossi_music

http://www.dailymotion.com/user/laurentbillard/video/x9azut_bertin-a-calvi_music

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L'Auvergne avec la petite bande « d'àpiedsouslecielistes » fut un émerveillement pour les yeux. Quel pays doux sous le soleil de printemps! Et ces volcans endormis, véritables amphithéâtres naturels ! Une belle ambiance, des rires tout le temps, des chansons et même des larmes à l'instant du départ... Et là aussi un accueil formidable, merci Michel, Marc et Maryse. Votre gîte porte bien son nom; « Le Soleil » ! Pour en savoir plus:

http://3-2-1-chansons.wifeo.com/a-pied-sous-le-ciel-en-chansons.php

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La « Jeanne d'Arc » est enfin sortie. Vous pouvez vous la procurer à mon adresse. Je la présenterai en avant-première lors de la « Grande Deltheillerie » à Villar en Val le 07/08. Voici quelques échos reçus de souscripteurs fidèles :

J'ai bien reçu les CD Jeanne d'arc. J'ai écouté aujourd'hui. Surpris quelques secondes, je me suis retrouvé totalement immergé  dans cette épopée intense, tragique et magnifique, colorée, tellement vivante, ancrée dans la terre et la vie de l'humanité, je peux dire que j'ai vibré et que j'en ai été remué, que c'est beau un texte dit ainsi, de tout votre être, que c'est beau de concevoir et de réaliser cette création (avec un hymne à la liberté) pour faire partager ce poète dont je ne connaissais pas l'existence et qui est quelque peu difficile à trouver. Oui vous êtes un formidable diseur, généreux, oui les mots, vous vous en êtes si imprégnés qu'ils jaillissent avec une puissance d'émotion et de vie qui transporte ! Je le pense sincèrement et simplement je vous dis un merci enthousiaste,

et en route pour faire partager !
J-L

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Voulais juste te dire aussi un mot, de Jeanne : Jeanne, ta Jeanne. Ah c’est bien toi ! c’est bien Delteil ! c’est bien elle : elle emplit la maison. Forte, sûre d’elle. Le grain de sa vie, de sa voix, des mots delteilhiens résonnent au cœur et à l’oreille. Une force inouïe, voilà ce que j’ai entendu de ton œuvre. Pas écoutée, encore, comme je te le disais. Mais j’ai savouré la présence; "volume" de vie entièrement occupé par elle, par son sein généreux et « blanc ». Comme immaculé, du lait dans toutes les pièces. Abondant. Oui, voilà le mot : « abondant ». Fort. 
Pour l’instant je ne puis t’en dire plus, mais je savoure déjà l’histoire, renouvelée, à découvrir ; la beauté des mots épris de
liberté, devenus fous d’un si grand « affranchissement », cavalant sans bride ni maître, emballés d’une poitrine folle éclatant d’amour anarchique, pur ; une poitrine d’enfant explosant du poids de joie, de la joie d’un homme ivre. Ces mots de livre qui ont retrouvé leur ivresse première dans une autre poitrine folle, aimante à la folie, de folie, qui ont retrouvé le grain de vie dans ta voix qui les porte.
Ton cœur s’emballe, lui aussi. Tes mots, débridés, eux aussi. Portés par la musique de la vie. La vie recréée en musique par une artiste «peintre ». Musiciens, poètes, fabricants d’œuvres, je vous admire.
Jeanne est là. Toute là, dans ce boîtier, en son sein troublant. Et vous l’avez créée. Hélène et toi.
Une Sage et un Corse.
Delteil doit jubiler. 
Et les amis qui vont découvrir l’œuvre.
Je t’embrasse.
B.


*********

salut Philippe,
j'ai pris plaisir à écouter l'épopée delteillenne de notre grande pucelle tu as su restituer un rythme, une prosodie, une ferveur, un allant tout à fait dans le ton de cette histoire iconoclaste mais qui était donc cette fille ? de quelle folie était-elle habitée ? nous ne le saurons sûrement jamais, elle restera un mythe fondateur pour une nation en mal de reconstruction et un destin hors du commun voué à toutes les exégèses religieuses ou profanes bravo pour ce travail qui relève du même élan poétique que celui de l'auteur passe un bon été à la revoyure... avec amitié
B.

*********

Et pour conclure cet édito, une lettre reçue après un récital donné à Pieusse où Delteil vécut de ses trois ans à sa majorité, près de Limoux:

"A Pieusse, à une heure plutôt tardive, j’assiste au récital du chanteur et diseur Philippe Forcioli. Un moment de grande émotion où le poète, tantôt jouant guitare, tantôt frappant des mains, salue l’âne, l’oiseau, les mots et son pays natal. La salle du conseil municipal n’est certes pas l’endroit idéal, mais elle sonne et très rapidement tout le monde entre dans l’univers poétique du chanteur qui est aussi un excellent comédien. Le public est conquis par la beauté des textes et leur interprétation. C’est un grand bonhomme me dis-je, pendant que mon voisin lève un pouce satisfait vers un ami. 


il n’a pas oublié
le petit bouquet champêtre
de la fillette

début du concert -
le chanteur allume
une chandelle

proche de celui
de la fauvette
son sifflement

dernières chansons –
dehors un rossignol
lui répond

chanson connue –
la joie sur le visage
de ma fille

P.

Voilà. Je vous souhaite à toutes et tous d'entrer en été comme on plonge en une eau fraîche et pure.

Prenez soin de vous.

Pace e salute

Juin 2009


 

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Édito avril 2009

Bonjour,

Je sais, je sais, le dernier édito remonte à « l'an pèbre » comme on dit à Marseille, mais j'attendais d'annoncer la sortie officielle de ma Jeanne d'Arc pour le faire. Seulement voilà, tout est prêt, l'enregistrement, la pochette, seul manque l'accord de la maison d'édition Grasset qui se fait prier et donc tout est bloqué. Mais que les 125 souscripteurs se rassurent, soit ils recevront le double CD avant le 30/05 soit il seront remboursés (j'espère secrètement, allez savoir pourquoi, qu'ils le recevront avant...). Et que ceux qui n'ont pas souscrit se dépêchent car Grasset risque de me demander bien cher pour ce droit à l'adaptation... merci !

Patience donc! Et bon anniversaire à Joseph (Delteil), né un 20 avril!

Pâques est venu avec son lundi de grâces mystérieuses, le coucou n'a pas encore chanté (n'oubliez pas la pièce de monnaie dans votre poche), tout fleurit et le vert inonde les champs. Avril balbutie ses gammes, l'autre jour en l'espace de quelques heures, neige, grêlons, brume, arc en ciel et soleil. Encore quelque temps et les rossignols lanceront leurs belles louanges au ciel de nuit. Merveilles à venir encore et encore.

Le 10 mai, si la SNCM le veut bien, nous embarquerons pour la Corse, Monsieur Bertin et moi, pour trois concerts, Calvi, Prunelli di Fiumorbu et Bastia. Je connais déjà 9 personnes qui feront elles aussi la traversée pour ne pas manquer cet événement « esstradinaire »! Deux ACI parmi les plus doués de la chanson poétique françouèse réunis sur les mêmes tréteaux et en Corse, oui madame!!!... Bertin, qui n'a pas chanté dans l'île depuis plus de trente ans, s'est attelé à une adaptation en
français d'une chanson de Tino Rossi ! 

Il n'a pas peur celui-ci mais à condition que la susceptibilité corse n'en prenne pas ombrage, il se prépare à un triomphe assuré.

Au fait, une jeune fille m'a trouvé ringard l'autre soir après m'avoir écouté...Nougaro aurait dit « Ring-Art ». Je ne sais pas bien ce que signifie ce mot; désuet, vieux, vieillot, dépassé, suranné, à côté de la plaque, has-been, ou tous ces mots à la fois???

Pourtant je n'avais pas chanté du Tino Rossi moi!

La vie de chansons a ses hauts et ses bas, crise ou pas crise. 27 mars, à Graveson (« Goûtez ceci mon voisin, vous m'en direz des nouvelles...), une soirée du tonnerre grâce à la famille Tivoli et leurs amis. Concert dans le musée du village au milieu des toiles de Monticelli, le peintre que Van Gogh admirait le plus paraît-il, et moi, six jours auparavant, j'avais passé un petit moment à la tombée du jour à Auvers sur Oise au pied des tombes de Vincent et son frère Théo, toujours fleuries. Un concert au chapeau « astronomique », près de la moitié des cent spectateurs ayant royalement laissé 20e dans le chapeau. Une semaine après, Saint Agrève, une pluie glaciale, onze spectateurs et la moitié de la recette à 8e la place pour moi...juste de quoi payer l'hôtel.

10 avril, à Salignac, le village où je vis, soirée fraternelle avec pizza et vin rouge et les Fasano, toujours excellents et complices sur scène, bonheur...une semaine après, MJC d'Arbois, le pays du vin Jaune, et pendant le concert, une bande de jeunes qui viennent dévaliser la salle de gym qui me servait de loge, adieu téléphone portable et autres... Oui, crise ou pas crise, chanter ce que je chante et dans les conditions où je le chante relève du sacerdoce, salles souvent clairsemées, ignorance des «intelligenzia locales » et toujours le sempiternel refrain: « Mais comment se fait-il que l'on ne vous connaisse pas, pourquoi n'essayez-vous pas de passer à la télé... etc... etc... ».

Il faut faire bonne figure, donner sans attendre, ne plus penser à ces heures perdues parfois, espérer l'étincelle des rencontres et s'abandonner à la tendresse des vrais amis qui comprennent tout ça.

Moi quand je serai grand, je ferai sénateur. Paraît qu'on est payé très très correctement et que la cantine du Palais du Luxembourg est pas mal du tout, les vins surtout. Oui sénateur je ferai quand grand je serai. Na!

Au cours d'une belle soirée « chez l'habitant » à La Garde, quelqu'un a tenu à me lire un poème dédié aux poètes et qu'il m'a offert, écrit de sa main (il est calligraphe en plus!). Je l'ai trouvé simple et beau, d'une naïveté fraîche et profonde à la fois, et j'avoue en avoir été profondément ému.

Le poète est un vivant
qui dit avec lenteur
ce qu'il vit avec ardeur
On le traite souvent
de pitre ou de menteur
et même de paresseux

Ces dires sont de ceux 
qui n'ont su savourer
le festin de ses heures
et n'ont pu se plonger
dans l'écoute attentive
du récit de ses yeux

Sa voix n'est pas plaintive
et son verbe est de feu
mais il se crée dans l'ombre
à l'abri des curieux
car il est aussi nu
que la beauté du monde
aussi fragiles que celles
qui ne mentent jamais
ces toutes petites fleurs
que seuls ont contemplé
le grand régent solaire
et sa lune en ses nuits

De la science des nombres
n'en connaît que les pieds
il traîne la savate
et n'aime pas les cravates

Pas de corde à son cou
ni de bagues à ses doigts
il sait parler très doux
et donner de la voix
tout comme un vieux hibou
ou un enfant en joie
sentir pour lui n'est pas saisir
et jouir pour lui c'est offrir

Amant de la beauté
de tout son corps
et dans son être entier
il sait que de tout temps
il fut aimé par elle

C'est son cantique spirituel
son testament sa ritournelle
c'est le dévot le plus fidèle
de notre Dame des hirondelles

Oh! bien plus qu'un rêveur
c'est un grand guérisseur
car ce remède le dépasse
ce baume sur son cœur
qu'offre la poésie
même s'il en garde trace
dessus ses cicatrices
c'est pour mieux le donner
à ceux qui sont en plaies
en lambeaux déchirés
accablés de sévices

Recevant sa parole
celui-là a guéri
c'est un sublime rôle
qu'il n'a jamais appris
il fait entrer le ciel
en son coeur ébloui

Comme une fleur éclose
sa tête épanouie
contemple l'ombre des choses
et n'y voit que clarté

Ni acteur ni même spectateur
il ne joue plus un jeu
il n'est plus le jouet
d'un pauvre petit « je »
il devient co-auteur
du grand drame du monde

Aux astres et à leur ronde
jusqu'à l'humain désastre
il ouvre grand les bras
son être devient vaste
son geste devient danse
il est celui qui sait
comme un genévrier
pénétrer le rocher
des lourdes apparences

Il est le doux semeur
aidant l'âme à s'aimer
avant qu'elle ne se meuve
quand elle se croît fanée

T.Hamy 19/11/08


Quelques informations:

sur les films-vidéo de mon pote Laurent Billard
http://www.lesfilmsdutourbillon.com/


Un site vraiment très beau et mis à jour quotidiennement :
http://www.lenfancedesarbres.blogspot.com/


www.théâtre-et-chansons.com/

à Aix en Provence à leur belle programmation qu'il faut soutenir en y allant.

Avant de conclure, j'ai remarqué que beaucoup de gens et surtout parmi mes amis avait pris la sale habitude à la mode de dire « tchatchao » pour dire salut au lieu de dire « salut, ciao, à la prochaine ou au plaisir de te revoir ». Cette expression « tchatchao » me donne de l'urticaire, autant que le rap, le golf ou le poker à la télé, Jean-Marie Bigard, Ségolène Royale, la musique dans les restaurants, I Muvrini, les 4/4 en ville, la coriandre fraîche, les accrocs à la nourriture bio, et j'en passe!

Allez « tchatchao » à toutes et tous, un sourire et pace e salute.

 

 

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Édito janvier 2009


Bonjour

Voici le texte de la souscription que je lance pour réaliser ce « Jeanne d'Arc de Delteil » dont j'ai parlé dans les précédents éditos. Radio France n'a pas donné suite à ma demande (compression de budget, etc...) mais puisque le travail est pratiquement bouclé ( reste le mixage en studio puis pochette et pressage), je le produirai moi-même en espérant que l'ouvrage recevra votre soutien.
C'est ainsi, la vie d'artiste libre demande de l'audace ...et un public fidèle.

Le Théâtre de Foix nous a proposé à Hélène Sage et à moi de présenter notre adaptation en lecture sur scène. Elle sera présentée en avant-première lors de la « Grande Deltheillerie » ce 8 août à Villar en Val. D'autres engagements sont prévus. 
 
Vous pouvez consulter ce dossier en allant sur :

http://www.delteil-forcioli.co.cc/

Si vous connaissez des lieux qui seraient intéressés par ce spectacle, merci de les informer en leur indiquant le site. Sait-on jamais?

Une autre grande nouvelle pour moi. Une petite tournée en mon île avec Jacques Bertin.

Tous les deux à la guitare, le 14 /05 à Calvi, le 15/05 à Ghisonaccia, le 16 /05 à Bastia. Je prépare cette virée depuis cet été avec mon ami Laurent Billard et j'ai hâte de montrer quelques beaux lieux de ma Corse à l'ami Bertin ( mon chanteur préféré!). Ce sera le mois de mai, le mois le plus beau et qui sait, quelques « afficionados » du continent traverseront la grande bleue pour nous écouter!
Et si Bertin nous chante un Tino Rossi de derrière les fagots... triomphe assuré!

Laurent Billard en 2000 a réalisé un documentaire pour FR3 sur l'âne et où votre serviteur interprète «Louange à l'âne » et s'entretient de ce noble animal à Marseille chez Hassan au bar des Maraîchers place de la Plaine. ( disponible en vidéo en écrivant à Laurent : ventudimare.girolata@club-internet.fr )
Pour ceux qui connaissent J.C Izzo et sa trilogie policière, le bar des Maraîchers est un lieu du bouquin et son patron aux célèbres moustaches aussi. L'ami Serge y avait reproduit sur le mur du fond « la Cène » de Léonard de Vinci et j'y figurais avec Hakim Hammadouche. Le bar des Maraîchers, le seul bistro de Marseille où l'on entendait exclusivement que du Férré, Brassens, Brel ...et Forcioli.
C'est entre Noël et le jour de l'an qu' Hakim m'a appris la triste nouvelle. Hassan est parti au paradis des kabyles. Cancer du poumon. Grande tristesse. Je les aimais bien, lui et son épouse, Leïla, et eux aussi me témoignaient régulièrement de leur affection.

Avant de vous quitter le texte de ma dernière chanson en date:

LE MYSTERE DEMEURE

et la terre la lune
étoiles firmament
et la roue des fortunes
et les trous du néant
comètes astéroïdes
toute la voie lactée
les planètes le vide
et le ciel constellé
c'est beau c'est grand c'est fou
c'est incompréhensible
on est planté là sans savoir pourquoi
et puis toc! un jour on meurt
le mystère demeure
océans insondables
et volcans endormis
tous les déserts de sable
les milliards de fourmis
les saumons les anguilles
les oiseaux migrateurs
nos cousins les gorilles
le calice des fleurs

(refrain)

et nous les pauvres hommes
du bébé au vieillard
et tous les chromosomes
nécessité hasard
toutes nos existences
la vie cette inconnue
le malheur ou la chance
d'avoir un jour vécu

(refrain)
le malheur ou la chance
de prolonger debout
l'humanité la danse
flou dans ce monde flou
et jamais de réponses
aux pourquoi de ce jeu
des roses et des ronces
le diable et le Bon Dieu
c'est beau c'est grand c'est fou c'est incompréhensible
on est planté là sans savoir pourquoi
et puis toc! un jour on pleure
le mystère nous effleure...
...c'est d'une larme que vint la vie
la joie le drame
à l'infini

Bien à tous
Pace e salute

                                      
 
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Noël 2008

Hé dites-oh, c'est-y pas l'temps d'un édito, un temps à édito?


Il a neigé durant trois jours par épisode, puis gelé et cette nuit, tempête de vent et de pluie... voitures bloquées, routes fermées... ah c'est beau la neige ! Les enfants s'en sont donné à cœur  joie bien sûr, pas d'école, luge toute la journée... ne pensent qu'à s'amuser ces inconscients, mais tous les autres !

Le premier qui fredonne « vive l'hiver... », je le mords, d'autant plus que nous ne sommes pas encore en hiver ! Ah ça promet ! Les marchands de ski, de bonnets, d'arnica, de plâtre et de moufles se frottent les mains, « faut bien qu'ces gens bouffent » comme dit la chanson. C'est la crise entend-on partout, mais on n'a jamais autant vendu de sapins et de guirlandes de Noël remarquent les statisticiens de la consommation, et les psychologues de la société d'en conclure que c'est bien une preuve de l'effondrement du pouvoir d'achat que ce mouvement vers des produits à caractère festif familial (sic!).

En l'espace de cinquante ans, nous serons passés d'une orange, au soir de la Nativité, à l'écran plat pour télé plate, la vente de téléphone portable pour les moins de douze ans crèvera le plafond cette année, et le foie gras est devenu aussi banal qu'une soupe aux poireaux, oui c'est la crise, la crise de foi.

Le père Noël en manteau rouge et sa hotte aux millions de joujoux aura réussi à détrôner le petit Jésus, Marie, Joseph, le bœuf et l'âne jusque dans les calendriers de l'Avent pour les petits, bravo Coca-Cola !
Il fut un temps de ma jeunesse épique où j'avais choisi avec une bergère de mon cœur de jeûner cette nuit-là, dans le cabanon sans eau et sans électricité où nous vivions et où j'ai écrit de belles pages de mon chant (Vive l'hiver... entre autres). Nous étions restés longtemps dans la nuit claire à écouter le bruissement des ailes des anges qui s'affairaient à ce que la terre entière résonne du Mystère simple et fou de l'Enfant-Dieu. Mon cœur a vieilli, je me souviens mais je n'entends plus rien. J'ai gardé la foi comme un vieux chapeau d'arrière-grand-père qu'on porte parfois pour se souvenir que l'on vient de quelque part et que forcément on marche aussi vers un port et qu'on nous y attend...

Je suis convaincu aujourd'hui que la confusion des genres à propos de Noël, fête de l'Enfant-Dieu et non de nos enfants-rois, une fête de la Lumière et non des illuminations, ne mène que vers le désenchantement, une ligne de fracture tragique pour notre pays et son peuple, l'origine et le nœud de la perversion du cœur, la faute contre l'Esprit. Les riches pavanent, les pauvres bavent et se précipitent par millions sur les miettes. A trop consommer on ne goûte plus rien et il n'est pire ingrat que l'enfant gâté. Je le dis pour moi, je le dis pour d'autres.

Il reste la parabole de l'enfant prodigue, au propre comme au figuré, c'est vers elle qu'ira ma prière cette nuit Sainte, pour moi et d'autres. Nuit de paix et de réconciliation autour de l'Amour, roi du monde. Est-ce que les amis fâchés à mort oseront se parler, les amants d'hier reconnaîtront-ils qu'ils ont cru toucher le ciel ensemble ? Cadeaux sans prix que je nous souhaite pour aller plus légers à l'an qui vient.

Le 8 novembre, à la Penne-sur-Huveaune, plus de trois cents personnes avaient répondu présent au spectacle que je proposais entouré de M. Melchionne, J. Duino, les Fasano, A. Testard, M. Neal et son fils Tom. Il n'y manquait que M. Barelier... Plus de quatre heures de chansons, une belle émotion pour beaucoup je crois. Merci à l'ami Nicoli de m'avoir offert cette belle scène et merci à celles et ceux d'Aubagne, Roquevaire, Aix, Rougiers, Port de Bouc, Marseille, Béziers, Digne et autres, qui ont choisi de nous entendre ce soir-là. Beaucoup de gens me disent qu'il faudrait tourner ce spectacle sur la région... Si ça ne tenait qu'à moi ! Déjà qu'il est difficile de chanter, seul, sans sono ni lumière, pour plus de cinquante personnes, alors un plateau de plus de six artistes, dix micro, etc. Mais nous sommes prêts à considérer toutes propositions sérieuses avec la plus grande attention ... of course... je plaisante, je plaisante...

Une belle virée fin novembre entre Niort et Saintes, dans les Charentes et le marais poitevin. Public enthousiaste et chaleureux à Coulon grâce à Myriam Patarin et à l'équipe de l'ex-Raton-Laveur pour ceux qui se souviennent de ce lieu formidable, à Doix, chez Danièle Baudry qui a fait de sa salle de séjour un vrai petit théâtre, bondé ce soir-là et une scène ouverte après spectacle qui fut un vrai régal avec Hélène Maurice entre autres, chanteuse québécoise à la gouaille et à la bouille des plus réjouissantes. Ensemble nous avons interprété un Moi mes souliers du roi Félix pas piqué des vers ! Et puis un moment merveilleux passé au Chat Bleu, dans un petit hameau perdu, près de Saint-Jean-d'Angely, un lieu hors du temps, une petite école à la Cadou avec sa courette et sa salle de classe transformée en petit théâtre de poche, lumières et tout et tout. Oui, un moment serein et de grâce pour moi et beaucoup d'amitié simple entre tous. J'espère y retourner une autre fois, qui sait, en espérant voir ce petit pays sous le soleil car la pluie y fit des claquettes deux jours durant.

J'ai profité de mes trois jours de congé avant Paris pour aller saluer l'océan à Noirmoutier. Déchaîné, sombre et gris et vert et le vent faisant claquer les pans du manteau. Un petit tour à Nantes saluer l'ami Yves, l'ami Bernard, l'ami Grégoire et sa petite dame qui attend des jumeaux pour le début d'année, un vrai Noël pour eux, et en route pour la capitale.

Mon Paris est plus petit qu'un village. Le quartier des Halles au pied de Saint Eustache où l'on m'accueille à chaque tournée et un petit bout de la rue de Tolbiac dans le XIIIe et ses chinoiseries à deux pas du Forum Léo Ferré où j'ai chanté deux soirs, deux moments de réel plaisir au milieu de cette équipe de bénévoles et d'un public comme on n’en rencontre que rarement.

Rarement aussi vu autant de mendiants de tous genres que cette fois-ci. C'est à Paris je pense que le clivage « très riches-très pauvres » se ressent le plus manifestement. Le Parisien est habitué mais le passant comme moi ne s'y fait pas et toutes les beautés de la Ville-lumière n'y suffisent pas même en vidant ses poches à chaque trottoir. Jehan Rictus et ses Soliloques du pauvre semblent plus que d'actualité, ils ont plus d'un siècle pourtant.

Puis de nouveau la route pour Grenoble et le café des Arts car nous nous sommes promis que je viendrais chanter chaque dernier samedi d'avant Noël, et ce jusqu'en 2099 ! Un beau concert le samedi 20, vraiment. Mon Petit Roi était heureux d'être à nouveau montré sur scène car c'est la période où j'accepte de le jouer (du premier dimanche de l'Avent jusqu'à l'Epiphanie), un peu comme un santon qu'on sort de sa boîte à coton pour la crèche. Ce conte, c'est ma crèche à moi, que j'installe pour les autres et pour moi, et c'est chaque fois un beau voyage. Inspiré des pastorales de Provence (la plus belle restant pour moi celle d'Yvan Audouard), ce conte laisse toujours un parfum de ce Merveilleux qui marche avec nous vers la plus longue nuit de l'année.

Un livre qu'il faut lire en cette période, Au nom de la mère d'Erri de Luca (Gallimard), une vraie petite merveille aussi.

Voilà, l'ami Jean-Claude Alérini qui se charge de mon site depuis Lyon m'indique qu'on peut me trouver sur
http://www.myspace.com/philippeforcioli .


Moi je vous salue et vous souris et je vous dis « bon bout d'an » et que la paix de Noël vous fasse briller les yeux.

Pace e salute

Décembre 2008

 

 

 

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Editautomne 2008


« Il y a trois automnes. L'automne de l'éclat, l'automne de la dépouille et l'automne du silence. » (Joseph Delteil).

L'éclat est passé, voici la dépouille automnale. Il fait nuit dès cinq heures du soir, ciel gris et bas, tous les pas font splotch splotch sur le chemin glissant et la fumée de mon poêle s'élève frileusement dans le ciel mouillé. A l'intérieur il fait bon et chaud alors je profite de ce temps pour écrire mon édito, suite aux remontrances amicales.

J'aurai marché avec Delteil en Corbières et dans l'Ain, François d'Assise à la main pour deux groupes bien différents et revécu le même bouleversement à lire à haute voix la vie du grand saint sous les arbres.

La Jeanne d'Arc du même auteur est pratiquement réalisée, seul manque l'accord final de Radio France pour la production, réponse le 15 novembre.

France Musique , au cours d'une émission sur François d'Assise (dont la fête est le 4) le 12 octobre a diffusé mon « Ode à François » extrait d'Homme de boue et des passages de mon adaptation de Delteil. J'étais fier de figurer entre Rostropovitch et Listz.

« Chauves, lisez Delteil et vos cheveux repousseront » écrivait un critique en 1925: pour ma part, la chimio finie et les centaines de pages delteillennes lues depuis ont fait repoussé ma tignasse et ma barbe tel un ours au printemps. La forme est revenue et tous mes concerts furent assez beaux spécialement ceux donnés avec B.Abeille à Chabeuil et dans la jolie salle de l'Escargot en Ardèche avec un Dominique Pardo et sa belle voix dans un grand jour..

C'est un 20 octobre 1977 que nous avons joué pour la première fois en public à Marseille, Bernard et moi, 31 ans.../pourvu que ça dure encore 31 ans au moins/...!

Une belle soirée à Delémont dans le Jura suisse après un détour chez l'ami Bülher Michel qui sera à Venelles, près d'Aix en Provence le 15 novembre, et la visite du musée des Automates (boîtes à musique, orphéon, orgue de barbarie,etc...) dans son village de Sainte Croix qui s'était fait une spécialité de cette industrie musicale. De belles curiosités et des pièces de grande valeur d'or et de nacre.

Nous nous sommes amusée à passer clandestinement la frontière par la forêt car son village n'est qu'à 2 km de la France.

Ballade maquisarde de deux maquisards de la chanson, ni vu ni connu.

C'est un 29 octobre que Brassens s'en est allé au grand jardin, mon papa un 19 octobre. Cette année Myriam, Bernard, Roger et d'autres et ce mois-ci, Mylène le petit clown de Rousset et Françoise la bretonne aux yeux d'océan ... Comme un grand arbre se dépouille, paisiblement, tragiquement, les amis s'en vont.

Je les serre en pensée dans mes bras ce soir, il fait bon et chaud près du poêle.

«  C'est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants... »
/(Pensées des morts- Lamartine)/

L'Eglise dans sa grande sagesse a fait du 2 novembre le jour des défunts mais du 1er le jour des vivants, les saints, les saintes, tous saints, tous saintes, et quand je pense à vous ô mes chers envolés dans l'au-delà, je dis sainte Myriam, sainte Mylène, sainte Françoise et tous mes autres en-allés et je souris des rires joyeux du temps de nos partages.

Octobre s'achève ici sous la pluie, un temps de la Toussaint comme chaque année.

Il faut bien des larmes à l'automne pour que refleurisse le printemps, non?

Dans cet espoir.

Bien à vous tous.
Le 31 octobre 2008

                                   

 

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Edito septembre 2008
 
 
Le 08/08/08 est passé. En route pour le 09/09/09. En route pour l'avenir, pour l'à venir, et qu'il soit radieux pour tous en une avenante avenue si possible. C'est mon avis, ave à la vie!

Deux moments forts pour moi cet été. La Corse en juillet et la Deltheillerie à Villar en Val en août. Beauté, ballades, la mer, les rivières, amitié douce, chansons, fous-rires... de vraies vacances.
J'ai galopé comme un lapin jusqu'au sommet de l'Incudine, sommet de la Corse du sud (2130m), avec la troupe d'« à pied sous le ciel », cueilli des oursins à Girolata, dormi dans sa tour génoise dominant la baie grâce aux amis de là-bas, Laurent, Marine et leur bande, un petit concert sous la tente marocaine sur la plage, une nuit d'étoiles éclatantes, Girolata, petit paradis.

Cette Deltheillerie 2008 fut la plus douce jamais vécue pour moi jusqu'à cette année. Toute l'équipe heureuse de se retrouver autour de notre présidente, Magali et oeuvrant dans le même sens; accueillir et faire connaître et aimer ce petit bout de monde et son illustre natif, Joseph Delteil. En prime cette année, la présence de Jean-Marie Drot qui réalisa ce « Vive Joseph Delteil prophète de l'an 2000 » grâce à qui je découvris en 1972 par la télé cet écrivain hors-norme. Ces trois jours auprès de ce bonhomme impressionnant d'intelligence, de culture et de bonté virile fut un enchantement pour toute l'équipe. Il reviendra l'an prochain, il l'a promis.
Là aussi, des chansons, des fous-rires et des gens heureux dans cette magnifique « guinguette éphémère », petite innovation saluée par tout le monde: un comptoir, des tables et des chaises sous les canisses, un lieu de rencontres, ça manquait. Nous étions une petite vingtaine dans l'équipe et chacun dans sa partie, accueil, cuisine, service guinguette, technique, manutention, animation fut plus qu'à la hauteur de la tache. 
Quand j'étais petit on nous faisait chanter : «  Ensemble notre devise est dans ces mots, ensemble tout semble plus beau ! He bien, c'est vrai.

J'ai rendez-vous avec Delteil et sa Jeanne d'Arc début septembre à Paris, Maison de la Radio, pour savoir si oui ou non radio France produira mon adaptation et quand. Je croise les doigts.

Une belle surprise aussi pour moi cet été, tenir en main la réédition de « Routes de feuilles ». Aussi beau que l'original! Pour ceux que ça intéresse, voir le bon de commande.

Ce 1er septembre débute le ramadan pour tous les musulmans du monde. Souvenirs de ce temps de fête à Oran, ma ville natale, les pyramides de gâteaux au miel, l'odeur du mouton grillé, la fête et la joie le soir, la musique, les youyous... Fasse que Dieu, Allah en l'occurrence, retienne le bras de ceux qui s'imaginent qu'en se faisant péter la cervelle et le maximum d'infidèles avec (les innocents, Allah les consolera) pendant cette période, leur assurera de plus grandes récompenses au paradis qu'en temps normal; un genre de mois promotionnel quoi !
Mais quel esprit tordu et diabolique a pu s'insinuer dans cette religion pour faire croire de telles monstruosités  à de pauvres bougres et leur faire confondre le mot « martyr » d'avec celui « d'assassins » (en arabe: hashichin = fumeurs de haschich)? L'immense majorité des musulmans condamnent ces perversions mais l'Islam, ne pouvant excommunier quiconque, devra, j'en ai bien peur, continuer à vivre sous le poids de cette terreur folle. Il y faudra la guerre et bien des morts, militaires et civils, avant que ce fléau ne se dissipe. Retirer l'armée française ou internationale d'Afghanistan ou d'ailleurs n'y changera rien. Ce fléau né de l'Islam devra être résolu par les musulmans eux même. A quand une clarification solennelle et mondiale des imams du monde entier à ce propos ? Moi, je prie pour. 
La guerre, l'Amérique, l'Islam de la terreur, la Russie, la Géorgie, le Pakistan, l'Iran, le nucléaire, la crise mondiale, la pauvreté, le réchauffement climatique... et j'en passe et des meilleures, que de craintes et d'angoisses  en ce septembre sur ce fameux « à venir » et pourtant... Que j'aime septembre!
Si je devais rejoindre l'enceinte du lycée ou du collège, je n'écrirais sûrement pas cela. Mais que ce mois est beau ici en Provence. Qui sait si ce n'est le plus beau mois de l'année. Son ciel, sa lumière, sa douceur  m'émeuvent chaque année, comme si tout recommençait. La fin de l'été, début d'un autre rythme, d'une autre musique, oui, un temps nouveau.

A toutes et tous, étudiants ou professeurs ( à ce propos une petite phrase pêchée dans les corrections du Bac: «  Les Américains vont souvent à la messe car les protestants sont très catholiques »!... c'est bien, l'Education nationale a encore un peu de boulot sur la planche), travailleuses et travailleurs et tous les autres, retraités, chômeurs, bourgeois, artistes ou vagabonds, un bel et bon septembre !

Et pour clore ce petit édito, cette chanson d'un ami, Guilhem Gottardi, que j'aime à interpréter en début de concert.


PAROLES CELESTES

Ils dépassent l'entendement
Les mots que tu entends -dits par Dieu?-
Ils sont une source éphémère
Roulant ses galets merveilleux
Ils ont accès à l'impossible
A l'essentiel et au secret
Ils tremblent de liberté vive
Comme cerise au mois de mai

Ils accompagnent ton chemin
Légers comme pattes d'oiseaux
Ou comme plume dans ta main
Pansant tes douleurs et tes maux
Ils sont le garant de tes rêves
Parmi tant de bastions tombés
Ils sont le sable ils sont la grève
Les empreintes à tes côtés

Ils sont le parfum des poètes
L'étincelle dedans leurs yeux
Des bulles d'air dedans leur tête
Qui éclatent en mille feux
Ils sont si purs et si fragiles
Si doux si puissants à la fois
Ils disent le vrai l'indicible
Le vin noir qui nourrit ta foi

Et au dernier soir de ta vie
Quand tout pour toi s'envolera
Tu les verras l'âme ravie
Jouer glisser entre tes doigts
Disant les choses éternelles
Qui dans ton coeur et pour toujours
Résonneront comme un appel
 De grives à la pointe du jour

(pour connaître d'autres poèmes-chansons de son cru, lui écrire:
guilhem.gottardi@aliceadsl.fr)

Pace e salute
Septembre 2009

 
 
 
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Edito Juin 2008

 

Allo allo, ici Lyon... il pleut.

Après hospitalisation, voici venu pour moi le temps de la convalescence. Il y a de l'adolescence et du convivial dans ce mot, de la cavale et de la vacance aussi. Le chirurgien m'a fait promettre d'être sage et de ne pas trop bouger pendant un mois... J'ai dit oui oui...

Enfin le bout d'une petite aventure qui m'aura ébranlé sans m'abattre, changé peut-être ( je ris plus souvent) et donné d'ouvrir les yeux sur les innombrables personnes que l'on croise et qui ont elles aussi, leur temps de souffrance et d'hôpital dans la besace, ces inconnus avec qui en quelques mots, la complicité se fait tout de suite. Mesuré aussi l'immense affection dont je suis entouré, joie indicible au fond du coeur.

Merci donc une dernière fois à celles et ceux qui ont pensé à moi de quelques façons que ce soit et m'ont aidé à passer ces rapides sans chavirer.

Ecrire les mots « Dieu vous le rendra » ne m'apparaît pas vain, c'est mon souhait le plus profond.

Et la vie continue.

 

J'ai d'autres nouvelles à vous donner et qui me tiennent à coeur.

Tout d'abord, mon recueil de poèmes « Routes de feuilles » épuisé jusque là, sera réédité et disponible dès le mois d'août. Paru en 1994, il fut rapidement écoulé grâce à Geneviève Berthezène, l'éditrice et libraire à l'époque et aux après-spectacle où il connut un beau succès; à tel point qu'on ne le trouvait plus à partir de 1998.Dix ans après le re-voici, ce florilège de mes écrits buissonniers.

Imprimé en 1994 chez Cheyne éditeur, une des dernières maisons à utiliser les caractères en plomb à l'ancienne, il sera réédité quasi à l'identique.

Vous pouvez le commander dès aujourd'hui; voir rubrique « commande ».

 
Serait-il possible de compléter l'information à propos de la réédition du "florilège"... Cheyne éditeur, aussi imprimeur, travaille la typo "à l'ancienne" et c'est en tant qu'imprimeur qu'il avait travaillé pour nous. Cette deuxième édition sera dans le même esprit... mais en offset; c'est une différence importante à signaler et l'imprimeur ne sera donc pas Cheyne. Si tu pouvais faire suivre sur ton site, merci. Peccadille dirons peut être certains mais pas pour moi ... Je tiens à préciser à tes lecteurs internautes que j'ai pris la décision de rééditer ces textes car ils ont une force intacte. Il ne s'agit ni de nostalgie ni de fonds de tiroirs, mais bien de textes écrits que découvriront des lecteurs de poésie qui, peut être, n'entendront  jamais Philippe et ne le verront jamais. Il s'agit bien d'un LIVRE. Les livres vendus à la librairie à des inconnus qui ne te connaissaient pas me semblaient en dire plus long sur la qualité d'écriture que ceux vendus à la fin des concerts, sous le coup de l'émotion......
Voilà, mise au point, clin d'oeil et fou rire.....pas de censure, s'il vous plait, monsieur l'éditorialiste!
 
Geneviève Berthezène - Libraire volante

 

Si vous êtes un familier d'internet, vous pourrez entendre et voir votre serviteur sur le site YOUTUBE en cliquant sur Philippe Forcioli (voir la page actualité). C'est l'ami Jean-Pierre Gabilan, guitariste-interprète des meilleures chansons du répertoire qui me l'a proposé et réalisé à partir d'un concert donné à Grenoble, fin mai. C'était 3 jours avant mon opération et je m'y trouve fatigué mais bon... ça fera plaisir à quelques amis de voir ma bouille.

Autre nouvelle: le programme de notre rendez-vous annuel à Villar en Val autour de Joseph Delteil, « mon » sentier et la chanson vient de paraître: le voici;


La Grande Deltheillerie

Villar en Val (Aude)


8, 9 et 10 août 2008

 

Festival poétique et champêtre

en hommage à l’écrivain Joseph Delteil

dans son paysage natal

 


Vendredi 8 août

 

VIVE Joseph Delteil

et Jean-Marie Drot

 

Jean-Marie Drot : écrivain, homme de télévision, grand voyageur, directeur de la Villa Médicis à Rome (1984 à 1994), il rencontre Joseph Delteil en 1970. Ce fut le point de départ d'une amitié indéfectible …

10 h : A l'heure du café, dans la cour de l'ancienne école, Michèle Reverbel invite sur des chemins d'écritures.

11h : Départ pour le Sentier-en Poésie avec Philippe Forcioli, familier du pays de Joseph Delteil,créateur avec Magali Arnaud du Sentier en Poésie. Grand Prix de l’Académie Charles Cros (1995) pour son adaptation du François d’Assise de Delteil.

Prévoir votre pique-nique pour la balade.

16h 30 : Retour de la balade. Rendez-vous à la GUINGUETTE.

17h 30 : Rencontre-Débat avec Jean-Marie DROT.


19h 30 : Repas paléolithique pris sur l'herbe,

sur une idée du Chef Jean-Claude Rodriguez.

Sur réservation (20 euros).

21h 30 : Cinéma sous les Etoiles

"VIVE JOSEPH DELTEIL ou LA GRANDE JOURNEE". 1972

Projection en présence du réalisateur, Jean Marie Drot.

Une aventure à la fortune du pot et du mot dans l'univers de l'écrivain.

entrée : 5 euros


En fin de soirée, Soupe à l'oignon sous la GUINGUETTE (1,50 euros le bol).

Ouverture de la GUINGUETTE à 16h 30 (boissons fraîches, boissons chaudes).

 


Samedi 9 Août

Joseph Delteil et le Monde

10h : Rendez-vous avec Michèle Reverbel dans la cour de l'école.

11h : Départ pour le Sentier-en-Poésie avec Philippe Forcioli.

Anne Bousquet-Mélou, botaniste à l'Université de Provence et,

Patrick Valette, technicien ONF

seront à ses côtés pour raconter la richesse de la flore des Corbières Occidentales.

Prévoir votre pique-nique pour la balade.

16h 30 : Retour de la balade. Rendez-vous à la GUINGUETTE.

17h 30 : Rencontres-Echanges autour de l'ANGOLA.

19h 30 : "Tartines et Vins" sous la GUINGUETTE

et/ou Restauration chez M. VAN TUT.

21h 30 : Bonga en Concert (www.3dfamily.org)

Bonga : voix,Congas et Dikanza : Chiemba,basse ;

Fusica : accordéon ;Da Graca : batterie ; Feijo : guitare

Bonga, c'est la voix de l'Angola. Ses musiques sont lascives et invitent à la danse. Les rythmes sont sobres, l'accordéon gémissant, les percussions douces. La voix, rauque, sensuelle et suave, voix brisée et puissante, nostalgique et heureuse... Il y a dans cette musique énormément d'histoire: le déracinement des cultures traditionnelles, la répulsion-attirance pour la culture du colonisateur portugais, les paradoxales richesses culturelles de l'exil... Et le génie d'un homme, inspiré de "Semba africaine" que les esclaves amenèrent avec eux au Brésil pour donner la "Samba"...A le voir sur scène, on a du mal à imaginer que cet artiste a passé le cap des 60 ans (une allure que l'artiste doit sans doute à son brillant passé de sportif: il fut champion du Portugal du 400m) !!!...A découvrir absolument!!!


TARIF : 18 euros. Réduit : 12 euros, Gratuit jusqu'à 12 ans.



Dimanche 10 août


Joseph Delteil et l'Occitanie

en compagnie d'Yves Rouquette

Yves Rouquette « est à l'occitan ce que Einstein est à la relativité; il en subit la loi et nous l'enseigne. Sa modestie devra en souffrir mais il faut dire que sans lui, la langue occitane ne serait pas aussi florissante et en reconquête. Ami de Delteil, il a puisé chez lui cette succulence du verbe et c'est en l'accompagnant que l'on y goûtera ainsi qu'à ses anecdotes sur Joseph. »Mans de Breish

10h : Rendez-vous avec Michèle Reverbel dans la cour de l'école.

11h : Départ pour le Sentier-en-Poésie avec Mans de Breish et Philippe Forcioli.

Au cours de la balade, rencontre avec Yves Rouquette au Théâtre de Verdure.

16h 30 : Retour de la balade.

Rendez-vous à la GUINGUETTE.

17h 30 : Yves Rouquette signera ses livres

19h 30 : « Tartines et vins sous la guinguette »" sous la GUINGUETTE

et Assiettes de foie gras (de 3 à 10 euros)

et tournedos de canard grillé (5 euros)

proposé par Pierre Rauzy de la Ferme Bellemayre à Belpech

21h 30 : Veillée aux Etoiles.

Mans de BREISH : Présence fidèle de la Deltheillerie, Mans de Breish est un troubadour de son temps qui chante une Occitanie vivante. Delteil, enfant du patois aurait sans doute aimé entendre monter de son pays natal ce chant vibrant, à la mémoire longue.

Philippe Forcioli : auteur, compositeur, interprète dont le dernier album « Quand une chanson s’avance » a reçu les 4FFFF TELERAMA( mars 2008)

Jean-François Kellner : guitariste ayant accompagné entre autres Souad Massi, Salif Keita


vous invitent à terminer la Grande Deltheillerie en chansons.

Entrée au chapeau.

Durant le festival

la GUINGUETTE

à partir de 16h 30.

Boissons fraîches, chaudes à partir de 19h

Découverte des vins du terroir avec les vignerons du Cellier Delteil.

Tartines gourmandes pour petites et grandes faims.

En fin de soirée, Soupe à l'oignon sous la GUINGUETTE (1,50 euros le bol).

Pour les balades prévoir chapeau, boissons, pique-nique, stylos-feutres couleurs.

Pour les soirées, prévoir couvertures, lampe de poche (textes à chanter ???) et petites laines...

Durant tout le festival vous serez aussi accueillis par

Geneviève Berthezène : libraire volante

Geneviève Berthezène aime les livres :ceux qui échappent au bruit médiatique, que l’on s’offre sur un coup de coeur, qui passent de main en main. Dans les paniers de livres de cette passeuse de rêve vous dénicherez l’objet rare des causes quotidiennes et des grands voyages.

Michèle Reverbel : éveilleuse d’écriture

Pour oser dire l’amour, l’espoir de se revoir ou formuler la pensée qui nous relie, Michèle Reverbel réinvente le geste sacré de l’écriture. Sous son regard bienveillant notre main retrouve confiance et, l’on s’émerveille de tant d’émotion à portée de nos plumes.


Avec le concours financier du Conseil Général de l’Aude et du Conseil Régional Languedoc Roussillon.

Contact

Magali Arnaud 04 68 24 08 38

 

Voilà vous savez tout. L'été dans une semaine et les vacances au bout.

Bien à vous dans la vacance et la cavale!

 

 

 

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Edito mai 2008

Bonjour

Voici revenus les temps de l'hôpital. A Lyon cette fois-ci pour opération. Un peu d'appréhension à l'idée de l'anesthésie, le tube respiratoire dans la bouche, la perfusion, pas fumer, pas boire...
Veremos bien, je devrais être libéré de tout cela à la fin juin.

Viendra l'été, une randonnée en Corse avec « A pied sous le ciel » puis la « Deltheillerie » à Villar en Val en août, les copains et les chansons.

 

En parlant de chanson, voici ma dernière.

De celui qui vieillit, la chanson

A part une prière
courte et bien sentie
comment déposer pierre
utile à l'appentis
à l'établi de l'homme
au monde de demain
je suis en mon automne
et je n'ai que mes mains
je suis en mon automne
et je n'ai que mes mains

Pas de trou dans les paumes
et ni or ni diamant
que du cal de bonhomme
scribe clerc artisan
et paysan poète
rimailleur à ses heures
un genre analphabète
qui sait Rimbaud par coeur
un genre analphabète
qui sait Rimbaud par coeur

Si j'avais le message
la formule à la craie
qui change un paysage
d'un seul coup d'un seul trait
je la crierai féroce
oui même dans le feu
ce sont rêves de gosse
et bientôt je suis vieux
ce sont rêves de gosse
et bientôt je suis vieux

J'ai tant aimé écrire
oui flotter sur les mots
les mâcher et les dire
pour appeler l'écho
pour enchanter mes frères
mes femmes et tous ceux-là
me ressemblant sur terre
et ceux de l'au-delà
me ressemblant sur terre
et ceux de l'au-delà

la chanson ne s'achève
non jamais ici-bas
c 'est un refrain sans trêve
il accomplit les pas
que font dans le silence
ses amoureux studieux
que tout finisse en danse
et qu'il s'en vienne Dieu
que tout finisse en danse
et qu'il s'en vienne...

Dieu que la route est jolie
avec le chant et ce qu'il fait
les bobines réjouies
et la fontaine des larmes
en secret

Bourgenay le 07/05/08


Je reçois cette chanson signée Michel Lagarde, merci l'ami, et si vous voulez l'entendre, n'hésitez pas à visiter son site très intéressant :

3-2-1-chansons.wifeo.com

 

(C'est une chanson de votre serviteur qui vous accueille...alors!)


*CHANSON REBELLE*

Te souviens-tu toi la rebelle
De la chanson du mal-aimé
Celle qui n'avait d' autre label
Qu'Apollinaire et puis Ferré
Rappelle-toi aussi de Brel
Sur Amsterdam il s'envalsait
Mais dans ce vertige immortel
C'est aux Marquises qu'il chavirait

Tu étais belle chanson rebelle
Quand tu t'affichais dans la rue
Sans artifice sans décibels
Sur la bouche d'un inconnu
On se saoulait chanson rebelle
Avec tes vers du meilleur cru
Ces divins nectars d'hydromel
Aux épices encore méconnues
Les feuilles mortes à la pelle

Tu vois je n'ai pas oublié
Elles collent encore à mes semelles
Et Jacques Prévert s'est envolé.

Mais tu reviens chanson rebelle
A la goguette de quartier
Avec une poignée de fidèles
On trinque encore à ta santé
Et l'on se saoule chanson rebelle
Avec tes vers du meilleur cru
Ces divins nectars d'hydromel
Aux épices encore méconnues

Les feuilles mortes à la pelle
Tu vois je n'ai pas oublié
Elles collent encore à mes semelles
Et Jacques Prévert s'est envolé.
La fille et son amour rebelle
Mouloudji me la faite aimer
Et son p'tit coquelicot sommeille
Dans un coin de mon champ de blé

Mais aujourd'hui chanson rebelle
Tu nous invites à ton banquet
où Forcioli Bertin Leprest
nous font l'honneur de s'attabler
On se nourrit chanson rebelle
De cette pâte bien levée
Et l'on savoure le goût de sel
d'un pain doré d'humanité

Il y a une petite semaine, j'ai eu la joie de recevoir en ma maison, Jean Duino, son épouse,  Michel Melchionne , deux autres amis et  « le plus grand chanteur de Marseille », Michel Barelier.
Après- midi de chansons, de guitare, de souvenirs communs partagés... et au bout, la décision de donner tous les quatre un concert. La date est retenue: le 8 novembre à La Penne / Huveaune, près d'Aubagne, chez l'ami Nicoli
Notez-le, ce sera une soirée « de derrière les fagots »!!!

Voici plus d'un mois que le ciel bleu profond des Alpes de lumière où je vis, n'a pas fait flotter son drapeau azuré au dessus de ma tête.  Pluies, grisaille et même vent de sable...Les rivières,  la nature exultent, tant mieux mais j'espère qu'à mon retour, il sera là fidèle, le beau ciel bleu- violet d'ici.

Pace e salute à tutti

A bientôt

 

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Edito avril 2008

18/04

Mon projet d'adaptation de la Jeanne d'Arc de Delteil avance . Mais le producteur principal, Radio France, collection «SIGNATURES» ne pourra le publier qu'en 2009. Moi qui souhaitais le proposer pour Noël... tant pis, j'attendrai et ceux que ça intéressent avec moi.

Je vous fais part du texte de présentation que le Théâtre de Foix, (co-producteur) m'a demandé pour présenter l'ouvrage à ses adhérents:

Tous les historiens sérieux vous le diront:

La vie de Jeanne d'Arc selon Joseph Delteil (Grasset 1925) est parfaitement « *abracadabrantesque *»! Mais sa vie elle-même?
Vie « officielle » récrite maintes fois, avec ses zones d'ombres, ses thèses sérieuses ou farfelues et qui perdurent. La thèse «bâtardisante», (elle serait la demi-soeur de Charles VII ou une princesse), la «surviviste», (elle n'a jamais été brûlée à Rouen, elle eut des enfants et vécut très âgée), et les «révisionnistes», (c'était un homme, et elle n'a jamais existé dit l'un, et on s'en fout, ce n'est qu'une pucelle dit l'autre!...

Et pourtant... Brûlée comme « sorcière » à 19 ans en 1431, réhabilitée en 1456, canonisée « Sainte » en 1920, « Patronne secondaire » de la France en 1922, (la première étant la Vierge Marie ) n'est-ce pas «abracadabrantesque »?

Mais comment derrière les invraisemblances ou les outrances historiques de Delteil dans sa « Jeanne d'Arc », ne pas entendre la voix géniale de cet artiste unique saluant cet « Enfant » unique?
« /Car Jeanne d'Arc, c'est avant tout l'Enfant et l'Enfant, c'est de l'humain à l'état pur /»!

Utilisant toutes les plus belles clés de son art, Delteil tire du très fond du vieil almanach français, tout ce qu'il faut pour rendre vivante cette « grande belle fille de la Terre », cette « alouette au ciel de France », ce modèle de courage, d'abnégation, de fidélité, de loyauté, de pureté et de foi, cette « grande résistante » au même titre que sainte Geneviève ou Jean Moulin.

Son livre est un reportage, un film; Jeanne d'Arc de son premier cri jusqu'à son dernier souffle,en gros plan, «/ je l'ai vue, j'y étais, imaginer c'est rajeunir /» dans une langue faite de « /voyelles de source et de gutturales de hautes fûtaies »./

Ah quel bonheur de lecteur de sentir rouler ces phrases comme l'eau des ruisseaux bondissants dans sa bouche et sa langue! Quelle émotion sans cesse à déclamer les mots de Delteil racontant Jeanne enfant, Jeanne à Orléans, Jeanne prisonnière et Jeanne au bûcher.

Dreyer ne s'était pas trompé. C'est sur le scénario de Delteil qu'il filma son chef d'oeuvre, « la passion de Jeanne d'Arc » et la Falconetti qui ne s'en remit jamais.

Personne n'a vraiment compris que derrière le dithyrambe delteillen, notre Joseph parle de lui, de son sang, de son père né à Monségur, lieu du grand bûcher qui vit périr la dernière résistance occitane et les Cathares à l'envahisseur de l'époque, le royaume de France, et qu'il nous parle de sa soeur de coeur. 

« /Le coeur c'est encore le plus haut point de vue de la terre/ ».

Et qu'il nous pose l'importante question: « Étiez-vous avec Jeanne à Orléans, avec elle à Reims, avec elle à Compiègne, avec elle à Rouen, hier, aujourd'hui ? »

Lui, de sa voix de héraut, répond: « J'y étais, j'y suis encore! »

Tout ce livre, l'histoire fabuleuse d'un drame pourtant, retient la grande leçon de la Pucelle pour nous, pauvres robots d'un âge de fer et de fumées.

« - /Que vous disent vos voix?/ /- D'être gaie et hardie! » 

Oui, tout ce livre est gai et hardi, à la Delteil, et même au paroxysme du pathétique, à l'heure du Sacrifice, quand Jeanne cueille une fleur de liseron trouvée sur les fagots de pommier qui la transformeront en torche vivante, elle la donne au bourreau afin que celle-ci ne périsse pas dans le brasier, cette fleur innocente, tandis qu'un moineau coquin vient se poser un instant sur ses beaux cheveux de jeune fille de 19 ans.

J'ai tenté de mettre toute ma fougue, mon art et mon amour (en cela magistralement épaulé à la musique par Hélène Sage) au service de ce maître en écritures qu'est Delteil, et en l'honneur de la plus grande figure de l'âme libre de France, Jeanne d'Arc.

Comme elle, Delteil fût brûlé par « l'Autorité littéraire et morale » de 1925.

L'Eglise officielle représentée par le journal La Croix (dont le rédacteur en chef de l'époque osa en première page demander à ses lecteurs de « brûler » véritablement cet ouvrage en public ) et les surréalistes avec son « Staline des lettres » , André Breton qui excommunia notre bon Joseph et interdît à tous les jeunes écrivains inféodés à son Manifeste de continuer une quelconque relation avec ce «traître»! ( ainsi le bel Aragon, pourtant ami de Delteil, qui lui renvoya son livre et ne lui adressa plus jamais la parole ou l'écrit jusqu'à la mort de Delteil à Grabels en avril 1978).

A l'exception du jury féminin du Fémina qui couronna cette oeuvre, de Paul Claudel, André de Richaud et de quelques autres, toute l'Intelligentsia cria à l'horreur.

Heureusement que le public sût reconnaître le génie de l'oeuvre et de son auteur. Succès que Delteil quitta définitivement en 1929, pour, comme Rimbaud, retrouver «/ la Vérité dans une âme et dans un corps/ ».

Faîtes l'expérience, allez sur internet à Jeanne d'Arc, vous y trouverez les artistes qui l'ont saluée (Claudel, Péguy, B.Shaw, Honegger, etc... ) mais pas une fois Delteil 

Les rancunes , les pouvoirs obscurs et les ignorances crasses ont la dent dure en notre époque autant qu'au moyen-âge.

Ainsi ce mot de « pucelle ». C'est Jeanne elle-même qui se présente ainsi: « je suis la Pucelle du Roi des Cieux ».

Que signifiait pucelle en ces temps ? Du latin puella = la jeune servante. Aucun rapport avec la virginité (elle fût condamnée d'ailleurs comme pucelle et vierge!), et pourtant encore des hommes, des femmes, jeunes ou moins jeunes, et français de surcroît, qui à ce nom de «Jeanne la Pucelle», l'horrible Voltaire en tête, gloussent et rigolent grassement...

Oh pauvres bêtes, oh tristes moutons...

Jeanne fut condamnée et Delteil est encore sous le boisseau dans le monde littéraire français d'aujourd'hui. La persécution du silence c'est pire que la censure.

Il aura fallu un « innocent » vierge d'influence, Henry Miller, (un auteur américain découvrant la littérature de France et n'ayant jamais rencontré Delteil au moment de son article), pour écrire dans le Washington Post en 1957, tel l'enfant déclarant « le roi est nu »: «/Il y a trois écrivains français: Rabelais, Pascal et J.Delteil /»!

Rien que ça!!! ...imaginez la tête de tous ceux dont l'activité littéraire n'a que pour cible les coulisses du pouvoir, la gloriole,
l'Académie et les salons parisiens où l'on se flagorne et l'on s'assassine en douce, petits fours et champagne en mains à la lecture de cet article...

Un homme du Nouveau Monde pour canoniser Joseph!

Why not ?...


Tout cela peut paraître anodin, désuet, du temps passé... je ne le crois pas.

Jeanne et Delteil, chacun dans leur registre, demeurent à la pointe du génie révolutionnaire et de la grâce française...

« /Qui a des oreilles, qu'il entende /», comme disait l'Autre... notre Face de Lumière.

Je laisse à Jean Cocteau le soin de conclure :

« /Mais ce que l'Eglise, ni les grands seigneurs ne savent , c'est que certaines âmes sont des salamandres. Elles se meuvent à merveille dans le feu. /
/Brûlez une Jeanne? /
/Elle renaît de ses cendres, s'envole et remplit l'horizon d'un arc-en-ciel. »./ 

Ainsi la Jeanne de Delteil. 

Ainsi Jeanne, ainsi Delteil.


20/04

Le hasard est bizarre.

Je conclus cet article et le « Journal du dimanche » publie une photo de manifestations, «anti-françaises» à Pékin.

On y voit écrit : Jeanne d'Arc = Prostitute !

La même épithète employée par Sir Glacidas à Orléans ou le comte de Bedford dans sa lettre à Charles VII !!! Plus de cinq siècles après pour insulter la Pucelle!!!

Insulte à l'Eglise Universelle (Jeanne est une Sainte, oui ou merde?), insulte à la France éternelle... je redoute qu'il n'y ait plus que le front national pour s'offusquer de cette insulte aujourd'hui où les enfants préfèrent Terminator ou Goldorak à la petite Jeanne... c'est vrai qu'ils sont invincibles eux, ils ne finiront pas crucifiés ou brûlés sous les crachats...

Oh pauvres bêtes, oh tristes moutons de Pékin, de Paris et d'ailleurs...



22/04

Une lettre reçue et qui fait chaud à mon petit coeur de «cabotin-poète qui a capoté à un virage de la lumière».

PHILIPPE bonjour,

Hier au soir, alors que j'étais en communication avec Lucien Sicard à qui je viens d'envoyer mon dernier CD en hommage à Jacques Brel, celui-ci m'informe des problèmes de santé que tu as rencontrés ces derniers mois.
Je m'empresse de téléphoner à Gatou, puis à Jacques Bonnadier. Tous deux me disent que tu vas mieux. Jacques me conseille de lire ton édito. Ça nous prend, ma compagne Edith et moi deux bonnes heures. J'ai du mal à contenir mon émotion à la lecture de certains passages. Je me surprends à rire aussi. Ton sens de l'humour reste intact, la qualité de ton écriture aussi. Je m'en veux de n'avoir pris des nouvelles de toi plus tôt. Je ne pouvais pas savoir mais je m'en veux quand même. Il y a
quelques minutes, j'étais en ligne avec JJ Franchin avec qui je vais jouer mon spectacle en hommage à Jacques Brel. Lui, c'est Joël Favreau qui lui a rendu compte de tes ennuis de santé. Tu le sais déjà mais je voulais te dire que tu es, comme tu l'as écrit
dans ton édito, bien plus connu que ce que tu crois. Je peux en témoigner. Avant de terminer mon tour de chant, je dis un très joli poème de Yolande Vercasson puis j'ajoute:
- Lorsque vous entendez les gens dire qu'il n'y a plus de Brassens, de Brel, de Ferré ou de Félix Leclerc, ne les écoutez pas. Il existe aujourd'hui de très grands auteurs,compositeurs et interprètes: Bernard Joyet, Allain Leprest, Véronique Pestel, Eric Toulis, Jean Duino, Philippe Forcioli... allez les écouter...
Et bien je peux te dire qu'à chaque fois que je cite ton nom, et ce n'est pas faire offense aux autres, les gens applaudissent. Lorsqu'ils viennent me saluer, ils me parlent encore de toi et me disent à quelle occasion ils t'ont rencontré.
Tu as embelli la vie de nombreuse gens, comme l'ont fait avant toi Brassens et les autres sus-cités. Ils comptent sur toi pour l'embellir encore.
Je suis aujourd'hui certain que ta volonté et ta foi viendront à bout de /ce mal mystérieux dont on cache le nom/.
Merci, Philippe pour tout ce que tu as fait. Merci, Philippe, d'être ce que tu es.
Je t'embrasse.

Jean-Marc. D.


25/04

J'aborde ma dernière chimio, la douzième. Je devrais sautiller de joie , mais non.

Une amie, Myriam F., bien plus jeune que moi, s'en est allée au grand jardin la semaine dernière... cancer là encore et une autre amie d'Allemagne, Myriam, A.C.I comme moi, elle aussi, m'annonce le même mal. J'avoue que j'en ai un peu beaucoup assez de tout ça...

J'avais composé la chanson qui suit en 1999. Je crois ne l'avoir chantée qu'une seule fois car elle m'apparut indécente à chanter en public. À cette époque.

Elle me revient en pleine face aujourd'hui...


MONSIEUR CANCER

Vous êtes devenu roi sur la terre
Et vos sujets sont innombrables
Et vos affaires
En Bourse cotables

Monsieur Cancer
Vous mal odieux qui partout pestifère
Tout en prônant le charitable
O vous malin indétrônable

Monsieur cancer
Si je pouvais si je savais
Je me tairais je me tairais
Car j’ai tant peur de vos misères

Monsieur Cancer
Je ne peux plus je ne dois plus
Car déjà vous avez élu
Des amis mon père et ma mère

Monsieur Cancer
Qu’est-ce en vous qui nous fait tant réagir
La peur de mourir la peur de souffrir
La faute amère?

Pour qu’on espère
Que cet aujourd’hui sous vos crocs de loup
Rongeant son os dans la fosse dans le trou
Tout cet atroce

Soit pour demain
Pour tous ceux-là mordus de près de loin
La clé au fond la flèche le chemin
Du festin des Noces

Monsieur Cancer
Je sais tout l’inutile de ma chanson
Mais vous interpeller par votre nom
C’est déclarer la guerre

Monsieur Cancer
Et j’en sais quelques unes et quelques uns
Qui viendront simplement serrer ma main
Et nous saurons nous taire

Monsieur Cancer
Parfois la victoire change de côté
Pour tous ceux-là que vous avez ligotés
Terrible bête

En un sourire
Et même à l'heure du dernier soupir
A tout jamais sera je veux l’écrire
Votre défaite

Monsieur Cancer
On dit que vous cachez au fond
Derrière votre air de diable et de démon
De la lumière de la lumière de la lumière



27/04

Entendu le premier petit-duc, le premier rossignol, la première huppe et le premier coucou de cet avril. Merveille du vert, du lilas, des lis, iris, thym, romarin, fleurettes et pâquerettes. Jour qui s'attarde, soleil brûlant parfois... oui nous sortons de l'hiver.

Puisse, au propre et figuré, et pour chacun, ce printemps augurer l'entrée en un monde nouveau, nouveau regard, et nous, neufs et toujours attentifs au miracle quotidien.

Humbles et graves, gais et hardis.

Bien à vous tous.


Avril 2008


 

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Edito mars 2008
 
18/03
 
TTTTTTTTTRRRRRRRROOOOOOOOIIIIIIIIIIIIIIISSSSSSSSS
 
Trois! Plus que trois chimios! Trois comme les trois doigts de la main, trois comme Blanche neige et les trois nains, trois comme les trois saisons, les trois éléments, les trois couleurs de l'arc-en-ciel et... heu.... les trois étoiles du drapeau américain! Oui plus que trois d'ici fin avril (te découvre pas d'un fil) et en mai... fées, faîtes ce qu'il vous plaît! C'est dit, on ne revient plus là-dessus, circulez, ya rien à voir!
Décidé de cesser l'arrêt longue maladie. Je ne m'aime pas dans cette situation. Je suis malade en soins un peu lourds d'accord, mais pas grabataire alors, stop!
 
« Tant pis si les toubibs me grondent
tant pis s'ils me croient fous à lier
je veux partir pour l'autre monde
par mes beaux chemins buissonniers »
------------
Lendemain d'élection, vague rose avec un peu plus de 50% de participants... Tout le monde est content. Les droitistes gouvernent l'état et les gauchiens les territoires. Vive la parité!
Pourtant il me semble régner un vent malsain sur l'ambiance du pays. Je la résumerai à ceci:
« Pour quoi êtes vous? Je suis pour tout ce qui est contre! »
Je trouve cet état d'esprit inquiétant pour l'avenir comme je trouve le revirement de l'opinion publique, la confusion des genres entretenue, le mépris et les insultes au chef de l'état (élu largement avec 85% de participation il n'y a pas même un an), inquiétantes.
Les histoires récentes , SMS et salon de l'agriculture, tournent la réalité de telle façon, que la victime devient en fait le coupable. Entre coupable et bouc-émissaire, il y a un drôle de pas qu'une majorité d'esprits semble avoir épousé. Pas moi. Je m'explique:
Un journal à grand tirage, ( d'opposition, d'accord mais tout de même...) publie un article assurant que le président aurait envoyé à son ex-épouse, juste avant son nouveau mariage, un texto disant: 
«  si tu reviens, j'arrête tout » ce qui sous-entend... et bla bla bla et bla bla bla... propos dignes de madame Michu, il me semble, or:
celui-ci porte plainte pour faux et usage de faux, l'ex-épouse déclare au juge qu'elle n'a jamais reçu un tel message et le journaliste avoue qu'il n'a jamais vu ce sms mais qu'une source « sûre » lui a affirmé par téléphone cette info... Que croyez-vous qu'il arriva demande la petite souris curieuse?
He bien l'opinion publique condamna le président, pour affichage de vie privée, pour atteinte à la liberté de la presse, que de toute façon il l'a bien cherché en ne fréquentant que le show-biz et l'opposition (et son journal avec), emporta l'élection!
Un homme haineux, qui avait dû poireauter deux ou trois heures sur le futur passage du dit-président lors d'un salon populaire, l'insulte gravement, celui-ci lui répond vertement, cela dure 3 secondes et demi au milieu de centaines de personnes mais voilà, grâce au progrès, un petit malin à filmé la scène, la revend illico au monde avide de sensationnel et haro sur le baudet (ce qui est normal dans un salon de l'agriculture, j'en conviens) et que croyez-vous qu'il arriva demande la petite souris de plus en plus incrédule? L'opinion publique décréta que ce président n'était pas digne de représenter ses concitoyens, si doux , si polis, si respectueux des autres et des fonctions... et l'opposition sanctionna le gouvernement pour la politique mené par ce « fou-dangereux » (authentique) tout en plébiscitant en même temps son premier ministre pour mener la politique du dit-fou dangereux... la petite souris se gratte la tête, retourne à son gruyère (qui a augmenté de 40% en un an, la faute au président évidemment!) et se demande à ce train là, ce que l'avenir peut bien tirer d'un peuple dans cet état d'esprit de son histoire.
Car d'un autre côté, ni le nouveau contrat de travail, ni la baisse du chômage, ni les 320 000 emplois créés en un an (record depuis 2000), ni la suppression de la pub sur le service publique (enfin!!!), ni Martin Hirsh (un traître), ni Besson réélu à 70% au premier tour à Donzère (un traître), ni Fadéla Amara( une traîtresse) et la liste peut continuer, rien n'y fait.
La machine à dénigrer est en marche, tout est nul, à jeter, nous sommes contre, contre, contre!
Non, les chiffres sont truqués, les emplois précaires et l' histoire de la pub c'est pour avantager les amis milliardaires du despote!
Il y a des nostalgiques (ils ont tous plus de soixante ans) d'un nouveau Mai 68, qui annoncent en se frottant les mains et sourire radieux « ça va mal finir! », et qui espèrent à l'abri (qu'ils pensent) de leurs fonctions, leurs réputations et leurs salaires, que tous les partisans du « contre » (si vous n'avez pas de raisons encore d'être contre envers et contre tout, ne vous souciez pas, certains vous les donneront les bonnes raisons, c'est gratuit, ça mange pas de pain et en plus c'est pour raser gratis (ah non, zut, les coiffeurs sont contre!, enfin pour un changement, le vrai celui-là! ), vont renverser ce nouveau tyran.
N'était-ce qu'une campagne électorale bien menée par l'opposition, un rééquilibrage, une revanche, une sanction, est-ce réellement une incompétence à la tête de l'état , est-ce le printemps qui fait tourner les têtes?
La petite souris n'en sait rien mais ne comprend plus rien non plus (a-t-elle déjà compris quoi que ce soit d'ailleurs sur ces sujets) et retourne à son gruyère en murmurant; « moi je suis pas CONTRE, je suis pour le TOUT CONTRE... »

Je tiens à signaler tout de même que je suis absolument contre l'augmentation de la grosseur des trous dans le gruyère, qu'on se le dise, regroupons-nous, manifestons enfin notre contre-ut à pleine voix!
 

19/03: Saint Joseph
 
En Corse, on fleurit la statue de ce doux monsieur avec l'asphodèle au nom si beau.
Fleur des terres incultes, elle balance ses clochettes blanches et rosées au premier souffle du printemps. Que c'est beau un champs d'asphodèles fleuries sur le vert tendre des champs!

 
20/03 Printemps
 
Des signes de ce printemps me sont venus en chansons.
Le 8 à Rougiers, soirée « à l'ancienne » ! Presque cent personnes et du vin et des plats apportés par la chorale «  les restanques bleues » que dirige Anne Testard.
Jean Duino nous régale d'une douzaine de chansons nouvelles. Petits chefs d'oeuvre d'écriture et de mélodie à la Duino et son jeu de guitare inimitable. Michel Barelier devait être là mais l'hôpital ne l'a pas voulu ainsi et son cas est plus grave que le mien, alors mon copain Martyn Neal et moi-même avons tenté de remplacer le «  plus grand chanteur de Marseille », puis Jacques et Simone Fasano, au débotté, nous émerveillent de leur complicité et de leur humour d'une finesse extrême... oui une belle soirée et un final à l'unisson sur le fameux «  C'est pas dit qu'on soit plus con que la moyenne » et notre Jean aux anges à la guitare, menant les choeurs... oui un régal de soirée comme aux temps héroïques.
Le 9 je file à Théâtre et chansons en Aix en Provence pour écouter l'ami Bertin.
Là aussi, un concert de toute beauté, avec un Jacques en forme, de nouvelles chansons ( dont une sur la Loire et une autre sur les livres que l'on lit, enfant, deux merveilles) et une voix comme aux plus beaux jours.
Après le resto, nous repartons tous les deux dans la nuit sous l'orage, lui à Avignon, moi à Sisteron, comme deux contrebandiers, fiers de notre maquis et des compagnons fidèles.
Quelques jours auparavant, un article et 4 FFFF dans Télérama! Pas peu fier le Forcioli! Et le 15 mars, un concert dans le vieux casino (1905) de Vals les Bains avec B.Abeille et D.Pardo, ami chanteur d'Ardèche. Beau moment et votre serviteur, ma foi comme si de rien n'était, en voix, en gestes et un petit triomphe après deux heures de scène.
Concernant l'ami Barelier, si vous l'avez connu et apprécié lors de ses concerts à Marseille ou ailleurs, vous pouvez lui écrire un petit d'encouragement. Je sais , pour l'avoir vécu, combien c'est important de ne pas se sentir seul face à sa maladie.
Michel Barelier
95 avenue Madrague de Montredon
13008
Marseille

 
21/03 Vendredi Saint

Me revient un texte écrit en 1981, intitulé « Rouge »

ROUGE
le feu descend
dans le mystère et la douleur
l'esprit descend au feu au feu
l'âme se fend comme le bois aux flammes
le coeur de l'ici et du ciel est une cible transpercée
elle est atteinte
elle est étreinte à tout jamais
...
oh toi Enfant de la Crèche
Fils de l'homme épinglé à la croix de la haine qui est l'épée de la détresse
je t'aime long comme une plainte
comme une nuit de lune pleine
comme la mer infiniment
rouge
le feu descend
--------------
 
Concert à Toulouse. Peu de monde mais après- soirée formidable avec Pierre Grabowsky, un chanteur de là-bas et ses amis. Ils ont le coeur rempli de fraternité tendre et chaleureuse et des chansons pour tirer la langue à la nuit froide et pluvieuse de cette nuit là.
Reparti à l'hotel, il était 4 heures et  «  la pluie faisait des claquettes! ».

Lundi, mardi, mercredi, avec mon preneur de son attitré, J.C Millet, nous sommes retrouvés à Villar en Val, village natal de Joseph Delteil, pour enregistrer la voix définitive sur son Jeanne d'Arc. Je crois avoir bien lu. Encore quelques séances avec Hélène Sage, musicienne, et Jean-Claude et je viendrai à bout de ce monument (pour moi), de ce défi, de cet honneur qui m'incombe. Porter ce texte fabuleux et cette héroïne fabuleuse aux oreilles de ceux qui voudront bien l'entendre.
Quand l'ouvrage sera fin prêt, je le signalerai ici et par courrier à tout mon public.
Avant Noël j'espère.

 
27/03
Retour à Salignac. Il fait bien froid. Je ressens encore en moi cette lumière unique de Pâques.
Je lis des courriels qui m'engueulent parce qu'il n'y a plus d'édito depuis Février!... ben, voilà celui-ci, juste avant la fin Mars... et toc!

En conclusion ce message reçu que je vous livre et qui m'étonne autant qu'il m'émeut.

Bien à vous tous.

Mars 2008


"Cher Philippe, ce petit message pour te dire que j'ai rencontré Jean-Claude Alérini dernièrement et que les projets prennent forme. J'ai pu ainsi prendre de tes nouvelles. Je pense régulièrement à toi, toi que je connais si peu et qui fais pourtant partie de mon univers depuis de nombreuses années. Tu sais, lorsque tu étais venu à l'Armée du Salut, je t'avais raconté une anecdote. J'étais à Lyon, un après midi,  avec une amie, Céline, grâce à qui j'ai découvert tes chansons. Nous avions cette complicité des gens qui connaissent et partagent quelque chose de rare, en l'occurrence tes chansons et nous en parlions souvent.  Nous sommes entrés dans un petit bar dans un quartier que je ne connaissais pas. A un moment, je me retrouve seul à table et j'observe machinalement autour de moi. Et je remarque sur une vieille étagère fixée au mur,  à proximité du bar, une dizaine de bouquins. C'est assez surprenant car la présence de cette étagère dans ce bar paraît incongrue. Je me lève pour prendre connaissance des auteurs, et là, étonnement....Un livre de toi... J'attendais avec impatience comme un gosse que Céline revienne pour lui dire ce que je ressentais, je n'en revenais pas. Elle seule à ce moment là pouvait comprendre ce grand moment d'émotion qui me traversait. 

J'ai demandé au patron du bar comment ce livre était arrivé là ; il ne le savait pas ayant repris le bar quelque temps plus tôt ; je lui ai proposé de lui acheter le livre mais il n'a pas voulu.

Je repense souvent à cette anecdote qui m'a beaucoup troublé.

Je n'ai pas osé t'écrire tous ces derniers temps d'épreuves pour toi. Ce n'est pas faute d'avoir pensé à toi. Je serai là pour t'écouter le 8 avril à Bron  Amicalement  Gérard  "

 

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Edito février 2008
 
6/02 . Mercredi des Cendres
 
« Souviens-toi homme que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière... »
Pour fêter cette joyeuse nouvelle, m'en suis allé manger un aïoli à Sisteron. C'est la tradition en Provence et certains restos la perpétuent, et moi j'aime les traditions, les restos et l'aïoli.(accent tonique sur le O: aïOli!
 
Lundi, c'était la sixieme chimio. Me voici au milieu du gué... O gué o gué!
Ma « masseuse aux doigts de fée »  était au rendez-vous et nous avons vécu une belle surprise tous deux.
Nous avons devisé, je lui appris que j'écrivais des chansons, elle aime écrire et joue du piano et soudain elle me dit: « il faut tenir la lampe allumée » et moi, illico, je fredonne «  nous tenons la lampe allumée nous ne vieillissons pas ».
Elle s'immobilise et me dit l'air très étonnée: « vous connaissez Jacques Bertin? » et moi «  mais oui, il était chez moi début janvier, c'est un ami ».
Alors là, très grave , elle me dit:  «  Moi, j'ai deux hommes de coeur dans ma vie; Jacques Bertin et Christian Bobin ». J'avais dans mon panier un livre de Bobin que je finis, « la folle allure » et une lettre pour Monsieur J.Bertin à Chalonnes sur Loire!
Il y a de merveilleux hasards qui font lumière même dans des lundis tristes d'hôpitaux.
Je lui ai promis que la prochaine fois, je lui offrirai mon dernier CD.
Bertin n'a qu'à bien se tenir!
 
Le travail que j'ai commençé avec Hélène Sage, musicienne à Toulouse sur le Jeanne d'Arc de Joseph Delteil avance bien. Ce sera beau et fort je crois. Avec un peu de chance, il sera peut-être prêt pour Noël.
 
J'ai enfin retrouvé une version en public du « sketch du Marseillais » (mes premiers auditeurs s'en souviennent encore) et je pense le faire figurer dans un CD « de derrière les fagots » sous le titre « Archives ». J'y mettrais des extraits de vieilles cassettes léguées par mon amie Germaine Graindor (à qui fut dédié le CD « célébration de l'Oiseau en 1992) et qui s'en est allée au paradis le jour de ma sortie d'hôpital. Elle avait 87 ans. J'ai pu être présent pour ses obsèques. Elle avait demandé qu'on passe la chanson « célébration de l'Oiseau » à l'entrée de la messe.
Bienheureuse Germaine, qui pendant presque cinq ans m'a permis de joindre les deux bouts chaque fin de mois, du temps que chanter ne nourrissait pas votre serviteur.
Elle fut mon « Grain d'or » de son vivant et son leg (plus de 50 cassettes, photos et articles parus sur moi) me donne encore du grain à moudre.
Merci l'amie!
 
 
Je voudrais vous faire partager des extraits de lettres ou de courriels reçus ces temps-ci.
 
 
A propos des larmes et de J.S Bach (voir édito précédent) de J.Bonnadier
 
Salut, mon Philippe, ce que tu écris du bord des larmes est magnifiquement juste. Mais faut-il craindre de quitter le bord? "Les vraies larmes, écrit Jean-Loup Charvet, haute-contre et historien de l'art (1961-1998) dans "L'Eloquence des larmes" (Desclée de Brouwer), donnent son temps de parole au silence.
« C'est quand nous pleurons vraiment que l'invisible soudain vient transir le visible, s'écrit sur nos visages en s'incarnant, c'est à dire en s'effaçant. L'icône d'un visage en larmes est aussi celle du Dieu voilé"...
Et puis "qu'il est beau l'homme qui pleure!", notre cher Bernard Haillant l'a chanté mieux que quiconque...
Et, comme dit aussi Tachan dans une chanson des années 80 : "Larmes de joie, larmes de peine/Mystérieuses et tièdes fontaines/Coulez, coulez le long des joues/Le calme et la paix sont au bout"...
A propos de Bach, "le 5e évangéliste", tu as raison. C'est à lui que l'on revient toujours. Les cantates, bien sûr et celles que tu cites en particulier. A propos, sais-tu que le vrai titre de "Jésus, que ma joie demeure" est "Que Jésus demeure ma joie"!....
 
les larmes (Henri Tachan)
 
Etait-ce pour un mélodrame
Que vous versâtes ces grosses larmes,
Pour la Strada de Fellini
Ou pour un laurel et Hardy?
 
Etait-ce pour une pièce triste
Ou pour un gugusse sur la piste
Que vous laissâtes sous vos paupières
Filtrer deux petites rivières?
 
Larmes de joie, larmes de peine,
Mystérieuses et tièdes fontaines,
Coulez, coulez le long des joues,
Le calme et la poix sont ou bout.
 
Etaient-elles dues à la chatouille,
A une gifle, à une brouille,
A un chagrin, à un fou rire,
Ces larmes que je vis jaillir?
 
Etait-ce dépression nerveuse,
Histoire grivoise, amours heureuses
Qui inondèrent votre visage
De cette pluie salée d'orage?
 
Ces belles larmes de crocodile,
Provenaient-elles d'un bacille,
Etait-ce un rhume de cerveau
Qui vous fit pleurer comme un veau?
 
Ces jolis yeux qui vous picotent,
Etait-ce à cause de l'échalote
Que vous coupâtes simplement
Ou bien de la mort d'un amant?
 
Les larmes sont comme la musique,
Fleuve qui roule, pacifique,
Tout autour, autour de la terre,
Les hommes qui pleurent sont frères,
 
Les larmes son internationales,
Quand tu vois un Chinois qui chiale
Tu causes chinois à ton tour,
Les larmes sont langage d'amour...
 
Larmes de joie, larmes de peine,
Mystérieuses et tièdes fontaines,
Coulez, coulez le long des joues,
Le calme et la paix sont ou bout.
 
Messieurs, messieurs, messieurs les mâles
Qui r'tenez vos glandes lacrymales,
Comme les enfants et les femmes,
Allez, laissez couler vos larmes.
 
 
 
 
Des larmes encore, de Myriam.P
 
Comme la bougie pleure des larmes de cire
Quand elle éclaire la nuit de sa flamme llimpide
Ainsi l'eau de mon âme ruisselle sur mon visage
Car au creux de mon coeur brûle un feu d'amour pur
 
La lumière disparaît quand la mèche expire
Elle qui dans la nuit fait briller son message
La chaleur de l'amour m'a rendue intrépide
Elle qui dans le jour m'entraîne vers l'aventure
 
Pleurez ô larmes de cire
Pour attendre le jour
Brûle ô feu de l'amour
Pour créer l'avenir
 

 

A propos du vin, de Josiane .G.
 
Petite fable viticole ... pour les amateurs de bons vins
C'était il y a quelque temps, au bal de la Nuits-Saint-Georges que j'ai rencontré la petite Juliénas, une fille drôlement Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée, et sous sa robe vermillon un grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraises des bois.
On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et, plus tard, lorsque je lui ai proposé de l'emmener dans mon Châteauneuf-du-Pape, elle est devenue toute Croze-Hermitage.
Le temps d'aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre un petit Corton dans ses cheveux, on est montés dans ma Banyuls et on a roulé jusqu'au matin.
Ah, quelle belle journée ! On s'est baladé Entre-deux-mers, il faisait beau, on a Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l'eau Clairette, on s'est Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey montait sérieusement et qu'on commençait à avoir les Côtes-Rôties, on a décidé de rentrer.
Mais voilà, en partant nous nous sommes retrouvés coincés dans les embouteillages, enfin les bouchons, quoi ! Je commençais à Minervois sérieusement et là, Julienas et moi, nous avons commencé à nous crêper le Chinon.
D'un seul coup elle a claqué la Corbière de la Banyuls et elle est partie. Je me suis retrouvé comme Macon. Quoi, me suis-je dit, elle s'est déjà Sauvignon avant même que j'ai le temps de la Sauternes ! Mais je vous Jurançon, je l'avais dans la Pauillac, en effet, j'étais tellement Tokay que j'ai couru après elle dans Lalande et les Chardonnay pour la rattraper.
Quand on s'est retrouvés, et que je l'ai vue devant moi en Gros-plant, je lui ai dit "Ne fais pas ta Pomerol, et ne t'en va plus Gamay". En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran "Ne m'en veux pas, je voulais juste être sure que ton Saint-Amour était vraiment Sancerre".
Depuis on ne s'est plus cuité!
 

 

 

À propos de rencontre-souvenir
 
Lettre ouverte à Philippe Forcioli
« V'là un p'tit bout de temps aujourd'hui que je chante
A l'écart des chemins qui mènent à l'Olympia
De l'Olympe des stars ma voix s'est fait distante
Jamais pu me mêler à ces galimatias »
J'avais 16 ans, j'étais un lycéen révolté et rêveur, déjà militant borné, orgueilleux, écrivant depuis 2 ou 3 ans mes premiers bouts de chansons qui imitaient maladroitement Brassens, Beaucarne, Ferrat ou Sylvestre.
Une bénévole de l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, dont j'ai fait partie plusieurs années), connaissant ce penchant pour l'écriture, m'invita pour un concert d'un certain Philippe Forcioli, à Velaux, près de Vitrolles, au profit de l'association.
En descendant de la voiture, je dis « bonsoir » à un homme, tout en barbe et sandales, qui attendait une cigarette au bec. Il avait le regard rassurant et bon, c'est sans doute pour ça que je m'en souviens.
Je ne savais pas ce qui m'attendait : le voilà qui, quelques minutes plus tard, débarqua sur scène et se mit à dire, à chanter, à jouer de la guitare d'une manière très singulière, à nous emmener dans un monde où les mots sont volatiles, où les voyelles prennent des couleurs, où la tendresse est rayonnante – non, ce mot n'est pas une mièvrerie pour les gentils dont nous sommes...
Le poète vous prenait dans ses bras et disait : « t'en fais pas, ça va aller ».
Un type « armé d'amour », hurlait Nougaro !
Celles et ceux qui me connaissent bien savent à quel point ce Forcioli-là a compté parmi mes plus chères et intimes références et influences dans l'univers de la chanson.
Je l'ai revu maintes fois sur scène, nous avons échangé quelques lettres et coups de fil, il m'a permis de chanter lors de l'inauguration de sa Bergerie à Rougiers (où je fêtai dignement mes 20 ans un an plus tard avec mes amis), je l'ai reçu dans mes émissions sur Radio Dialogue, nous nous sommes revus à l'occasion de concerts d'Anne Sylvestre, Julos Beaucarne, Georges Moustaki et Jacques Bertin.
Recevant une cassette de mes premières chansons, mal enregistrée, il m'envoya une lettre pleine d'encouragements et de remarques, sévères mais justes, pour l'apprenti chanteur que j'étais.
Autour de lui, j'ai découvert d'autres poètes et chanteurs de grande valeur humaine et artistique : Michel Melchionne (que j'ai souvent retrouvé aussi), France Léa, Jean Duino... Quelle belle époque ce fut au théâtre de Lenche, au Comoedia d'Aubagne, au Toursky, à l'Escoutille.
Les années ont passé. J'ai tracé mon petit bonhomme de chemin dans la chanson en élargissant encore mon univers et ma passion, fort des encouragements reçus : autres manières d'écrire, autres rencontres, autres publics. Concerts, livre, disque pour enfants, maquette.
Puis j'ai tout arrêté, 4 ans, le temps de renouer avec l'envie d'écrire et de chanter alors que cela devenait par trop mécanique et superficiel et que je me prenais vraiment trop pour un génial chanteur. J'ai pris du recul, travaillé sur un livre et de nouvelles chansons, je reviens peu à peu, pas à pas, nouveau bouquin et projets de concerts en poche. Mais les sirènes ne m'auront plus.
Au final, avec Philippe, nous nous sommes un peu perdus de vue d'année en année, prenant des routes différentes. J'ai continué à lire, à écouter ses chansons et poèmes. Un peu par hasard, je suis tombé cette semaine sur les derniers éditos qu'il a publiés sur son site.
J'ai été touché, bouleversé par tout ce qu'il y écrit. Je lui enverrai mon bouquin, pour qu'il sache que je pense à lui, à ses chansons et à sa « posture » (comme on dit) dans le métier. Dans l'épreuve que cette vieille pisseuse de vie lui fait subir, je lui envoie mon amitié, mes fraternelles et chaleureuses pensées, et je souhaite de tout coeur le revoir lors d'un prochain passage à Marseille ou si mes pas me mènent du côté de Sisteron.
Car « le pays où crèche un ami, c'est notre pays »...
 
Pour en savoir plus sur cet artisan- chansonnier:
http://selegen.canalblog.com
 
 
 
 
et cet extrait de C.Bobin reçu de Michèle Bernard, la Piaf de Lyon:
 
Bonjour Philippe, je venais juste te faire un grand salut amical, en ce
temps de froidure extrême, et te dire que je pense à toi
Tiens, deux doigts de Bobin:
"J'écris avec une balance minuscule comme celles qu'utilisent les
bijoutiers. Sur un plateau je dépose l'ombre et sur l'autre la lumière. Un
gramme de lumière fait contrepoids à plusieurs kilos d'ombre."
Je t'embrasse
Michèle

Voilà, je clos mon dernier édito. Bonne fête à toutes les Jacqueline.
 
Le 8/02/2008
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Edito Janvier 2008

 

20/01

Il y a un bord des larmes qui ne se franchit jamais, un peu comme cette feuille morte ou ce bout de bois au fil d'un torrent.

Ils tournent, hésitent et ne reçoivent pas le petit coup de pouce favorable qui les fera continuer à dévaler au gré du courant libre.

Ils tourneront longtemps de ce rocher à ce bord de sable, prisonniers et sans autre issue que de frôler ce bord de chute incessamment.

C'est une montée des eaux un matin ou une nuit, un coup de vent, un autre bout de bois qui leur donnera ce coup de rein nécessaire pour continuer le voyage.

Le bord des larmes est ainsi pour certains, c'est une poussée d'ailleurs qui ouvrira les vannes; une musique de la plainte, un vin lourd ou une désolation plus grande que celle que l'on porte soi-même comme une nippe usée.

Je suis de ceux-là avec des milliers d'autres. Je refuse par orgueil, par décence, par lucidité, que sais-je, un quelconque apitoiement personnel, mais que la charge est lourde en ces temps d'hôpital.

Ces traitements anti-cancéreux réduisent la personne à l'état de chaussette triste, dans le corps , dans la vision d'avenir, dans la tendresse du coeur.

Pauvre et triste. Il y faudrait des larmes peut-être.

Il y a un bord des larmes qui ne se franchit jamais.

Peut-être que le clown authentique est qui sait faire de ses larmes retenues une cascade de sourires sur le visages de ses frères.

 

21/01

Lundi, nouvelle chimio. Je la redoutais cette cinquième là, car la précédente fût celle qui m'altéra le plus depuis le début. Je ressors léger comme une plume et l'esprit alerte et serein.

Il y a que, grâce à un plan « anti-cancer » décidé par le précédent gouvernement, je bénéficie comme tous les malades longue-durée des hôpitaux de France, d'une séance de relaxation prodiguée par une dame aux mains de fée.

En trois-quart d'heure , cette dame « reflexologue » m'a procuré un bien fou: massage doux sur les mains, les pieds, les mollets le cou, les épaules et le visage. Comble de chance , elle officie tous les lundis et donc, je bénéficierai de ses soins les sept chimios restantes!

Si c'est pas de la chance tout ça!

De plus le personnel de l'hôpital est avec moi d'une attention bienveillante qui me surprend chaque fois. Je pense que mon petit statut « d'artiste » y est pour quelque chose, on est parfois plus célèbre (donc choyé par les autres) qu'on le pense.

Authentique: j'ai reçu dans ma boîte aux lettres à Salignac, une lettre transférée par la poste de Digne et adressée à Mr Forcioli Philippe -artiste chanteur- 04000 Digne!

J'habite à 50 km de là!

C 'est pas donné à tout le monde hein?

Ben à moi, si! Gnagnagna tralalaïtou hi han!

 

De plus, plume sur le gâteau, heu, cerise sur le chapeau, enfin, vous m'avez compris, une infirmière aux beaux yeux me dit à ma sortie: « tenez-bon monsieur Forcioli, on compte sur vous! ».

On compte sur moi!!!

Ah, si cette année 2008, chaque jour m'apportait et vous apportait autant de cadeaux que ce lundi, qu'il s'ouvrirait enfin avec un doux sourire cet avenir qui semble souvent si lourd, si décevant, si angoissant. Si la France et ses vivants en son entier voulait bien passer plus de temps à donner, à construire , à aimer, plutôt qu'à ricaner, à cracher , à détruire, la balance du bon pencherait une bonne fois pour toutes vers la cible unique de tous les coeurs d'enfant, le nom sacré: Amour.

Quoiqu'il en soit et gonflé à bloc comme je le suis to day, je préfère avertir les Sarkozy, Royal, Bayrou, Strauss-Khan ou autres qu'ils peuvent commencer à se faire des cheveux blancs, car en 2012, je les bouffe!

Oui, j'ai décidé et je profite de la tribune internationale que me permet ces éditos lus par des millions d'internautes, d'annoncer ma candidature à l'élection suprême à venir!

Ca va barder nom d'un petit bonhomme!

 

22/01

En fait , après réflexion avec moi-même ici-présent, j'ai décidé de me présenter au poste de roi. Voilà, roi. Pas Grand Roi, non, petit roi me suffit. Ca ne mange pas de pain (que de la brioche!) et je n'en mangerai pas beaucoup vu que la mienne atteint déjà la limite respectable d'un genre Louis Philippe, très prisée d'ailleurs par les connaisseurs et sseuses du goût français.

On m'appellerait Louis Philippe II, je rendrais la justice le matin à ceux à qui on l'aurait dérobée la veille, visite des maisons , des gens, des enfants et des vieux l'après-midi avec des écus d'or et des bonbons plein les poches; chacun pourra choisir ce qu'il préfère et dîner le soir aux chandelles et musiciens-poètes calmes, doux, fins, sensibles intelligents logés, nourris, payés juste le tarif commun à tous, me chargeant moi même de la tambouille car je sais très bien accommoder les restes et les reliefs des banquets que les grands du pays ne manqueront pas de m'offrir le dimanche jour de repos. Vin à volonté, on est en France et vive la treille!

Ah le bon le doux, l'aimable altier, le riant allègre, le gentil, le courtois, le charmant petit royaume que cestuy-là.

Bon, rendez-vous en 2012.

 

le 23/01

Jean-Sébastien, c'est l'Oiseau.

Il y a des milliers d'oiseaux, du gabian à la grive-musicienne, du corbeau-freux au pinson, du vautour à l'alouette et du dindon au rossignol, que sais-je! Chaque musicien est un oiseau avec son charme qui plait ou pas: Fauré est une grive-musicienne et Wagner un dindon, bon, mais Bach, Jean-Sébastien, c'est l'Oiseau.

Il est tous les volatiles ensemble, il les glorifie tous et les élèvent au rang des anges . Il est le maître-étalon, il a tout vu, tout senti, tout retranscrit, du léger au gravissime, du déchirant au jubilatoire, du divin à l'humain.

Michel Melchionne, guitariste qui a joué dans l'essentiel de mes enregistrements et qui s'y connaît un tantinet question musique, me racontait les conditions dans lesquelles Jean-Sébastien a composé «  Jésus, que ma joie demeure », la mélodie la plus douce, sereine, pacifiante et pacifiée qu'il soit.

Il revient d'un long voyage, concerts aux quatre coins d'Allemagne, la pluie, les routes et démarches humiliantes pour qu'on lui accorde quelques subsides pour nourrir sa nombreuse progéniture, son épouse, lui, sa maisonnée, ses partitions, ses instruments, ses cordes, ses hanches pour hautbois, ses crins de cheval pour archet, enfin tout l'ordinaire d'un musicien-compositeur de son époque quoi.

Sa servante le reçoit au seuil de la maison et lui annonce d'un air effondré:

« - Maître, j'ai des nouvelles terribles pour vous...

-...

- Votre épouse chérie est morte

- ...

- ...et votre dernier-né est mort aussi après elle... »

Jean-Sébastien entre, embrasse tous ses enfants en pleurs, monte dans sa chambre où il travaille et demande qu'on ne le dérange pas.

C'est cette nuit là qu'il composera ce chef- d'oeuvre d'amour et de paix.

 

Depuis des mois je nage, je flotte , je fais la planche sur ses cantates, plus de 150!

Une féerie pour l'oreille et l'oreillette et nul besoin de comprendre l'allemand. Jamais la voix humaine n'a été porté aussi haut, plus haut que les tous les oiseaux du monde.

Si vous avez des sous ou le temps d'aller à la discothèque municipale, écoutez ces sommets de la jubilation: dans la cantate N° 78 « Jesu, der du meine Sede », le duo « Wir eilen mit schwachen », dans la 132, l'aria qui ouvre la cantate, « Berereit die Weige, bereiret die Bahn » (préparez les sentiers du Seigneur », une splendeur qu'on aimerait savoir chanter au sommet des montagnes ou en dévalant un pré en fleurs ou la lancinante et si prenante mélodie « Stumme Seufzer, stille Klagen » dans la N° 199 (toutes BWV comme il se doit)

Je ne sais quelle est la plus belle entres toutes, en ce moment ma préférence hésite entre la 199 et la N° 106 « Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit » ses duos, son trio, mais surtout son aria « in deine Hände », une mélodie d'une ferveur priante à donner larmes aux yeux.

Que de beauté, que de trésors offerts, tous les volatiles de la création en cascade, en corolle, en kyrielle , en écharpe de bonté universelle! Car un piano sonnera plus ou moins toujours comme un autre piano, une flûte, un basson, des timbales de même, mais la voix, la voix, il en est des milliards et chacune son charme et son génie. Qui écrit pour la voix sonde l'âme humaine et en offre au monde ce qui s'y trouve de plus bouleversant, au plus proche de nous.

Jean-Sébastien, bienfaiteur de l'humanité, autant que Pasteur, saint Vincent de Paul ou Bouddha.

« Dieu doit beaucoup à J.S Bach » écrivait le sceptique Cioran.

Oh que oui!

 

25/10

Mardi prochain, j'irai charcuter!

Grâce aux amis Sandrine et Laurent, agriculteurs-bio, à deux pas de chez moi. Ces jeunes gens ont inventé une formule formidable , simple et qui leur permet de travailler bien et sans aucun emprunts qui ruine l'agriculteur français.

12 vaches, quelques hectares pour le fourrage et quelques hectares pour du blé. Tout en bio.

Une fromagerie et un four à pain. Avec la vache du lait, avec le lait, six ou sept sortes de fromages, tome, gruyère, brique, reblochon... avec le blé, du pain chaque semaine (400kg environ) le tout vendu soit à domicile, soit sur deux marchés, pas plus, les vendredis et samedis.

C'est avec les restes de lait et du blé moulu ( petit-lait et son) qu'ils nourrissent grassement une douzaine de cochons heureux comme des papes, et voici venu le temps d'en faire l'abattage pour la viande et quelques charcuteries.

La première fois que j'ai assisté à l'abattage d'un cochon, c'était en Corse dans mon village, vers 1960. On saignait et on laissait l'animal hurler pendant plus d'une demi-heure, pendu les pieds en l'air, une horreur. Ce spectacle m'avait terrorisé. D'ailleurs, la sagesse corse faisait très tôt la distinction entre les enfants qui pâlissaient, pleuraient ou s'enfuyaient au premier jet de sang jailli de la gorge de la bête et les enfants, qui voulaient aider, et s'intéressaient à ce rituel. Les premiers seraient destinés aux études ou au séminaire, les autres à la terre. Pas bête en somme!

Je n'ai pas changé et la vue du sang et la violence de la mort me bouleverse chaque fois, mais je me suis persuadé que si l'on mangeait de la viande, on devait être capable d'accompagner le sacrifice obligé.

Je joue le rôle de bras disponible; car entre la capture du cochon et son immobilisation avant que le tueur ne lui décoche son coup de pistolet entre les deux yeux et le dernier nettoyage à l'eau claire de la pièce de travail, il y a mille gestes, du découpage à la préparation de la charcuterie. Je me suis « spécialisé » dans le fromage de tête, mais j'ai réussi à faire du figatelli l'an dernier! Saucisse, saucisson, pâté de foie complète « l'opération cochon ». C'est long, salissant, fatiguant, un peu rébarbatif toute cette barbaque, mais bon, quand vous voyez les enfants et les amis se régaler autour du grill et sa saucisse qui rissole, vous mesurez que la terre est belle, généreuse , que ça valait le coup et que vous avez bien de la chance d'avoir des amis agriculteurs!

 

Je voulais écrire sur Verlaine, sur certaines pratiques douteuse des pharmaciens (à mon sens), sur Jeanne d'Arc de Delteil dont j'ai commencé l'adaptation en vue d'un double-cd à paraître avant la fin de l'année si tout va bien, mais bon, je remets tout ça à un prochain édito.

 

Merci de me lire, de m'envoyer encouragements et commandes de cd qui m'aident pour ce fameux beurre dans les épinards, au propres et au figuré!

 

J'ai décidé d'honorer mon contrat au théâtre de Vals les Bains, le 15 mars avec B.Abeille. J'espère y revoir mes amis ardéchois « coeurs fidèles » et donner un beau concert.

Bien à vous tous

 

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Edito Noël 2007


A propos de mon histoire de truffes (voir chapitres précédents), je reçois d'un Philippe, vivant en Corse de surcroît, un petit mot affirmant qu'en fait mon histoire de truffes n'a rien à voir avec le mensonge.

«  ...c'est un superbe message de ton inconscient au plus proche de la réalité, chaque chanson étant hors des circuits faciles, aussi rare, précieuse et de grande valeur que ces champignons là... donc il n'y a pas mensonge , seulement une belle allégorie. »

Voilà, Philippe a trouvé le mot juste et précis; ce n'était pas un mensonge, mais une « allégorie »! FARPAITEMENT, une allégorie!

Car il y a les mauvais menteurs et les bons allégoristes.

Un mensonge est une mauvaise allégorie et l'allégorie un bon mensonge, car l'allégorie est une parabole pour plus de sens, donc plus de vérité alors que le mensonge est un rideau de fumée pour cacher le sens, donc la vérité.

J'étais comme Monsieur Jourdain, je faisais dans l'allégorie et je l'ignorais!

Bravo Philippe pour votre discernement et votre objectivité, qualité bien connue des corses....

...du Sud!



Noël sera là tout bientôt.

Pour la 2007eme fois, le petit Jésus va naître dans une crèche, entre Marie, Joseph, un boeuf, un âne, tous les quatre, pauvres et doux.

Doux mensonge pour les uns, événement fulgurant marquant le compte à rebours de l'ici-bas et de l'au delà, hommes et univers, jouets bénis dans la main de Dieu, pour d'autres.


« Je crois en Dieu car il n'y a pas moyen de faire autrement » écrivait R.G Cadou.

Après avoir tout lu, tout confronté des raisons et des croyances de ce que mon niveau d'intelligence ait pu comprendre et ressentir, je ne puis que me ranger à son aveu.

Je suis un piètre fidèle, aux fautes sans nombre sur mon ardoise, je me suis reconnu mille fois dans le jeune homme riche, le grain semé sur les pierres, le pharisien, Ponce Pilate, Pierre reniant, Judas trahissant, mille fois ma face de ténèbres s'est trouvé absoute et réconciliée par Sa Face de Lumière, ce Jésus de Nazareth, né, dit la belle histoire, dans une crèche à Bethleem, il y a 2007 années.

Je suis né, j'ai vécu, je mourrai ainsi. Amen.

Tous celles et ceux qui sont piqués de cette même folie là liront en s'émerveillant comme moi ce texte reçue d'une amie; tous les autres, je le sais , ne m'en voudront pas.


« Le temps viendra bientôt où cet enfant à demi-nu que tu rencontreras dans la plaine, ce petit mendiant d'amour devra avouer que son père n'est pas de ce monde.

N'est-il pas dit que sa volonté sera faite sur la terre comme au ciel?

Et c'est lui ce bambin ignoré qui saura redonner aux fleurs leur parfum et à la vie son goût, lui qui déjà trace les nouveaux sillons d'espérance dans cette terre souillée et épuisée, pour en faire un terreau riche de toutes les semences de l'avenir. Dieu soit loué!

Amis, qu' il me soit permis de vous faire partager cette bonne nouvelle!

Cette espérance, je l'ai reçue comme on reçoit, certains soirs d'été, la bénédiction de la brise.

Si cet enfant de Dieu n'existait pas, ce serait le moment de l'inventer. Mais il existe, foi de vivant, de toute éternité, et c'est le moment de l'accueillir.

Il est là, faible et nu, et nous ne le voyons pas. Il est là avec sa gravité de Christ et sa naïveté radieuse et balbutiante toute pareille à celle des quatre cent mille enfants qui naissent chaque jour sur cette terre.

Que la joie soit votre étoile du berger, enfants qui découvrez cette ère nouvelle!

Et vous hommes de l'ancien millénaire, réjouissez-vous de même! Que vos yeux fatigués par un monde trop vieux baignent dans ces cent mille étoiles de jouvence, de songes, de parfums et de silences retrouvés!

Car nous sommes au commencement de tout!

Gardez à l'esprit que nous ne sommes jamais abattus comme un arbre peut l'être. Il nous reste toujours assez de sève pour nous redresser et assez de lumière pour nous fortifier. Il nous reste encore, même lorsque nous devenons arbre noueux et sec, le murmure d'une brise légère pour nous rappeler à la vie, fût-ce dans ce qu'elle a d'infime. Et dans l'élégante mélancolie du crépuscule, il nous reste surtout la chance de voir sur l'une de nos branches se poser un oiseau et d'entendre son chant avant que ne se révèle en nous le silence éternel et secret.

Chassez loin de chez vous ce piètre convive qu'est la tristesse! La réalité de Dieu est plus belle encore que vos rêves! Que vos alléluias retentissent jusque dans les galaxies! Chantez, dansez, fêtez la bonne nouvelle dans l'attente de l'aube fraîche! Et au matin,n'oubliez pas de rendre grâce: souvenez-vous que vous avez été heureux et que demain, si Dieu le veut, vous le serez davantage encore. »

Extrait de «  Nouvelles de la vie sur terre » de François Garagnon.



Reçu de Christine Pichette, la fille d'Henri, dont j'ai adapté dans mon dernier disque, son « Ode pour veiller jusqu'au jour », le dernier recueil publié par son papa poète: « les ditelis du rougegorge. »

J'ai eu la chance rencontrer Henri Pichette dans sa petite chambre , place de la République en Paris, il y a plus de vingt ans. Il travaillait alors sur cet ouvrage dans lequel, il voulait recenser tout ce qui avait été inspiré en France, en légende et en vocabulaire par cet petit oiseau de nos hivers et il le considérait comme le plus touchant, le plus symbolique, le plus évangélique de la gent ailée, « ..nos frères les oiseaux ».

Je ne résiste pas de vous citer quelques extraits de ce petit bijou de livre (chez NRF-Gallimard-mai 2005)


« Le ciel a neigé toute la nuit. Les rougegorges sont en grande misère. Ils ont beau se bouler contre le froid cribleur d'aiguilles, ils fredillent de tout l'être. Regarde, il y en a un qui mendie à la fenêtre. Ouvre,ouvre-lui vite, vite! Tout son bonheur du monde est dans ta main qui tourne la crémone. »

un autre


« Ecoutez-le qui ramage dans la ramure,

qui susurre à bout de branche,

qui chantuse à coeur de haie;

écoutez-le

qui tristille dans un arbrisseau défeuillé,

qui pibole sur une margelle poudrée à frimas,

qui gringotte sur une sucrée de neige;

écoutez-le qui gazouille à la cime, en grand émoi devant les pourpres du soleil

et, comme en rêve, pour peu que se présente l'occasion heureuse,

écoutez-le

qui didedule par une belle nuit de lumineuse lune. »

 

et un dernier


« De Jésus qui priait au jardin des Pardons, un petit oiseau s'approcha. Haut sur ses pattes fines comme aiguilles, la plume brunette un peu olive, l'oeil rond comme un cassis, il s'en venait frisant le sol, sautillant et parfois s'arrêtant pour faire une révérence. Une brise lui avait dit que cet Homme-là était le coeur fait homme. Que voulait-il bien ce petit passereau du monde? Il désirait visiter le coeur du Fils. Alors, souriant, Jésus lui ouvrit son coeur, et le petit oiseau entra dans la cage des côtes: il y fut pris d'amour, et battit des ailes au rythme des pulsations divines. En souvenir de cette visite, Jésus lui empreignit la lumière de son sang sur la poitrine. Désormais, l'oiseau était baptisé rougegorge.

Chaque jour, un rougegorge témoigne discrètement de cette sorte de légende sur la branche du temps.

Qu'il en tire profit, celui qui a des oreilles pour entendre. »


Ah! la belle plume, ah! le bon poète, Pauvreté ( nom du rougegorge en Orléanais) en notre pays en hiver de poésie.

Oui , Henri, « en plain-chant de poésie, ta plume est un outil! »


J'avais moi aussi écrit, sans connaître la dévotion de Pichette pour lui, un hommage à ce compagnon de mes fenêtres de solitude:


« Tant qu'un frère rougegorge

à la porte d'hiver

picore un bout de gras en chantant  « c'est un ver! »

et qu'un poète honnête

sourit sachant tout ça

Mon Dieu ça va Mon Dieu ça va. »


Voilà, pour conclure, je sais que beaucoup d'entre vous viennent faire un tour sur le site

( scrupuleusement tenu par JC Alérini de Lyon, merci l'ami), pour s'enquérir de ma santé entre autres.

Leur dire « Mon Dieu ça va! » , une chimio tous les 15 jours, ça me fatigue trois, quatre jours et le bonhomme repart en forme. C'est le lot, je ne suis vraiment pas à plaindre, il y a la vie, tous les témoignages d'amitié que je reçois.

Merci la vie, merci à vous.

A vous, dans vos vies, avec vos amours heureuses ou malheureuses, vos corps pétants de santé ou fatigués, vos enfants, vos petits-enfants, vos soucis, vos projets, je souffle les yeux fermés toute la paix de mon coeur.


A l'an que ven et buon Natale.

Pace e salute


                           

19/12/2007


 

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Edito décembre 2007

 

Les mensonges sont des boomerangs, ils vous reviennent en pleine figure si vous n'y faites pas gaffe !

C'est ce que je me disais en entrant dans le dispensaire, craignant de me retrouver nez à nez avec l'infirmière que j'avais « truffée » de balivernes la dernière fois (voir chapitre précédent).

Mais elle n'était pas là.

« Ouf ! » me dis-je par-devers moi (c'est pas de la littérature ça ?), et les soins finis j'allais m'en aller tranquillement quand un grand infirmier avec un bonnet vert (un anesthésiste, sûrement) entra dans la pièce, se dirigea vers moi et, d'un ton complice, à voix basse, me dit en souriant sous cape : «  Vous savez, ça m'intéresse beaucoup les truffes, c'est pour une surprise. »

Je n'ai rien laissé paraître, malgré l'attaque rude et frontale, mais une fois le coup encaissé je fus, oui je dois le dire, assez sublime, car, soignant le mal par le mal (dans une infirmerie, cela va de soi), je lui ai balancé à voix basse moi aussi, et du ton le plus patelin possible, un autre gros mensonge, et sans rougir pour autant : « Ah la la, je suis désolé, mais quand bien même je voudrais je ne pourrais pas, toute notre production est essentiellement réservée à l'exportation !  »

A ce mot d' « exportation », l'homme se redressa tel un soldat devant son général en chef, il ne claqua pas des talons mais presque, et me dit, fier de lui, de moi, de la Provence et du pays en son entier :  «  Ah, si c'est pour l'exportation... alors je comprends ! »

Amis, si l'on vous demande quelque chose que vous n'avez pas, dites que c'est réservé à l'exportation ; ça fait sérieux, mystérieux mais crédible, ça fait rentrer des devises au pays, donc d'utilité publique. Vous pouvez vous éloigner nimbés d'une aura de héros.

Vous n'avez rien donné mais vous avez beaucoup reçu, c'est tout bénef quoi !

Et vivent les mensonges !

J'ai reçu plus de 150 lettres d'amis proches ou lointains pour me souhaiter un prompt rétablissement.

Je répondrai à tous un petit mot avant Noël, j'espère. A l'intérieur, de belles cartes, de beaux dessins, des poèmes et des feuilles d'automne éclatantes d'ocre, d'or et de roux.

Mais je voudrais partager avec tous une lettre qui m' a ému, car elle rejoignait le fond de mes questions lorsque j'ai dû entrer en salle d'opération.

Elle m'est adressée mais je crois qu'elle s'adresse à tous, à toutes celles et ceux qui passent comme moi un jour dans cet entonnoir d'angoisse nommé «  cancer ».

 « La nouvelle se répand comme poudre blanche au soleil et c'est heureux car nous sommes tous l'Un et l'Autre.

Je suis touchée. Je suis là, je ferme les yeux et j'aperçois une lueur de joie, de désir d'être, une quête à l'essentiel toujours présente ; chercheur de vérité !

Là dans ton antre

s'est couchée

l'hydre qui t'attend

qui appelle ton Amour

sa Vérité

parfois nous nous demandons comment aimer « ça », tellement de compassion nécessaire pour arriver à se pencher, à descendre jusqu'à sa hauteur. Allons la rechercher, celle qui est au fond, là-bas, au fond du puits. Apportons-lui notre confiance absolue, caressons notre désarroi.

Aimons-la, aimons-nous à travers elle, elle est l'épreuve de la vérité qui se donne à la vie.

Voilà ce que je peux partager avec toi, dans ton épreuve du moment.

Observé en mon âme tranquille.

Bien à toi.

F. M. »

 

Un autre texte qui m'a touché, mais qui ne m'était pas adressé à moi directement.

C'est la fin de la petite préface au dernier disque, enregistré en public, du grand Bertin, « Que faire ? » (pour se le procurer : disques Velen - http:/velen.chez-alice.fr).

C'est clair, net, précis, et ça dit simplement, vraiment, ce que nous sommes des milliers à sentir, à penser, à souffrir, artistes comme public :

« Les gens se serrent dans une salle, autour de la parole et du chant. Un projecteur et le silence. Cette géométrie génère comme une grâce, un état miraculeux qui fait qu'ils peuvent alors entendre des choses terriblement émouvantes, douloureuses parfois, et s'en trouver pourtant pacifiés, apaisés.

Ce miracle est celui de cet art que nous appelons la chanson.

Il est aujourd'hui galvaudé, détruit, trahi, sali par les variétés, le bruit, les décibels, les hurlements, les fumigènes, tous ces comportements artificiels et mécaniques, qui semblent vouloir arracher de notre culture ce qui était une richesse inouïe, son trésor. »

 

Je ne sais si l'envie d'écrire un autre édito me viendra d'ici à l'année prochaine.

On dit que chaque nuit de Noël il se passe un petit miracle dans tous les coeurs  d'enfant.

Je nous souhaite, à vous, à moi, et le petit miracle et le coeur d'enfant.

 

Pace e salute.

 

 

le 8 Décembre 2007

  

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Editos... de novembre 2007 
 
 
Le 25 novembre... 
 
Propos entendus dans la salle d'opération où l'on m'a pratiqué une anesthésie locale. Je suis allongé sur un lit à roulettes, sous une toile bleue-verte, j'attends et j'entends...
Le chirurgien : « Chantal, assurez-vous que Monsieur Forcioli est à plat... »
Première infirmière (Chantal) : « Non, non, Maryse, il faut que M. Forcioli soit bien bien bien à plat !... »
Seconde infirmière (Maryse), en soulevant la toile à hauteur de mon visage : « Monsieur Forcioli, êtes-vous bien à plat ? »
Monsieur Forcioli : « Pour être à plat, je suis formel, je suis complètement à plat !... »
Personne n'a relevé, pourtant j'étais pas peu fier de mon trait d'humour. Trop occupées par leur travail.
Moi ça m'a permis de sourire en grimaçant, parce que même sous anesthésie locale, on a mal.
 
°°°
 
Je ne sais pas ce qui m' a pris de mentir comme ça. C'est la première fois en trente ans que je mens à propos de ma situation, ma profession, mon appartenance sociale. L'infirmière m'a gentiment demandé : « Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? » J'ai réfléchi au moins huit secondes (ce qui est long, pendant que la dame nettoyait mon pansement) et j'y ai répondu tout de go : « Je cultive des truffes avec mon oncle ! » Ça n'a pas eu l'air de la surprendre et elle a poursuivi son pansement en disant : « C'est bien, vous travaillez en plein air, vous ! » J'ai dit  « oh oui » et j'étais prêt à lui expliquer le b.-a. ba de la culture de la truffe car j'étais tombé sur un article à ce sujet dans «La Provence » quelques jours auparavant, mais cela n'a pas été nécessaire.
Pourquoi ai-je menti ? Par honte, par crainte de dire « j'écris et je chante des chansons » et soutenir le regard souvent incrédule de l'interlocuteur ? Par jeu, pour échapper à ma grisaille et mes soucis ? Mystère... Je ne redoute qu'une seule chose, c'est de recroiser cette infirmière et qu'elle me passe une commande pour la Noël !
On ne devrait jamais mentir, c'est très dangereux !
 
°°°
 
Quand on est hospitalisé, il est un frisson exquis, bouleversant, merveilleux et qui conduit au ravissement total quand la quête se voit couronnée de succès !... Tenter d'apercevoir, à travers la manche ou l'échancrure du col, la bretelle du corsage ou la naissance ou la pointe du sein de l'infirmière qui vous soigne, penchée sur vous, alité malade.
Je ne connais rien qui se rapproche aussi fort des premiers émois ressentis du petit garçon sous le charme de la peau, de la chevelure ou du parfum d'une grande, rien de plus pur et de plus grisant, de plus chaste et de plus sensuel, de plus suggestif et de plus innocent.
Bénies soient les infirmières et aides-soignantes, jeunes ou âgées, pour dispenser sans le savoir un si doux encouragement à vivre et à s'émerveiller !
Alleluïa !!!
 
°°°
 
Le 18 novembre, jour de mon anniversaire, j'aurai reçu un petit mot accompagné de belles feuilles d'automne de la part de plus de 120 personnes, proches ou lointaines. Surprise concoctée par une amie qui a fait passer le mot, et privilège des « éleveurs de truffes » !
Merci à toutes et tous, je n'oublierai jamais.
 
°°°
 
J'ai fini de poster les CD « Quand une chanson s'avance » à tous les souscripteurs, mais j'ai eu un retour dû à une erreur de ma part : j'ai oublié de marquer l'adresse du destinataire !!!
 
Donc, si vous aviez souscrit pour 3 CD  (45 euros) et que vous n'avez rien reçu à ce jour, merci de me contacter. Je réparerai mon erreur illico !
Sur ce, je vous salue tous.
 
Pace e salute.
 

 

 

 

 

 

Le 18 novembre 
 
Bonjour
 
Me voici sorti de l'hôpital de Digne. On m'a enlevé un bout d'intestin et la tumeur maligne accrochée là. Je devrai retourner en juin pour qu'on raccorde à nouveau la tuyauterie. A partir de la semaine prochaine, chimiothérapie tous les quinze jours pour prévenir d'une nouvelle tumeur.
On m'a dit que j'avais de la chance, que ce type de cancer se soignait très bien et que cela aurait pu être plus grave si j'avais encore attendu.
Me voici en panne, avec peu de force et beaucoup d'inquiétudes pour demain. J'ai annulé tous les concerts de novembre et décembre, à l'exception du « café des arts » à Grenoble. Je voudrai tant pouvoir y chanter.
Je fais partie de l'innombrable cohorte de celles et ceux que le crabe a mordu. L'homme de chair en moi tremble et se trouble; pourquoi moi, pourquoi maintenant, vais-je mourir bientôt, comment sortirai-je de cette épreuve, dans quel état, serai-je encore capable de chanter sur une scène?
Tout me paraît difficile, insurmontable, épuisant. L'homme de chair tremble et l'homme de foi prie. Je prie pour toutes celles et ceux qui souffrent dans leurs corps et leurs esprits bien plus que moi.
Je sais d'évidence que c'est le plus déchiré qui est le plus ouvert et que si l'on accepte librement d'offrir sa souffrance, elle devient grâce, cadeau de prix, tremplin pour plus d'amour; j'ai profondément ressenti ce mystère de « joie parfaite » si chère à François d'Assise une nuit d'insomnie douloureuse juste après mon opération et je jubilais dans mon délire.
J'ai la chance d'être entouré de beaucoup d'affection. De nombreux amis m'ont témoigné leur tendresse durant ces jours. Je les garde en moi, ils me portent, je sais qu'ils m'aiment vraiment.
Je pense à ceux qui sont seuls dans leurs désarrois post-opératoires. J'ai froid pour eux.
J'irai donc en ralentissant le pas, avec ma poche de rétention à changer tous les jours et mes chimios. Je vais essayer de sourire de tout cela, de ne pas oublier que j'ai eu de la chance...
 
J'envoie peu à peu mon dernier disque « Quand une chanson s'avance » à tous les souscripteurs. J'aimerai recevoir des échos de cet ouvrage car j'y ai beaucoup travaillé depuis janvier. Merci par avance.
 
Bien à vous tous
 

 

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Edito fatigué

C’est un édito pas comme les autres, en cet automne 2007 : Philippe est à l’hôpital et ne peut, trop fatigué pour l’instant, prendre la plume pour saluer tous ceux qu’il aime ! Où est-il ? 

Il a profité de l’automne pour se faire un matelas de feuilles rouge et or. Il s’y  repose pour se remettre d’une opération très fatigante et qui ne lui permet pour l’instant pas de chanter, ni de parler –  alors… chut ! il ne faut pas, jusqu’aux prochaines nouvelles, lui téléphoner au risque de le fatiguer. 

En revanche toute espèce de mots sonnante et trébuchante pourrait lui faire le plus grand bien, alors voici son adresse pour les jours qui viennent :

Centre hospitalier de Digne
Louis-Philippe Forcioli (son nom d'inscription est Louis)
Chirurgie 2, chambre 126
Quartier St Christophe
04 000 Digne les Bains

Cet éditotrist’, pour lors, vous donnera des nouvelles régulièrement, au fil de la convalescence de notre chanteur tant aimé. Il vous dira aussi à partir de quand Philippe redonnera ses concerts. Ceux de novembre et début décembre sont annulés.

 

 

                                                                           

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Édito sept 2007

Et voilà! Les jours rétrécissent, les oiseaux ne chantent plus, les talus du sud de la France sont grillés par les feux de l'été et les derniers vacanciers pensent déjà aux nouveaux cartables de leurs mioches. C'est irréversible, irrévocable, la rentrée a montré son nez crochu à la fenêtre, septembre est à nos portes, ainsi va la vie, vive la vie!

Comme beaucoup d'entre vous, j'aurai bourlingué « aux quatre coins » de l'hexagone depuis juillet.

J'ai vu la montagne et ses sommets, des lacs, des névés, des isards, des marmottes, des fleurs, des hêtres, des sapins, des ruisseaux, des vautours, des aigles et des troupeaux de chevaux en transhumance, une merveille, dans cette belle vallée d'Osso entre Pau et l'Espagne, la Bigorre, le Béarn et la Navarre.

Une randonnée avec A pied sous le ciel et Francis Jammes où nous avons encore bien ri, bien chanté et bien bu, surtout le dernier jour en dégustant des vins blancs délicieux dans le plus petit vignoble du Jurançon.

Un régal.

Un petit tour au festival de Barjac où j'ai pu croiser les Anne Sylvestre, Francesca Solleville, Bernard Joyet, Gérard Morel, Gérard Pierron ( qui a reçu le 1er prix Jacques Douai, bravo!), André Bonhomme et Daniel Beaume avec qui nous avons chanté dans la rue leur belle chanson « le bonheur » devant au moins dix personnes subjuguées qui nous ont même demandé un bis! Revu l'ami Bulher et toute la bande du Forum Léo ferré d'Ivry, Jofroi et Monique Haillant qui m'invite à participer à une grande soirée le 4 décembre, théâtre du XXeme à Paris autour des chansons de Bernard.

Revu aussi Allain Le Prest que j'irai visité quelques jours plus tard à l'hôpital d'Aubenas. Dans un fichu état, pathétique de voir combien la maladie peut déglinguer un homme, surtout lui, déjà pas très fortiche sur ses cannes. Reparti de là avec le sentiment de lui avoir dit Adieu.

On m'écrit qu'il va un peu mieux. Ah! S'il pouvait vraiment guérir et le revoir comme aux plus beaux jours, cet artiste écartelé aux textes bouleversants!

Puis ce fut Villar en Val, village natal de Joseph Delteil où après deux années d'interruption, le festival d'été, la Grande Deltheillerie, reprenait.

Beaucoup de monde et un souvenir ému de cette ballade sur « mon » sentier le dimanche. Plus de cent personnes marchant heureux d'être là et écoutant avec ferveur les textes choisis dans l'oeuvre du génial bonhomme. L'occasion de présenter le livre que nous avons fait paraître et qui reprend l'intégralité des citations que j'ai placé tout au long de ce chemin en poésie. Un bel ouvrage qui a plu d'emblée puisque plus de trois cent exemplaires sont partis en trois jours.

L'occasion de vivre une semaine en équipe pour assurer au mieux l'accueil et le bon déroulement des manifestations. Ce fut nickel-chrome et bien épuisant aussi. Mais de façon unanime, cette reprise fut réussie et des projets déjà se présentent pour la prochaine édition.

Puis concert dans la magnifique église de Chassiers en Ardèche, un joyau de pierre, du pur Roman et des peintres exposant là, passionnés et chaleureux.

Un petit tour pour la sainte Claire chez mes frangines Clarisses de sainte Maxime à Riez dans mon coin et un beau concert dans leur chapelle repeinte de neuf et un public d'enfants trisomiques (entre autres) absolument enthousiastes!

Ah! Ceux là quand ils aiment ils ne se gênent pas pour le manifester avec des oh, des ah, des bravo, des encore!

Je m'en suis retourné dans la nuit avec une grande reconnaissance en mon coeur.

Puis départ au nord-nord de la France à Dunkerque pour chanter avec B.Abeille dans l'église Saint Eloi, une immense basilique entièrement détruite pendant la guerre et reconstruite à l'identique. Concert inconfortable à cause de la majesté du lieu et l'immense résonance qui ne convient pas à la parole, les mots s'entrechoquant et se bousculant dans l'espace, mais bon, paraît que le public a aimé, ouf!

Je suis arrivé là-bas le 15 août pour les fêtes de la mer dans ce port de la Manche, procession et cantiques puis l'on part vers le large jeter des couronnes de fleurs en mémoire des marins disparus; j'avoue que toutes ces sirènes de bateau hurlant cinq minutes durant pendant le départ pour la pleine mer m'a tiré des larmes aux yeux.

Il pluviotait et je ressentais très fort l'immense respect que j'ai toujours eu pour ces travailleurs de la mer et qui, progrès ou non, paient toujours un large tribut de victimes aux flots noirs.

J'ai compris à Dunkerque pourquoi on parlait d'été pourri cette année!... il faisait comme qui dirait, un tantinet humide et frisquet, assurément!

Et puis dernier concert de ma saison, à saint Disdier en Dévoluy, dans une chapelle du XI ème siècle, Mère-l'église, un public formidable dans ce lieu haut-perché. C'était ma quatrième église en un mois!...je dois avoir beaucoup de choses à me faire pardonner!

J'ai pu comprendre pourquoi encore là, les gens parlaient d'été pourri car juste à 2000 m les montagnes resplendissaient de neige!

J'espérais secrètement revoir à saint Disdier la tête de pioche contre laquelle je me suis fait une méchante grosse bosse à la tête, mais l'espérance est une chose et la réalité une autre. Un jour qui sait...

J'ai continué pendant l'été ma « cuisine » avec Jean-Claude Millet dans son petit studio d'Ardèche. Le nouveau disque paraîtra fin octobre et j'en suis pas mécontent.

Un autre enregistrement m'attend dès septembre: « Jeanne d'Arc » de Delteil en collaboration avec le théâtre de Foix. Une montagne à gravir et un immense honneur pour moi.

Voilà, ma feuille de route s'achève sur cette fin d'été (tu parles, aujourd'hui 29/08, il faisait plus de 40° au soleil ici près de Sisteron!).

Que vous souhaiter et me souhaiter?

Que l'on se croise bientôt.

Bien à vous tous.

 

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Edito juin 2007
 
En 1995, je recevais à Paris au Palais des congrès, le grand prix de l'Académie Charles Cros dans la catégorie « parole enregistrée » pour mon adaptation du François d'Assise de Joseph Delteil (1894-1978).
 
Le disque était fin prêt en décembre 1993, mais il nous manquait la signature du seul ayant-droit de Delteil, Sophie Reagan-Herr, fille de son épouse américaine Caroline Dudlee.
 
C'est à l'occasion du centenaire de l'écrivain que je rencontrais et obtenais le droit écrit pour publier cet enregistrement de la part de Sophie Herr .Il fut produit par Olivier Poubelle, passionné de « parole enregistrée » à l'époque et grand producteur de chansons aujourd'hui, et c'est ainsi que mon ouvrage fut distingué dans la capitale par la prestigieuse Académie.
 
C'est à Villar en Val dans l'Aude, village natal de Delteil qu'eut lieu une immense fête en août 1994. Organisée par Magali Arnaud et Yvan Edline, cette fête rassemblait toute la petite planète Delteilleine et surtout Jean-Marie Drot, celui par qui le nom de Delteil resurgît au devant-scène grâce à son extraordinaire « Vive Joseph Delteil , prophète de l'an 2000 », émission télé sur deux soirées et qui fut diffusée en 1968 par l'ORTF de l'époque.
 
C'est à cette période que j'ai découvert cet artiste de plume unique et génial.
En 1960, le fameux Henry Miller se permettait d'écrire dans le Washington Post; «  il y a trois écrivains français, Rabelais, Pascal et Delteil » !!! Ce qui n'est pas peu dire et qui bien sûr ne plût pas à tout le monde.
Delteil aura toujours suscité soit l'adhésion totale et inconditionnelle soit le rejet violent et définitif. C'est pour cette raison qu'il demeure encore aujourd'hui, un illustre inconnu pour la plupart des gens et même des férus de littérature. C'est ainsi. Mais moi je l'aime (avec quelques autres) et cela me convient.
 
Mais pour en revenir à cette fête, « la grande Deltheillerie » en 1994, j'avais été engagé pour animer une ballade sur le sentier menant aux maisons en ruine aujourd'hui ou le bébé Delteil vécut les trois premières année de sa vie, en pleine forêt , car son papa était « carbonaro » et il faisait son charbon de bois du côté du Villar.
J'avais écrit sur une cinquantaine de bout de papier autant de citations tirées de son oeuvre et les marcheurs (plus de 100!) devaient lire le bout de papier que je distribuais en tête de ballade et le faire passer à la personne qu'il précédait et ainsi de suite... C'est à partir de cette idée, qu'un peu plus tard , je me suis lancé à réaliser sur des poteaux de bois, des lutrins et autres panneaux, un véritable musée à ciel ouvert reprenant plus de cent cinquante passages courts ou longs, extraits des bouquins de Delteil. Cela m'a pris plus de cinq ans avec la construction d'un petit théâtre en plein air et d'autres aménagements qui font qu'aujourd'hui « le sentier en poésie » est une ballade prisée et appréciée toute l'année. Faites le détour, ça vaut la peine.
 
Mais si j'écris cela ce soir, c'est que nous venons de signer le bon à tirer, Geneviève Berthezène et moi-même à un magnifique petit ouvrage réalisé par Annie Lebard et qui reprend l'intégralité des citations du sentier, enrichi de photos et dans un format et une calligraphie qui fera, j'en suis sûr de ce petit bouquin, le livre de chevet de plus d'un ou d'une.
 
Nous lancerons officiellement l'ouvrage le 4 août à Villar en Val au cours de la prochaine Deltheillerie, car après une interruption de deux années, la fête reprend.
Ballades et concerts pendant trois journées et soirées. Nous aurons vu passer depuis 1994, Marti et Mens de Brech, chanteurs occitans et puis Paco Ibanez, Georges Moustaki, Julos Beaucarne, Nilda Fernandez, Rufus, Pierre Vassiliu, les Bratchs, Bileri Lagraine, incroyable guitariste et d'autres que j'oublie.
Cette année nous reçevons Gian-Maria Testa, poète et chanteur italien, un artiste vrai.
Je chanterai aussi dans ce grand champs sous les étoiles, ému du temps qui a passé, tant de souvenirs, de visages aimés, d'émotions se sont tissés entre Villar et ma vie, comme un autre chez moi par la grâce de Delteil.
Si vous pouvez, venez.
Tous les renseignements au 04 68 24 08 38 .
 
Ca commence le 3 août et Villar est à une demi-heure de Carcassonne.
 
Bien à vous tous et comme disait Delteil avant de trinquer:
A la bonne vôtre..;
Sensible...
Mêmement!
 

 

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Edito Mai 2007

Appel au peuple
Si tous les camarades du peuple de gauche ayant voté Laguiller, Buffet, Voynet, Bové, Schivardi, Besancenot ou Royal pouvait me lâcher la grappe avec leurs courriels prédisant les pires catastrophes au pays à cause du nouveau président, hé bien, je perdrai moins de temps à lire certaines élucubrations (n'engageant parfois que la paranoïa de leurs auteurs), et ainsi je pourrai travailler, non pas plus, mais mieux!
Entre la future obligation de déposer une autorisation en préfecture pour tout déplacement de groupes excédant 2 voitures (sic), la menace de rafles quotidiennes pour les maghrébins et les noirs (tiens, les juifs sont absents) et le « je suis petit, je suis moche et en plus je suis cocu » qui est, il faut en convenir, un argument d'une profondeur politique dépassant le mur du son ( utilisé par le front national aussi, tiens!), j'avoue que ma tendresse naturelle pour le peuple de gôche commence à s'irriter quelque peu
Il y a des gouttes qui font déborder la vase et la font puer d'une haine crasse avec laquelle je ne peux m'associer.
Pardon camarades mais certains d'entre vous commencent à me les briser plus que menues; je sais que les forfaits internet permettent d'envoyer des messages en nombre sans payer de timbres à ma chère Poste mais, ne m'étant jamais permis une seule fois d'emmerder mon public avec mes opinions politiques, je demande à être exempté de ces pratiques.
Cent fois sur cent une, je ne connais ni le nom et encore moins le visage de l'expéditeur ou trice. Je pressens chaque fois qu'il ou elle m'a listé puisque j'écris des chansons et qu'en trente ans j'ai, dans la mesure de mes moyens, donné un exemple de chant fraternel et que la fraternité est une prise de position politique n'est-ce pas, qu'il ou elle se reconnaît d'une gauche  extrême qui a réussi l'exploit de présenter 6 candidats sur 12 , lors de cette présidentielle, ce qui, en culte exacerbé du moi, en individualisme irresponsable, en « fraternité politique » et en mur du son là encore, laisse rêveur et qu 'il ou elle pense que la reprise du mot « racaille », lancé par une mémé maghrébine excédée par l'ex-ministre de l'intérieur, justifie l'incendie de centaines de milliers de voitures, le crachat, le viol de policières, les bagarres et les vitrines de magasins explosées, bon, moi je n'en suis pas.
Que l'on pense que j'ai rallié le camp des infâmes fachos de droite me fait doucement rigoler.
La haine, la connerie incurable et le bourrage de crâne par contre ne m'amusent plus du tout.
Je dois vieillir.
Merci de me rayer de vos listes.
J'ai trois montagnes à déplacer, dix ponts à bâtir et mille amis encore vivants à fêter.
A part ça, mon nouvel enregistrement avance doucement, il y aura de beaux moments je crois, et si le ciel ne nous tombe pas sur la tête, il sera prêt pour cet automne. Merci d'y souscrire.
Bien à vous tous.
 
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Edito de Janvier 2007 

 

Eloge de Jacques Bertin et d'un rossignol
 
La fin mai .La fin mai c'était.
 
Un brave festival de chansons poétiques comme on aime, avec à sa tête un bonhomme étonnant, extravagant parfois, généreux et passionné, ramant contre vents et marées pour tenir à flot son petit bijou: une semaine complète de récitals, rencontres et conférences avec au coeur les derniers dinosaures, des poètes qui chantent ou des chanteurs chantant les poètes, et en français dans le texte s'il vous plaît! Dans un petit village du Puy de Dome, c'était fin mai.
 
Cette année là, Alain Vannaire avait réuni , Bertin, Bulher, Pierron, Sollevile, Utge-Royo, Joyet, France Léa...Je faisais partie de la troupe des bouches fleuries et en avant la zizique!
Les spectacles et conférences se déroulaient dans une vieille ferme aménagée; une salle de concert qui fut une ancienne grange et une immense salle à manger-cuisine où nous nous retrouvions pour les repas ou pour un pot en début et en fin de soirée, public et artistes ensemble, et bien sûr la cohorte de bénévoles, ouverts, heureux d'être là et aux petits oignons pour tous.
 
J'ai eu le privilège de commencer la semaine en soirée avec Maître Jacques. A lui la première partie, à moi la fin de soirée.
Nous avions devisé dans la petite loge à l'écart de la salle de spectacle, tous les trois avec Laurent son pianiste, trinqué à la vie, les traditionnelles plaisanteries sur nos nullités respectives. L'heure avançant et le petit trac aussi, nous sortions régulièrement sur le balcon attenant pour saluer comme des empereurs le public qui se pressait; des bonjours, des mises en boîte encore à haute voix...C'était fin mai, il y avait du lilas et du lys dans l'air, des hirondelles, il faisait doux, la salle serait pleine de monde, la promesse d'un grand bonheur au coeur confusément.
 
Puis Jacques est descendu pour son tour de chant, je restais seul dans ma loge et j'entendrai son récital de loin, à l'extérieur sur mon petit balcon, un verre de vin à la main.
 
J'avais entendu pour la première fois cette voix belle, virile, humaine dans une ruelles d'Aix en Provence. Elle s'envolait d'une fenêtre ouverte, moi Roméo sur le trottoir et ma Juliette à la dite fenêtre me faisant signe de monter.
Rue de la Fontaine, la chanson était reine dans cette communauté libertaire et Bertin, prince des lieux. J'en aurai dévoré de toutes mes oreilles depuis « Corentin », « Fête étrange », « Permanence du fleuve » jusqu'à ce lumineux « Domaine de joie » qui demeure pour moi un des plus beaux ouvrages enregistrés en chansons.
 
Comme cette voix nous parlait, me parlait, me portait, moi troubadour novice, sac au dos et guitare, cherchant mon chemin, l'étoile, la lumière et lui, loin, grand, mythique, une sorte de Bonaparte de la Parole et qui montrait l'ennemi et la vérité et la justice...Ah la belle harangue, ce chant profond, triste mais fier, noble, intègre, intelligent et fraternel...
 
Puis la Gauche s'en est venue pour changer la vie comme il était écrit sur les affiches et très vite la révolte et le chant libre ont été engloutis dans les vomissures des après -banquets de la culture aux frais de la princesse, Mazarin, Mazarine, la Fnac a proposé deux bouquins d'Arthur Rimbaud pour le prix d'un seul (il faut être absolument moderne, n'est-ce-pas?) et Bruel et Renaud, gentils toutous à son tonton sont devenus les guides de la jeunesse en quête de justice, les milliards en plus...Triste époque, n'y pensons plus.
 
Bertin lui, ça n'est plus une indiscrétion, a failli sombrer corps, coeur et âme pour les doux yeux d'une cruelle, car, et c'est une vérité pour hier, aujourd'hui et demain, « il n'y a pas comme une femme pour briser le plus beau des raisonnements » (J.Delteil).
Naufrage. Au bout du naufrage une île ancienne et toujours vierge, la chanson.
 
Sacré Maître Jacques. Son retour, comme je l'aurai espéré, demandé, prié, comme j'aurai à ma petite mesure avec d'autres, tout fait pour que son chant circule toujours. Je me serai disputé, fâché pour le faire connaître des ignorants ou des ingrats, pour que l'on considère le talent de l'oeuvre et de l'homme, cet albatros, le plus talentueux des poètes-chanteurs lyriques vivants, le seul.
 
J' en étais là de mes pensées sur mon petit balcon, un verre de vin rouge à la main, seul dans la nuit silencieuse, mesurant ma chance d'entrer bientôt sur scène en ayant bénéficié d'une « prometteuse vedette américaine » (ce sera ma plaisanterie préférée ce soir là), Mister J.B, ce grand monsieur tout simple.
Son récital s'égrenait, j'entendais distinctement sa voix, le piano de Desmurs, les applaudissements. Puis vint le moment de « Madame à minuit, croyez-vous qu'on veille » de Bérimont qu'il chante à la guitare et qu'il conclue en sifflant une mélodie rare et pour ce qui est de l'art de siffler, je peux l'affirmer et je m'y connais, que Bertin est un siffleur hors-pair. C'est juste, beau, inégalable, une vraie merveille!
 
Soudain, d'en face de moi, jaillissant d'un grand arbre, une musique fine, claire, sonore dans la nuit calme, un rossignol
!Oui, j'ai eu le privilège d'être témoin par les oreilles et jusques aux oreillettes du plus mélodieux duo qu'il me fut donné d'entendre.Le chant d'un rossignol s'entremêlant d'avec le sifflet si pur de l'artiste dont auquel il est question depuis le début!
Aucun poème ne saura dire la surprise, la beauté et l'extase musicienne que le hasard m'offrait. Cadeau plus que rare dans le reliquaire secret de ma vie chansonnière.
Présent précieux, chanson inouïe, trésor inoubliable.
 
Parfum de lys et de lilas
 
Profond silence
 
Nuit de printemps
 
Un rossignol chante son amour
 
Bertin siffle à la guitare
 
La lyre triomphe
 
Enfin.
 
 
C'était fin mai. La fin mai c'était.
 

                 
                                            Janvier 2007

 

 

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Edito Noël 2006
 
Voici l’Avent et Noël au bout de la nuit.
 
Partout en Provence les santons ressortent dans les vitrines, dans les églises, dans les maisons.
 
C’est au petit frère François d’Assise que l’on doit cette invention, si belle, si enfantine. Il organisa la première crèche vivante dans un petit village « Greccio » au XI eme siècle et depuis, des millions de santons ont vécu le temps d’un avent leurs marches immobiles vers l’étoile de Bethléem  et le divin petit.
 
Que l’on soit catholique ou pas, force est de constater que cette tradition perdure, qu’elle ravit toujours les enfants et les grands, qu’elle barbouille toujours le coeur d’un arc-en-ciel naïf et doux comme la peau des bébés.
 
Symboliquement, ces santons ce sont nous-mêmes, vivants en marche vers une étoile dans la nuit profonde, la plus longue de l’année, santons affublés de nos costumes sociaux et même dans la tradition provençale de caractères distincts et bien trempés et qui chacun son tour, verra un petit miracle s’accomplir en cette nuit.
 
A ce sujet, découvrez ou réécoutez cette petite merveille, « la Pastorale des santons de Provence » du regretté Yvan Audouard, ce pilier caustique et plein d’humour fraternel du Canard Enchaîné . C’est un enchantement qui émeut toujours aux larmes. Ecoutez-là dans sa version originale de 1957 avec l’auteur et Fernand Sardou entre autres ; on retombe en enfance et c’est bien bon.
 
Vous souhaite à toutes et tous un beau Noêl tout simple et receuilli avec vos proches, de la paix et un petit miracle en guise d’orange dans vos sabots.
 
Je vous offre ma dernière chanson. Figurera-t-elle dans un nouveau disque à venir ? Mystère…
 
Bien à vous tous.
 
 
      le 06.12.2006
 
 
A LA PREMIERE DES CHANSONS
 
Qu’il serait bon à la première
Dès la première des chansons
De s’en aller en bandoulière
Bras d’ssus bras d’ssous à l’unisson
Et nous parler et nous connaître
Echanger les mêmes frissons
Ouvrir au vent notre fenêtre
A la première des chansons
 
Qu’il serait bon à la première
Dès la première des parolées
Que de s’ouvrir en coeurs sincères
Chacun son rôle et sa livrée
Qui le meunier qui la meunière
Qui le ravi qui bohémien
Qui le berger qui la bergère
Et qui l’aveugle avec son chien
 
Ne sommes que des santons sur cette terre
En attendant d’être figés
Sommes fichés tout nus misère
Ordinateur et son filet
Avant que sonne la trompette
Une chanson ami t’y es
Je joue dans le rôle du poète
Et toi celui du puisatier
 
Qu’il serait bon dans ma panière
De vous porter les plus beaux fruits
Et que ma lyre chansonnière
Vous joue un air du paradis
Avec la pomme avec l’amande
Avec la figue et les raisins
C’est pour toi voisin cette offrande
Pour toi voisine ce refrain
 
Qui es-tu donc quelle est ta poisse
Quelle est ta grâce quel est ton nom
Vis-tu de joie vis-tu d’angoisse
Enfant de cactus ou cresson
Est-ce que les mots et la musique
Te font pleurer bailler prier
Est-ce que l’amour t’a fait tragique
Ou pragmatique ou bien léger ?
 
Qu’il serait bon à la première
Dès la premièere des chansons
De s’en aller en bandoulière
Bras d’ssus bras d’ssous à l’unisson
Et nous parler et nous connaître
Echanger les mêmes frissons
Ouvrir au vent notre fenêtre
A la première des chansons
 
 
 
 
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Editété 2006
 
" Nos jours sont des adieux ".
Je lisais cette phrase de Chateaubriand dans sa patrie même, à Saint Malo, un petit matin de ce juillet sur l’immense plage déserte à marée basse, en ballade avec "à pied sous le ciel " et je repensais à cette même phrase (qui est l’essence même du romantisme pour moi) en posant la petite clé de ma maison d’Aizac à sa place dans le boîtier du compteur électrique et en disant adieu à ce qui fut pendant trois ans mon havre, mon antre, mon refuge et mon palais grâce à mes sympathiques proprios qui m’auront laissé baigner dans une paix royale pendant ma villégiature.
 
" Nos jours sont des adieux ".
Adieu donc, châtaigniers et sapins, hêtres bouleaux et cerisiers ; adieu au ruisseau qui murmurait au fond du vallon, adieu les hirondelles, les geais, les piverts et les hulottes, adieu à ce volcan juste en face de moi chaque jour et qui n’aura pas craché ses mille feux tel un fougueux Stromboli mais, il n’y a pas de hasard, aura vu sa petite usine d’eau minérale, "la source du volcan " recommencer à produire et vendre son eau gazeuse, sans nitrates, la plus fine d’Ardèche à cause de ses bulles beaucoup plus minuscules que toutes les autres petites bulles des eaux gazeuses du coin, oui madame, dix jours avant mon départ…il y a des attentions qui touchent.
Adieu donc belles routes sinueuses, bruyères et rochers roses, haut plateau ardéchois et ses milliers de jonquilles, ses paysans à béret et ses paysages d’une paix indicible.
Adieu Antraïgues sur Volane et son artiste hors norme, Jean Saussac que je garde en mon coeur pour longtemps, adieu à ses bourgeois et ses ivrognes, adieu à ce beau village perché, fantôme dans la brume comme un château de Bavière certains matins d’hiver.
Adieu à ma chère Christiane et son auberge à Bise, la bien nommée.
C’est un lieu où l’on ressent tout de suite ce charme désuet des auberges perdues dans tous les petits coins de France ; nappes aux carreaux rouges et blancs, cuisine familiale et copieuse et le sourire de la patronne qui n’a pas de prix. Nous en aurons passé des heures, passionnés d’un même amour, la chanson et ses murs auront résonné de voix et de paroles belles et du rire des copains, Marco, Canard. Je reviendrai, promis.
 
Nos jours sont des adieux mais aussi salut pour de nouveaux visages, nouveaux sentiers, nouvelles promesses. Me voici " Bas-Alpin " dans un lieu tout aussi enchanteur et calme, près du bourg historique de Sisteron. A nouveau passé le Rhône et à quelques coudées de la mer, Marseille, la Provence et des montagnes des pays Dignois et Gapençais.
 
Ma nouvelle adresse : La Treille 04290 Salignac
 
Passer de l’eau minérale d’Aizac à  " la Treille " me paraît plus conforme à l’idée que je me fais et que, j’en suis persuadé, on peut se faire de moi. Tout est bien donc !
Les voyages forment la jeunesse. C’est le moins que je vous souhaite en cette fin d’août, des voyages et de la jeunesse.
 
Pace e salute
 
     Août 2006
 
 
 
 
 
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Plus de trente années
Que griffonner
Fut mon ânée
Quotidienne
 
Plus de trente années
Que chantonner
Fut ma manne et
Ma chère rasade
 
Mes saturniennes
 
 
A écrire pour écrire , j'aurai de loin, depuis l'enfance préféré et placé plus haut la poésie, qui dit tout en peu de mots à la littérature ou le roman qui dit parfois si peu en tant de pages.
Mais page pour page de ce beau Prince qu'on nommerait « l'écrit »,et me trouvant comme tant d'autres, hésitant et suant à l'écritoire, page encore (tu m'as bien sacré page O Roi des oiseaux!), je mets le cap ce soir sur un « éditorial » , qui livre un peu de soi, page en ma livrée nouvelle; du rimailleur chantant, le troubadour, au prosateur maladroit, mi-chroniqueur et mi-biographe d'un pan d'une vie, la mienne.
 
 
Plus de trente années déjà...
Plus de trente années que griffonner fut mon ânée quotidienne
Plus de trente années que chantonner fut ma manne et ma chère rasade
Mes saturniennes
 
 
Dans ce brin de poème d'ouverture pourtant, tout est déjà dit du sujet qui va suivre:
le temps passé (trente années),
écrire (griffonner),
moi (mon),
l'âne ( ânée, ce mot existait, la charge de l'âne, mais, disparu du dico aujourd'hui)
le jour le jour (quotidienne),
la chanson (chantonner),
le don du ciel et le pain (la manne),
le vin et l'amour (ma chère rasade)
et les fêtes (mes saturniennes),
oui tout est dit en quelques vers de mon parcours et de mes détours comme une honnête eau de vie dit tout de l'alcool; que c'est fort, que ça pique, que ça brûle et que ça fait s' incendier les yeux, le sang, les lèvres et le coeur. Même qu'on appellerait ce feu, de la poésie!
Mais voilà.
Comme un accord de guitare se joue de la main droite (la caressante) tantôt ferme et bref, tantôt traînant et arpégé, le récit, la prose, c'est ce chemin qui musarde et s'attarde, qui prend son temps pour boire à la fontaine, se taire en pensant devant une façade, un arbre, une statue, deviser avec quelques rencontres puis repartir, toujours flânant vers d'autres haltes, un raccourci, prendre congé pour digresser, se réfléchir et revenir à sa trame sans se soucier de mots superflus. Bien au contraire, là est son régal, son plat de résistance, son fond de commerce, noircir la page, le plus de pages possibles.
La poésie est pressée, le récit n'a point d'heure, il disserte; le poème est une flèche et pour cible la vérité, la prose n'a pas de cible; elle est sa propre cible, sa flèche et son arc, le vent et la plume de l'oiseau, le bois souple et la corde, la main qui tend et l'oeil qui vise et la prunelle qui pense et le front qui sue . Mieux, elle se regarde regarder. C'est ça écrire.
Enfin, écrire en prose.
Trente ans durant j'aurai tenté de dire sur la vérité, ne m'attardant jamais aux chantournements, aux arabesques et autres emberlifications prosaïques ou littéraires, tel un petit soldat d'une armée de misère avec pour seule devise une sorte de «  droit au but » à vivre, vivant de vie, en corps, sur une scène, une guitare et mes mains, mon souffle et ma frousse, mes muscles et ma foi...
Je me suis essoufflé, las, mais adouci et paisible de tant de sueurs vaines; je voudrais me rassembler juste un peu, comme pour dire que « j'en étais, moi aussi j'ai vu s'ouvrir le ciel, moi aussi j'avais de l'or dans mes mains offertes à mes frères, mon peuple, mes amis de l'ici-bas »
Oui j'ai écrit, j'ai dit, déclamé, j'ai chanté dix mille chansons moi madame...
Mais ce soir, je n'ai que toi, prose.
Prose tes mains sur mon front, inspire-moi pour qu'une fois pour toute, en vérité, je respire.
 
TRENTE ANNEES DEJA
 
Philippe Forcioli
Père: Corse
Mère: Maternelle
Vit écrit chante et dit depuis 1972 dans le sud de le France
 
Voilà quelle fut ma carte de visite, mon laisser-passer, ma réclame et ma seule « promo » dans le business du show-business, de l'art-culture, du spectacle vivant , de la chanson française et de la poésie pour vivre. On a essayé de me vendre sous d'autres libelles, fiasco!
Me suis rarement vendu. Partagé , loué, donné pour rien souventes fois, tel fut ma voie. Même encore aujourd'hui je m'étonne qu'on puisse se passionner ou s'intéresser seulement à cette voie de ma voix. Et pourtant...
Grâce à cette formule, j'aurai beaucoup reçu, beaucoup loupé, beaucoup donné, beaucoup déçu, beaucoup enchanté, beaucoup chanté, touché au moins cent mille personnes, mais il y a mieux tellement mieux, du moins en nombre mais bon... beaucoup bu gratis, beaucoup payé de coups, beaucoup connu de villes, villages, petites routes et chemins creux, beaucoup usé de bagnoles, beaucoup perdu de points-permis, beaucoup veillé devant une télé dans des hôtels, beaucoup signé d'autographes, beaucoup oublié de noms, de prénoms, de visages, beaucoup bu de café au matin dans des bistros que je ne reverrai plus, beaucoup cru que j'étais un escroc, beaucoup cru que j'étais un poète, beaucoup cru que j'étais le plus petit des poètes au service de la poésie, beaucoup cru que j'étais le dernier poète et la poésie à mon service, beaucoup visité de chapelles, beaucoup mis de cierges à la petite Thérèse du Bon Dieu, beaucoup chanté seul un psaume dans une église vide, beaucoup communié pour de rire mais gravement dans ma voiture les dimanche matins en écoutant la messe sur France-Culture, beaucoup écouté France-Culture de jour, de nuit, beaucoup pensé que j'allais mourir là sur le champ et personne ne sachant où me trouver et toutes mes affaires tout en désordre loin, si loin dans les plus de trente maisons louées sans jamais m'y intéresser une seule seconde, comme si ma vie n'étais qu'une longue succession de lits, de tables et de scènes de toutes sortes et pas plus d'une valise comme biens propres et encore, beaucoup pensé fièrement avant de m'endormir « tiens, ce soir c'est le trentième lit différent dans lequel tu dors depuis trente nuits», comme si c'était bien et bon et juste et le vrai de vrai de mon vrai à moi, beaucoup acheté de bouquets de fleurs, beaucoup commencé de nouveaux cahiers d'écritures, beaucoup téléphoné à ma fille, à sa mère, à mes amoureuses, à des copains, jamais à la police, sauf la police d'assurance quand j'étais en panne, en rade, largué, beaucoup utilisé mon couteau à huîtres et débouché de bouteilles, beaucoup perdu de guitares, sept, volées, beaucoup vendu de disques et de bouquins à mon avis , plus de vingt mille, mais il y a mieux, tellement mieux en nombre mais bon... beaucoup parlé, chanté, pleuré et bien rit aussi, surtout tout seul au matin en me rappelant une scène, une blague ou la bouille d'un gamin et sa question si fraîche dans ma fatigue, beaucoup assumé, contrats pourris, plans-galères, salles vides ou clairsemées, beaucoup payé de ma personne, de ma poche, beaucoup méprisé les gagne-petit, les comptables, les étroits, les avares, beaucoup pensé que nombre de chanteurs à succès ne valaient vraiment pas tripette, beaucoup réalisé en fin de soirée, tout seul devant ma bouteille de rouge, que je venais d'accomplir un moment rare de silence, de profondeur et de douceur partagée, beaucoup pensé au rôle, à la mission, au devoir et à l'honneur de l'artiste, beaucoup demandé ce que c'était un artiste, beaucoup compris sur le mot légende et à la différence entre éblouir et éclairer et toujours choisir l'étoile lointaine du ciel au projecteur du marché chantant du temps, beaucoup joint les mains, roulé de cigarettes, battu le briquet, rongé la peau des doigts et les ongles de la main gauche, guitare oblige, beaucoup fait de signes de croix , tous les matins avant même de m'asperger le visage, ma seule toilette, beaucoup cru aux mots témoignage, Parole, résistance, maquis, liberté, balade et ballade, vent, oiseau, route, ensemble.
Beaucoup souffert de me sentir si seul, si déchiré, si brûlant, si ardent, si hardi, si hors-norme, beaucoup joui d'être libre dans l'ardeur et l'hardiesse, la marge, le feu et la question et pourtant jamais seul dans tant de solitude.
D'où vient cela, ai-je choisi ce périple, est-il le lot commun de tous ces mendiants-orgueilleux dont je me sens si frère et quel est le signe utile de leurs efforts sans concessions, pourquoi sous des apparences douces, suis-je resté si déterminé, si dur et si sûr au fond de moi que non seulement ce chemin me convenait plus que tout autre mais encore qu'il aurait son sens visible un jour, demain, dans cent ans, dans la mémoire de mon temps et de tous les temps?
« J'aurai aimé être un harpiste » chante le seul artiste du rire d'aujourd'hui...
Qui sait. Mais pas seulement harpiste. Chanter en tournant dans l'ivresse de mon chant de beaux poèmes de louange, de détresse ou de courage... le petit Roi David et son « psauème » était déjà là, dans mes oreilles.
J'avais sept ans.

            Juin 2006

 

 

 

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Edidemars 2006
 
Nous voici 28 février, Mardi Gras, « jambes en l’air et tête en bas » et demain, mercredi des Cendres « Souviens-toi homme que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière » .
 
 Ces deux masques, ces deux vérités de la condition humaine tombent curieusement cette année à la charnière ancestrale de l'an mort et de l'an neuf.
Ben oui,  pendant des siècles, nos ancêtres « les romains » ont célébré le nouvel an au 1 mars (et j’avoue sur ce sujet me sentir plus Romain que Grégorien ;car, non vraiment non, rien ne recommence pour moi le 1 janvier, alors que le 1 mars…)
 
 Alors à toutes celles et ceux qui se sentent encore latins de façon latente ou évidente, je souhaite  ici une « bonus annus et un pace e salute in vitam eternam ». Amen !
Heu, Amen, c’est du latin, ça fait vieillot , savantasse  et intégriste ; en français, on dit « ainsi soit-il » mais ça fait cucu catho et béni oui-oui alors qu’en anglais on dit « let it be » et là ça jette, ça fait jeune, moderne, dans le vent et bien sous tous rapports alors :
 
 «  bonus annus a tuttus  et  Let it be ! »
 
Pourtant je ne peux pas ne pas insister sur ce fait calendal propre à ce 2006; à 23h 59m 59s, nous serons en Carnaval, à 0h 0m 1s nous serons en Cendres et ce sera le premier coup de l’année nouvelle.
 
Il fut un temps en Provence où le mercredi des Cendres était férié chômé payé et en prime un aïoli monstre sur la place du village. J’ai connu ça dans le Vaucluse, les Bouches du Rhône et le Var. Est-ce que cela perdure, je ne sais pas mais je commencerai l’année avec une haleine d’ail !
Ca tue les mouches, ça chasse le Diable et ça cloue le bec aux vains ,aux vides et aux faiseurs, bon début.
 

« Souviens-toi homme que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ».

 
Il ne s’agit pas de la mort mais de la poussière, qui vient, c’est scientifique,  bien après la mort…
Alors combien faut-il à un corps mort pour devenir poussière ? Un siècle, cinq siècles, cent siècles ?
 

Quand nous marchons dans un champs, savons-nous vraiment que nous foulons aux pieds d’anciens corps devenus poussières, la peau, la chair, le coeur, la rate, les cheveux, les os, les radius, les cubitus, les sternums et même les occiputs ? Et quand bien même nous le saurions, est-ce que cela nous empêcherait de planter des petits pois ou de nous vautrer dans l’herbe, ou de chercher des coulemelles hein ? (C’est une  sacré question !)

 
Réponse : non
 
Quant à la poussière d’où nous venons… là, mystère.
 
Entre Carnaval, fête des fous et glorification, célébration, apothéose du midi de la folie animale en nous et ce Mercredi muet, grave et  lucide, anxieux et pauvre, fier et offert, entre ces deux masques si vrais de nous, à l’heure précise de l’année nouvelle, à l’instant même ou vous lirez ce mot, sachez qu’un poète , depuis la poussière jusqu’à la poussière , de la forge à la voûte, de la mascarade à la prière, du feu d’artifice à la ténèbre extrême, de la grotte préhistorique au gratte-ciel illuminé, sachez qu’un poète, toujours le même, veille et grimace et prie.
 
Let it be
 
28 fevrier - 1 mars 2006
 
 
 

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Edito janvier 2006
 
Des poèmes, rien que des poèmes ou presque – juste un ou deux chansons -, des  textes donc, tous ceux que le troubadour a inventés dans les trente années de sa vie de baladin et dont il a enchanté les spectateurs de ses récitals. C’est le volume 3 de la série « De derrière les fagots », intégrale de ses oeuvres dont Philippe Forcioli a entrepris la publication. Un double album de 49 poèmes : « Des matins » - c’est le premier CD ; « »Et des veilles » - c’est le second. Plus de deux heures au total. De contes, de récits, de portraits, de célébrations, de prières qui sont ici restitués par leur auteur dans une saisissante mise en scène sonore – soit en pleine nature sur les chemins du poète-marcheur, soit devant un public chaudement complice, souvent avec l’accompagnement musical d’une polyphonie vocale ou instrumentale, d’un petit choeur d'enfant ou de quelques accords de guitare ou de piano, ou encore de sons cueillis à une source ou à un ciel d’orage. Et tous ces mots, Philippe Forcioli les dit doucement, prestement, avec une ferveur ardente qui tour à tour ravit et bouleverse, en grand parleur qu’il est.  Les amis anciens de l’aède retrouveront les textes dont ils ont fait des « succès » et en découvriront d’autres ignorés ou inédits ; ses nouveaux auditeurs seront sidérés de leur force et de leur douceur réunies, de leur humour aussi (il y en a !) – comme je le fus moi-même la première fois que je l’entendis, il y a 25 ans, le jour inoubliable de la Saint-François d’Assise.
 
Cet album est une pure merveille, je pèse le mot. Un enregistrement d’anthologie, à tous les sens du terme.
                                                                                                                  Jacques Bonnadier

 

Voilà. Mission accomplie. Mon « derrière les fagots N 3 » entièrement consacrés à des textes et poèmes a été envoyé aux quelques 130 souscripteurs juste avant la Noël comme promis, et mon ami Jacques Bonnadier a choisi de le présenter sur une radio de Marseille, radio Dialogue, dont il assure avec talent , des chroniques régulières dont il a le secret.
C’est avec plaisir, honneur et beaucoup d’émotion que je vous fait part de ce texte, car toute l’histoire de ma petite carrière se résume à travers la fidélité et l’attention sans cesse renouvelées d’une poignée de « fidèles » et qui m’ont permis de continuer jusqu’à aujourd’hui dans ce sentier peu fréquenté de la « peau et vie ». Jacques en fait partie depuis mes premiers balbutiements sur scène. Merci l’ami.
 
Nous sommes en fin d’année, c’est un peu l’heure des bilans. J’aurai donné une cinquantaine de représentations depuis le 1 janvier et si tout se passe bien je réussirai encore à donner une cinquantaine de concerts « officiels » cette année qui vient si le corps et le coeur tiennent bien sûr.
 
A vous tous public fidèle, compagnons et compagnes, de près de loin, je vous offre par la présente tous mes souhaits pour l’an qui vient ; la paix du coeur, de sourire même dans les larmes, de ne jamais maudire ce monde et encore moins les vivants quels qu’ils soient.
A un de ces jours sur les routes d’an 2006.
 
Pace e salute

                                                                                  

 

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Editautomne (2) 2005  

Il pleut sans discontinuer depuis plus de quarante huit heures  sur mon Ardèche d’exil.
Je regarde dans la nuit toute cette eau dans la brume à travers la lumière falote du  réverbère de ma maison, un peu dépité de cette hostilité naturelle. Faire seulement dix pas dehors et c’est l’assurance d’être absolument trempée pire qu’une soupe car il tombe dru, mais je remarque combien les arbres que je distingue à peine, feuilles , branches et troncs plantés dans la terre semblent se réjouir, jubiler, danser, rendre grâce à cette grâce de la pluie.
Comme une retrouvailles espérée, plus qu’attendue, priée, suppliée et enfin exaucée ; la promise est là et les embrassades durent, durent, et qui sait dureront encore au petit matin. Les rivières d’ici vont retrouver leur première jeunesse , leur allant et en avant la cavalcade, les bonds. Que c’est bon les audaces, la force vive, toute la poussière d’été qui s’en va et le jeune automne qui bouscule le maître sec et avare, force cascadettes à l’appui.
Que c’est beau un ruisselet qui dévale, gros de pluie, joyeux, insouciant, libre et sauvage et le vert qui reverdit et la terre qui s’épanche, et les parfums qui sucrent, se lovent, s’adoucissent et m’adoucissent aussi en cette musique d’eau, gouttes gouttelettes de pluie, chanson amie.
La pluie, je m’en aperçois plus dans cette période de «revisitation de mon oeuvre», tient une place de choix dans mes écritures. Dès qu’elle apparaît, tout s’arrête ou tout recommence pour moi. Est-ce mon enfance algérienne et sa présence rare, exceptionnelle parfois qui fait son importance pour moi dans mes jours? Je ne saurai dire , pourtant, quelle mystère la pluie !
S’il est vrai qu’un litre d’eau pèse un kilo et que sur une superficie comparable à l’Ardèche, préfecture Privas, il tombe depuis quarante huit heures l’équivalent de, allez soyons chiche, de 500 000 litres d’eau, cela signifierait donc qu’il y avait pendant que nous vaquions tranquilles à nos besognes, 500 tonnes en eau, si ce n’est pas plus et même beaucoup plus, au dessus de nos têtes dans le ciel si léger, si aérien, si peu susceptible de porter un tel poids en son sein !
Quel mystère ! Et cette pluie , ça n’est que la résultante de toute la sueur terrestre… nous suons, la terre sue, invisiblement nos sueurs s’élèvent, elles se condensent, s’amassent et crac elles se déversent gouttes à gouttes, grosses ou menues, bruine ou déluge, sur nos cheveux, les toits et les arbres qui jubilent!!! Tout cela à notre insu! Vapeurs invisibles ici bas et millions de litres liquides dans le ciel! La pluie est un bienfait du ciel que la terre a préparé dans la sueur!
C’est énorme, c’est fou, c’est incompréhensible et merveilleux et ça chante en plus! Ma soeur la pluie.
Je vous aime «  depluie » tout petit, vous et votre chanson de consolation et d’espoir. Oui.
Bien à vous en cet automne 2005.

 

                   Le 22 octobre 2005

 

 

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Editautomne (1) 2005
 
Le calendrier est formel. Passé le 21 septembre, c’est l’automne.
Pourtant rien dans le feuillage, rien dans les parfums ne t’annoncent ô saison de lumière crue, de tons tranchés, de couleurs éclatantes.
Où sont les oratorios de roux ,de fauve, d’ocre et chant du cygne, les  hallalis de crépuscules abrupts,  la lente agonie triomphante aux ors diaprés et cèpes dessous la mousse, les cerisiers rougissant, les  vignes accouchées de leurs pampres, devoir accompli  et pourrissant de beauté bonne en leurs ceps au garde-à-vous devant les givres à venir ?
Non rien de tout cela ; qu’un été qui n’en finit pas de finir dans le corps de la terre et en esprit.
Et pourtant les hirondelles ont fichu le camp ,incognito, et pas une ligne dans le journal.
 
Je sais que les écoliers ont repris leurs chemins droits ou buissonniers pour les plus filous, que les employés ont retrouvé leurs écrans, leurs crayons, leurs notes de service et leurs fiches de paie désespérantes, les ouvriers leurs machines, leurs pointeuses et leurs mobilisations catégorielles, les chômeurs une angoisse plus prégnante en ces temps d’à la baguette, les clochards l’adresse des restos du coeur dans une vielle poche de l’hiver dernier, les politiciens les nouvelles alliances profitables à venir, les accrocs de l’OM ou du PSG leurs dents longues et leurs mouchoirs et les marchands de chrysanthèmes les Emails des familles cruellement éprouvées pour un service résolument moderne ,oui, je sais bien que la cloche a sonné l’heure de la rentrée mais moi, eh bien moi, j’ai la tête en vacance…
…Encore en bourlingue malgré juillet et l’Ecosse , malgré août et la Hongrie, Slovénie, Italie, malgré septembre et Girolata la Corse si belle, si unique, si rare et des oursins en veux-tu en voilà, et du silence bleu et des éclairs fous toute une nuit sur la mer, et des chansons jusqu’à l’aube. Non.
 Je suis toujours à Barjac en son merveilleux festival et ouvrant la soirée pour Graeme Allwright, inusable baroudeur aux pieds nus, je suis toujours à Aizac ouvrant le concert de l’inénarrable Allain Leprest, ivrogne usé mais talent de diamant pur et piano de gala, je me balade encore dans le visages des amis , des enfants et des femmes que j’aime, je prends mon temps, je m’en fous, le proviseur peut bien sortir ses crocs, je flâne à la porte du hachoir, je fais des grimaces aux copains , leurs sarraus, leurs plumiers et leurs têtes penchées derrière leurs vitres, je m’en tape, je m’attarde, je lambine, je tergiverse, encore un peu et je ne rentre plus.
Pourtant, un disque à finir.
 
 Ce « derrière les fagots N° 3 » me donne plus de fil à retordre que tous les autres enregistrements que j’ai pu réaliser jusqu’à aujourd’hui. Sera-t-il prêt pour Noël…angoisse… Et ces concerts qui ne viennent pas, ce téléphone muet et mon amour de la saint Louis qui fait la morte…angoisse et cet âge qui peu à peu s’installe, décrétant les échecs   «  inéluctables » et les espoirs « raisonnés »… angoisse… et cet  « Oiseau qui chemine » qui funambule fier et fragile tant et pourtant quel beau programme pour 2005-2006 …dîtes, vous viendrez écouter les Léa, les Testard, les Bulher et tous les autres, dîtes vous mesurez le fragile plus que fragile  et l’absurde de tout cela sans vous ?…angoisse …
                                                                                …oui c’est cela l’automne.
 
La fin du temps d’abondance gratuite et le commencement d’un mûrissement, prémisse d’essentielles quintessences pour le bien ou , parlons simple, « la fin des haricots ».
 
Oui, amis , en cette de fin de haricots, je vous salue de mon Ardéchoise île, vous invite au courage, aux projets, aux bonnes résolutions et tutti quanti, mais moi, oui moi, par pitié, permettez-moi de  flotter encore en cette merveilleuse plaisance qu’on appelle :
 
VACANCE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
 
Merci
Bien à vous tous
 
                                              20 sept 2005
 
 
 
 
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Editété
 
Je reviens d’Ecosse. Passé une grosse semaine avec l’ami Martyn Neal et les « àpiedsouslecielistes » inscrits pour cette Scotisch adventure. Arrivée en avion à Edimbourg en plein G8, le lendemain du terrible attentat de Londres puis autocar jusqu’à Inverness au bord de la mer du Nord et là, pédibus jusqu’à Fort William à deux pas de l’océan atlantique, à travers le long passage fluvial est-ouest en longeant les Lochs Ness, Oich, Lochy et le Caledonian Canal.
 
Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître durant ces quelques 264 heures passées sous le ciel écossais, nous n’avons essuyés que 2 heures et demi de pluie montre en main ! Nous avons aussitôt déposé cette extraordinaire performance au livre Guiness des records mais on nous a répondu qu’en 1637, durant cette période du 8 au 19 juillet il n’avait plus que 2 heures et vingt minutes !…loupé de peu, il ne restait plus qu’à oublier notre déception dans la Guiness  précitée, ce que nous fîmes consciencieusement à l’écossaise, une gorgée de bière, une gorgée de whisky ; ça va  très bien ensemble ces breuvages, ce ne sont que céréales fermentées au demeurant.
 
Le nord de l’Ecosse et les Highlanders sont terres de mystère et sûrement un tantinet sinistres par temps d’hiver, de froidure et de pluie mais quel bonheur d’y balader sous le soleil et dans un vent exquis de fraîcheur. Immensités vertes où flotte un brin de mélancolie; toutes ces légendes de fantômes et ce fameux Nessy, monstre né de l’imaginaire de ces coins là, perdus et presque inhabités, par beau temps, quelle merveille ! Ah ce vert  à perte de vue en été, pour un homme du sud, c’est tapis royal déroulé et ces vaches typiques d’ici, les Aberdeen Angus, sorte de petits aurochs poilus et chevelus comme des beatniks des années 70, sont devenues de la race bovine mes préférées.
Petite merveille découverte ici : les pinsons ,mésanges et autres petits oiseaux des bois sont si aimables qu’ils viennent comme des piafs parisiens, se poser à trente centimètres de vous en sifflant dans leur langage :  « just à little piece of bread sir » ou alors vous précèdent en sautillant par deux ou six sur le chemin,  retournant leurs jolies petites têtes puis vous quittent d’un envol léger, pleins de grâce joyeuse. Mais pourquoi donc les p’tits oiseaux de chez nous ne font pas ainsi avec les promeneurs. On m’a dit qu’en Ecosse,on ne les chassait pas… ceci explique peut être cela ?
 
Fervent de rugby et spécialement du tournoi des VI nations, l’Ecossais typique et son kilt m’avait toujours fait sourire quand la caméra le fixait au stade de France ou à Murrayfield et, comme d’autres, je les trouvais plutôt ridicules ces hommes en jupe. Hé bien là encore, surprise encore. Non seulement j’ai trouvé ces habits traditionnels d’une grande élégance mais j’ai trouvé en plus qu’ils allaient parfaitement aux hommes, jeunes hommes et petits garçons. Pour qu’une jupe aille à ravir chez une femme il faut que celle-ci ait de bien jolies jambes et mollets alors que chez les hommes, nenni ; Qu’ils soient boudinés, énormes ou comme des asperges poilus, ses mollets, la beauté du kilt chez l’homme n’en souffre pas et l’ensemble, homme et habit dégage une belle noblesse qui ne porte pas du tout à ricaner. Une preuve encore de la supériorité naturelle de l’homme sur la femme ? Je crois que je ne vais pas m’aventurer sur ce terrain tourbeux à souhait et m’en tenir à ce que j’ai appris de l’histoire du kilt ( tartan et plaigh réunis).
Le tartan est ce beau tissu coloré typiquement écossais et le plaigh, une sorte de besace accrochée au ceinturon, ancêtre de la « banane » du touriste d’aujourd’hui.
 Lors de l’annexion de l’Ecosse par les Anglais après la défaite du fameux « Prince Bonnie » ( …my Bonnie is over the ocean my Bonnie is over the sea…) à Culloden en 1745, la loi anglaise réprima durement les révoltés et surtout les Highlanders et leurs clans de l’extrême nord en leur infligeant l’obligation la plus humiliante qu’il soit pour un homme de ces régions…le port de la culotte et l’interdiction absolu de s’habiller dans leur tenue millénaire : le kilt.
 
Voici un extrait du décret paru en 1746 à Londres à l’adresse des vaincus : « …il est interdit sous quelque prétexte que ce soit de porter l’habit traditionnel sous peine de six mois d’emprisonnement pour un premier délit et de sept ans dans les plantations et colonies par delà les mers pour un second. »  On menait les récalcitrants devant les autorités compétentes et  on les obligeait à jurer l’affreux serment qui suit : « Je jure devant Dieu que je n’ai et je n’aurai jamais en ma possession pistolet, épée ou quelque arme que ce soit et que je ne porterais jamais le tartan plaid. Si je m’habille ainsi et ne respecte pas ce serment, que je sois maudit et que la malédiction tombe sur ma famille et sur mes biens ; que je ne voie plus ni ma femme, ni mes enfants, ni père ni mère ou parents ; que je meure comme un lâche dans la bataille, que mon corps soit enterré à l’étranger sans les rites funéraires chrétiens loin des sépultures de mes aïeux. »
Ah, fière Albion, civilisatrice des peuples et garante des libertés individuelles que tes arrêts sont doux !
Aujourd’hui, l’Ecosse a repris ses moeurs passées et les tartans multicolores flottent sur les trottoirs d’Edinburgh et d’ailleurs et c’est bien beau tous ces drapeaux colorés à hauteur d’homme.
 
Pour clore mes petites notes de voyage, un salut au plus célèbre des poètes écossais, Robert Burns dont j’ai appris qu’une de ses chansons est la chanson la plus chantée dans le monde, depuis sa crétion au XVIIIeme siècle, à cause de l’immense empire britannique et l’universalité de la langue anglaise. Tous les citoyens de sa Gracieuse Majesté la chantent en trinquant au 31 décembre de chaque année .
 
Je vous donne le refrain en écossais :
 
                     « For auld lang syne my dear
                        For auld lang syne
                        We’ll take a cup o’kindness yet
                        For the sake of auld lang syne »
 
Quelle est donc cette chanson archi-connue ?
 
« ce n’est qu’un au revoir mes frères… »
 
Au revoirs brothers
 
 
                                                        Juillet 2005

 

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Edito de Mai 2005
 
Florence Aubenas.
 
Votre visage me regarde chaque matin sur la place du château d’Aubenas. Votre papa est venu il y a peu car, et c’est bien évident, tous ceux d’ici ont votre nom inscrit dans leurs têtes depuis bien longtemps, bien avant de connaître votre existence en ce monde, et votre souffrance.
A gauche de votre portrait il y a un autre visage, un homme souriant et affable; Hussein Hanoun et vos deux visages et vos deux noms chaque matin m’interrogent. Parfois je vous sourie, parfois je m’arrête et prie naïvement pour que ce jour soit le jour de votre délivrance et toutes les cloches d’Aubenas pour sonner la grande joie, parfois j’ai peur que les fous vous précipitent dans l’horrible fosse d’absurde, vous innocents, nous impuissants et les fous, hilares.
Vos deux visages, vos deux noms se confondent maintenant aux frontons de nos consciences et malgré le poids de nos vies respectives et malgré le fichu piège dans lequel vous êtes saisis, vos noms et visages témoignent de beauté, de sourire doux et d’une étrange force. Ils se confondent et s’épousent, femme et homme, compagne compagnon, amie ami, espérance avenir, ils se confondent .
Florence Hussein, Aubenas Hanoun, Florenssein Aubenanoun…oui, vous êtes unis et uns.
Je vous regarde vous femme et vos beaux yeux bleus et votre mèche têtue au front, et vous monsieur de la race des déserts et le regard libre, je vous regarde, je me tais, je pense à vous de toutes mes forces.
 
Aubenas le 20.05.205
 

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Editavril 2005
 
Ah j’en ai bien de la chance moi de vivre dans une maison où sous les toits nichent des hirondelles.
Je frémissais d’impatience depuis début avril, et ce matin, merveille des merveilles , les voici  les voilà !
Une petite tribu de flèches noires bleutées qui dansent vont et virevoltent à toute berzingue en hurlant de cris stridents rayant le ciel comme des craies noires sur un tableau blanc et bleu. Oh ce frisson si doux  quand le frou-frou de leurs ailes fait vibrer l’air, encore un peu et elles me décoifferaient !
 Je puis les regarder tournoyer dans le vallon pendant plus d’une heure sans bouger, béat, curieux, amusé, stupéfait et grave de tant de vie devant mes yeux. Chaque matin et chaque soir, le même étonnement, le même émerveillement.
Joie, tourbillon, galipette, cabriole, sarabande, voltige, vitesse, éclair, fusée, feu d’artifice, cris de fête, féerie ! Oh féerie folle, remue-ménage insensé, trajectoires incroyables de ces virtuoses du vol et le beau voyage des yeux à tenter de les suivre dans l’espace, les perdre parfois dans la hauteur de l’azur puis les retrouver au dessus des sapins de la colline en face et les voir, prunelles ébahies, revenir vers moi à bride- abattue, raser le toit au dessus de ma tête et repartir à nouveau aussi véloces, fulgurantes, imprévisibles et toujours ces cris aigus comme les enfants des cours de récréations et toujours ce friselis de vent qu’elles font avec leurs ailes…
J’aime voler avec les hirondelles, j’aime leur départ dans ces tristes soirées d’automne, j’aime ce dépit, ce chagrin dans mon coeur amoureux  à cause de leur absence et cette attente dans l’hiver sans trop y croire à la réalité de leur retour, puis les voici enfin et je puis rire et danser et mourir, les hirondelles sont revenues et en fait, il n’y a vraiment que cela qui compte, qui pèse un vrai poids de miracle vivant, de beauté crue, d’invincible soleil.
Coucous,  rossignols, loriots, pinsons,  petits-duc et vous fidèles mésanges, rouges-gorges ou chardonnerets, ne soyez pas jaloux et ne m’en voulez pas si je suis aussi bête de ces larmes de joie dans mes yeux mais vos soeurs les hirondelles ont été crées pour l’allégresse, la louange et la liberté.
Oui, elles ne chantent que ces simples mots là si communs, si naïfs, si usés, si neufs et si profonds :
 
                                                                         VIVE LA LIBERTE
 
                                                                         ***************
 
Le CD « Marin des routes » avait réuni 356 souscripteurs, « de derrière les fagots-vol.1 » 263, le N°2 , 149 et le n° 3 à ce jour n’a intéressé que 38 personnes.  Un ami bien au fait des actualités économiques de ce temps m’a fait remarquer qu’à quelques chiffres près, mon « bilan » était exactement inversement proportionnel au volume de transactions enregistrées à Wall Street durant ces trois ans écoulés… amusant non ? Quand la bourse percera le plafond moi je creuserai dans la cave hi hi !
 
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Je cherche désespérément un enregistrement « pirate » que quelqu’un aurait pu faire «  du sketch du Marseillais qui se rase la moustache pour installer un vrai changement de chez changement ! » et que j’ai donné sur scène entre 1979 et 1984 à peu près. Je serai très heureux de le retrouver pris en public. Merci de faire passer le message.
 
Voilà je vous salue amis connus et inconnus. Vous souhaite le meilleur
 
Avril 2005
                                                           
 
 
 
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Elle s’appelait Chloë.
 
Elle chantait dans le choeur de Malmousque qui avait participé à l’enregistrement d’une chanson corse " Manetta " pour l’album " de l’âne aux chants énamourés ".
 
Elle a disparu avec son mari et leurs deux enfants dans le tsunami qui a endeuillé la planète il y a peu et dont les côtes dévastées crient à l’aide.
 
De près, de loin, tous les drames de ce monde nous regardent. S’arrêter un instant, se taire, prier peut être, allumer une bougie, revoir un instant l’horreur de ces derniers moments, la panique et les cris, l’angoisse et le désespoir de ceux qui attendent des nouvelles puis l’hébétude, l’incompréhension, la révolte et qui sait une plaie mortelle dans le coeur à jamais.
Autant d’absurde et d’impitoyable peuvent-ils trouver un sens à nos pauvres esprits humains ? Quelque part dans la lumière, y a-t-il un écho qui fait sens ?
 
Impossibles questions, improbables réponses… " j’voudrais avoir la foi la foi d’mon charbonnier qui est heureux comme un pape et con comme un panier "…chanter, chanter pour oublier.
On a dit qu’il existait un système fort coûteux capable de prévenir à l’avance de tels raz de marée. On l’a dit. Après.
 
Tant mieux pour l’avenir.
 
S’arrêter un instant, se taire, prier peut-être, allumer une bougie.
 
Je sais qu’il s’en trouvera bien un ou une pour venir me dire la bouche en coeur que mon édito de début d’année est bien triste alors que cela soit clair une bonne fois pour toutes. Je n’ai jamais fait partie de la cohorte des consommateurs qui  " positivent ", des Béotiens qui ne voient que le bon côté des choses et encore moins des amuseurs, des ricaneurs et des cyniques qui font florès aujourd’hui sur toutes les radios et télés et dont l’esprit se propagent et pourrit tout jusqu’au plus sacré.
 
Je souffre et pleure de tant de beauté cruelle , la vie, depuis l’âge de raison.
 
Que croyez-vous, que je n’entende pas le rouge-gorge qui frappe à ma vitre au matin d’hiver, que je ne vois pas la lumière divine sur les cils des bébés, que je ne sache point parler la langue des sources et du sang dans les veines de l’amour ?
 
Je ne sais et ne sens que tout cela et mon coeur éclate de cette tragédie toujours régnante et la Croix à jamais à la cime du monde. Seule la gravité digne nous donne de garder les yeux ouverts devant l’innommable de ce monde et là est notre honneur. Fermez le ban.
 
Demain, j’irai comme un pèlerin du coeur prendre le train pour Paris et écouter au Forum Léo Ferré d’Ivry l’ami Jacques Bertin. Il y chante tous les vendredi, samedi et dimanche de Janvier (01 46 72 64 68).
 
Presque trente ans déjà que son chant nous émeut et nous soutient, moi et quelques autres dans ce pays. Tous ceux qui me connaissent le savent, il demeure pour moi le plus grand de nous tous, petits chanteurs poètes, il est comme un " albatros " dans le paysage et son oeuvre a la patience et la force des sources souterraines qui font les grands fleuves. Il est à la chanson française ce que Gabriel Fauré est à la musique française. Si j’étais critique musical, voilà ce que je dirai. Je ne le suis mais le dis quand même. Je ne saurai mieux dire.
 
En conclusion l’inévitable rubrique des voeux de nouvel an.
 
Je ne vous souhaite rien sinon d’ouvrir l’oeil, d’aller droit au but et de vous donner un bon coup de pied là où il faut et quand il faut, plus personne hélas ne le fera sinon vous.
 
Et aussi. Le prochain gamin que vous croiserez, faîtes le rire !
 
Pace e salute

 

 

 

 

Ça dégomme de tous côtés à gauche à droite
Joyeux Noël
Cancer des tétés prostate et rate
Joyeux Noël
Ici leucémie foudroyante et là du sida fulgurant
Le tabac tue itou l’amiante
L’alcool est un poison patient
Joyeux Nöel
Cirrhose en plaque ou la sclérose
Kreutzfeld Jacob et Alzheimer
Ca dégomme un max over-dose
La mort fait sa razzia ventre à terre
Joyeux Nöel Joyeux Nöel Joyeux Nöel
 
Dis petit enfant
En cette nuit glaciale
Sur la planète cannibale
Où tu trembles autant qu’avant
 
Je veux encore nous approcher
Tout près de toi belle innocence
Que la lumière en ricochet
Nous fasse tendre douce confiance
 
Et dans les mains du pain du vin
Pour l’aventure
Pour les humains pour les copains
De la torture
 
Et puis nos mains
Nos mains ouvertes la vie offerte
Et puis dedans
Un coeur battant
 
Ce pauvre petit coeur d'homme ou de femme
Comme une étoile palpitante
Née d’une source petite flamme
Et qui chante                                                     
 
 
Nöel 2004

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EDITAUTOMNE
 
Bigre ! Trois personnes cette semaine qui me rappellent gentiment qu’il n’y a pas d’édito de rentrée sur le site et que je pourrais faire un effort et patati et patata …Bon , allons-y !
 
Beaucoup de kilomètres, de visages, de chansons entre le début de l’été et ce milieu d’automne.
La Corse fin août et une joyeuse ballade entre mon village là-bas, Furciolu et le merveilleux petit port de Girolata avec Laurent et son film sur les ânes (dans lequel je brais à tue-tête) projeté sur la petite plage la nuit et les étoiles se confondant avec les lampions et les fanaux aux mâts des bâteaux et leurs lumières dans les yeux des amis rassemblés. O Corse île d’amour…
Beau concert à Aizac, mon village du moment avec Francesca Solleville et son regard d’enfant et sa merveilleuse québequoise de pianiste. De petits problèmes à l’entrée dus à la trop grande affluence et à un déluge incroyable qui n’arrangea rien. Mille excuses à celles et ceux qui sont repartis déçus ou en colère. La prochaine fois, il fera beau et nous chanterons sur la place du village, ainsi tout le monde s’y retrouvera.
Début septembre je file à toute vitesse près d’Angers pour les cinquante ans de la  « Cité des cloches », communauté handicapés-valides crée par Frère Sylvain, un extraordinaire bonhomme noué comme un vieux chêne et des yeux de braise bleue. Concert magique dans une grange avec mille roses et mille bougies et la fin de soirée avec les compagnons d’Emmaüs de Mauléon, anciennes épaves aujourd’hui debout et rayonnantes, débordants de projets, d’humour et de fraternité. Merci les gars. En repartant, petite visite à l’ami Jacques Bertin qui vit à quelques lieues de là. Promenade, vin blanc et confidences. «  …je vais à l’amitié comme à une auberge… ».
Présentation de « Derrière les fagots-Vol 1 » au théâtre Marie-Jeanne avec B.Abeille : public confidentiel mais heureux. Mes vieilles chansons n’ont pas vieilli paraît-il…quelle chance pour elles !
Nouveau voyage en Corse, à Sartène pour une lecture du François d’Assise de Joseph Delteil, le 3 octobre, veille de sa fête avec J.P Poletti et les choeurs de Sartène, superbe septuor, et le choeur madrigal de Rhône-Alpes, quarante chanteuses et chanteurs passionnés et heureux d’être là. Beaucoup d’émotion pour moi à me retrouver sur la terre de mon père avec Delteil et François.
Je retrouve le verbe de Delteil quelques jours plus tard à Chinon, la ville où la petite Jeanne d’Arc eut le culot d’aller trouver le dauphin pour lui annoncer son incroyable projet.Il pleut trop pour ballader avec elle dans les vieilles rues mais mon couer y est.
Joseph Delteil m'aura fait connaître beaucoup de lieux et d’amis ici-bas mais comment ne pas parler dans ce court résumé de mes pérégrinations, des journées passées au Villar en Val et  de toi Yvan, en allé au pays où l’on ne pleure plus. Nous sommes allés, tristes comme des pierres te fêter une ultime fois devant la pierre où tu reposes pour notre mémoire avec des chants, des mots , des larmes aussi. C’était la dernière Deltheillerie : Mens de Bretch,moi,Julos Beaucarne, les Bratch, Nilda Fernandez, Vassiliu avions bien et beaucoup chanté la veille. La petite Magali souriait, blanche comme un lys et les coeurs pleuraient en silence.
Je repense à cette mélodie trouvée sur le sentier en poésie avec le petit Paul-Louis, nos pinceaux à la main, si étroitement liée à ces moments hors-temps ; j’y ai posé des paroles depuis, elles figureront en fin de cet édito.
Voilà amis, la mort s’est un peu trop invitée à mon goût depuis Nougaro et dernièrement le bon Jacques Douai et elle est toujours là avec son sourire énigmatique et son irreparable déclaré, et tout celà, automne et pluie et rhumatismes et amours bancals  aidants me donnait plus envie de me taire et de me cacherque d’aller porter témoignage de cette fabuleuse vie qui va dedans nous avec des mots sur le clavier.
Mais il a fallu votre rappel amical et discret, Floréal, Florence et Simone pour me remettre à l’établi. Vous aurez été comme trois morilles ou mieux trois chanterelles, pour que la châtaigne en moi veuille bien sortir de sa bogue à piquants et redonner signe à la vie.
Merci
Fin octobre 2004
 
QUATRE PASSANTS
 
Hé toi l’enfant qui vient là-bas tel un flambeau cheveux qui flottent
Qu’as-tu de l’or dans tes cabas ou des hivers dans tes menottes ?
Non monsieur je viens d’un pays ou ni l’or ni l’hiver n’étranglent
Je viens pour chanter avec vous et puis manger danser ensemble
 
Hé croque-mort aux dents crochus que fais-tu sous ma fenêtre
Viens-tu cueuillir ceux qui ont chu dans une boîte les disparaître ?
Non monsieur je viens d’un pays où ni la mort ni les dents ne blessent
Je viens pour chanter avec vous et puis trinquer à vos promesses
 
Dis belle brune jupe d’été yeux de nuit et cuisse fière
T’en viens-tu pour me tourmenter et puis jeter mon coeur à la poussière ?
Non monsieur je viens d’un pays où le désir et l’amour plaisantent
Je viens pour chanter avec vous puis reposer sous votre tente
 
Et toi poète aux pieds de feu tu le sais bien nos têtes sourdes
Tu vas clamer tes chants pieux se briseront aux portes lourdes
Non monsieur je viens d’un pays où le vent c’est la musique
Je viens pour chanter avec vous hisser haut le coeur épique
 
Quatre passants l’enfant la mort et l’amour la poésie
Ont célébré jusqu’à l’aurore avec nous l’immense vie
Sont repartis ils ne sont plus qu’un parfum dans la mémoire
En leur pays sont bienvenus l’arc-en-ciel et bonne histoire
 
Philippe Forcioli-2004
 
 

 

 

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Septembre 2004,

 

L’été se finit lentement.
 
Les journaux à la mode ont commencé à nous jouer la complainte du « pauvre Canta » qui ne peut plus composer ni chanter en prison mais dont les disques et les photos s’achètent comme des petits pains tout frais du jour.
Il est bon de se rappeler le parcours de cet artiste avant  de pleurer avec les crocodiles.
Merci à Floréal de Paris de m’avoir passé ce vieux texte à lui. Ca redonne envie de lever la tête. Je l’ai choisi comme « édito » de septembre car dans cette mouvance « chanson française » il est bon de rappeler parfois ce vieil adage «  Mon Dieu préserve moi de mes amis, de mes ennemis je m’en charge ! »
 
Bonne rentrée à toutes et tous, allez le boulot nous attend.
 
Sursum corda et merde aux cons !
 

Les supporters

Les cinquante mille individus réunis le 12 mai sur une place de Tel-Aviv, à l’appel du mouvement "La Paix maintenant", pour réclamer, entre autres, le retrait des territoires occupés, ne sont pas dignes de voir et d’entendre le groupe Noir Désir.

Ils sont israéliens et, dans le contexte actuel du conflit au Proche-Orient, cela ne pardonne pas.

Politisés, radicalisés et adeptes jusqu’à la bêtise de la globalisation et de la responsabilité collective, les membres dudit groupe réservent leurs prestations à ceux-là qui, dans la désignation des bons et des méchants, ont fait le même choix qu’eux. Alors, déguisés en supporters de l’équipe de Palestine, keffieh au cou, ils ont donc, dans une tournée de pays politiquement ouverts et tolérants comme la Syrie et le Yémen, réaffirmé leur soutien à un peuple victime, dans son entier, et leur mépris profond pour un peuple oppresseur, dans son entier, en refusant catégoriquement de se produire en Israël. 

A cette intelligence politique hors du commun, qui ne voit que des gentils d’un côté et des mauvais de l’autre, ils auront su ajouter ce courage admirable qui consiste à tenir en pays dictatorial le seul discours que la dictature tolère, hormis la glorification du tyran local.

Dans le domaine du sport, on fustige à juste titre la vulgarité et la connerie chauvine des supporters, qui ne jurent que par leur équipe forcément héroïque et vomissent l’adversaire forcément infâme. S’intéresser à la politique pour se comporter comme eux, est-ce bien raisonnable ?

 

 23 mai 2002

 

 

 

 

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Juillet 2004

 

Je reçois cette lettre en forme d'article d'un copain chanteur de Chambéry, Jean-Pierre Gabilan et comme je venais juste de participer (dans le jury) à ce style de concours (c'était à Antraïgues sur Volane, pays de Ferrat justement) et que j'ai ressenti exactement les mêmes impressions sus-dîtes, je me suis dit que l'imprimer ici s'imposait.

Il fait trop chaud pour moi pour écrire autre chose que 

" bel été à vous tous", 

"mangez des fruits" 

ou 

"baignez-vous dans les rivières, ya rien de meilleur"... 

alors à bientôt

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Echos...
Les concours de chants se multiplient ... Bonne nouvelle, non? Voire... Appelé naguère radio-crochet et occasion pour les amateurs de se produire devant un public bienveillant, le concours de chant d'aujourd'hui est devenu une entreprise financière, un produit porteur. C'est une tautologie de dire que la chanson artisanale n'y a pas sa place... Le candidats doit arriver avec la musique enregistrée sur un CD - il lui est souvent refusé de s'accompagner d'un instrument - et après avoir été rapidement présenté par un monsieur Loyal des temps modernes, il peut commencer à s'époumoner dans le micro, et ce devant un jury composé de "spécialistes" de la chanson dit-on, c'est-à-dire la plupart du temps des propriétaires de studios d'enregistrement que l'on soupçonne d'être les conducteurs de ces automobiles dont le "sound System" vous envoie des "boum-boum" auxquels on préférerait ceux de Charles Trenet. Les modèles des valeureux candidats sont inévitablement les icônes braillardes que la télévision nous impose, tenue vestimentaire comprise, où ce qui en fait office. Il n'est plus question d'émotion mais de performance et personne ne sort grandi de ces nouvelles messes en l'honneur d'un dieu aux desseins plus que suspects. Frais d'inscriptions pour des participants qui rêvent de paillettes et "se voyaient déjà ... " , billets d'entrée pour familles - copains - voisins des stars d'une minute - prix spécial si l'on vient les deux jours - et le tour est joué. La presse locale écrit l'article dithyrambique qui s'impose et on entre dans l'histoire. L'effet cumulé de l'appauvrissement de l'offre musicale des radios (voir sur ce point l'article de Jean Ferrat dans le Monde Diplomatique de mai 2004) et du "star-académisme" fait que la chanson artisanale sus-nommée ne parvient que difficilement jusqu'au grand public, public dont l'appétence pour la poésie chantée ou récitée est de fait de moins en moins suscitée. Plus la mémoire informatique augmente, plus notre souvenir collectif de ce que peut être la chanson diminue. A qui tout cela profite-t-il ?